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L'affaire de Saint-Ghislain (Belgique)

Le 24 février 2018, à en croire le journal « La Dernière heure », la petite ville de Saint-Ghislain, située près de Mons, dans le Hainaut, en Belgique, était le théâtre d’un bien curieux phénomène. Une dame avait observé dans le ciel une étrange lueur (On peut lire ailleurs qu’il s’agissait d’un « aéronef en difficultés »), ou plutôt comme un éclair, et ce qui ressemblait à la chute d’un « objet », suivie d’un dégagement de fumée.  D’après le journal, plusieurs autres personnes auraient corroboré cette observation, la rendant donc plus consistante.

Mais évidemment, en matière d’observations ufologiques de nombreuses réticences et objections peuvent rapidement être formulées et supposer l’affabulation, la confusion, le canular, etc.  Sauf que le journal indiquait aussi que la police avait été appelée pour la circonstance, qu’elle s’était rendue sur les lieux à la recherche de débris, mais en vain, qu’elle aurait également questionné les entreprises de la région ainsi que Belgocontrol pour ne finalement rien trouver de particulier.

Au CERPI, nous avons connu une certaine frustration, pour ne pas dire une frustration certaine, pour n’avoir été informés de l’événement qu’en date du 28 février, soit quatre jours après les faits, via l’Académie française d’Ufologie (que nous remercions), alors même que nous sommes situés non loin de la ville concernée et que, en plus, nous avons des correspondants sur place !

Situation ô combien paradoxale de se trouver avertis de ce qui se passe près de chez nous par des gens qui se situent à plusieurs centaines de kilomètres ! Gros « couac » dans nos communications donc, qui nous font rappeler – à l’usage de nos correspondants – qu’il ne convient pas de penser qu’une information (sous prétexte qu’elle a été médiatisée) nous soit automatiquement parvenue et que « de toute façon » quelqu’un l’a certainement déjà signalé, donc : plus besoin de le faire ! Non ! C’est comme lorsque survient un accident de la route, si tout le monde pense que le voisin a déjà appelé les secours, ceux-ci risquent fort de se faire attendre longtemps. Et pendant ce temps-là, les blessés vont morfler. Bon ! D’accord : pour les morts c’est trop tard… Tout cela pour dire que nous préférons recevoir vingt fois, cent fois peut-être, la même information que pas du tout.

Dès le début donc, déjà quatre jours de perdus alors que comme le disait le professeur Edmond Locart, de la police scientifique de Lyon, « Le Temps qui passe, c’est la vérité qui s’enfuit »…

Nous avons donc immédiatement mis trois agents sur le coup mais ceux-ci se sont directement heurtés à un gros problème qui résidait dans l’absence quasi-totale de précisions.  En effet, ce n’est pas que Saint-Ghislain soit une très grande ville, loin de là, mais nous n’avions aucune idée de l’endroit précis du crash présumé. En même temps, lorsque l’on parle de « la région de Saint-Ghislain » cela représente malgré tout une surface plutôt vaste que l’on peut faire aller de Mons à Dour par exemple pour l’estimer à environ 400 km2. De cette manière, on comprend mieux la difficulté.  Par ailleurs, on ne disposait aussi que des informations très laconiques parues dans le journal. Aucune coordonnée de témoins, aucune indication quant à la nature de l’objet, sa vitesse, sa direction, etc. Nous avons fait un appel à témoins, imités en cela par le MUFON France, mais sans succès.

Notre président, M. Vanbockestal, récemment sollicité par un journaliste de « La Dernière Heure » avait contacté ce dernier afin d’en savoir plus auprès de son collègue mais là aussi « mystère et boule de gomme » : impossible d’en savoir plus !

Nous avons donc contacté la zone de police boraine qui, heureusement, a dans un premier temps confirmé la réalité de l’événement. Il ne s’agissait donc pas d’une invention journalistique. Remarquez : on s’en serait doutés car, d’une manière très générale, les journaux inventent rarement les observations ufologiques. Ils auraient plutôt tendance à les passer sous silence, sauf en période creuse, les grandes vacances par exemple, ou lors de périodes de calme médiatique particulier. Et lorsqu’ils en parlent, c’est le plus souvent pour s’en moquer et dissuader les témoins de relater leurs observations, en les traitant de David Vincent ou en faisant allusion à un excès de consommations alcoolisées par exemple. Or donc, dans le cas présent, ce n’était visiblement pas le cas.

Mais de là à en savoir plus auprès de la police boraine, il y avait aussi un pas ! On comprend bien que la police n’ait pas que cela à faire et qu’elle ne livre pas ses informations au premier venu. Nous avons donc été invités à confirmer notre demande par écrit en attendant d’obtenir une autorisation de la part des supérieurs hiérarchiques. Procédé classique. Il ne nous restait plus qu’à attendre la réponse. Et elle s’est fait attendre. Elle s’est tellement fait attendre que nous avons du revenir nous-mêmes à la charge pour enfin obtenir quelque élément, laconique, mince, mais mieux que rien.

Pas question de déroger à la confidentialité des coordonnées des témoins, bien sûr (on s’en serait aussi doutés !) mais nous avons quand même pu prendre connaissance du lieu présumé et approximatif du crash en question, pour autant que crash il y ait eu. Celui-ci était défini comme situé à hauteur du numéro 600 de la route de Wallonie.

Sauf que… si l’on consulte Google Earth on voit que l’on se trouve là un peu au milieu de nulle part ou plus exactement dans un complexe industriel, avec des usines, des entreprises et pratiquement pas de maisons… Nous avons aussitôt dépêché des agents sur place et constaté que le GPS indiquait « adresse inexistante » et renvoyait par défaut au numéro 240, occupé par un groupe de médecins.
Nous avons patrouillé la région en long et en large pour comprendre qu’il aurait été plus facile de trouver une aiguille dans une motte de foin. Personne ne semble au courant de quoi que ce soit. Personne n’a rien vu, rien entendu, plusieurs croient au canular (on est le 1er avril demain !) mais non : nous rappelons que cela a fait l’objet d’un article de journal et surtout que la police boraine confirme. « Ah ? Alors, c’est sérieux ? Ben non, désolé, je n’ai rien vu… »

Cependant, si pour nous il était assez normal de questionner les riverains proches des lieux, en revanche il fallait considérer une autre facette du problème : la police nous a renseigné quant au lieu du crash mais cela ne signifie pas que les témoins s’y trouvaient précisément. Ils pouvaient tout aussi bien se trouver à distance (les postes d’observations susceptibles de convenir ne manquent pas, nous l’avons bien remarqué) si bien que la champ d’investigation s’en trouve très considérablement élargi et pratiquement inexploitable : il faudrait soit un coup de chance inouï, soit requérir une cohorte d’enquêteurs afin de parcourir toutes les rues de Saint-Ghislain, de Baudour, de Quaregnon, de Ghlin, voire celles de Mons. Sans compter que plus d’un mois nous séparent des faits et que les traces ou débris éventuels ont largement eu le temps d’être soigneusement évacués s’ils présentaient quoi que ce soit de compromettant.
Dans ces conditions, avec le COBEPS qui était également intéressé par l’affaire, nous avons classé le dossier comme PAN-C (renseignements insuffisants).