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La fille de Jack l'éventreur

LFJE-affiche (1)Lorsque nous avons vu le DVD de "La fille de Jack l'éventreur", dans le bac d'un présentoir de séries B dans une grande surface, nous nous sommes dit : "Pourquoi pas ?", sait-on jamais, etc.  On fait parfois des découvertes très innocemment.

Force est de reconnaître que, dans le genre (sans être trop exigeants) nous n'avons pas été déçus jusqu'à la fin du film, de bonne facture, avec une très bonne résolution d'images, le savoureux décor de l'Angleterre victorienne (que l'on aime ou que l'on n'aime pas mais qui est toujours aussi propice aux histoires sanglantes ou surnaturelles !), une intrigue prometteuse en dépit d'un sujet usé jusqu'à la corde, un bon jeu d'acteurs et... malheureusement : une chute décevante.

Ne retenons donc que le meilleur et pas cette fin dans laquelle manifestement la réalisation ne savait plus trop comment s'en sortir et choisit la solution de facilité qui fait mourir presque tout le monde et n'explique rien.

Les choses commencent avec une séance de spiritisme bidon dans laquelle certains se montrent moins naïfs qu'ils le semblent.  Les voix d'outre-tombe sont l'affaire d'une jeune fille sous la coupe d'une dame entre deux âges qui, manifestement, se fait du pognon sur à peu près tout et n'importe quoi : non seulement elle arnaque ses "clients" (du beau monde de l'aristocratie puisque l'on y trouve au moins un parlementaire et un médecin) mais aussi elle ne rechigne pas à prostituer sa protégée.  Sauf que, ce qu'elle ignore, c'est que cette dernière se trouve être la fille de Jack L'éventreur !  Là, évidemment, on imagine déjà une partie de la suite.  D'autant que les premières images du film sont très claires à ce sujet : la petite, encore toute jeune, dans son lit-cage, voit arriver son père qui est poursuivi par les chasseurs du monstre et se réfugie chez lui.  Mais ses mains ensanglantées le trahissent auprès de son épouse qui, en un instant, comprend l'horrible vérité : son mari est le fameux tueur en série !  Ce qui devait arriver arriva et Jack la tue aussitôt.

LFJE-affiche (2)Bon !  On sait bien que ce n'est pas un enfant de choeur, loin s'en faut, mais de là à faire ça devant les yeux de sa petite fille, qui en reste bien évidemment traumatisée, il y avait tout de même moyen de faire preuve d'un peu plus de délicatesse, non ? 

Car, en plus, le corps ensanglanté, fiché de l'arme qui lui transperce le corps, bouche bée, reste devant les yeux de la petite pendant des heures, avant que l'on découvre enfin la triste scène.  La jeune fille, désormais orpheline, aboutit ensuite chez la médium.

Le parlementaire, peut-être visionnaire de l'affaire Dutroux, se montre acquéreur des services sexuels de la victime, tandis que le docteur découvre le pot aux roses.  Mais la police ne peut que patauger quand, contre toute attente, le docteur ne dénonce pas l'auteur qu'il fait au contraire chanter afin de servir les desseins de ses recherches en psychanalyse.  Car le toubib est un adepte de Sigmund Freud, lequel n'en est encore qu'à ses débuts.  Qu'importe, il voit clair dans l'affaire et subodore un problème psychologique chez l'enfant et se propose de l'étudier en l'hébergeant chez lui, après que cette dernière ait tué la médium !

Que s'est-il donc passé ?  En fait, la jeune fille, Anna, a été hypnotisée par un pendentif brillant au moment où le parlementaire s'apprêtait à passer à l'acte.  Cela a déclenché une avalanche de souvenirs terribles chez Anna et amené une fureur homicide qui s'est finalement dirigée sur la médium qui venait la réconforter.

