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Mons : les fantômes en sursis ?

Nous vous avons parlé récemment de choses étranges qui se déroulaient apparemment dans la région de Mons.  Lire l'article.  Pour bref rappel, il s'agissait de présences inquiétantes, de formes humaines se présentant de manière (de plus en plus) récurrente, parfois accompagnées de bruits sourds, toujours à la même heure nocturne (la même fourchette horaire très étroite).  Des objets douteux (mais pas illégaux rappelons-le, nous n'en disons pas plus pour les besoins de l'enquête) étaient incriminés en raison de leur provenance trouble (messes noires ?  séances de spiritisme ?  Remarquez que nous utilisons le point d'interrogation !)  En plus de cela, le chien de la "victime" adoptait également un comportement étrange puisqu'il se mettait à gémir, à aboyer, à trembler et, finalement, refusait d'encore entrer dans la chambre.

Dans une première anamnèse, réalisée très simplement par les moyens de communication traditionnels, nous avions constaté que le milieu se prêtait peu aux affabulations, était plutôt cartésien et, à l'instar du CERPI, avec une légère ouverture d'esprit n'excluant pas forcément les explications non conventionnelles tout en donnant priorité aux explications rationnelles.

Avant de pouvoir commencer une enquête fouillée, il convenait toutefois que les faits soient établis mais une visite domiciliaire n'avait pas été immédiatement possible en raison de l'accident de travail dont souffrait notre président, lequel résidait le plus près.  Néanmoins, nous avions envisagé de dépêcher l'une de nos équipes de reconnaissance, précisément située dans cette même région, de manière à pouvoir juger au moyen de leur appareillage sophistiqué.  Sur le plan des renseignements complémentaires, nous pouvions exclure un phénomène de paralysie du sommeil puisque l'individu allumait et éteignait lui-même la lumière (ce qui est impossible si l'on est paralysé) ce qui, dans un premier temps tout du moins, faisait apparemment disparaître les "entités".  Mais... celles-ci allaient bientôt devenir plus présentes, plus récalcitrantes, plus tenaces et résister finalement à la lumière pour se montrer sinon menaçantes, du moins très moqueuses.  Le cas échéant, la paralysie du sommeil de l'individu n'aurait pas expliqué le comportement du chien.

Au niveau de la fiabilité du témoignage, après les questions de base inévitables auant à la consommation de substances susceptibles de pouvoir modifier la conscience et/ou la validité des perceptions, nous n'avions rien remarqué de particulier, la personne ne recevant que des gouttes pour les yeux ainsi qu'une statine (médicament contre l'hypercholestérolémie).

N'étant pas médecins et ne pouvant d'ailleurs en aucune manière nous y substituer, nous ne pouvions pas savoir - d'autant plus que ce point doive en principe se conjuguer avec d'autres éléments pour pouvoir apparaître et seulement dans de rares cas - que le collyre en question entrait bel et bien dans le système sanguin et, de là, dans le système nerveux de manière à pouvoir générer, occasionnellement, des hallucinations.  Etait-ce suffisant pour tout expliquer ?  Certes non !  Mais il convenait de vérifier en laissant priorité, cette fois, au corps médical.  Or, le changement de principe actif n'avait, dans un premier temps, rien donné et donc le mystère subsistait, a priori.

C'est le recours à un personnel spécialisé qui a permis de mettre fin à un probable surdosage, après lequel les apparitions fantomatiques ont tôt fait de s'atténuer à défaut de disparaître complètement.  Mais dès lors, notre intervention était-elle encore indiquée ?  Dans un premier temps, il était surtout urgent d'attendre et de juger de la stabilité du retour à la normale.  Mias, le cas échéant, d'autres points restaient malgré tout à élucider.  Il en allait ainsi des coups sourds perçus par le requérant et puis, toujours, ce comportement très spécial du brave toutou.  En effet, ce dernier ne recevait pas de gouttes dans les yeux et, s'il n'y avait pas de fantômes, qu'est-ce qui pouvait donc bien justifier sa terreur ?

