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Bertrand Russel (Le Soir)

Russel-Bertrand0002Bertrand Russel était le grand de la philo suivant sur notre liste d'ouvrages de la collection "Apprendre à philosopher" du journal "Le Soir".  Nous l'attendions plus du côté des mathématiques, mais puisqu'il s'agit d'une collection traitant de philo... il ne fallait pas trop s'étonner que l'on s'occupe plutôt des facettes sociales, politiques, et - évidemment - philosophiques.  Tant qu'on est dans les enfoncements de portes ouvertes, pourquoi ne pas chercher de la philo dans une collection scientifique ?  Hé bien, paf !  en l'occurrence, ce sera raté puisque notre cher Russel a proposé comme ouvrage de thèse un travail sur la philosophie des mathématiques de Kant.

Dans le genre, nous avons toutefois remarqué quelques points qui nous ont semblé particulièrement intéressants dans nos sujets de préoccupations.  Par exemple,, dans ses "Principes de reconstruction sociale", l'auteur affirme que l'activité des hommes découle de trois sources qu'il désigne comme l'instinct, l'intelligence et l'âme.   A partir de là, on peut construire tout un débat sur le pourquoi de cette synergie puisque l'on considérera l'instinct comme essentiellement d'origine animale (et l'Homme n'est - en principe - qu'un animal évolué et doté d'intelligence) et que l'on se demandera pourquoi ce même animal serait dôté d'une intelligence qui le distinguerait de ses semblables et, plus encore, d'une âme, point d'autant plus troublant que l'auteur s'est éloigné de la religion au point d'avoir écrit : "Pourquoi je ne suis pas chrétien".

Sur le plan moral, on pourra lui reprocher son "amour libre" comme principe du bonheur, largement mis en oeuvre mais qui n'aura pas fait une démonstration flagrante de son efficacité.

Qualifiable de techno-optimiste, Russel nous livre aussi certaines phrases à méditer, telles que celles-ci (nous citons l'ouvrage en question" : "Si on la définit comme un système de recherche du savoir, à la différence des mathématiques, la science peut uniquement fournir des résultats provisoires.  Russel déplore que la science ait atteint un niveau d'abstraction el qu'il est très difficile de saisir ce dont parlent beaucoup de scientifiques.  Les équations des physiciens en sont l'exemple parfait.  Heureusement, pour le citoyen lambda, cette même science qui en coulisses est si peu intelligible est indissolublement liée à la technique, ce qui engendre une "technique scientifique", c'est-à-dire la technologie".

On remarquera aussi, entre autres, le raisonnement par induction qui passe de la connaissance du onde extérieur par la perception visuelle pour en arriver à la connaissance à l'expression d'une croyance de ce qu'est le monde extérieur par la perception visuelle.  Voilà qui nous semble bien suggérer le caractère illusoire du monde qui nous entoure et la faiblesse de nos perceptions sensorielles.  On pourrait également souligner la référence à l'hypothèse dite "théorie de James-Lange" et la théorie "Cannon-Bard", dans l'exemple de l'individu qui a peur fae à un ours.  Est-ce qu'il tremble parce qu'il a peur ou bien a-t-il peur parce qu'il tremble ?  Finalement, il semble que le stimulus déclenche simultanément l'émotion au niveau du cerveau et son expression dans le système nerveux.  Cette étude nous paraît très intéressante dans ses dérivés possibles vu que la peur entraîne fatalement un réflexe instinctif (et donc "animal") de défense, en principe salutaire, de mobilisation mais que l'intelligence qui nous donne théoriquement une supériorité par rapport à l'animal crée des peurs que l'on ne retrouve pas dans ce règne, qu'elle obtient parfois l'effet inverse et se montre donc inefficace.  On devrait pouvoir supposer d'autres biais.  On s'attardera sur la logique des mots et le modèle atomique de la logique, le monisme et l'idéalisme et on réfléchira sur le paradoxe de Russel.

Lecture intéressante donc, probablement l'un des ielleurs ouvrages de la collection.

4è de couverture

Russel est l'un des plus grands philosophes du XXè sicle.  Mathématicien de formation, rationaliste de nature, il est convaincu que seule la logique permet à l'homme de penser avec clarté, s'opposant à toute position dogmatique, tant religieuse que métaphysique.  De l'éducation à la désobéissance civile, en passant par le langage, la sexualité et le bonheur, ce libre penseur s'est illustré par ses prises de position sur toutes les grandes questions de son époque.  Résolument moderne, son engagement en faveur de la liberté, de la paix et du progrès social ont fait de lui l'un des plus remarquables représentants de la tradition humaniste.