LFJE-affiche (3)Une fois chez le docteur, les choses deviennent moins tendues, l'ambiance est plus familiale et l'on croit que les choses pourraient "s'arranger".  Mais pas très longtemps !  Car on comprend vite que le médecin, qui a perdu sa femme depuis belle lurette, tombe amoureux de sa (jeune et jolie) protégée.  Peut-être est-ce là qu'il faut trouver une explication à son incroyable permissivité lorsqu'Anna vient à tuer sa femme de chambre, dans une scène dans laquelle une autre breloque brillante sert d'élément déclencheur ?  C'est une première invraisemblance (ou le début d'une fuite en avant ?) qui ne sera pas la dernière.  Le corps rougi par le sang reste en place.  On ne sait pas ce qu'il devient, il n'est dit nulle part que l'on prévient les autorités, la vie continue !  Bah !  Un cadavre de plus ou de moins...

Soit !  Poursuivons...

Le parlementaire, qui a été chargé par le médecin d'investiguer sur le passé de la jeune fille, est persuadé qu'elle est possédée du démon.  Ne l'a-t-il pas vue tuer la médium avec une force hors du commun ?  En outre, il parvient à la conclusion qu'elle serait bien la fille de l'éventreur et que le Mal serait passé chez elle.  Le médecin, bien évidemment, ne souscrit pas à l'idée surnaturelle et se rattache à sa version psychanalytique.  On sait qu'il a raison, malheureusement : l'époque n'est pas prête !  Scénario désormais connu...

Le parlementaire le somme alors d'aller consuter un autre médium qui, lui (ou plutôt elle) n'a rien d'un charlatan.  Dans le cas présent, il s'agit d'un véritable médium, vraiment doué de capacités, et elle comprend tout en très peu de temps, jusqu'au nom du père de la jeune fille qu'elle refuse toutefois de révéler (cela aurait été à la fois trop beau et trop compliqué dans le contexte du film !  Ce n'était pas le but non plus.  Hélas pour nous !)

Mais après avoir dévoilé la solution de l'affaire, la médium est à son tour trucidée par l'enfant à cause des lunettes qui brillent face au feu ouvert !  Damned : encore un cadavre qu'il faudra ramener en coulisses et que le spectateur sera chargé d'oublier au nom de l'invraisemblance et du feu de l'action.  Car, après, les choses se précipitent : la fin du film approche et l'on n'a plus le temps pour les grands développements.

Période de suspens, où le médecin n'y tient plus et embrasse son sujet d'étude... sur la bouche - suite à une séance d'hypnose et le voilà embroché par une épée là où il espérait plutôt une autre forme de pénétration, bien moins désagréable !

Le comble de l'horreur et du suspens survient lorsque "la possédée" accompagne le fils du docteur et sa fiancée aveugle.  On a tout de suite compris qu'il allait leur arriver des bricoles, surtout lorsque l'aveugle reste seule avec l'enragée. 

Mais pendant ce temps là, le médecin auquel il faut ériger un monument pour sa bravoure, parvient à se désempaler de son épée et, après avoir tout de même pris un antidouleur et un peu d'eau (ou de gin), arrive à prendre un fiacre pour se rendre sur les lieux du futur drame.

Le jeune homme, suivit (péniblement il est vrai) par son père, arrive in-extremis pour sauver l'aveugle face à la fausse voyante aveuglée par le soleil qui brille et, comme on peut le voir, elle se jette dans le vide du haut de l'église, dans les bras de son amant qu'elle a probablement du "sentir" dans son inconscient hypnotique !  Youps !  C'est le tour de force final, il fallait s'accrocher !  Générique.

Finalement, nous restons sur notre faim car en dépit de très belles images, de certaines qualités cinématographiques indéniabes, on diposait d'un très bon sujet hélas exploité de manière bien trop superficielle et laissant trop de place au suspens de base et à un gore habilement censuré.  Il y avait l'aspect policier, la médiumnité, l'hypnose, la voyance, la possession démoniaque, la psychanalyse et puis pffft ! tout tourne en eau de boudin !

Bon !  A défaut, nous aurons malgré tout passé quelques bons moments à espérer et pour pas cher.  Mais il valait mieux que nous vous en avertissions pour vous permettre, le cas échéant, de réaliser une (petite) économie...

En tous cas, cela nous a aussi permis de faire renaître de ses cendres l'ancien dossier réalisé par Jessica à propos de :

"Jack l'éventreur" (suite du dossier)