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LE PREMIER RISQUE DES CATACOMBES

Chaque année, des milliers de touristes visitent "joyeusement" les catacombes en compagnie de guides patentés. Au retour, chacun y va donc forcément aussi de ses narrations personnelles, avis et autres anecdotes qui colportent la réputation des carrières de Paris (le nom officiel des catacombes).
 

Mais celles-ci n'ont guère besoin de cette publicité pour s'attirer toutes sortes de visiteurs parmi lesquels ont trouve le commun des mortels en quête de sensations fortes, d'intimité propice à des ébats sexuels originaux, des marginaux pour qui l'isolement et l'invisibilité trouvent facilement leurs raisons d'être et toute une faune de loubards aux desseins divers.
 

Beaucoup de ces gens oublient un peu vite un point essentiel à ne pourtant perdre de vue sous aucun prétexte: l'étendue réelle des catacombes, laquelle ne s'apparente nullement à quelques cimetières mis bout à bout (encore faut-il dire que le villageois peu habitué aux voyages n'a qu'une vague idée de la superficie d'un cimetière de toute grande capitale!). Mais même pour les autres, plus aguerris, l'immensité du réseau souterrain constitue un piège redoutable!

Ce que de nos jours on appelle catacombes de Paris est en majorité constitué de galeries d'inspection et de consolidation de l'I.G.C. (Inspection Générale des Carrières) reliant les différentes carrières, ce réseau de galeries s'étend sur quelques 300 km environ (Imaginez donc, qu'avec une telle distance, en exagérant un peu, on fait le trajet Paris-Bruxelles!) Vous voilà donc avertis!
 

On pourrait répartir ce réseau de la manière suivante:100km sous le XIVe, XVe, Ve et VIe arrondissements de Paris; 25km sous le XIIIe arrondissement; 7km sous le XVIe arrondissement; 350m sous le XIIe arrondissement, et tout ceci sans compter les petits réseaux au nord de la Seine dans les carrières de gypse (alors qu'au sud on trouve le calcaire).

Officiellement ces galeries ne sont pas accessibles aux visiteurs. La partie autorisée au public ne représente, tenez-vous bien, qu'une infime partie du réseau parisien avec 1.7 Km

Pour tous les autres il reste encore quelques entrées connues de quelques uns seulement et qui permettent d'accéder à la "totalité" du réseau. Mais là aussi, les pièges sont nombreux! En effet, comme vous pouvez désormais mieux vous l'imaginer, il relève de l'impossibilité de conserver en mémoire la complexité d'un tel réseau de galeries, si bien qu'il devient rapidement indispensable de se munir de plans. Or ceux-ci s'avèrent de moins en moins fiables au gré des innombrables travaux réalisés en surface et qui justifient autant d'injections en sous-sol, notamment pour la consolidation des fondations. De ce fait, il arrive fréquemment que des galeries soient subitement bouchées, des puits d'accès soudés, des échelons sciés. Si malheureusement, un éboulement vient à couper votre retraite, il y a de fortes chances pour que les catacombes deviennent aussi votre tombeau, comme à tant d'autres...

Faut-il le dire, chaque année voit son lot de tragédies.  Des personnes trop pressées de côtoyer l'étrange, de visiter les bizarreries mais aussi les beautés du Paris souterrain, ou de se livrer à quelque autre activité plus ou moins licite, s'engagent dans ces bas-fonds ténébreux au mépris de la plus élémentaire prudence.

La liste des possibilités d'accidents est longue, chutes, éboulements, égarements, injections sont fréquents et, hélas, l'endroit n'est que trop indiqué pour un décès sans assistance ni secours.

NDLR: pour la petite histoire, l'équipe du CERPI est actuellement occupée de s'intéresser de très près aux souterrains d'une autre capitale européenne importante: Bruxelles pour ne pas la citer.  Les mêmes recommandations que ci-dessus sont de mise pour qui désirerait s'y aventurer, évidemment.  Il n'empêche que le sujet est passionnant, absorbant même et... parfois le terme n'est que trop bien approprié...