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Le CERPI, touché par les orages

Série d'orages violents

Ces derniers jours ont été fertiles en précipitations et orages, souvent très violents, qui ont mis la population du Hainaut (mais pas seulement) et les pompiers à rude épreuve.  Les médias sont prolixes en images de désolation, qui présentent les dégâts considérables occasionnés par ces intempéries et les situations déplorables dans lesquelles se sont trouvés de nombreux habitants.

Jusqu'ici, le CERPI (ou du moins son siège social) avait toujours été épargné par ce genre de choses, d'une part parce qu'il se situe sur une hauteur et que son habitation est donc beaucoup moins susceptible d'être inondée, d'autre part parce qu'il dispose de nombreux systèmes de protection contre la foudre.

Le marasme se précise...

Mais, parfois, les circonstances font que tout cela ne sert à rien, ou à pas grand chose.  C'est en effet un concours de circonstances malheureuses qui ont transformé la nuit dernière en un véritable cauchemar pour les cerpiens sonégiens de la chaussée d'Enghien.  La foudre s'était abattue du côté de Mons, plongeant la cité du Doudou dans l'obscurité au même titre que d'autres localités, mais Soignies était une fois de plus épargnée. 
Cependant, le vent (soufflant par ailleurs en méchantes rafales) allait bientôt tourner.  Dans le mauvais sens...
Pas question de foudre en l'occurrence, mais bel et bien un CERPI plongé dans le noir parce qu'un membre, venu en visite de courtoisie et électricien de profession avait coupé le courant afin de procéder à une réparation.  Mais non des moindres ! 
En effet, c'est tout un étage qui ne pouvait plus être éclairé en raison de précédents travaux au cours desquels une ligne avait été sectionnée.  Seulement voilà, il y a quelques années de cela, plusieurs sociétés s'étaient suivies, notamment pour réactualiser l'installation vétuste et encastrer le câblage.  Mais les schémas sont devenus introuvables et la coupure de cette ligne provoquait des bizarreries en série.    S'il ne s'agissait pas que d'un problème essentiellement de physique électrique, on aurait pu trouver cela assez mystérieux que pour mandater le CERPI !  Seulement voilà, les choses s'y passaient précisément !

L'oeil du cyclone ?

Pendant ce temps, la pluie commençait à tomber, d'abord timidement, tandis que les éclairs - au loin - se faisaient de plus en plus menaçants, ce que venaient confirmer une légion de coups de tonnerre.

Il en fallait cependant plus pour ébranler la quiétude des habitants chez qui l'éclairage de secours avait pris le relais.  D'autant qu'une fois la réparation terminée, tout était rentré dans l'ordre et tout semblait aller pour le mieux.

Et puis, la cata !

Mais la pluie s'est soudainement faite plus intense, pour devenir diluvienne, accompagnée de grêles et d'un vent qui, par endroits, se transformait en tornade !  Manifestement, un système d'écoulement des eaux devait s'être bouché car les habitants ont eu la désagréable surprise de voir l'élément liquide envahir l'habitacle !
Les dispositions ont été prises immédiatement afin de remédier à la situation mais, vu l'impétuosité des éléments, la lutte a du se poursuivre jusqu'aux environs de 5 heures du matin !  Une prestation dont beaucoup se seraient volontiers passés !

Le calme enfin revenu, les mêmes habitants ont alors connu la deuxième surprise de la soirée, bien plus grave que la première !  Pensant aller prendre un repos bien mérité, ils découvrirent des chambres complètement sous eaux, les lits et matelas trempés, inutilisables.  Mais il y avait plus grave encore car, apparemment, toute cette eau s'était infiltrée à partir de l'étage supérieur où se trouve la plus imposante partie de la bibliothèque du CERPI !  Or, on sait que l'eau et le feu sont les deux principaux ennemis mortels des livres !  Une véritable fortune littéraire était donc en péril !

Le nid du problème ou le problème du nid ?

A la faveur d'un coup de chance incroyable, ces derniers n'ont heureusement subi aucun dommage, le débordement s'étant produit à l'opposé de la pièce en raison de la présence d'un nid qui avait été construit en un bien mauvais emplacement.  Il ne restait plus qu'à enlever cette présence indésirable, à écoper, sécher et remplacer tout ce qui avait été mouillé, comme le pont d'un navire par grande tempête !  Quand tout cela fut fait, le soleil s'était levé depuis longtemps déjà...

Une nuit blanche au CERPI, à marquer d'une pierre noire.  Mais le pire avait été évité !

Un président ravi et exténué

Pour M. Vanbockestal, président du CERPI, l'essentiel était sauf, lui qui tient à ses livres comme à la prunelle de ses yeux.  Mais il était à la fois ravi et exténué comme il nous l'a expliqué :

