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L'affaire Milmort - explications (3)

salledebainJe sais que tout ceci va échapper à vos esprits cartésiens, scientifiques, rationnels, etc. Il y a pourtant une très grande logique dans cette affaire. Replaçons-nous dans le contexte et rappelons qu'on a demandé notre intervention dans le cadre de la rubrique sur "la mémoire des murs". Initialement, c'est donc la maison qui était incriminée et non pas une influence extérieure. Mais il peut arriver aussi qu'une influence extérieure ou un ensemble d'événements extérieurs (ou internes) influence une maison, d'une façon ou d'une autre et que ses habitants en ressentent les effets. On a trop tendance à envisager uniquement les quelques dernières années ou les quelques dernières décennies, alors qu'une maison a une durée de vie beaucoup plus longue, en général. Ici, c'était bien le cas, cette maison est la plus vieille de la rue, l'une des plus anciennes de la localité même. Elle se trouve sur une hauteur et a pu, à maintes reprises servir de point stratégique lors des innombrables combats qui se sont déroulés dans son voisinage immédiat. Nous avons appris qu'elle avait servi de clinique militaire pendant la guerre 40-45. Ce qui est vrai pour la quasi totalité de nos localités belges l'est aussi et encore plus peut-être pour Milmort qui porte bien son nom: batailles et guerres en tous genres, violences diverses, maladies, haine, jalousie, le bouillon de culture quoi. Il y a eu la bataille de Rocourt, toutes les invasions, germaniques, romaines, allemandes, françaises, etc. Si quelqu'un devait faire une collection de sentiments mauvais et de souffrances, cette région lui aurait donné un terrain extrêmement propice. Mais qui irait faire une pareille collection, me direz-vous? Il est important de faire un saut très largement en arrière, au commencement, tout au début, retour carrément à la Genèse, rien que ça! A ce moment, et c'est encore vrai de nos jours, la terre des Hommes est en proie à de violentes luttes entre le Bien et le Mal, il n'y a rien de "sorcier" à ça. Chacun connaît l'histoire de l'Ange déchu et de l'Archange Saint Michel terrassant le dragon avec ses armées d'anges. Ce que l'on sait moins c'est que, un peu comme dans nos guerres classiques, malgré une armistice officielle, des combats se sont poursuivis bien après, bien au delà de la reddition du Malin. Il y a eu de la casse dans les deux camps, en dépit de ce que l'église pourrait affirmer. On ne fait pas d'omelette sans casser d'oeufs et, je ne dois pas vous faire un dessin, il est reconnu que des communautés entières de religieuses ont parfois connu la possession démoniaque, ce que l'on s'est empressé de mettre sur le compte d'une hystérie collective, peut-être par pudeur ou pour étouffer l'affaire. Peu importe, personne n'est à l'abri, pas même les prêtres.
A la suite de ces combats épiques, certaines entités sont restées sur place, dans de nombreux endroits différents un peu comme des soldats séparés de leur armée, isolés tout d'un coup et s'en allant errant, un peu perdus après le vacarme et le tumulte des combats. Mais il ne faudrait pas croire qu'il n'y avait que des anges et des démons de première catégorie dans les rangs de ces armées en présence. De la même façon que dans les guerres classiques il y a aussi et surtout de simples bidasses, des troufions... il n'y a pas que des généraux et des officiers, il y a aussi des cantiniers, des coiffeurs, des "pilules", pas seulement des héros mais aussi des déserteurs, etc. Après la débâcle donc, certaines entités sont restées sur place, désorientées, mais toujours aussi immortelles qu'elles ne l'étaient auparavant. En fonction de leur importance hiérarchique dirions-nous pour simplifier les choses, certaines de ces entités sont limitées non seulement dans leurs prérogatives mais aussi dans leurs pouvoirs et, parmi ces limitations, il en existe une qui figure parmi les grands classiques: l'eau. Bram Stocker, le génial père paternel de Dracula a très bien mis ce point en évidence dans son oeuvre magistrale en mettant en scène un être à la fois extrêmement puissant, capable de prodiges éloquents mais aussi relativement limité. Chacun sait qu'il est limité par la lumière du soleil, par les éléments religieux (crucifix, hostie consacrée, etc... l'ail étant pure foutaise), on sait généralement moins qu'il est limité par l'eau qu'il ne peut franchir qu'à certaines conditions. Les entités secondaires polymorphes sont, quant à elles, complètement incapables de franchir les étendues d'eau. Et malheureusement pour elles, la région était jadis remplie de marais, marécages, cours d'eau et autres étendues aquatiques, naturelles ou artificielles. Donc, l'aurait-elle voulu, elle n'aurait jamais pu quitter cet endroit et elle s'y trouve donc depuis la nuit des temps, continuera d'y être tant qu'on ne l'aura pas chassée ou aidée. Par ailleurs, pourquoi s'en irait-elle alors qu'elle se trouve très bien sur place, pour y trouver tout ce dont elle a besoin? Et ce dont elle a besoin, c'est de la misère des hommes, elle se nourrit de leurs tourments, de leur souffrance, de leurs péchés bien évidemment et à chacun de ces points correspond son développement. Il n'est donc pas étonnant que son appétit se fasse, au cours du temps, de plus en plus féroce et que, au besoin, elle n'hésite pas à provoquer ce qui assure sa subsistance. Toutefois, elle est incapable de faire le mal par elle-même, directement. C'est pourquoi elle use de stratagèmes, d'astuces, de finesse pour obtenir ce qu'elle désire par moyens détournés. C'est la raison pour laquelle elle sème la zizanie chez ses proches et en tire les marrons du feu.

