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Le tour d'honneur du CERPI - 2 - progression et disparition

Avec l'affaire du château de Horst, racontée et présentée dans notre chaîne (voir page précédente) le CERPI (alias le GESO, donc...) avait commencé à apprendre à réaliser des enquêtes sérieuses.  Il y avait certes une progression appréciable par rapports aux débuts que nous avons décrits, lesquels étaient donc peu glorieux - n'ayons pas peur des mots ! - mais il fallait poursuivre l'effort !
Or le CERPI d'alors, première version dirons-nous, n'était encore nulle part !  Il ne disposait d'aucune audience publique, ne se manifestait (forcément) dans aucun média, ses moyens étaient toujours aussi limités au même titre que ses compétences et, de surcroît, il commençait à être victime d'un phénomène qui était somme toute très prévisible vu la situation de la majeure partie de ses membres : la diminution des effectifs !
En effet, nous avons vu que la plupart des participants du CERPI étaient d'anciens camarades de classe (pour la plupart de l'athénée Royal de Lessines) en transition entre la fin des études secondaires supérieures (le bac) et le début des études universitaires ou supérieures.  La plupart avaient aussi atteint un âge qui s'avère riche en changements, voire en bouleversements : certains entraient de plein pied dans la vie professionnelle et n'avaient plus guère de temps à accorder au groupe, d'autres fondaient un foyer (et cela pouvait être les deux en même temps).  Il y avait certes encore de nouveaux arrivants mais les "déserteurs" étaient plus nombreux et donc, forcément, les effectifs diminuaient...  Avec le début des études universitaires, cela n'allait pas arranger les choses.  Pour beaucoup, il n'était plus question de perdre son temps en guindailles et en discussions sur des sujets très controversés et vus comme dépourvus de réelle utilité.

Il y avait donc péril en la demeure : le GESO (CERPI) risquait fort de disparaître corps et âme après une assez brève existence.  M. Vanbockestal avait très bien vu le danger et il tenta de redresser la barque de deux manières :

1 - Une collaboration avec la SOBEPS ?

Forest est limitrophe d'Anderlecht, l'une des autres communes bruxelloises.  C'était surtout là, à Anderlecht, que se situait la SOBEPS (Société belge d'Etude des Phénomènes Spatiaux) qui jouissait déjà d'une belle réputation et de "grosses pointures" du domaine.  On pense notamment aux Michel Bougard, Patrick Ferryn, Léon Brenig ou encore Auguste Meessen pour ne citer que ceux-là).  Notre futur président s'en alla donc voir feu - Monsieur Lucien Clerebaut, son secrétaire général, afin de lui proposer une collaboration entre nos deux formations.
L'argument était "qu'il y a plus d'idées dans deux têtes que dans une" et que "L'Union fait la force".  L'idée sous-jacente était aussi que cette extension pourrait donner un second souffle au GESO en étendant aussi son rayon d'action tout en diversifiant les domaines.  En fait, la SOBEPS apparaissait un peu comme une bouée de sauvetage !

Mais ce fut une déception.

Bien gentiment, bien poliment, Lucien Clerebaut répondit à notre interlocuteur par une fin de non recevoir en rétorquant que "l'Ufologie était une quasi-science qui ne devait pas s'embarrasser de considérations relatives au surnaturel ou au paranormal".

Un soviétique aurait dit simplement "NIET", catégoriquement !  Lucien Clerebaut fut un peu plus diplomate.  Mais le résultat était le même !  M. Vanbockestal s'en retourna donc bredouille, avec toutefois un exemplaire d'Inforespace (la revue éditée par la SOBEPS) non sans avoir tout aussi poliment décliné l'offre de son hôte, lequel proposait à notre groupe de s'affilier à la SOBEPS !  Notre futur président avait donc raté la collaboration mais aussi évité l'absorption, ou la phagocytose ?

Cet échec ne fut pas sans conséquences.  Le GESO d'alors décida très logiquement de laisser toutes les prérogatives ufologiques à la SOBEPS, tout simplement parce que cette dernière était bien plus compétente et mieux armée que nous en la matière, une forme d'allégeance chevaleresque mais aussi pleinement justifiée, mais cela allait aussi faire passer le GESO complètement à côté de la fameuse Vague Belge de 1989.

Par contre, bien plus tard, l'évolution de l'Ufologie démontra que la collaboration proposée était, contrairement aux prétentions de Lucien Clerebaut, parfaitement pertinente car la plupart des ufologues mondiaux reconnaissent désormais que nombreuses sont les manifestations d'OVNIS qui s'accompagnent de phénomènes paranormaux et que donc ces deux domaines s'entrecroisent parfois étroitement.  Mieux : l'affaire de Fatima dressait un pont miraculeux entre l'Ufologie et un prétendu surnaturel.
Seulement voilà - les choses avaient été dites et demeurèrent en l'état.  Peut-être était-ce dommage, peut-être était-ce mieux ainsi : on ne le saura jamais !

2 - un coup d'éclat avec Amityville ?

