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CATACOMBES ET VAL DE GRÂCE

Les carrières situées sous le Val de Grâce sont très prisées des cataphiles car constituées de couloirs rectilignes "faciles" à pratiquer que l'on peut aisément opposer aux catacombes du flanc sud, beaucoup plus chaotiques et inondées.

Cela dit, si le Val de Grâce est surtout connu pour son actuel hôpital militaire, son église et l'ordre des Chartreux, en revanche ses origines sont difficiles à établir. On dit qu'elles remonteraient aux Roi Francs à ce qu'il paraît. On y aurait découvert une crypte à l'emplacement même de l'amphithéâtre de chimie qui est maintenant une bibliothèque centrale du service de santé.

Abondamment fréquentées, les carrières du Val de Grâce sont connues de tout les cataphiles pour ses nombreux réseaux de carrières anciennes. On y trouve ce que l'on nomme l'escalier Mansart. A l'origine de l'abbaye du Val de Grâce, un hôtel particulier, «le Petit Bourbon» acheté par la Reine Anne d'Autriche qui y ajouta des bâtiments. Ensuite elle demanda à François Mansart (d'où le nom escalier Mansart) d'ajouter une église ainsi qu'un palais au couvent du Val de Grâce.

Il devait y avoir ainsi dans les plans de construction des tours, tout ceci ressemblant fortement à un château. Mais comme rien n'était simple hé bien, Mansart ne put continuer les travaux parce que le terrain se trouvait dans une zone sous minée, alors tout dû être consolidé, toutes les carrières situées sous le Val de Grâce, ce fut Mercier qui reprit le travail, 275OOO livres pour renforcer les fondations furent utilisées. Ensuite ? Le Muet succéda à Mercier après les évènements de la Fronde. L'Église fut consacrée en 1710. Chose amusante (si l'on peut dire !) Les restes de Mansart reposent dans les Catacombes.

Le Val de Grâce est assurément le lieu mythique par excellence pour tout cataphile et cela pour de multiples raisons. Premièrement, il est vrai que l'ambiance y est vraiment particulière. Mais pour s'en rendre compte mieux vaudrait être sur place.
Situées sous l'hôpital du même nom, les cavités souterraines du Val de Grâce correspondent à d'anciennes carrières en piliers tournés datant du Moyen-Âge (du 13ème au 16ème siècle) ce qui en fait de vénérables lieux entre tous, la plupart des autres cavités du réseau étant généralement beaucoup plus récentes. Son allure si caractéristique est due aux massives confortations entreprises par Mansart au cours du 17ème siècle pour consolider les soubassements minés du futur hospice du Val de Grâce. Les murs de confortations sont épais, c'est bien le moins que l'on puisse dire puisqu'ils atteignent les 4 m, les piliers sont carrés, massifs et hauts avec parfois une assise trapézoïdale comme à la salle Z. Cette dernière mérite aussi une mention toute particulière car il s'agit d'un véritable petit bijou de confortation du plus pur style propre à Mansart: la hauteur d'exploitation d'origine y est conservée soit de 4 à 5 m, les piliers tournés sont confortés par d'exceptionnels piliers et voûtes de consolidation.

Tout n'y est cependant pas d'époque et l'Inspection Générale des Carrières a également laissé son empreinte à travers de nombreuses consolidations et inscriptions du 19ème siècle.

On peut ainsi trouver des plaques, parfois émaillées (bien que de plus en plus difficiles à trouver en raison du vol systématique de la part de collectionneurs, portant des dates, la situation des édifices de surface en l'aplomb (par exemple : "sous l'église", "le bassin, les jardins"...), des indications de nivellement. Malgré l'anachronisme et les disparitions, ces plaques et autres inscriptions confèrent aux lieux une impression très spéciale, celle de se déplacer sur deux plans à la fois, le plan souterrain et son équivalent en surface.

Mais les vastes salles du Val de Grâce comportent de nombreux éléments et monuments, aujourd'hui célèbres car chargés d'histoire et d'anecdotes. Les noms que les visiteurs peuvent y trouver sont eux aussi très riches en sujets d'étonnements et l'on en trouve même de mystérieux: le Pavillon de la Reine ; la salle électrogène (qui alimentait en électricité l'abri des Feuillantines tout proche) ; la salle des radios ; l'escalier Mansart ; le corridor ; la château des cloportes ; l'arche perdue ; les Bermudes ; le puits des bains.

L'aération des cavités est assurée par de nombreux puits et escaliers. Signalons la présence de magnifiques puits d'exploitation, larges et maçonnés. On trouve ainsi un étrange puits duquel déborde, à partir de la surface d'étonnantes racines d'arbre de plus de 15 mètres de longueur. Signalons au S-E un puits comblé par de la terre et des débris de vaisselle.

Ceux qui visitent le Val de Grâce pour la première fois sont immanquablement frappés par l'état de délabrement apparent. Mais comme nous l'avons déjà dit, des personnes très peu scrupules et respectueuses ont malheureusement sévi tant et plus, et pas seulement des cataphiles. Les tags sont omniprésents et cachent de nombreuses inscriptions historiques. Ce ne sont pas seulement les pilleurs de plaques qui sont responsables, même certaines inscriptions en pierre ont été attaquées.
Les communications entre le Val de Grâce et le reste du réseau sont nombreuses mais aujourd'hui presque toutes bouchées car remblayées, murées, bétonnées, injectées.

L'escalier dit "Mansart" fut construit pour les besoins des ouvriers. C'est aujourd'hui le plus important des escaliers donnant accès aux carrières : 19 m de haut, 2 m de large, 30 m de long ; 3 groupes de chacun 16, 17 et 18 marches.
Le ciel est soutenu de place en place par des arcs surbaissés. En 1988 il a fait l'objet d'un classement au titre des Monuments Historiques.

L'étude de ce phénomène particulier qu'est "la mémoire des murs" est un sujet que nous abordons ailleurs dans ce site. C'est probablement sur ce sujet qu'ont voulu travailler les trois correspondantes du CERPI, probablement disparues dans les catacombes et leur rapport ne nous est donc forcément pas parvenu. Il serait toutefois intéressant de pouvoir "interroger" ces vénérables pierres et, pour autant que le dialogue puisse s'établir, ce qui reste hautement sujet à caution puisque nous avons affaire à deux mondes différents, d'un côté le minéral et de l'autre l'animal (ou humain), de recueillir leur témoignage. Extrapolons alors juste l'espace d'un instant pour rêver de ce qu'apporterait une telle communication si elle était étendue à l'ensemble des catacombes!

Peut-être aussi est-il préférable qu'elles demeurent muettes, telles qu'elles l'ont toujours été, car vous imaginez la cacophonie si elles se mettaient toutes à parler en même temps!