Get Adobe Flash player
             
RECHERCHER
INSCRIPTIONS
Accès aux newsletters

Premier contact - ARRIVAL

Arrival -premier contactCe film nous a plu.  Voilà qui est dit. 

Pour ce qui est du synopsys, des détails techniques, chronologiques, artistiques et autres, nous vous invitons à consulter la page de Wikipédia, qu'il n'est pas nécessaire de reproduire ici.

Ce film nous a plu pour plusieurs raisons.  Tout d'abord parce qu'il se démarque de ses semblables par le fait que l'on n'y trouve guère de sensationnalisme, d'effets spéciaux spectaculaires à profusion et qu'une bonne partie de l'histoire est consacrée à l'étude scientifique ou, en tous cas, xénolinguistique, c'est-à-dire l'étude de la linguistique étrangère.  Ensuite parce qu'une impression se dégage du film - du moins est-ce la nôtre - selon laquelle l'admission de la présence (et donc de l'existence) d'extraterrestres se fait sans heurts : il n'y a guère d'objections, de scepticisme, dès le départ c'est un fait avéré.  Il nous semble que ce soit une grande progression par rapport aux oeuvres précédentes, où les héros qui avaient le malheur de prétendre avoir vu des aliens se faisaient généralement "joyeusement dégommer", traiter d'alcoolos et d'illuminés comme c'est hélas trop souvent le cas dans la vie réelle.

Il faut dire que, dans le cas présent, douze vaisseaux se sont manifestés et présentés en autant d'endroits du monde sans rapport logique.  Il s'agit d'engins qui feraient penser à des "soucoupes volantes", sauf qu'ils seraient gigantesques et placés à la verticale, ce qui est tout de même assez inattendu.  Il faut dire aussi qu'une trappe s'ouvre toutes les 18 heures, de manière à ce que les terriens puissent venir investiguer, c'est-à-dire en fait, d'abord, tenter de parvenir à communiquer car, bien sûr, se présente l'obstacle du langage.  Logique.  Prévisible.

Or donc, les militaires de chaque pays concerné et, à tout le moins, de chaque grande puissance dont il dépend (ici il sera essentiellement question des USA qui ne pouvaient évidemment pas ne pas figurer au tableau d'honneur...) établissent leur campement à proximité des objets.  Ils sont toutefois dépourvus d'armes, car leur seul but est de déterminer, dans un premier temps, qui "ils" sont et quels sont leurs buts.  Il est évident qu'il va falloir savoir très vite à quelle sauce nous risquons d'être mangés, s'il sera question de négocier, si l'on peut envisager un deal ou quoi que ce soit.

the-arrivalcontactUne experte linguiste est donc désignée pour s'occuper de la question du langage et de la communication et elle sera accompagnée d'un physicien. (on a toujours besoin d'un physicien chez soi !)  Mais les extraterrestres sont résolument très différents de nous, c'est le moins qu'on puisse dire.  Ils se présentent en fait un peu comme des poulpes gigantesques (une dizaine de mètres de haut) dont on ne verra la plupart du temps que les bras, au nombre de sept (sept bras, pas sept poulpes).  A ce niveau, nous avouons avoir été un peu piégés car les 12 vaisseaux et les 18 heures nous avaient orientés vers les multiples de six et nous envisagions donc un système hexa.  Pour l'occurrence, il s'agira donc plutôt d'heptapodes (et les bras nous en tombent !)

Le langage de ces heptapodes va toutefois s'avérer très complexe et nécessitera plusieurs tâtonnements afin de pouvoir les comprendre et de s'en faire comprendre.  La similitude avec les poulpes va jusqu'à leurs expressions "verbales" qui s'articulent (si l'on peut dire) autour de projections d'encre qui dessinent des cercles.  Il s'agit en fait de glyphes dont les nuances sont très complexes et cette présentation circulaire ne manque pas de rappeler les agroglyphes, sans toutefois perdre de vue qu'il s'agit de cinéma.  Mais nous retenons l'idée... Intéressante !

Au niveau des complications de l'intrigue on notera une malheureuse erreur d'interprétation qui fera monter le suspens.  En fait l'évocation d'un cadeau d'armes prêtera à confusion et les réactions seront vives, menant l'humanité au bord du gouffre. 

