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Le CERPI supprime l'inscription de nouveaux correspondants

Triste constatation et décision, émanant d'une expérience vieille de près de quarante années d'évolution dans la recherche sur les phénomènes inexpliqués, que celle prise par notre président M. Vanbockestal, auquel nous cédons la parole :

Oui, en effet, après 40 ans d'activités dans le domaine, j'ai décidé de supprimer désormais l'accès au CERPI à d'éventuels nouveaux candidats-correspondants.  Cela signifie bien entendu ipso facto, c'est important de le préciser, que les correspondants en fonction restent évidemment en service.  Nous n'en avons pas de trop !

Toutefois, au cours de toutes ces années, nous avons sans cesse rencontré le même problème, le même comportement, les mêmes dérives et les mêmes lacunes : beaucoup de gens se disent passionnés de surnaturel, de paranormal, d'ufologie, bref : de phénomènes inexpliqués, et se présentent comme très enthousiastes pour nous assister dans notre tache de recherche, apporter de menus services, étant entendu - comme le voulaient les dernières dispositions en date, que cette fonction pouvait déboucher - après une période d'essai destinée notamment à évaluer l'assiduité et la fiabilité des nouvelles recrues - à la fonction d'enquêteur (laquelle est "une autre paire de manches").
Disons le honnêtement, parmi les candidats qui se sont présentés à nous, certains s'en sont plutôt bien tirés et sont effectivement devenus enquêteurs.  Autrement dit, ils ont bel et bien donné satsifaction.  Malheureusement, ils sont rarissimes et même exceptionnels et la grande majorité des prétendants au saint des saints ne tiennent pas le coup.  Leur bel enthousiasme a vite fait de fondre comme neige au soleil !  Dans le meilleur des cas, ils apportent effectivement de petits travaux, mais se trouvent vite dissuadés, ou occupés à d'autres taches (ce que nous pouvons aisément comprendre) et abandonnent tout simplement, d'autant que la fonction est bénévole.  Nous sommes dans une période de crise où l'on considère de plus en plus que "tout travail mérite salaire".  Sans doute est-ce bien vrai, seulement voilà : le CERPI ne peut pas se permettre de rémunérer ces fonctions, d'autant qu'elles sont désormais remplaçables - en partie du moins - par de nouveaux processus informatiques que nous avons mis en place.

Disons le franchement, nous sommes désabusés : les jeunes générations veulent apparemment tout et tout de suite, le beurre et l'argent du beurre, sans compter le sourire de la fermière et le moindre effort qui leur est demandé apparaît vite comme excessif.  Et pourtant, ce que nous demandions était fort peu de choses !  Il faut lire et les jeunes aiment de moins en moins lire, préférant le visuel des vidéos.  Il faut vivre avec son temps, d'accord.  Mais la recherche objective en matière de phénomènes inexpliqués ne peut se cantonner à un travail peinard, confortablement assis dans son fauteuil, face à l'écran d'un ordinateur.  Les candidats qui désirent poursuivre et devenir enquêteurs devront être autrement tenaces et travailleurs, pouvoir travailler sur le terrain et faire l'objet d'une formation exigeante.  Il faudra y consacrer du temps, beaucoup de temps et parfois (souvent) en vain.  Trop de gens s'imaginent que le travail d'enquêteur (après le passage par la fonction de correspondant), s'apparente à celle de James Bond de l'inexpliqué et qu'ils vivront rapidement de palpitantes aventures aux portes de l'au-delà.  Comme pour les détectives privés, la réalité est bien moins glorieuse, même si elle peut parfois le devenir.  Je peux comprendre le découragement de certains, car on ne peut que reconnaître que la fonction (d'enquêteur) soit particulièrement exigeante.  Mais si celle de correspondant est déjà au-dessus de leurs capacités, ce n'est pas la peine d'insister.

Que fera donc le CERPI en la matière ?  Bien que nos troupes soient vieillissantes et que la relève manque toujours cruellement, les personnes en place, l'ancienne garde, fait merveille et s'avère tout à fait fiable.  Nous la conserverons bien entendu tant que ces gens seront toujours disposés à travailler avec nous et même si nous savons pertinement que cela n'aura qu'un temps.  Nous n'en perdrons toutefois plus à espérer.  Ce n'est plus après quarante ans que les choses changeront.  Par ailleurs, comme signalé plus haut, nous avons mis en oeuvre des procédés informatiques automatiques qui suppléent en partie à ce que nous demandions aux correspondants.  Nous obtenons ce que nous désirons sous la forme d'un véritable déluge d'informations, nous ne pouvons donc plus nous contenter d'un compte-gouttes aléatoire.  C'est un triste constat, certainement, mais c'est aussi le reflet de la nouvelle société et d'un principe hédonistique toujours de plus en plus omniprésent.