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Passion tramways

Une passion incompréhensible

274A priori, il est impossible de voir un rapport quelconque entre la passion des tramways (qu'ils soient de Bruxelles ou d'ailleurs) et les phénomènes inexpliqués étudiés par le CERPI. Pour tout vous dire, pendant longtemps j'ai d'ailleurs moi-même considéré qu'il n'y en avait aucun, qu'il s'agissait de deux choses totalement différentes, indépendantes. Dans cette thèse, il y avait d'un côté mon intérêt non dissimulé pour les choses de l'étrange et, de l'autre, celui pour les trams et cela n'avait rien à voir, point.

C'était une erreur. Mais je n'allais l'apprendre que bien plus tard, longtemps après avoir écumé les rues de Bruxelles à la recherche d'anciennes voies ferrées de la S.T.I.B. (Société de transports intercommunaux bruxellois) et de la S.N.C.V. (Société nationale de chemins de fer vicinaux), avoir dépouillé les bouquinistes de la capitale, fait les brocantes, recueilli mille témoignages, etc. Car, pour ne rien gâcher, si les vieilles motrices toutes carrées, les plus anciennes que j'aie connues, revêtaient plus d'intérêt à mes yeux que les nouvelles, plus aérodynamiques, plus rapides et plus confortables, ce qui m'intéressait surtout c'était de retracer l'itinéraire des lignes disparues.

Jadis, Bruxelles avait connu bien plus de lignes de trams que ce que j'avais pu en voir dans les sixties et les seventies, mais certaines avaient dû finir par manquer de rentabilité après 'Exposition Universelle de 1958 (qui est aussi l'année de ma naissance, hum!), il y avait eu des restructurations, etc. si bien que de nombreux numéros de lignes n'étaient désormais plus attribués. Beaucoup de rues n'étaient plus desservies, comme par le passé, par le matériel roulant sur rails et, au mieux, voyaient désormais le passage de bus pour les remplacer.

Parfois, les rails étaient encore présents mais comme seuls témoins abandonnés, d'autre fois les travaux avaient laissé des traces dans la chaussée et attestaient du passé ferroviaire de l'artère, mais souvent tout avait déjà disparu et j'avais du mal à imaginer que le tram avait pu gravir telle ou telle côte, particulièrement raide, réussir à prendre un virage aussi serré ou s'en aller gambader entre les arbres d'un bois à présent impénétrable.

Toutefois, ces seules considérations topographiques me paraissaient bien insuffisantes que pour justifier et expliquer ma passion. Mais au fait, faut-il toujours expliquer ce genre de choses? Dans mon cas, la réponse est affirmative: je veux toujours pouvoir tout expliquer!

Mais y arriver était une autre paire de manches! Cela m'a pris environ quarante ans, mais quelle satisfaction au bout du compte! Et quel enrichissement personnel en prime! C'est en allant à la recherche de ces vieux trams et de leurs itinéraires, pour quelque sombre raison enfouie au fond de mon subconscient (du moins était-ce mon hypothèse à l'époque) que j'ai découvert des mondes incroyables, des "trésors" fabuleux, bel et bien en rapport avec l'étrange, ô combien!

L'explication par le sous-sol

demolitionL'une des premières explications réside dans la recherche de passages en sous sol.

En effet, en certains endroits de la capitale, même en 1958, alors que les trams circulaient essentiellement en surface, il arrivait qu'ils fassent "exception" et empruntent un tunnel souterrain. C'était notamment le cas des 19, 52 et 58 qui venaient de l'avenue Fonsny, arrivaient à la gare du Midi, s'engouffraient dans un étroit boyau qui passait sous le boulevard du Midi et refaisaient surface au début du boulevard Maurice Lemonnier.

Ce passage devait avoir quelque chose de très particulier pour un enfant de moins de dix ans et constituer un intermède amusant lors d'un voyage probablement monotone. Peut-être pouvait-il faire un amalgame puéril avec les montagnes russes ou l'une ou l'autre attraction foraine. Il y avait un je-ne-sais-quoi de merveilleux à cette petite escapade anodine, mais les enfants, on le sait, sont quelquefois très impressionnés par des choses qui ne présentent plus aucun intérêt une fois adulte. J'avais donc recherché tous les endroits de la capitale où des trams réalisaient le même périple. Voilà pour une "certaine explication psychologique"... Elle vaut ce qu'elle vaut.

demolition1Il est certain que ce point a réellement joué un rôle très important dans ma perception des choses. J'ai effectivement été fasciné par ce passage sous la gare du Midi, il serait malhonnête de ma part de le nier puisque j'ai effectué de très longues recherches, souvent vaines, pour retrouver des photos de ce passage, les entrées et sorties du tunnel, des vues précises de ces endroits du Bruxelles de ma jeunesse. (J'ai fini par trouver des documents  - vidéos s'il vous plaît! - attestant de l'existence de ces tunnels, car il peut exister de nos jours pour douter de celle-ci tant Bruxelles a été métamorphosé par les travaux.  Vous trouverez un document de ce type en bas de page).

