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Evelyne, suite et fin

Afin de bien vous mettre dans le contexte de ma relation détestable avec le père d'Evelyne, vous devez savoir, chers amis, que ma maman, atteinte de maladie mentale, était une femme d’une jalousie morbide.


Oui, j'étais son fils, son fils à elle, ET A PERSONNE D'AUTRE ! Ma mère ayant déjà été dans le passé, internée dans une maison de santé mentale, avait pour copine, là-bas, une femme qui se prenait pour la sœur de la reine Astrid. J’espère que vous comprendrez le degré de délabrement, au sujet du comportement de ma pauvre maman, qui, elle parlait avec les pharaons.

Le temps passa, et sans être vraiment guérie, ma mère revint à la maison. Il y eut des hauts et des bas, et vaille que vaille, la vie reprit avec une maman déséquilibrée mentalement.

En 1963, je faisais du théâtre pendant mes vacances. J'étais fort apprécié pour mon talent. Oui, mon meilleur professeur d'art dramatique fut Clotilde Maisonneuve, donc, ma mère, qui était parfois pathétique dans le genre : "Allez-y, oui, allez y donc ! Prenez ce couteau et poignardez-moi, si vous en avez le courage!"

J'avais entrebâillé la porte de la cuisine, et j'assistais là à un spectacle digne de Sarah Bernhardt. Je devenais fou moi aussi ! Mais de rire....

Décembre 1964 fut une catastrophe. Car "LA MALMAISON" comprit que j'avais une petite amie. C'était bien sûr Evelyne. Intensément jalouse, au point d'en pleurer, elle fouilla ma chambre et découvrit une lettre fort sentimentale d'Evelyne, qui m'écrivait même parfois de charmants poèmes.

Folle de rancœur, ma mère se rendit à la gendarmerie et déposa plainte contre Monsieur T. le père d'Evelyne. Et tenez-vous bien : cela marcha ! Et cela me fit comprendre à quel point les gens peuvent être stupides. Oui, mon père par exemple, ce grand couillon qui n'intervint en rien afin d'arrêter cette stupidité. Oui, mon père était malin, mais hélas il n'était pas intelligent. C'était un homme de bien peu de raffinement.

A présent chers amis, je pense que vous avez compris pourquoi j'étais en mauvaises relations avec la famille T. Des gens qui vibraient pour la religion catholique, pour qui je n'étais plus du tout en odeur de sainteté, d'autant plus que j'étais déjà un libre penseur.

Entre Evelyne et moi, ce n'était bien sûr pas terminé. On continuait à se voir le mercredi après midi. Nous allions en ville, au cinéma, où...nous n'étions pas sages.

Cependant, fin 1965, la santé d'Evelyne se dégrade. Oui, la charmante jeune fille devient faible au point de devoir changer d'école, car la voici élève à l'Athénée de Woluwe St Lambert. Les études sont excellentes, au point que voici Evelyne première de classe.

Mais en 1966, la santé de ma petite amie se dégrade à un tel point qu'il est question de lui greffer un rein. Il lui faudra attendre août 1967 pour que puisse se réaliser la greffe rénale avec compatibilité.

Hélas, Evelyne décèdera le 24 septembre 1967, d'une hémorragie intestinale.

Mais que se passa-il donc pour moi, qui ignorait tout de l'issue fatale le 24-09-1967 ?

J'ai questionné son frère Raymond, qui me dit que sa sœur mourut donc à Louvain (Leuven) le 24 -09-67, entre 15h30 et 16h.

Dans le courant de l'après midi de ce jour, un curieux sentiment s'imposa à moi. En effet, je me demandais ce que devenait ma merveilleuse petite amie. Cela devenait de plus en plus insistant.

Je décidai alors d'aller à l'arrière de sa maison et de tracer dans la terre d'un sentier situé derrière son habitation, les lettres EPKA. Ces lettres qui peuvent vous sembler ridicules, constituaient un code qui voulait dire : « Je pense tendrement à toi ». Cela se fit à 19h30 dans l'obscurité.
Evelyne, empruntant régulièrement ce sentier, verrait alors certainement, EPKA gravé dans la terre.
Hélas, j'ignorais que ma merveilleuse petite amie était décédée entre 15h30 et 16heures.

En gravant les lettres dans la terre, j'ai observé la maison d'Evelyne. La façade arrière était complètement obscure. Cela me fit mauvaise impression. Ensuite, je partis, je retournai chez moi, avec ma Citroën 2cv.

Mais en 2001, je me suis sincèrement demandé si je ne m'étais pas trompé de date !
Edmond : Cette curieuse pulsion qui veut que tu ailles graver EPKA à 19h30 à l'arrière de la maison d'Evelyne s'est-elle vraiment déroulée le 24 septembre 1967 ?

Cette question me rongeait vraiment. Comme j'ai une bonne mémoire, je savais que vers cette époque, un dimanche de septembre, il y eut une action de grève à la RTB. Et, c'est ce jour là que je me suis rendu à l'arrière de la maison d'Evelyne. Mais : était-ce VRAIMENT le 24 septembre 1967 ?

Pour trouver réponse à cette énigme, je m'adressai à des copains avec qui j'avais fait du théâtre. J'écrivis à ces gens habitant Overijse. Ils ne me répondirent pas, car ils avaient de gros problèmes. Ce charmant couple travaillait à la RTB, mais hélas, ils restèrent muets.

Mais que faire alors ? BRAVO EDMOND ! Tu es l'homme de la situation ! Oui car j'avais trouvé ce qu'il me fallait faire.
Le 20-11-2001 je me suis rendu aux bureaux du journal : "La Dernière Heure" muni d'un cassetophone afin de consulter leurs archives. Avec amabilité, ils me reçurent, me firent monter à l'étage et me remirent un volume qui contenait les journaux de septembre 1967. Pour le 24 septembre, il est bien indiqué dans le journal du lendemain, qu'il y eut bel et bien une action de grève à la RTB, que le feuilleton "Les habits noirs" ne fut pas programmé, mais qu'il fut remplacé par un charmant film à caractère familial, des années 1957,1958 +- Dans ce film charmant, jouait dans le rôle du père de famille un ancien comique français de valeur : Il s'agit de Noël Noël.

J'affirme qu'au moment de sa mort terrestre Evelyne fit tout son possible pour se manifester à moi, en créant dans mon plus profond intérieur, un impérieux besoin d'aller graver dans le sol EPKA. Ce que je réalisai.

Au sujet de mon rêve prémonitoire, je parle d'un grand mur de couleur rouge pâle. Ce grand mur, je l'ai toujours remarqué. Il existe bel et bien au cimetière de Wezembeek-Oppem. Je parle aussi de l'intérieur sombre d'une petite maison. C'est encore le même cimetière, car il y a là un petit local sombre dans lequel le personnel d'entretien répare et aiguise l'outillage.
Cela m'a intéressé car ces gens se servent d'une foreuse verticale et d'une meule électrique.

Bien sûr, je me suis réconcilié avec la famille d'Evelyne. Mais il y eut au grand désespoir du père d'Evelyne une brisure religieuse.
Monsieur Paul T. resta farouchement catholique. Quant aux autres membres de la famille, ils se firent membres d'une autre religion. Ce qui fit intensément souffrir le papa d'Evelyne.
Quant à moi, je suis profondément convaincu que la mort ne constitue pas un anéantissement complet. Car, dans mon jeu, j'ai une carte formidable, qui se nomme Evelyne!


Avec toute ma sincérité : Oncle Edmond et ses histoires vraies.