L'apocalypse n'aura cependant pas lieu car l'héroïne du film, la linguiste experte, aidée en cela par le physicien, parviendront à décrypter la nuance.  Mais il faut dire qu'il convenait de s'accrocher pour y arriver et surtout de savoir que cette personne était sujette à des flashs vers le futur (d'habitude, il s'agit plutôt du passé).  On comprend alors que la noton du temps des heptapodes est très différente de la nôtre et non linéaire.  Chez nous, dans la plupart des langues (mais pas toutes !) le langage est basé notamment sur les références de temps (d'où l'ensemble des temps de la conjugaison, par exemple). Or, lorsque l'on apprend l'heptapode (lequel n'est pas encore enseigné dans les écoles à l'heure actuelle, du moins à notre connaissance...) on peut voir ce qui va arriver (percevoir le futur) et c'est bien ce qu'a vécu notre linguiste.  L'apport de leur langue peut donc bien s'assimiler à un cadeau de la part des extraterrestres car cet "outil" (qu'il fallait comprendre en lieu et place du mot "armes") va s'avérer très utile.  Le cadeau n'est d'ailleurs pas désintéressé car les heptapodes savent (et pour cause !) que l'Humanité les aidera en retour... dans 3000 ans !  De fait, tout cela finit par très bien se tenir.  A condition pourtant de pouvoir faire abstraction des problèmes d'éventuels paradoxes temporels et de libre arbitre, pour autant que ceux-ci se présentent en ne considérant que la seule connaissance partielle du futur (mais "partielle", cela reste à voir !).  On notera, au passage, un clin d'oeil peut-être involontaire aux avancées de Philippe Guillemant, qui prétend que des choses pareilles seraient envisageables.  Et, vous le savez sans doute, Philippe Guillemant n'est pas le premier venu en matière de physique...

Reste à savoir, pour spoiler complètement le film, si tout le monde accepterait de se lier avec un individu en sachant que le fruit de l'union sera un enfant qui sera atteint d'un cancer mortel.  Situation bizarre qui consiste à avoir déjà vu l'image de son enfant mourrant d'un cancer avant même d'avoir rencontré son géniteur ! 

La fin de l'histoire permet de comprendre que la faculté léguée par les heptapodes aura permis à la linguiste de prendre contact avec le grand Manitou chinois qui s'apprêtait à passer à l'attaque, en lui téléphonant sur son numéro personnel (qu'elle ignorait complètement mais qui lui sera transmis par flash).  Voilà qui sauve la situation.  Mais il fallait aussi avoir de quoi proposer au dirigeant en question afin de le faire changer d'avis !  Ce point est résolu par le fait que chacune des "coques" (surnom donné aux vaisseaux en raison de leur forme) donnait en fait une partie, en fait : la douzième partie, puisqu'il y avait douze coques, de la solution de l'énigme : il fallait rassembler le savoir acquis par les scientifiques à propos du langage des heptapodes sur base de la totalité des 12 coques.  Un moyen bien pratique pour obliger les nations à s'entendre et à collaborer.

Un fim intelligent et bien conçu, pour lequel la critique a généralement été très favorable et qui a fait son bout de chemin, même si l'on peut lui reprocher de manquer un peu d'action, d'être relativement lent et parfois difficile à suivre notamment en raison des flashs (qui sont donc en fait des flashforward).  Mais pour les gens du CERPI, qui auraient certainement regretté ne pas être de la partie dans une telle aventure, ce n'était pas trop compliqué.
Ce fim permet d'aguiller le lecteur (spectateur, Internaute) vers les ramifications de la linguistique et plus particulièrement de la xénolinguistique en passant par la l'hypothèse de Sapir-Whorf.  Allez donc voir, si vous voulez : nous, cela nous a passionnés ! Voyez aussi à sémiographie linguistique, laquelle assure le trait d'union avec les chromatiques que les musiciens connaissent bien - en principe - au même titre que les personnes atteintes de synesthésie.  Waouh !  Voilà tout un programme sur lequel il nous sera possible d'investiguer et d'épiloguer (Nous faisons ici un clin d'oeil à M.V. et à F & M. S.)