Mais il y a une autre façon de voir les choses à laquelle je ne pouvais accéder à cet âge, je pouvais seulement le ressentir sans savoir l'expliquer...

Explication médiumnique

Les trams, autrement plus que les bus, laissent une empreinte beaucoup plus marquée sur les rues que leurs lignes ont parcouru. C'est parfaitement normal puisque la pose des rails (et son enlèvement ultérieur, sans compter toutes les modifications techniques éventuelles, les réparations, etc.) ont nécessité l'ouverture de la chaussée. On a fouillé les entrailles de la terre, on a retourné le sol à plusieurs reprises et cela a incontestablement eu une incidence perceptible au niveau médiumnique.

Les strates superposées au fil du temps ont été perturbées par la main de l'homme, il y a eu une incursion artificielle dans le processus temporel et cela a libéré des énergies résiduelles. Il est possible et c'est mon hypothèse, que j'aie ressenti ce que ces perturbations avaient pu libérer. A l'âge que j'avais à l'époque, j'étais bien incapable d'identifier tout cela, de le comprendre et encore moins de l'utiliser.

Mais l'aspect psychologique dont je viens de parler a agi de concert avec l'aspect médiumnique, en parallèle. Il y a aussi pu y avoir une interaction heureuse qui a favorisé le phénomène. En effet, aussi bien en sous-sol qu'en surface, les trams (et les bus cette fois-ci, sauf intervention supplémentaire au niveau de l'électrification des lignes qui aurait pu jouer un rôle catalyseur et à l'exception donc des trolleys bus) laissent des traces indélébiles car des centaines, des milliers de personnes sont passées, parfois quotidiennement en ces endroits, avec tout leur lot de vibrations dues à leurs sentiments d'alors.

lampeLes énergies résiduelles ainsi laissées ont trouvé une oreille pour les entendre ou une faculté pour les percevoir. Dans le cas présent, la perception était essentiellement affective et donc positive même si elle n'était pas précisément dirigée vers ces personnes précises. Ces énergies ont donc reçu un écho favorable de ma part et il n'est guère étonnant que le contact soit bien passé, même si, finalement, tout cela était absolument involontaire.

Toutefois, on le conçoit, cette explication, cette hypothèse plutôt, se doit d'être rapprochée à un phénomène précis, sans quoi tout cela n'est évidemment que du vent, une explication sans mystère !

C'est pourquoi je citerai volontiers l'exemple de la place de Brouckère qui est probablement parmi les plus typiques.

Dès mon plus jeune âge, j'y ai ressenti une foule de choses. Par exemple et en dépit de toute logique, j'y ai ressenti une très forte présence religieuse (Que strictement rien ne suggère a priori), une interaction (ou un antagonisme) entre deux "mondes" que je ne parvenais pas à identifier (et pour cause: il allait falloir des années pour que je commence seulement à comprendre !) - un monde parallèle - des tragédies - une foule d'histoires se précipitaient dans ma tête, à une vitesse folle que seul mon subconscient pouvait retenir et le restituer ultérieurement au prix de nombreux efforts) Il était, dans mon esprit, absolument indéniable que cette place allait constituer une plaque tournante, un point de départ très important...

Explication traditionnelle et ludique

wagonvertCes mêmes trams nous avaient permis, mes parents et moi, de rallier des points qui revêtaient un attrait tout particulier et très facilement explicables pour un gosse: la fameuse foire du Midi (vous pensez bien! les scooters, les chevaux de bois, les manèges à sensations...); les grands magasins et donc les achats de jouets, le trône de Saint Nicolas, le théâtre, le cinéma, j'en passe! Il y avait donc eu le souvenir de l'aspect ludique.