"J'ai poussé un énorme "ouf" de soulagement lorsque j'ai constaté que la collection n'avait pas souffert, elle était indemne !  Pensez !  Il y a là plusieurs milliers de livres dont certains sont très rares, mais aussi des prix reçus à l'école, des cadeaux, des récupérations de célébrités, des vieilleries auxquelles j'accorde une valeur presque sentimentale et qui suscite la nostalgie.  Il y a aussi toute une documentation très précieuse pour nos études.  C'est pratiquement un trésor inestimable pour tout bibliophile comme moi.
Mais, cela dit, ce qui a été très dur à supporter c'est de devoir assister impuissant au déroulement des opérations.  Il n'était pas question d'appeler les pompiers, de toute façon débordés, car la situation ne le justifiait pas pleinement : il nous était possible de faire face par nous-mêmes.  Mais, pour moi, souffrant terriblement du dos, je ne pouvais qu'apporter un soutien moral à mes proches qui se démenaient contre l'envahissement des eaux.  Interdiction formelle de soulever des charges, position debout douloureuse (au même titre que dans la position assise d'ailleurs, ce qui rend les choses compliquées) et puis... il y a autre chose encore.  Vers 23 heures bien tassées tout était encore très calme.  Seuls les échos de témoins situés dans des régions limitrophes, ceux des médias et l'état du ciel, avaient un côté inquiétant.  Mais nous avons toujours été épargnés par ce genre de tracas pour les raisons que vous avez évoquées.  Je pouvais donc tout tranquillement penser à aller me coucher et j'ai donc pris mes médicaments.  Ce sont des relaxants musculaires qui m'apportent un certain soulagement, mais qui provoquent aussi de la somnolence et, en fin de compte, génèrent le sommeil.  Sauf que lorsqu'ils ont commencé à faire de l'effet, les bras de Morphée étaient devenus totalement inaccessibles !  Heureusement que je ne travaillais pas ce matin : cela aurait été totalement impossible et même très dangereux.  Ma prolongation d'incapacité de travail a donc été providentielle.  Mais en attendant, je suis vanné !  Tiens !  Je ne l'ai pas fait exprès, mais c'est un assez bon jeu de mots dans ce contexte plutôt "aquatique" !

Au fait, vous ne tenez désormais plus compte de votre embargo sur vos nouvelles de santé ?

Vous savez, en tant que citoyen ordinaire, j'aurais tendance à dire que mes problèmes de santé relèvent uniquement du secret médical et ne regardent que moi et mon médecin traitant.  Il fut un temps où j'ai réagi, assez vivement d'ailleurs, à ces articles qui étalaient tout ce genre de choses alors que cela n'avait rien à faire dans le site du CERPI.  Je considérais que c'était superflu, sinon indiscret.  Cependant, à partir du moment où l'on devient un "homme public" (parce que l'on écrit des livres, que l'on passe à la télévision, à la radio...) ou que l'on s'aperçoit que bien des gens manifestent une réelle empathie, les choses deviennent différentes.  Il y a entre certains membres du CERPI un "esprit de famille" que je ne peux plus négliger.  Ce qui a changé beaucoup de choses aussi, c'est lorsque je me suis fait cambrioler dans ma chambre d'hôpital, alors même que j'étais opéré !  Cela a été relayé dans les médias, avec ma photo et une petite enquête du journaliste.  Même la police montoise a fait diligence et je lui suis reconnaissant.  Je n'oublie pas ces choses-là, voilà tout.

Et donc... vous allez mieux ?

J'ai été gâté ces derniers temps en problèmes de santé.  Cela n'en finit plus !  On ne rajeunit pas non plus... Heureusement, beaucoup de points sont sous contrôle et j'ai la chance d'avoir une constitution plutôt robuste grâce à mon passé (très) sportif.  Pour mon dos, oui, on prend la bonne direction.  Mais cela n'empêche pas que je vais devoir me ménager un autre style de vie et je me suis déjà constitué mon petit programme.  Mais c'est un secret !

Allez !  Dites-le nous !

Ah ça !  Je savais qu'en parlant de secret vous me demanderiez de le révéler !    Ben... en fait, c'est un ensemble de choses.  Il y a du Taï Chi, une gymnastique chinoise assez douce mais efficace, la technique du poisson rouge (voyez Nishi Katsuzo), quelques trucs sur l'alimentation à propos desquels je ne vous en dirai pas plus, des principes de Feng Shui (accessoirement) et de philosophie orientale.  Mais je garderai mes autres petits secrets pour moi !

Cela fait tout de même très oriental !

Depuis que je suis ado, j'ai toujours été très porté sur les principes orientaux.  Fan de Bruce Lee, j'ai pratiqué le judo, le karaté, la boxe, un peu de kendo.  Je gardais le Taï Chi pour mes vieux jours, les voici qui arrivent !  Quant à la philosophie orientale, c'est un véritable régal pour moi, doté souvent de beaucoup de poésie.  C'est une évasion face à la rigueur des principes scientifiques, une compensation, le Yin et le Yang.  Cela m'a beaucoup aidé lors de ma carrière professionnelle, pour la gestion des conflits, lorsque j'étais portier-sorteur ou agent de gardiennage, mais aussi en tant que détective privé.  C'est aussi une école de vie dans laquelle on est soi-même son principal adversaire, un défi permanent.

En tant qu'ancien grand sportif, pouvez-vous, pour terminer, nous donner vos deux conseils que vous jugeriez les plus importants ?

Non !  Il y en aurait bien plus que deux !  Mais je vais profiter de votre question pour terminer en beauté.  Le premier conseil, c'est de boire beaucoup d'eau (j'ai dit de l'eau, sans whisky par exemple !) - l'eau, c'est un peu l'arme secrète des sportifs.  Le deuxième conseil c'est de se ménager assez de repos et dans notre vie moderne on a trop tendance à négliger ce point.  C'est d'autant plus vrai si l'on veut atteindre les performances sportives.  Car c'est pendant le sommeil que l'organisme se répare, psychologiquement mais aussi physiquement.  C'est la raison pour laquelle je m'en vais de ce pas aller dormir !  Bonne journée !