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Un président furibond de son hospitalisation

3757884Vous le savez tous, chers ami(e)s du CERPI - du moins si vous nous suivez depuis quelques années déjà - j'avais jadis donné des instructions afin que l'on ne rédige plus d'articles quant à mon état de santé et ce qui gravitait autour.  C'était toujours d'actualité.  Mais ma fille a récemment pris les devants et contourné cette recommandation... via RTL, afin de signaler des événements finalement assez anodins (et totalement hors sujet avec les préoccupations du CERPI, vous voilà avertis !) concernant ma dernière hospitalisation qui, il est vrai, a présenté certaines particularités pour le moins révoltantes.  En cela, elle a eu parfaitement raison et je ne l'en blâmerai pas, car certaines choses méritent parfois d'être dites, au nom de la liberté d'expression, pour l'information générale et parce qu'il y a souvent une grande différence entre ce que l'on veut nous faire croire et la réalité de terrain.  Ma petite personne importe peu, je parlerai donc de questions de principes, d'éléments sécuritaires fondamentaux et de quelques détails bons à savoir.
Tout d'abord, je vous invite à prendre connaissance de l'article qui a été publié sur le site de RTL Belgique

Ensuite, je vais vous présenter ma version, laquelle servira aussi de réponse à quelques commentaires publiés sur cette page.  Vous allez voir, ce n'est pas piqué des vers !

NDLR : l'image ci-dessus est extraite de l'article de RTL, à laquelle les droits ont été cédés.  Les photos ayant été prises par ma fille, à l'usage de RTL et me concernant, j'ose espérer que RTL ne nous en tiendra pas rigueur !

Les bons débuts...

Or donc, ce dimanche 2 avril, j'ai été admis à l'hôpital Ambroise Paré de Mons.  Je devais y subir une intervention pour la mise en place d'une prothèse de hanche, une opération assez lourde mais qui devient plutôt banale en soi.  Rien de semblable à une opération "à coeur ouvert".  L'opération était prévue pour le lendemain, lundi 3 avril donc, à 13 heures.

Dès l'entrée en chambre, l'infirmière a signalé que l'établissement subissait une vague de vols en série, que ceux-ci étaient très fréquents et nécessitaient donc une prudence toute particulière : "On vole de tout, monsieur, même des oreillers !  Heureusement, la chambre dispose de deux coffres-forts, un par patient.  Et malheureusement, le vôtre n'est pas opérationnel : on ne peut pas le fermer !  Mais soyez tranquille, monsieur, il sera réparé dès demain matin, avant votre opération."  Fort bien, pas de problème donc.

Il faut dire un mot de l'établissement, que je connais pour y avoir déjà été soigné, pour la qualité de ses soins, la sympathie et le dévouement de ses infirmières, l'équipement très moderne mis à la disposition des patients, le professionnalisme de son personnel et l'aspect très fonctionnel des locaux.  Ainsi, les chambres sont agréables : il y a le téléphone, la radio, la télévision et même Internet, le tout relié dans un même appareil pivotant sur un grand bras articulé.  Tout est propre et moderne et il y a tout ce qu'il faut pour répondre aux besoins des personnes moins valides ou qui, en raison de l'intervention subie, rencontrent des problèmes d'équilibre ou de stabilité.  En venant à Ambroise Paré, je savais par expérience que j'y serais bien et que j'y serais bien soigné.  Lorsque l'on veut être objectif, il faut tout dire et ne pas se cantonner aux seuls reproches...  Malheureusement, cette fois, je ne lancerai pas que des fleurs.

Dans un premier temps, tout se passe très bien, comme prévu.  On s'occupe très rapidement de moi.  J'ai à peine eu le temps d'arriver que l'on me faisait déjà une prise de sang, que l'on me posait les questions traditionnelles de l'anamnèse et que l'on faisait le nécessaire pour l'identification : impossible de faire erreur sur la personne, on ne risque pas de se faire opérer du bras si l'on souffre de la jambe !  Pour ce qui est du repas du soir, les heures sont données et pour les visites et pour les entrées et sorties : l'établissement est ouvert (porte principale) jusqu'à 22h mais l'entrée dans le service (couloirs, chambres) est limité à 20h.  Après, il faut sonner à la porte et d'identifier.  Cela a quelque chose de rassurant.  Quant aux visites, elles se font de 15h à 19h30 : "les visiteurs sont priés de respecter les heures de visite, pour le bien-être des malades".  Tout cela est très bien !

En soirée, je vais donc prendre un peu l'air et lire dans la cour intérieure puisqu'il fait un temps presque estival quoi qu'un peu frais quand même.  Ah !  Mons, comme toutes les grandes villes, a aussi ses SDF et ses mendiants.  En voici deux qui font la manche, me réclament une pièce et puis passent à quelqu'un d'autre.  Je connais le grand maigre, je l'ai déjà vu dans mon cadre professionnel.  Il est accompagné d'une jeune fille de petite taille.  Je n'y prête plus attention : mon livre m'absorbe.  Et puis la fraîcheur du soir m'invite à remonter en chambre.
La nuit se passera bien.  Confortablement.  Mais c'est un peu le calme avant la tempête !  En tous cas, c'est la tranquillité avant le passage sur le billard.

Le lendemain matin, il faut rester à jeun (et ce sera jusqu'à 13 heures ! Pfff !)
Une infirmière passe pour prendre la tension, la température, etc.  donner les médicaments.  Le quotidien des hôpitaux, quoi !

"Ah !  Mademoiselle, petit point noir sur un beau tableau blanc : vous avez mis de l'Asaflow et, en préopératoire, cela ne se fait pas !"

"Que ?..."

"Oui, mademoiselle.  Comme vous le savez très certainement, l'Asaflow est semblable à l'aspirine sauf au niveau du dosage.  C'est de l'acide acéthylsalycilique, un anticoagulant.  Je ne tiens pas à favoriser une hémorragie.  Vous voulez bien le retirer s'il vous plaît ?"

Toute penaude de son erreur, l'infirmière s'exécute et je l'apostrophe avant qu'elle s'en aille :

"Qu'en est-il pour le coffre-fort ?"

"On s'en charge, monsieur : les techniciens vont venir !"

Le temps passe.  Mon voisin de chambre, un brave avec qui j'ai déjà sympathisé, s'apprête à subir la même opération que moi.  Sauf qu'il passera avant.  On le prépare donc.  Je profite d'un trou dans ces préparatifs pour revenir à la charge à propos du coffre et l'on me répète que le nécessaire est fait : la réparation est prévue.
De mon côté, je mets le peu d'affaires de valeur dont je dispose dans une trousse neutre.  Le moment venu, il me suffira de la mettre dans le coffre, en une seule opération, pour gagner du temps.

Cependant, aucun technicien ne se présente.  Aurait-on oublié ?  Y aurait-il un problème ?
Pour le jour de mon opération, nous avons convenu que mes proches ne viendraient pas car soit je serais absent (au bloc opératoire), soit je serais dans le cirage (à cause de l'anesthésie).  Il faut donc que je prenne mes dispositions seul.  Il n'y a pas de problème : l'intervention n'est prévue que pour 13 heures.  Il y a donc encore bien le temps.  Pas de quoi paniquer ! 
Mes proches ne sont pas là, mais je peux leur téléphoner.  Toutefois, le téléphone de la chambre permet seulement de recevoir les appels et pas d'en donner.  Je dois donc utiliser mes GSM.  C'est curieux, mais c'est pareil chez mon voisin.  Bon.  Soit !

Les choses vont bientôt se précipiter et prendre une drôle de tournure...

Suite du récit.