Cet aspect des choses est également incontournable. On ne peut nier qu'un enfant associe le souvenir des trams à celui de tels événements, particulièrement joyeux et agréables. Cela ne me paraît avoir aucun aspect contradictoire avec le reste. Pourtant, c'est cette optique même qui venait à être très sérieusement contrariée par la perception d'événements tragiques, apparemment sans rapport et donc inexplicables. Je me souviens d'avoir ressenti, bien avant 1967, un danger imminent et grave en rapport avec le feu, la foule (vraiment beaucoup de gens), l'interaction d'une puissance énorme à situer à l'étranger et en même temps sur les lieux, bref: des informations très difficiles à interpréter pour un enfant de moins de neuf ans à l'époque et carrément impossible à induire au moyen de l'influence de connaissances politiques, architecturales, etc. auxquelles je n'avais bien sûr pas accès, auxquelles je ne comprenais d'ailleurs rien comme on peut facilement l'imaginer et qui échappaient donc totalement à mon entendement.

L'explication ludique est complètement prise à contre pied par le ressenti que j'ai également eu (toujours en rapport avec ces mêmes trams et les entrailles de la terre) et qui dégageait un très fort sentiment de tristesse, de disparition, d'abandon, de passé révolu. Il me semblait y avoir dans ce ressenti quelque chose de très insultant, irrévérencieux, quelque chose qui, comme on dit: ferait se retourner les morts dans leurs tombes. Or, comment un enfant de 9 ans tout au plus à l'époque aurait-il pu prévoir l'aspect de sa ville quelques décennies plus tard ? Comment aurait-il pu anticiper sur les projets des promoteurs ou seulement supposer que des établissements florissants, en pleine activité, connaissant même un succès énorme, allaient disparaître ? Ce n'est d'ailleurs pas un comportement enfantin classique: les enfants ont plutôt tendance à croire que les choses resteront toujours comme ils les voient. Ils ont déjà bien du mal à s'imaginer que leurs parents vont vieillir, même si cela tombe sous le sens.

Explication affective

interieurMais ces mêmes véhicules d'alors (les vieux trams, donc) nous avaient aussi amenés en des endroits aussi mythiques que la fameuse place de Brouckère, cet espèce de Broadway bruxellois et j'avais fixé dans ma mémoire des configurations très particulières telles que la fontaine de l'obélisque Anspach (et ses innombrables pigeons) où mes parents, très amoureux, avaient été pris en photo; cette place centrale autour de laquelle les trams étaient alors obligés de tourner et où se trouvait encore le Centre d'Informations de l'Exposition de 1958. Connotation affective, bien entendu. Et le fait que ces bâtiments ou monuments aient ensuite disparu, que les endroits aient été sacrifiés à la modernité, que les anciens trams, abandonnés ou relégués en sous sol de prémétro ne puissent plus en témoigner ont du constituer une déchirure qui n'a fait que raviver le désir très puissant de retrouver une époque bénie.

Et son contraire...

manetteCependant, si cette explication paraît très plausible pour expliquer un attachement ultérieur aux choses du passé, qu'il s'agisse ici de trams ou de toute autre chose importe peu, n'explique en rien cette différence très marquée entre les anciens modèles de trams ("tout carrés") qui avaient toutes mes faveurs en dépit de leurs inconvénients et cette répulsion quasi viscérale pour les nouveaux modèles avec tous leurs avantages. Il est sans doute encore plus incompréhensible et inexplicable qu'un enfant de neuf ans tout au plus ait pu associer ces véhicules démodés à la grandeur passée d'un pays, le lustre d'antan, une sensation de puissance formidable. On aurait pu supposer que l'arrivée de motrices plus perfectionnées, plus rapides, plus confortables, plus jolies aussi, aurait fait espérer un avenir meilleur, un développement technologique très intéressant et profitable, or c'était tout le contraire!

Il n'est pas concevable d'imaginer qu'un enfant de cet âge ait pu spéculer sur l'indépendance du Congo, la perte de cette colonie, ses retombées politiques et économiques, les influences sur la vie future. Il est encore plus inadmissible que tout cela ait été provoqué par des ressentis en rapport avec les vieux trams. Cela a pourtant bel et bien été mon ressenti, ou plutôt l'un d'eux puisque, comme vous venez de le constater, il y en a eu beaucoup.

La photo du wagonnet vert provient de l'excellent site de Wipeout (http://wipeout.free.fr), elle est sous copyright, merci à David pour son autorisation.

Attention! De nombreuses personnes et certains de nos correspondants nous ont envoyé des photos qui figurent dans cette partie du site. Malgré toutes nos recommandations insistantes, ne pouvant tout contrôler, il est possible que certaines images soient sous copyright et que leurs propriétaires se sentent lésés. Il n'a jamais été dans nos intentions de nuire ni d'outrepasser la loi. Le cas échéant, merci de nous contacter en vue d'une solution à l'amiable. Si tel est votre désir, nous retirerons immédiatement la photo concernée ou l'accompagnerons des liens, références et remerciements adéquats.