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LES LÉGENDES DES CATACOMBES - exhibitions

EXHIBITIONS

Hé bien oui, pour certaines personnes, c'était aussi l'occasion d'en arnaquer plus d'un et les carrières bien évidemment furent un lieu idéal! Voyons un peu. Au début du XVIIe siècle, un homme nommé César fut emprisonné à la Bastille pour avoir profité de gens qui croyaient au Diable. Il profita de l'occasion pour montrer celui-ci dans les carrières à côté de l'hôpital Sainte Anne contre finance évidemment. Il n'hésita pas à exhiber un bouc avec de grosses chaînes de fer, le tout accompagné d' invocations etc. Ce César emprisonné fit un émule un siècle plus tard, mais dans les carrières de gypse de Montmartre. La prison fut sa dernière demeure !

Voilà qui explique peut-être la présence du bouc parmi les statues que le visiteur peut trouver, à son grand étonnement, dans les catacombes de Paris.

Nous avons retrouvé un texte qui relate cette histoire et vous en livrons un fragment afin de vous faire une idée de ce que devait être la naïveté de l'époque...

Il s'agit des aveux dudit César, dans le langage de l'époque.

"J'entre le premier dans la caverne ; puis, avant de passer outre, je fais des cercles, des fulminations, des invocations, et récite quelque discours composé de mots barbares ; lesquels je n'ai pas plutôt prononcés que le sot curieux et moi entendons remuer de grosses chaînes de fer et gronder de gros mâtins (...). Je m'avance plus avant en marmonnant quelques effroyables paroles. Étant arrivé à un endroit que je connais, je redouble mes invocations et fais des cris comme si j'étais entré en fureur. Incontinent, six hommes que je fais tenir dans cette caverne, jettent des flammes de poix résine devant, à droite et à gauche de nous. A travers les flammes, je fais voir à mon curieux un grand bouc chargé de grosses chaînes de fer peintes en vermillon comme si elles étaient enflammées. A droite et à gauche, il y a de gros mâtins à qui on a mis la tête dans de longs instruments de bois, larges par le haut, fort étroits par le bout. A mesure que ces hommes les piquent, ils hurlent tant qu'ils peuvent, et ce hurlement retentit de telle façon dans les instruments où ils ont la tête, qu'il en sort un bruit si épouvantable dans cette caverne, que certes les cheveux m'en dressent à moi-même d'horreur, quoique je sache bien ce que c'est."
Ce montreur de diable mourut le 11 mai 1615 au fond d'un cachot à la Bastille.

NDLR: Que dire de tant de crédulité? Comment peut-on prendre un bouc, pour le diable lui-même? Il y a certes là quelque chose qui dépasse l'imagination. Pourtant, le bouc est souvent présenté comme l'une des représentations du diable, notamment dans les sabbats d'antan et il ne faut pas oublier que nous sommes dans les années 1600. A l'époque, le commun des mortels croit encore à la lettre ce qu'avancent curés et autres écritures bibliques, le discernement n'est pas encore de mise, ou si peu. Et puis, il y a toute l'ambiance particulièrement propice des catacombes, incomparablement favorable au débridement des imaginations et toute la mise en scène de César qui y est allé de ses effets pyrotechniques et auditifs tout autant que visuels. Il y a enfin le fait que, puisqu'il fallait payer pour voir, un certain raisonnement logique (discutable) voulait que cela repose sur du concret. Il s'agit là de l'un des pouvoirs bizarres de l'argent qui a fort heureusement le revers de sa médaille, c'est que les gens en veulent pour leur argent et sont prêts à se faire rembourser au moindre faux pas.