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T-rex - Douglas Preston

Trex-Preston0001dejaluVous l'aurez sans doute compris si vous êtes un lecteur assidu des pages du CERPI, nous mettons actuellement sous la loupe de notre critique le désormais fameux Douglas Preston et... nous n'avons pas à nous en plaindre !
Nous venons de terminer T-Rex, l'un de ses ouvrages les plus connus et cela restera un bon souvenir, le genre de livre que vous pouvez emporter avec vous pendant vos vacances au bord de l'eau sans que cela fasse tache.  Nous avons vraiment dévoré ce livre, sans même nous apercevoir qu'il faisait dans les 500 pages !  C'est tout dire !

Déjà, le titre est évocateur : le plus terrible prédateur que la Terre ait porté, l'animal sans doute le plus épouvantable, la machine à tuer par excellence, c'est déjà tout un programme !  Quand on saura que l'aventure est présente à chaque page, cela ravira les amateurs d'action.  Les "temps morts", pour autant que l'on puisse les appeler comme ça, sont agréablement comblés par des considérations scientifiques réelles et de science-fiction bien amenées.  Tout cela est assez vraisemblable même si l'on sait que l'on navigue dans l'imagination d'un auteur doué.  Vous ajoutez à ce cocktail déjà explosif les composantes récurrentes à la Preston: l'agent de la CIA, la scientifique prodigieuse, le tueur déjanté, les services de renseignements ou services secrets qui pèsent lourdement en coulisses d'abord, à visière découverte ensuite, et puis une beauté aux prises avec un repris de justice aux intentions inavouables, quelques autres personnages pas piqués des vers en prime et vous obtenez un chef d'oeuvre, ou en tous cas un livre très réussi, passionnant, indécrochable.

En plus de cela, on apprend pas mal de choses quant aux monstres préhistoriques.  Nous ignorions par exemple qu'il existait des Albertosaures et des Edmontosaures.  Il faudra dire cela à Oncle Edmond, qui en sera sans doute aussi étonné que nous !

Mais ce qui fait de ce bouquin un ouvrage remarquable réside sans doute, pour nos ufologues, dans son hypothèse centrale.  Ainsi, tout le monde a déjà entendu parler de la problématique de la disparition des dinosaures, dans laquelle il est question d'un cataclysme géant, la chute d'un astéroïde, un bouleversement climatique, etc.  Dans le cas présent, la chute d'un astéroïde est bien la cause première, mais ce n'est que le déclencheur tout en étant aussi le vecteur.  En effet, la chute en question provoque des catastrophes en série (l'impact, les incendies de forêts, la pollution atmosphérique intense, l'obscurité complète empêchant la photosynthèse...) ce qui rend la vie sinon impossible du moins très dure pour les survivants.  On comprend facilement que l'abondance initiale se trouve décimée...  Seulement voilà, dans l'astéroïde se seraient trouvées de "charmantes bébêtes", ici appelées particules de Vénus en raison de leur apparence relative au symbole de la femme, un cercle surmontant une croix. Ces entités, que l'on prend d'abord pour des microbes, auraient survécu à leur soixantaine de millions d'années "d'hibernation", encore que le terme soit mal choisi.  Sauf que l'addition accidentelle de sucre, provoquée par l'étourderie de la personne venue faire le ménage dans le laboratoire qui renverse un soda sur les m"achins", les réactive.  L'examen au microscope permettra de se rendre compte que les méchantes bébêtes contaminent leur entourage !
De là, évidemment, la conclusion que cette contamination aurait achevé l'agonie des dinosaures, lesquels seraient donc disparus en raison d'une intervention "extraterrestre".  Sauf que les choses vont plus loin encore...
En fait, on va jusqu'à postuler que cette contamination aurait été volontaire et réalisée dans le but de permettre le développement de l'être humain.  Dans ce cas, il faut également supposer l'existence d'une intelligence extraterrestre agissant sous cape, dans ce but bien déterminé.  Foutaises ?  Peut-être !  N'oublions pas qu'il ne s'agit que d'un roman.  Mais l'auteur va jusqu'à mettre dans la bouche de l'un de ses protagonistes une hypothèse bien plus audacieuse encore : les entités initialement prises pour des microbes et ensuite identifiées comme des êtres vivants dans un sens moins limité et lié au carbone, pourraient être en fait des machines issues d'une nanotechnologie avancée.  
Alors, d'accord : tout ceci en restera bien sûr au stade des hypothèses livresques issues de la science-fiction et - en principe - rien de plus.  Il faut toutefois souligner l'habileté toute particulière de l'auteur à enrober son récit d'une apparence très troublante de réalité.  C'est probablement là que réside une grande partie de son art et, le cas échéant, cela resterait un leurre, superbement distillé.  Il y a pourtant une foule de points, parfois ahurissants, qui confortent tellement cette impression que l'on serait tentés de croire qu'elle émane d'un savoir particulier, issu de la documentation ou d'accès privilégiés, en liaison directe avec une authenticité soigneusement occultée !

Tout commence en effet avec la mission Apollo 17, en 1972, qui fut d'ailleurs la dernière, ce qui ne manqua pas de poser des questions.  Le site évoqué, Taurus-Littrow est également exact, l'aspect scientifique de la mission n'est plus à démontrer, mais c'est presque redondant.  Si ce n'était que ça, cela ne serait que bien peu de choses.   On reste toutefois subjugués par la surabondance de données techniques parfois limite secret-défense, à un point tel qu'il devient hasardeux de distinguer la fiction de la réalité.  Et ce n'est pas la première fois que Douglas Preston se permet de flirter avec des connaissances qui s'avèrent utiles dans nos propres enquêtes de terrain, là où l'on pourrait lourdement soupçonner les agissements militaires occultes et là où nos meilleurs spécialistes ont pourtant trébuché, passant peut-être à côté d'une vérité encore plus extraordinaire !

Ah !  Nous allions presque oublier de vous dire : le T-Rex portait des plumes !

Décidément, ce Douglas Preston est à surveiller de près !

4è de couverture

1972.  Une expédition est envoyée sur la Lune.  Des échantillons de roche sont rapatriés, mais ils disparaissent mystérieusement après étude.
Nouveau-Mexique, trente ans plus tard.
Tom Broadbent découvre le corps agonisant d'un chasseur de trésor et son mystérieux carnet.  Celui-ci révèle la présence du plus grand T-Rex jamais conservé.  S'engage alors une course-poursuite entre un paléontologue prêt à tout, une agence gouvernementale sans scrupule et un moine ancien agent de la CIA...
Tous veulent retrouver le fossile dont certaines cellules sont encore actives, au péril de leur vie...

DOUGLAS PRESTON

Né en 1956, il a travaillé au Muséum d'histoire naturelle de New York avant de collaborer au National Geographic.  Il est l'auteur du Codex et a publié avec Licoln Child de nombreux thrillers dont "La chambre des curiosités" et "les croassements de la nuit".