Il restait au GESO à faire ses preuves, à confirmer sa progression, au travers d'une affaire retentissante qui aurait rejailli bénéfiquement sur le groupement.  Amityville était alors sur toutes les lèvres, le livre de Jay Anson se vendait comme des petits pains et le film crevait l'écran.  L'affaire était toute indiquée et le GESO s'y attela.  A partir de la Belgique...
Il réalisa bien un superbe dossier, très complet.  Il se lança dans une enquête serrée en mettant à contribution des experts en immobilier afin de juger de la valeur réelle de la maison prétendue hantée et de comparer avec la somme qui avait été demandée, de manière à voir si le raisonnement se tenait.  Et c'était bien le cas : la somme était surestimée, a contrario de ce qui était exposé dans le récit.  Or donc, cela sentait l'arnaque !
Le GESO mettait aussi en évidence des points de logique inattaquables.  Tout se présentait donc pour le mieux.  Sauf que... idéalement, il aurait fallu aller sur place, aux USA.  Et de cela, il ne pouvait en être question faute de trésorerie suffisante pour assurer le voyage !
Coup de théâtre quand même lorsque l'un des nôtres, une bonne âme, nous fit savoir qu'il passait ses vacances aux States et qu'il se portait volontaire pour aller épier ce qui se passait du côté de Long Island !  Charles tint parole et nous fit un rapport qui ne laissait place à aucune discussion : il s'agissait bel et bien d'un attrappe-touristes, une affaire commerciale ne reposant sur rien de fondé...
Une belle conclusion qui couronnait une belle enquête... mais qui n'eut aucune suite.  Notre travail fut complètement ignoré, emporté par la vague médiatique et le succès populaire.

3 - un autre essai à Anderlues...

Le GESO tenta encore de reprendre à son compte l'affaire de la maison hantée d'Anderlues, qui avait sévi quelques années plus tôt.  Mais cela n'allait entraîner qu'un semi-succès bien des années plus tard et par personne interposée.  Nous en profiterons ici pour rendre hommage à Jean-Luc Vertongen, l'ancien chef du réseau d'enquêtes de la SOBEPS, lequel - d'une certaine manière - boucla la boucle à notre place, mais alors que la messe était dite depuis longtemps.  Consultez donc la page sur l'affaire d'Anderlues, elle peut au moins s'avérer intéressante pour les enquêteurs en herbe.

4 - le coup d'éclat indésiré...

Il y eut un autre événement, qui ne mit pas un terme aux activités du GESO mais l'ébranla comme on pourra facilement l'imaginer.
Il se fait que l'un de nos scientifiques (car, oui : déjà à l'époque, le CERPI disposait de scientifiques !  En l'occurrence, il s'agissait d'un jeune calé en chimie qui s'était brillamment distingué dans le concours des jeunesses scientifiques), prénommé Désiré, subit un grave accident.  Alors qu'il fabriquait de la nitroglycérine (il était passionné d'explosifs - n'en concluez pas pour autant qu'il était terroriste !), une fausse manoeuvre provoqua une forte explosion !
Celle-ci fut si puissante que la porte du garage se retrouva de l'autre côté de la rue !
Désiré, gravement blessé et brûlé dans l'explosion de son laboratoire (car oui : déjà à cette époque le groupement avait des laboratoires !) fut hospitalisé à l'hôpital de Loverval où nous lui rendîmes visite.  Le constat était plutôt affligeant et nous avons rapidement compris que Désiré aurait désormais d'autres soucis que de s'occuper du CERPI !

5 - L'éteignoir

Le CERPI, dans sa première version, vivota encore quelques temps, mais la "désertion programmée" de ses membres se poursuivit, sans qu'il n'y eut pourtant la moindre mésentente, le moindre conflit (l'ambiance était résolument bonne et nous n'avons plus jamais, par la suite, connu cette même convivialité, même dans les moments les plus euphoriques qui pourtant ne manquèrent pas.  C'est que le copinage de classe est traditionnellement assez éphémère !)  En fait, le CERPI-GESO se devait de se trouver une autre identité, d'autres principes plus rigoureux, d'autres moyens... Mais même Daniel Cleven nous quitta pour s'occuper lui aussi de ses affaires de famille.  Comment lui en vouloir ?

Réduit à sa plus simple expression, hanté désormais par son seul secrétaire général, le GESO devint un organisme fantôme et, à ce moment-là, pratiquement tout le monde crut que sa dernière heure avait sonné.  Le CERPI-GESO allait effectivement sombrer dans l'oubli et dans cette période où il se trouvait sous l'éteignoir, il allait encore rater de belles opportunités (l'affaire de Dour, celle d'Arc-Wattripont, celle de Leuze, de Ransart et d'autres encore !)

Tout semblait avoir été dit : nous avions eu le mérite d'essayer.  Nous avions échoué.

Mais, déjà à l'époque, chacun dans l'entourage de M. Vanbockestal savait pertinemment que ce dernier était têtu comme une mule, coriace comme pas deux, qu'il avait plus d'un tour dans son sac et un fameux potentiel.  Il était difficile d'imaginer que les choses resteraient en l'état et que le groupe n'aurait aucune postérité.

Durant la période de vaches maigres, M. Vanbockestal se démena comme un beau diable et réalisa de nombreuses prouesses, apparemment anodines au premier abord, mais qui allaient finir par se montrer payantes, avec toutefois un solide coup de pousse du sieur Hasard et des concours de circonsantances parfois abracadabrantes - que nous ne manquerons pas de vous raconter !

D'ici peu, le mouvement allait renaître de ses cendres, s'en aller crescendo et vous époustoufler !

Comme vous pourrez le lire bientôt !

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