Et quel est le nom de cette entité?

Elle n'a pas de nom. Ce sont les hommes qui l'appellent "entité secondaire polymorphe". Oh, bien sûr, si on veut elle a un nom quand même. On pourrait presque dire qu'il s'agit d'un numéro de matricule si on veut poursuivre dans le genre d'exemples que j'ai utilisés depuis le début, par rapport aux guerres et aux soldats. Mais ça ne nous mènerait pas bien loin. Ce n'est pas comme lorsqu'on a affaire à un démon et qu'un exorcisme s'impose. Dans ce cas, il est important de pouvoir le nommer car l'appeler par son nom constitue déjà une première victoire. Ces êtres sont extrêmement frustrés par le fait qu'ils soient dépourvus de corps, c'est aussi ce qui les rend terriblement jaloux et méchants. Ils se vengent de l'absence de corps chez eux pour faire du mal à celui des autres. Mais nous nous écartons du sujet! Dans le cas qui nous concerne, cette entité est dite "secondaire" pour la même raison que citée plus haut: il ne s'agit que d'un "troufion", rien à voir avec un démon et heureusement pour moi, sinon je n'irais pas à Milmort, je ne suis pas exorciste, vous le savez bien et je n'ai nullement l'intention d'usurper cette fonction. On la dit aussi polymorphe (c'est-à-dire qu'elle revêt plusieurs formes, mais on pourrait aussi la dire "amorphe" dans le sens de "pas de forme définie", seulement cela prêterait à confusion avec apathie) En fait, si on devait la représenter, la dessiner, cela ne serait pas joli, joli. Vous pouvez toujours imaginer une espèce de truc infâme sorti tout droit d'une dissection monstrueuse: un amas informe de chairs sanguinolentes d'où émergent des ébauches de membres ou de parties corporelles, le tout très mal en point, mais pensant et mauvais. C'est un peu ça. Une création (plus qu'une créature) anarchique, un "quelque chose" qui veut se former mais qui n'a pas les plans ni l'intelligence pour y arriver et encore moins les moyens. Bref, c'est un raté, un avorton.

Mais d'où tiens-tu ces renseignements?

J'étais le premier de ma classe en religion... (rires), j'ai étudié le sujet depuis que je suis tout petit, je suis "tombé dedans", si vous voulez.

Et qu'est-ce que tu comptes faire pour débarrasser ces gens de cette saloperie?

Ce n'est pas si simple que de passer un coup de balai ou d'appeler la fourrière pour un chien errant. Tout d'abord, je me rendrai sur place, je procéderai à la visite de routine et, en visitant les pièces de la maison, je pourrai dire si ce que je viens d'avancer est exact ou bien si je me suis trompé. Dans le premier cas, je sentirai très bien sa présence. Il ne fait aucun doute qu'elle ira vite se cacher dans un coin comme un chien fautif et peureux, c'est un peu l'image de ce que c'est, sauf qu'ici il s'agit d'un "chien" (pardon à nos amis de la race canine pour cette comparaison malheureuse et peu flatteuse!) qui a mauvais caractère, un chien méchant et même pas un chien de garde. Un bon à rien, même pas: un mauvais à tout! Il faudra que je procède en respectant certaines interdictions formelles. Par exemple, j'ai directement commencé en ne me nommant pas auprès des parties demanderesses, l'entité ne peut absolument pas connaître mon nom, elle pourrait s'en servir et me jouer des tours, me causer préjudice. Je n'y tiens pas. De même, il n'y aura au début, aucun contact physique: je ne pourrai même pas leur serrer la main! Je m'excuserai bien sûr pour ce point qui pourrait passer pour une impolitesse et qui n'en est pas une, mais seulement une protection. Interdiction aussi de boire, manger ou fumer avant de procéder à un rituel.

