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UNE HISTOIRE VRAIE POUR ILLUSTRER

L'histoire que nous allons ici vous raconter a parfois été considéré comme une légende alors qu'elle provient d'une réalité indiscutable, la personne mise en scène en l'occurrence n'est pas non plus un mythe, comme certains l'ont supposé. Par contre, son nom était prédestiné puisqu'il s'agit de Philibert Aspairt.

En 1793, Paris connaît la Terreur comme ce sera hélas bien souvent le cas dans son histoire. Le 3 novembre, alors que la capitale est en pleine agitation, notre homme qui est en fait un simple portier du Val de Grâce, décide d'utiliser les catacombes et plus précisément les carrières situées sous le Val De Grâce comme moyen à la fois pratique et discret afin de rejoindre le caveau des Chartreux. Ce qui l'y intéresse n'a certainement rien d'historique, de religieux ou de très culturel, ce serait plutôt la fameuse liqueur, la Chartreuse, qui a fait la réputation de cet ordre. Il sait parfaitement où se trouvent entreposées les bouteilles, vous pensez bien! Ce n'est certes pas la première fois qu'elles reçoivent sa visite, mais aujourd'hui Philibert a plus que jamais besoin de passer inaperçu.

Aspairt est sûr de son coup, il a fait des calculs, étudié le topo et le voici qui s'avance à l'aide d'une chandelle vers le caveau distant de quelques centaines de mètres tout au plus.

Seulement voilà, entre les calculs réalisés en surface, à l'aise, et la réalité du terrain, il y a une solide différence! Quelques centaines de mètres dans les catacombes cela représente déjà un fameux labyrinthe dans lequel il n'est pas si facile de s'orienter qu'il n'y paraît. Notre homme ne va pas tarder à s'apercevoir de son erreur et, toute honte bue (à défaut de la Chartreuse!), il décide de rebrousser chemin, la meilleure chose à faire d'ailleurs, la plus sage. Mais c'est aussi sans compter sur les aléas qui guettent tous les visiteurs de ces souterrains. Le voilà qu'il trébuche, sa chandelle s'éteint et il se retrouve seul, perdu, dans le noir, sans que personne n'ait eu connaissance de son expédition.
On imaginera aisément le désarroi de notre infortuné compère qui s'en ira, parfois à quatre pattes, à tâtons dans l'obscurité la plus profonde, se heurtant ça et là, à la recherche d'une sortie qu'il ne trouvera jamais. Et en fait de chartreuse, ce sera finalement d'une mise en bière dont il sera question!

Pour la petite histoire, sachez que c'est le 30 avril 1804, soit 11 années plus tard, que des ouvriers de l' I.G.C. ont découvert son corps et ont pu l'identifier grâce au trousseau de clefs qu'il portait.

Philibert Aspairt fut inhumé sur place et on érigea même un monument à sa mémoire. Il est plus que probable que ce monument ait été placé là principalement en guise d'avertissement adressé à ses émules éventuels. Le monument est encore visible de nos jours et on peut y lire l'inscription suivante "A la mémoire de Philibert Aspairt perdu dans cette carrière le 3 novembre 1793, retrouvé 11 ans après et inhumé en la même place le 30 avril 1804".

Le plus frustrant de l'histoire réside peut-être dans le fait que, sans le savoir bien sûr, Philibert est décédé à quelques mètres seulement de son but. Il était donc à deux doigts de réussir!
Vous reprendrez bien un petit verre "pour la route"?
Deux doigts seulement !