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La lévitation ? On ne pouvait pas l'éviter !

Dernièrement, nous sommes tombés tout à fait par hasard sur une vidéo qui nous a semblé plutôt réussie.  Il s'agissait d'une prestation de America's got talent.  Un candidat se présentait très simplement, sous le nom déjà moins courant de "Special Head", dans une tenue exotique, avec pour tout appareillage un tapis et un bâton.

Le voilà qui fait son numéro et entonne un chant monocorde, sans rien proposer de réellement étrange.  Pour cela, il récolte d'ailleurs un X de la part du jury.  Mais quelques instants plus tard, alors qu'il passe subitement dans les aigus, ses pieds quittent le sol, il adopte une position de tailleur... à environ un mètre du sol devant le regard médusé du jury et de toute l'assitance !  C'est vrai que le tour est bien fait, on ne voit aucun trucage.  Belle prestation !  Certains commencent déjà à parler "concentration", force spirituelle, entraînement et transmission d'une longue tradition, etc.  Bref : les enquêteurs du CERPI pourraient entrer en scène - du moins s'ils n'étaient pas à des milliers de kilomètres.  Peu importe, lesdits enquêteurs (seulement deux d'entre eux) vont bel et bien oeuvrer et même trouver le truc.  Très rapidement.  Mais avant de vous le livrer, voici la vidéo.  Essayez donc d'abord de trouver par vous-mêmes.  Ne trichez pas !  Et puis, si vous donnez votre langue au chat, ou simplement pour avoir confirmation de votre pensée ou plus de renseignements, consultez donc nos commentaires plus bas dans cette page.

Vous pouvez donc remarquer ci-contre l'effet produit sur l'assistance par le spectacle proposé par "Special head" (tête spéciale, en anglais).  La prestation s'inscrit dans la foulée des fakirs indous, charmeurs de serpents et autres prodiges talentueux qui manient la corde comme s'il s'agissait d'un ensorcellement dans le plus pur sens du terme.  Mais... il y a un truc ! Trouverez-vous lequel ?

Dans un premier temps, il faut bien l'avouer, nous avons fait comme tout le monde.  C'est-à-dire que nous avons apprécié le spectacle, nous nous sommes frottés les yeux en nous demandant si nous voyions encore bien, si nous ne délirions pas... Mais non, le candidat était bien occupé de léviter et pas qu'un peu même !

Déformation "professionnelle" oblige, nous nous sommes mis en tête de découvrir le truc et ça n'a pas traîné.  Il faut dire que c'est assez astucieux.  Si vous n'avez pas trouvé, si vous donnez votre langue au chat (Philippe Geluck va être content !) ou si vous avez été aussi perspicaces que nous mais qu'il vous manque peut-être quelques petits éclaircissements, des confirmations ou infirmations, lisez donc la suite.  Sinon, eh bien il est encore temps de réfléchir...

Les explications

Pour découvrir ce genre de truc, comme toujours, il faut commencer par observer attentivement.  Chaque détail, même infime, peut être utile, voire déterminant.  Voyons donc, pour commencer, ce que l'on nous propose :
Un homme, vêtu d'une pièce (pas de séparation haut-bas, pas de ceinture - ça pourrait servir...) arrive par la droite de l'écran et se dirige vers le milieu de la scène où se trouve déjà une carpette (un tapis) sur laquelle on trouve une sorte de récipient blanchâtre.  Ce sera là tout son matériel si l'on excepte son bâton, lequel aura par la suite une importance particulière puisque, comme chacun pourra le voir, il s'agira là de son seul point d'appui.
Ce décor très dépouillé fait très bien nos affaires car tout le trucage, ou une partie importante de celui-ci, doit se trouver là.  Comme cela a été disposé là avant la prestation, on peut conclure que cette première supposition soit la bonne, du moins s'agit-il d'une base.  On ne pourrait pas mieux dire !  Mais n'allons pas trop vite.
Ne nous laissons pas impressionner par le chant du candidat, qui va bluffer tout le monde, laissons venir la suite.  Il dépose son bâton sur le tapis et manipule le récipient au moyen d'un ustensile semblable à un pilon en le tournant autour du récipient qui émet un son.  Considérons que cela puisse éventuellement servir à "nourrir l'ambiance" ou à détourner l'attention de ce qui serait réellement important.  Hélas, dans le cas présent, nous sommes tributaires des images reçues et ne pouvons donc pas nous focaliser ou avoir une vue d'ensemble.  Le pilon disparaîtra de notre vue dès la séquence suivante.  Le candidat remet le bâton debout (c'était bien la peine de le coucher... il doit donc y avoir une utilité à ce procédé) et repart dans les vocalises bizarres.  On connaît la suite, incroyable.

Apparemment, la lévitation a bien lieu.  L'individu est en suspension dans l'air, en tailleur, s'appuyant seulement sur son bâton (encore que de la manière dont il le tient ce support ne doit pas être bien efficace).  La lévitation dure assez longtemps et, apparemment toujours, la position du candidat entre en conflit avec les lois physiques élémentaires qui prévoient que tout individu, placé en telle circonstance... se casse la figure !

Au bout d'un certain temps, fini la plaisanterie, il faut bien redescendre un jour et c'est chose faite dans une explosion avec fumigène (qui doit bien cacher quelque chose ou avoir une autre utilité que celle du seul spectacle, mais laquelle ?)