Peut-être les coups sourds en question ne sont-ils nullement à mettre sur le compte d'un éventuel poltergeist, mais plus simplement sur celui d'acouphènes.  C'est en tous cas ce qui semble être le cas de prime abord.  Mais nous verrons plus loin.
Sans que les faits ne soient toujours établis, nous n'allions pas nous lancer dans de vagues suppositions au sujet des objets incriminés mais nous intéresser au chien, ce qui allait nous permettre d'échaffauder une hypothèse.
Nous partirons donc du postulat négatif (ce qui n'engage donc pas à grand chose !) qu'il n'y aurait aucun "fantôme" chez notre requérant.  Mais dès lors, il aurait fallu trouver une autre cause pour justifier le comportement de Mirza.  Et il se fait que celle-ci peut peut-être se trouver assez aisément au moyen du réflexe de Pavlov.  Il s'agirait donc, selon nous, d'un cas de conditionnement classique.  Voici comment nous expliquerions les choses (quitte à devoir revenir ultérieurement sur nos propos, nous verrons bien !) :

Lorsque le requérant, très sincère et de bonne foi, a commencé à "voir des fantômes", il a bien évidemment été inquiet et puis de plus en plus effrayé, sinon bouleversé par la récurrence angoissante de ce qu'il percevait (même s'il ne s'agissait que d'hallucinations dont il n'avait pas conscience)  Lesdites hallucinations survenaient toujours dans la même tranche horaire simplement parce que le patient prenait son traitement à heures fixes, ce qui entraînait une réaction invariable dans le même délai, ou à peu de choses près.
Même si le chien ne voyait, lui, aucune présence, il percevait en revanche très bien l'inquiétude et l'angoisse de son maître, d'autant que les animaux domestiques (entre autres) sont réputés pour y être bien plus sensibles que les humains (et il n'y a là aucun phénomène surnaturel ni paranormal !)  Au bout de quelques jours, le petit Bill (ou le gros Médor) a commencé à établir une association d'idées entre le moment du coucher (et donc de l'entrée dans la chambre) et l'angoisse en question, synonyme de peur et donc de danger ("si mon maître a peur, n'ai-je pas toutes les raisons de m'inquiéter moi aussi, sinon davantage ?  S'il a peur, c'est bien qu'il ressent un danger, non ?"  se dit-il, en langage chien et en lui-même.)  Le chien aurait donc été conditionné involontairement pour avoir peur au moment du coucher de son maître, sans pour autant qu'il y ait de cause réelle, concrète.

Et qu'est-ce qu'on fait maintenant ?

Maintenant : on attend !  On attend patiemment que les professionnels de la médecine fassent leur travail, que l'adaptation des traitements éventuels opère, pour que l'on puisse juger s'il y a une différence notoire (entendez donc la disparition complète des "phénomènes").  A défaut, c'est-à-dire en cas de persistance des "manifestations", nous reprendrons depuis le début et toujours comme il se doit, en tentant d'établir d'abord l'authenticité du cas au moyen de l'appareillage à notre disposition (appareils photo, caméras multiples + infrarouges, micros, détecteurs divers...)

Nous osons penser que notre intervention ne sera plus nécessaire mais nous nous tenons prêts le cas échéant, sans perdre de vue que "la ruse du diable consiste à faire croire qu'il n'existe pas", que les extraterrestres sont passés maîtres dans l'art du camouflage et que les fantômes évolués de notre génération pouraient avoir plus d'un tour dans leur sac afin de faire croire qu'ils n'étaient que chimètes, de manière à pouvoir ensuite tourmenter tout à leur aise !  Il nous suffira d'être alors plus rusés qu'eux...

De toute manière, pour l'instant, l'affaire est en sursis.  Et nous verrons bientôt s'il y a malgré tout de quoi hausser les sourcils, de se faire du souci, ou si cela suffit.

Suite et fin du dossier