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Les balançoires "hantées" de Firmat (Argentine)

Après avoir considéré le cas de la balançoire soi-disant hantée de Toulouse, il nous fallait envisager celui, bien plus costaud, de Firmat.  (article de référence : http://www.petitherge.com/article-7156187.html

  Dans ce cas, apparemment inexplicable, les vidéos montraient que l'on pouvait exclure l'action d'un plaisantin utilisant un fil invisible, il était dit que l'on ne pouvait pas imputer ni le vent ni une influence électromagnétique et qu'il ne s'agissait pas d'une supercherie.  Bien que c'était aller un peu vite en besogne, nous pouvons confirmer qu'il ne s'agissait effectivement pas de cela, Dame Nature faisant très bien les choses elle-même, le tout étant de parvenir à comprendre comment elle procédait !

Il nous faut ici distinguer deux possibilités :

1) le cas où des spécialistes d'une université argentine seraient venus étudier la question et auraient utilisé une grande tente (bâche) afin d'isoler les balançoires de toute influence du vent.  Dans ce cas, notre explication ne tiendrait plus.  Mais, à première vue, cette hypothèse n'a pas été confirmée, donc...

2) Le cas où les balançoires seraient restées à l'air libre, cas dans lequel notre explication tient la route, comme vous allez le voir.

Comme vous pouvez le voir dans la vidéo ci-contre, l'un des nôtres, Giovanni, a procédé expérimentalement à l'aide d'une petite maquette de sa fabrication, avec un ventilateur, une pile neuve pour une alimentation constante avec une vitesse de rotation stable et une balançoire, aussi appelée "escarpolette" criante de réalisme.

Dans l'expérience en question, on voit que la balançoire semble premièrement très peu sensible au dispositif.  Elle commence ensuite à bouger mais de manière assez infime en présentant un côté en oblique sous l'effet de torsion.  De cette manière, elle offre une autre surface de prise au vent et le processus commence.  Au bout d'un certain temps, le système entre en résonance et on obtient le balancement.

Giovanni explique les choses comme suit, avec des termes beaucoup plus appropriés de scientifique :

"Considérons un système pouvant entrer en oscillation, par exemple un corps suspendu  à un ressort ou à un fil, une balançoire, etc. Si ce système reçoit des impulsions mécaniques (des poussées ou des tractions) dont la fréquence correspond exactement à sa fréquence propre d’oscillation, il se produira ce que l’on appelle un phénomène de résonance. Dans ces conditions, chaque impulsion donnée au système arrivant chaque fois « au bon moment », elle contribuera à faire augmenter l’amplitude des oscillations. C’est exactement ce qui se passe lorsqu’on « joue à la balançoire ». On comprendra aisément qu’une poussée dont l’intensité serait constante ne pourrait, tout au plus, qu’écarter le système de sa position d’équilibre, mais pas entretenir une oscillation sur une longue durée. Dans le cas, par exemple, d’une balançoire qui serait exposée à un vent soufflant à vitesse constante, on devrait s’attendre à voir simplement les câbles qui la soutiennent s’écarter quelque peu de leur position d’équilibre (verticale), et c’est tout. Néanmoins, si la balançoire, lorsqu’elle s’écarte de sa position d’équilibre (sous l’effet du vent), peut aussi tourner quelque peu sur elle-même, il peut arriver que la portance du vent change en fonction de la position que cette balançoire occupe par rapport à la direction du vent. Si donc la portance du vent est plus grande lorsque la balançoire se déplace dans le sens du vent et plus petite lorsqu'elle revient en arrière (à cause du mouvement de rotation dont j’ai parlé), les conditions sont réunies pour provoquer un phénomène de résonance. Toutefois, à cause du caractère plus ou moins aléatoire du mécanisme que je viens de décrire, on peut s’attendre à ce que ce phénomène de résonance soit assez capricieux : tantôt il se produira, tantôt non, sans qu’il soit possible de le prédire à coup sûr. (C’est ce que j’ai pu observer avec la petite maquette que j’ai construite)."

Voilà.  Mais il se pose encore certaines questions.  Par exemple, pourquoi cette balançoire se serait-elle arrêtée et qu'une de ses voisines se serait-elle mise en mouvement à son tour ?

Disons tout d'abord que la présence de vent ne fait aucun doute, il s'agissait évidemment d'une condition sine qua non à notre explication et cette présence se confirme pleinement dans les vidéos considérées.  On entend très bien le bruit du vent et l'on peut même dire que ce dernier était même plutôt fort.  Ensuite, précisons que la force du vent est probablement moins importante que la résonance.  C'est-à-dire qu'avec un vent moins puissant on obtiendrait sans doute le même phénomène sauf qu'il mettrait plus longtemps à se produire et serait d'intensité inférieure.  Il faut ensuite considérer l'angle d'attaque de ce vent puisque dans le cas de la maquette le ventilateur est placé en face du mobile.  Nous pensons pouvoir dire que le phénomène serait indépendant de l'angle d'attaque car, en cas de "diagonale", la torsion viendrait aider le principe plus encore que dans le premier cas.  Il reste les autres paramètres des mobiles considérés, à savoir toute la configuration des balançoires et notamment la longueur des chaînes, la forme des U, le coefficient de friction, le poids total du mobile, etc.  Grosso modo, ce serait donc une question d'angle d'attaque, de portance par effet de torsion, de résonance (surtout) et de configuration de l'escarpolette.  L'exemple de la maquette nous semble particulièrement probant.  Cela ne souffre apparemment aucune discussion.  Merci à Giovanni pour son travail !