Bon sang !  Mais c'est bien sûr !  Il suffit de remettre nos éléments en place et le trucage va devenir évident (vous n'avez tout de même pas cru un seul instant qu'il s'agissait d'une véritable lévitation ?  Si ?)  Alors, allons-y !
Dès son entrée, une caractéristique de l'individu s'aperçoit immanquablement : il se déplace lentement, légèrement voûté vers l'avant, semble éprouver quelque peine à se déplacer malgré qu'il soit encore très jeune.  D'ailleurs, l'un des membres du jury ne manquera pas de s'en inquiéter et lui demandera si tout va bien...  Pour nous, cela signifie qu'il dissimule quelque chose dans ses vêtements.  Le fait que sa tunique (robe) soit d'une pièce (sans séparation haut-bas comme nous le disions plus haut) confirme cette hypothèse (laquelle se vérifiera pleinement par la suite).  Mais nous n'en savons pas plus pour le moment.
Nous savons que le tapis et le bâton sont très importants, primordiaux même.  En fait, nous avons à peu près tout ce qu'il faut.
Nous nous devons de refuser la lévitation en tant que phénomène admissible et supposer qu'il y ait bien un trucage.  Or donc, l'individu n'est pas en suspension dans l'air.  Il doit être assis sur quelque chose.  Il doit y avoir un autre point d'appui que le bâton.  Mais ce même bâton est le seul point de communication avec le sol, il doit donc suppléer à lui seul au déséquilibre apparent de l'ensemble.  Nous supposons donc qu'en remettant le bâton debout, le candidat l'a enfiché dans une pointe remontant du sol ou que l'intérieur du bâton, truqué, a permis à un axe de coulisser et de pénétrer dans un trou de la carpette.  Ainsi, le bâton est solidement devenu rigide et relié à une base qui peut, en fait, prendre presque la dimension de la carpette qui la recouvre et la dissimule.  Si l'on enlevait le tapis, on devrait la trouver.    Il doit s'agir d'une plaque de métal ou de bois bien solide. Seulement voilà, jusqu'ici c'est insuffisant. 

C'est insuffisant pour permettre la tenue assise à cette hauteur, laquelle suppose un autre point d'appui situé plus au centre.

En prenant le bâton en main pour la deuxième fois, le candidat doit s'y prendre adroitement pour venir enfoncer une tige de métal dans un trou situé dans le bâton.  La tige se trouve dans sa manche et elle communique avec le reste de l'appareillage. Signalons au passage que le bâton est un summum de tricherie : il est creux et non pas en bois.  L'essentiel de l'intérieur du bâton doit être en métal très solide, peut-être en plusieurs pièces coulissantes.  Il doit permettre l'attache au dessus et l'enfoncement ou l'enfichement de l'autre.

Ce dernier (l'appareillage) doit être composé très chichement d'une armature qui suit son bras et rejoint le bas de son dos, éventuellement avec une barre lui remontant le long du dos, arrivant plus ou moins à hauteur des fesses.  S'y trouve facultativement aussi l'équivalent d'une "petite chaise" ou d'un dispositif lui permettant de s'asseoir rudimentairement.  Mais le dispositif doit également disposer d'un "arrêt" double : il doit lui permettre - dans un sens - de tenir à l'horizontale (en soi-disant lévitation) - et de l'autre - de l'empêcher de basculer.  Il est très possible que l'individu manipule son appareillage à l'aide de son bras droit lorsqu'il le porte sur sa poitrine.  A la fin de la prestation, il doit déclencher un dispositif qui rétracte le point d'appui pour le faire revenir dans sa position d'origine et passer inaperçu.
Lors de la chute finale (c'est le cas de le dire aussi !), l'explosion sert non seulement à marquer la fin du spectacle par un coup d'éclat (c'est très opportun !) mais aussi à détourner l'attention d'une dissimulation.  Celle-ci est pourtant très brève et risque peu d'être vue : il faut dégager son bras du bâton et libérer ce dernier de sa fixation à la base. 

Et voilà !  Le tour est joué !  Si ce n'est pas exactement le truc, nous n'en sommes pas loin !

Quelques recherches ultérieures nous ont permis de comprendre que ce truc comporte quelques variantes, mais elles reposent toutes sur le même principe, illustré ci-dessous au moyen de quelques vidéos très parlantes.

NB : si nous parlons du double dispositif à arrêt, ce n'est que dans l'optique du spectacle afin d'assurer son bon déroulement.  Sans ce dernier, le candidat risquerait de tomber vers l'arrière ou que la plaque d'assise reste en position ouverte et se remarque facilement.  Dans les deux cas le tour serait raté et l'illusion démasquée.  Mais ce dispositif se base sur la prudence et n'est donc pas obligatoire.  Certains systèmes se basent simplement sur une barre horizontale, toute nue.  Mais remarquons que dans ce cas l'individu est simplement assis et ne bouge pas.  Il ne doit pas non plus passer subitement de la position debout à la position assise.

Sur la vidéo ci-contre, reprenant une prestation de rue, vous verrez - dans le détail - comment procéder à ce genre de truc.  Rappelons qu'il existe plusieurs variantes, mais le système repose généralement sur les mêmes bases.

Avec le cas ci-contre, exercez votre imagination et votre astuce pour appliquer ce que vous savez désormais sur cette variante qui démontre à quel point il faut toujours bien garder les pieds sur terre !