Tu vas procéder à un rituel?

Oui! Mais que l'on ne me fasse pas dire ce que je n'ai pas dit (encore sa phrase habituelle!): il ne s'agit nullement d'un exorcisme. Je ne procède d'ailleurs à aucun exorcisme, ni aucune démagnétisation ou quoi que ce soit du genre. Pour comprendre ce dont il s'agit il est nécessaire de donner quelques autres explications.
Au début, vu la présence de quatre enfants en bas âge dans la famille, j'avais envisagé la possibilité de perturbations dues à la période pubertaire. Mais quand j'ai appris que les problèmes décrits dans la maison étaient apparus dès le début, ou très peu après et s'étaient déclenchés plus ou moins progressivement, j'ai compris que ce n'était pas ça. En effet, seule Stéphanie aurait pu être concernée (c'est la plus vieille, 13 ans au moment de la rédaction de cet article), mais à l'époque elle était encore beaucoup trop jeune. En lisant et relisant la liste des doléances de ces personnes, je me suis aperçu que les problèmes touchaient toutes les sphères de leur vie, pas seulement l'habitacle, mais aussi leurs relations conjugales et générales, les enfants, leur vie professionnelle, leur santé, leur façon d'aborder les choses. Il est aussi important de signaler qu'ils sont catholiques, croyants mais non pratiquants. L'étude de leur numérologie, de leur écriture, de leur localisation géographique est aussi révélatrice et ce sont des gens très superstitieux. Il y a donc incontestablement un amalgame. Pour une fois, je vais rejoindre votre opinion en disant que, dans toutes ces histoires, dans toute cette affaire, il y a beaucoup de choses parfaitement naturelles, beaucoup de choses ont pu trouver une explication très simple: pas d'OVNI malgré les trois points en triangle, il ne s'agissait que d'un éclairage de ville, pas de mur inachevé (on le remarque lors de la visite, ce ne sont que des traces de peinture qui créent une illusion d'optique sur les agrandissements photographiques, le prêtre venu bénir la maison a fait son travail et se sentait mal... euh... peut-être digérait-il mal le cassoulet de la veille! Il a fait son office et celui-ci reste parfaitement valable, quoi qu'inefficace dans ce cas. Il a préconisé le sel sous le paillasson parce qu'il s'agissait du premier remède "de bonne femme" qui lui passait par la tête et qu'il voulait faire quelque chose pour aider, sans pour autant déranger les grandes instances du Vatican. Parce que sa qualité de prêtre lui permettait certaines choses, mais qu'il craignait aussi de mettre en branle une grande machine, potentiellement très traumatisante, alors qu'il n'était pas sûr de son propre verdict. Dans l'histoire privée de ces gens, on comprend immédiatement que leur problème provient d'un ensemble de choses et que cet ensemble de choses constitue et alimente leur problème parce qu'ils l'alimentent eux-mêmes inconsciemment, parce qu'il y a un manque d'harmonie dans leur vie, je ne dirais pas "dans leur couple", il faut distinguer les "problèmes" et les aléas de la vie. Il y a donc beaucoup de choses qu'ils ont mis sur le compte du surnaturel parce que c'est un peu dans leur nature, on est comme on est et chacun a le droit à la différence. Ils ne font de mal à personne! Mais l'entité s'en réjouit et favorise cet état de choses. La maison, dans toute cette histoire, n'est qu'une victime parmi tant d'autres, elle subit tout ce bazar pendant qu'on l'ignore. Ou plus exactement qu'on l'ignorait, puisque j'ai recommandé aux époux de "parler" à leur maison. Évidemment, si on dit ça aux gens, qu'ils doivent parler à leur maison, on passe facilement pour un doux dingue. Pendant ce temps là, il y en a d'autres qui parlent à leurs plantes et leur passent de la musique et, au pire, ils passent pour des originaux quand on ne les félicite pas d'être à la page, en avance sur leur temps pour avoir "tout compris". Mais nous, nous savons qu'une maison a une identité propre et que même si cela dépasse nos entendements actuels, la "vie" d'une maison n'est pas seulement une vue de l'esprit. Il a fallu du temps pour que les propriétaires fassent le rapprochement entre ce qui les perturbait et incriminent la maison parce que, à chaque fois, il semblait y avoir un rapport. Mais la maison n'était pas en cause, ce qu'ils percevaient étaient en quelque sorte ses "appels au secours" qu'elle exprimait comme elle le pouvait. Appels au secours ou mises en garde, je ne sais pas, mais peu importe puisque finalement, indirectement, elle est arrivée à ses fins. Maintenant, ce point est en passe d'être corrigé, la famille François - Geerts a commencé à parler à sa demeure, c'est une très bonne chose. Oh! Au début, ils seront sans doute maladroits, mais cela n'a guère d'importance, il n'y a que l'intention qui compte et si ces intentions sont bonnes, la maison saura faire la part des choses. Par la suite, quand ils seront débarrassés de l'entité, la maison leur vouera "une sorte" de reconnaissance, en tous cas un soulagement.

