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Emissions SIL (années 80)

Quelques temps après la "mésaventure" de RLI, M. Vanbockestal revient aux studios de radio, mais cette fois chez S.I.L. (Station Indépendante Lessinoise)... la concurrence, quoi !  Et c'était reparti pour un tour !

A cette époque, les temps étaient difficiles pour les radiolibristes.  On évoluait parfois dans des studios qui étaient abrités par de vieux bâtiments auxquels ont accédait par des parcours dignes de Max la Menace.  On pouvait arriver dans un studio... vide - car le propriétaire était parti la nuit avec tout le matériel - ou bien se faire saisir par les autorités comme c'est arrivé maintes fois à Radio Contact par le passé (Je me souviens de cette époque et du célèbre Ricky Fox).

On avait parfois des "invités" surprise, présentés par leurs parents.  Il s'agissait en fait de jeunes chanteurs dont les parents s'étaient en fait invités eux-mêmes et il était bien difficile de les refuser bien que leurs rejetons chantaient parfois comme des casseroles !

Mais après bien des déboires (je me souviens de déménagements que nous faisions à moto) nous avons fini par pouvoir nous établir dans des lieux corrects avec du bon mathos.  (Il avait fallu jouer les équilibristes-cascadeurs pour monter l'antenne).  Et puis, nous avons remonté le courant, petit à petit.  J'avais repris la plupart de mes anciennes émissions, mais plus ou moins sous une autre forme, y compris l'émission patoisante, pourquoi pas ?  Il n'y avait pas d'exclusivité en la matière. Chacun peut s'exprimer comme il veut.  A la limite, vu la situation géographique, nous aurions même pu faire une émission en flamand (si nous en avions été capables, mais ce n'était pas le cas !) et je ne me suis pas géné d'en faire en brusseleer... (Car, ça, je savais "une fois" !)

Mais c'est une fois de plus de l'émission "bizarrement vôtre" que j'ai retiré le plus de satisfactions.  Le summum a été l'interview de Jacques Vandewattyne, que l'on surnommait "le diable des collines".  C'était un artiste polyvalent: peintre, sculpteur, graveur, dessinateur, conteur dialectal... j'en passe.  Mais c'était surtout lui qui avait mis en chantier le Grand Sabbat des sorcières d'Ellezelles et ça, c'était un véritable monument de reconstitution historico-folklorique haut en couleurs qui rameute chaque année des milliers de visiteurs pour une grande fête de l'étrange couronnée d'un gigantesque feu d'artifice.

Jacques et moi nous sommes liés d'amitié, je lui dois beaucoup.  Je lui rends hommage dans ce site.  il le mérite amplement.

Voilà encore un épisode de la vie du GESO-CERPI que beaucoup ignorent.

Quant à la fin de cette aventure, elle ressemble à un bis repetita.  J'ai été appelé à Bruxelles pour un boulot de portier-sorteur et je n'avais pas le choix car il fallait bien faire bouillir la marmite.  C'était très spécial car j'allais retrouver un établissement où j'avais déjà travaillé quelques années auparavant, avec un autre patron.  J'allais aussi retrouver quelques anciens collègues, cela allait être des retrouvailles (j'avais précédemment du quitter ce poste pour mon service militaire et, entre temps, le dancing avait fermé ses portes).  Ah!  Cela n'a pas toujours été de tout repos dans mon jeune temps, je peux vous le garantir.  C'était toujours à 200 à l'heure... au moins !

De nos jours, cette boîte de nuit n'existe plus, sauf dans la mémoire d'innombrables bruxellois d'un certain âge.  Elle n'existera d'ailleurs plus jamais, même sous un autre nom.  Tout simplement parce que les locaux ont été démolis et que l'on a reconstruit dessus, un bâtiment consacré à tout autre chose.  Mais, chose curieuse (et en même temps assez prévisible), j'ai eu pas mal de personnalités du domaine intéressant le CERPI parmi mes clients.  Sauf que, à l'époque, je ne les connaissais pas et eux non plus, forcément. (Pour mémoire, le dancing en question se trouvait place de Brouckère, juste à côté (à droite) de l'ancien cinéma Eldorado, devenu un moment UGC).

http://sofei-vandenaemet.skynetblogs.be/archive/2008/02/22/place-de-brouckere-a-travers-le-temps.html

L'un des moments les plus tendus que j'ai vécus dans ce dancing a été le jour où il y a eu le drame du Heysel lors de la finale entre les italiens de la Juventus et les anglais de Liverpool.  Cela se déroulait à quelques kilomètres.  Mais dans le dancing se trouvaient beaucoup d'italiens et presque autant d'anglais.  Lorsque l'on a commencé à apprendre ce qui se passait, par la radio et la télévision, c'était comme s'il y avait subitement eu une bombe dans l'établissement.  Il a fallu déployer des ruses de sioux et de diplomatie, très rapidement, pour éviter le pire et fermer dare-dare les portes de la boîte avant de connaître une deuxième mini-émeute.  J'étais le seul sorteur à ce moment-là et, chez les anglais, je me souviens qu'il y avait de véritables colosses!  Mais les italiens de chez nous pouvaient très vite faire appel à de très nombreux compatriotes.  Je ne donnais pas cher de ma peau ! Que voulez-vous faire seul face à 400 personnes qui se battent ?

Mais finalement, cela s'est bien terminé.

 Par contre, quelques temps plus tard (au mois de septembre) j'allais connaître un terrible accident sur le chemin du retour.  Un accident qui allait considérablement m'ouvrir les yeux quant au paranormal... (cf. l'accident - dans "L'aventure fantastique")

 


Reportage (en anglais - mais vous comprendrez facilement !) sur le drame du Heysel en 85.

 

L'un de mes autres indicatifs radio de l'époque.

Et, enfin, ce qui fut "notre" indicatif radio pour l'émission patoisante sur S.I.L.  Elle annonçait la bonne humeur, la joie dans les foyers, l'humour décapant (parfois parsemé de "piques"), les dédicaces, les jeux concours, la grosse rigolade...