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Une "sacrée" place de Brouckère...

obelisqueIl faut connaître Bruxelles, connaître et avoir connu la place De Brouckère à travers les époques et bénéficier d'un recul d'un demi siècle (en ce qui me concerne au moment où j'écris ces lignes, en 2008) pour se figurer ce qu'elle peut représenter pour tout bruxellois qui se respecte et peut-être encore plus pour moi en particulier. Je peux le dire sans risque d'exagérer (vous aurez d'ailleurs tout le loisir d'apprécier par vous-mêmes): s'il y a bien un endroit à Bruxelles qui évoque chez moi de nombreux et puissants souvenirs, mais aussi de formidables ressentis probablement d'origine médiumnique, c'est bien la Place De Brouckère.

Dans les fichiers qui vont suivre, vous allez pouvoir l'observer sous toutes ses coutures, je dirais presque sous toutes les époques mais n'exagérons rien! Je soulignerai bien évidemment surtout son aspect mystérieux qui, s'il ne se remarque pas au premier coup d'oeil, est pourtant bien réel. Vous verrez notamment comment des bâtiments entiers y apparaissent et y disparaissent, comment des ressentis probablement d'origine médiumnique pourtant enfantins ont trouvé de formidables et terrifiantes réalisations, avec force détails. Des réalisations qui font partie elles-mêmes de trames très occultes et mystérieuses, d'un intérêt parfois capital.

De trams (sans "e" cette fois) il en sera évidemment aussi question puisque c'est là l'une de mes passions. Cela permettra au curieux, au nostalgique du Vieux Bruxelles de retrouver des images chères, précieuses à mes yeux des souvenirs monumentaux.

Mais la Place De Brouckère c'est avant tout pour moi un super souvenir: celui d'une vieille photo en noir et blanc sur laquelle on voit mes parents devant la magnifique fontaine Anspach et, derrière, toutes les illuminations de la place. C'est que, à l'époque, elle était bien plus lumineuse qu'aujourd'hui, loin s'en faut! En noir et blanc, certes, mais quand même avec quelques effets spéciaux dus à l'éclairage. Ils étaient jeunes, beaux, et très amoureux. Ma mère était rayonnante, mon père respirait la pleine force de l'âge.

Evidemment, beaucoup de choses ont changé depuis.

La fontaine Anspach qui trônait donc jadis sur la place de Brouckère a déménagé et occupe un autre coin de Bruxelles. Voilà toujours une consolation, elle existe encore bel et bien, elle a échappé à la destruction massive de l'époque. J'en ai retrouvé une superbe photo que vous voyez ci-contre, elle émane du blog de Jilou (http://maboiteaimages.skynetblogs.be/post/4989446/la-fontaine-anspach) que je remercie cordialement pour son autorisation et son amabilité.

Non loin de là, en fait à l'autre bout de la place, il y avait le Centre d'informations de l'Exposition Universelle qui avait eu lieu en 1958. Cette photo, la fontaine et le Centre constituaient le trio de base de ce souvenir impérissable. J'avais vu le jour en 58, j'avais même visité l'expo et été en téléférique (dans le ventre de ma maman) tout près de l'Atomium. Ce trio de souvenirs, j'en ai retrouvé la trace photographique grâce à plusieurs amis et amies et je leur en serai éternellement reconnaissant.

Le centre de la place était bordé d'une station de taxis oranges (c'était leur "uniforme" à cette époque!) mais surtout il obligeait les trams, circulant bien sûr encore en surface, à en faire tout le tour. Côté nord, les voies se partageaient l'accès entre le boulevard Adolphe Max et le boulevard Emile Jacqmain.

Parmi les trams qui passaient par là, on trouvait le 52, le 58 (je suis né en 58 et le numéro était inscrit en rouge et vert, un détail qui marque l'esprit observateur d'un enfant) et le 19. Ces trois trams ralliaient, entre autres, Forest et le Centre-ville, ils nous étaient familiers, comme ces mêmes taxis oranges, d'autant que mes parents n'avaient pas encore de voiture à l'époque. Nous les empruntions donc pour aller faire les courses, à L'innovation, aux Galeries Anspach, chez Toufait à la Rue Neuve, ou bien pour aller au théâtre de la Gaieté où nous allions voir et applaudir Jean Noben qui nous faisait tant rire. Il nous arrivait aussi d'aller au cinéma bien sûr et trams ou taxis nous véhiculaient également pour nous rendre à la foire du Midi. Autant de souvenirs qu'un enfant ne peut pas oublier.

Bien sûr aussi, cette place est illustre sur bien des points. C'est un peu le centre du Centre de Bruxelles, le Broadway belge en plus petit. On y trouve un palace important, l'hôtel Métropole qui existe depuis ma plus tendre enfance et même avant. Les différentes facettes de cette place telle que je l'ai connue étant enfant avaient déjà largement de quoi susciter mon émerveillement (du moins, avant les transformations relatives au métro et au prémétro!) et marquer ma mémoire à tout jamais. Curieusement, très curieusement en fait, il m'a fallu bien des années pour comprendre pourquoi cette place exerçait sur moi un tel pouvoir, une attirance presque mystérieuse, une fascination apparemment inexplicable. Cette découverte, je la dois à mes recherches innombrables pour retrouver les anciens parcours de trams. Ceux-ci m'ont amené à visionner des quantités incroyables de très vieilles photos. Or, un jour, je suis resté perplexe devant l'une d'elles. On y voyait le Boulevard Anspach, la Bourse, les vieux trams certes, et puis le chemin qui menait à cette fameuse place de Brouckère. Mais il y avait un hic et de taille!

En fait, à l'emplacement de ladite place, on trouvait un gigantesque bâtiment que je n'avais jamais vu aussi loin que je puisse remonter dans mes souvenirs. Illusion d'optique due à la qualité de l'image, défaut de perspective, je ne sais... quoi qu'il en soit, on aurait dit que ce bâtiment stoppait net l'élan des lignes de trams, il "mangeait" quasiment tout l'espace qui aurait du (selon moi) être occupé par la Place de Brouckère. Il me semblait, dans mon entendement, que cet édifice était parfaitement incongru, qu'il ne pouvait pas être là, qu'il y avait une impossibilité quelque part. Je ne pouvais pas m'expliquer ce point.

Il a donc fallu de nombreuses recherches de ma part pour que je découvre que ce bâtiment existait bel et bien, mais à une époque plus reculée et qu'il s'agissait en fait de l'ancienne église des Augustins! On avait donc, jadis, démoli une église de style baroque pour faire de l'espace... à cette fameuse place! La démolition d'une église n'était pas faite pour me plaire mais ce serait encore un détail s'il n'y avait cette touche mystérieuse qui l'accompagnait. En effet, en poursuivant mes recherches, j'ai appris que cette église avait, à ce que certains prétendent, son double dans la très étrange histoire de Brüsel, cette "cité obscure", une sorte de Bruxelles parallèle dont j'allais retrouver la trace en de nombreux autres endroits. Ainsi, mon intérêt nostalgique et sentimental, familial pour la place de Brouckère, mon attachement aux vieux trams m'avait amené aux portes de l'étrange. Presque automatiquement, comme un véhicule ferré suit sa voie...