On nage en pleine divagation!

Si vous dites cela, vous allez à l'encontre des principes mêmes que vous exposez. Moi, je ne fais que les mettre en application. Vous me faites penser au docteur qui aurait inventé un nouveau vaccin et qui serait tout étonné qu'il soit efficace en se disant que ce n'est pas possible!

Non! Je parlais de cette entité...

Là, il vous faudra attendre. Si je n'obtiens pas de résultats, vous aurez tout le loisir de vous moquer de moi. Dans l'autre, hé bien, les rôles seront inversés. Vous courez le risque?

Bon! (Il y en a de ceux qui disent tout le temps "ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit" et puis d'autres qui disent "bon!" à tout bout de champ!) Continue tes explications...

Hé bien, ce que je vais faire va s'articuler en trois étapes. Je vais d'abord signaler les limites de mes compétences en arrivant chez eux. Il n'est pas question qu'ils me prennent pour un médecin, ni un exorciste ou un démagnétiseur ou encore quoi que ce soit du genre. Je ne veux pas d'ennuis! D'ailleurs, je ne veux faire que ce dont je suis capable et si je vois que quelque chose dépasse mes compétences, je n'aurai aucun mal à le leur signaler. Je suis là pour essayer d'arranger les choses, pas pour faire pire que bien. Je leur expliquerai donc que leurs problèmes de santé doivent exclusivement être traités par leur médecin traitant et qu'il convient de se plier à ses recommandations et prescriptions ou examens. Tout au plus, lorsque l'on n'a plus confiance en son médecin traitant, peut-on en changer. On peut aussi envisager des médecines parallèles, reconnues, mais il faut se méfier des charlatans. Je leur expliquerai donc aussi de quoi il s'agit quant à l'entité qui les tourmente mais qui n'est vraiment pas un foudre de guerre même si elle se rend coupable de méfaits qui leur rend la vie intenable. Je procéderai à un rituel qui sera en fait une sorte de transition entre un passé révolu et un futur tout proche dans lequel cette entité n'aura plus sa place parce que désormais les époux vont tout mettre en oeuvre pour retrouver l'harmonie qui leur a toujours manqué jusqu'ici, ce manque d'harmonie facilitant les choses à l'entité. Cela va briser le cercle vicieux. Par quelques procédés très classiques et qui n'ont rien de spectaculaire, il y aura une petite purification d'ambiance, le reste relève de la foi. Ce rituel aura pour effet de donner un préavis d'expulsion à l'entité en question. C'est nettement préférable que de vouloir la chasser par la force, ce qui pourrait engendrer des conflits dont on peut facilement se passer. Dans le cas présent, l'entité aura le temps de faire ses valises et de s'en aller, j'allais presque dire "la tête haute", en tous cas sans violences.

Et qui te dit qu'elle va s'en aller alors que tu viens de dire que cela lui était impossible?

Cela lui était impossible jadis, à cause des étendues d'eau. L'eau et elle ne font toujours pas bon ménage et l'eau constitue toujours un obstacle infranchissable pour elle. Mais les choses ont évolué depuis. beaucoup de marais ont été asséchés, il n'y a plus, à proprement parler d'endroit qui soit entièrement entouré d'eau. L'entité peut donc quitter les lieux sans problèmes. En revanche, elle y reste parce qu'elle a pris ses habitudes, c'est une toute autre affaire!
D'un autre côté, les procédés du rituel en question sont inattaquables car ils me donneront immanquablement le pouvoir de donner cet avis d'expulsion. Il n'y a aucun blasphème, aucune usurpation de pouvoir et, en fait, ce sont les propriétaires eux-mêmes et non moi, qui vont procéder, en douceur, au véritable "exorcisme" si on peut dire. Ce sera leur comportement, je veux dire leur nouveau comportement, celui qu'ils adopteront en suivant mes conseils, qui rendra la vie intenable à cette entité (à chacun son tour, non?). Le reste leur appartient, je répondrai à l'ensemble inévitable de leurs questions et puis il restera à attendre.