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La maison qui saigne - conclusions

Chacun attend ici les conclusions d'une affaire qui semble se solder par une grande déception. J'attire ici tout particulièrement l'attention du lecteur sur la nécessité de prendre patience et de voir les rebondissements qui surgiront dans les pages qui suivent. En tant que chef et responsable de l'expédition, il me semble de mon devoir de prendre ces conclusions en charge et les voici donc:

Au niveau de l'enquête proprement dite... sur le terrain.

doigtleveL'enquête ne s'est pas déroulée exactement comme je l'aurais souhaité. Avec le recul, je constate que nous avons un peu péché par précipitation. Il est vrai que d'un côté nous désirions battre le fer tant qu'il était chaud et profiter d'un contexte initial particulièrement favorable et que d'un autre côté notre investigation aurait pu être mieux préparée. Les faits qui nous ont été rapportés semblaient découler d'un état d'urgence, c'est à dire qu'en plus des phénomènes qui sévissaient dans cette maison, Madame Simon semblait en proie sinon à une influence de magie noire du moins à une poisse peu commune. Il semblait donc en effet indiqué d'agir tout de suite, au moment où les choses se déchaînaient et de ne pas attendre que les choses se tassent. Mais notre enquête préliminaire a souffert d'une part de certains manques (le questionnaire aurait pu être plus étoffé mais se répartir plus harmonieusement entre le préliminaire et le travail de terrain où finalement il s'est révélé assez fastidieux et long). Certaines personnes auraient du être interrogées en priorité. Nous avons aussi parfois été mal orientés et, il faut bien le dire, nous nous sommes obstinés à envisager des murs qui saignaient là où il n'y en avait pas. Par ailleurs, il y a eu une négligence notoire, mais nous y reviendrons, elle ne provient pas de nous et n'engage pas le CERPI. En tous cas, pour les affaires suivantes, le briefing sera obligatoire et impératif (il n'a pas pu avoir lieu faute de temps, mais nous y avons partiellement suppléé en ligne) et nous devrons impérativement freiner les surmotivés. Fatalement victimes d'une réputation surfaite quant à la haute hantise de la maison, il y a eu abondance de mises en garde et de recommandations qui ont pu générer une forme de psychose et c'est tout juste si nous ne sommes pas arrivés avec un char d'assaut pour régler une dispute de gamins... Pourtant, je maintiens que la prudence reste de mise dans ce genre de travail et que les retombées sont toujours possibles sur les différents membres participants.

L'enquête que nous avons menée est, selon moi, loin de représenter un échec ou une pure perte de temps. Tout d'abord cela a permis à quatre éléments du CERPI (ou assimilés) de se rencontrer et de démontrer des connaissances réelles, des aptitudes particulières et une motivation qui me réjouissent. J'ai été impressionné par le haut niveau de compétence de tout un chacun. Cela faisait plaisir à voir! L'équipe est non seulement sympathique, l'ambiance a été bonne de a à z, mais elle est aussi opérationnelle et efficace. Il se dégage de notre travail de très bonnes idées, des questions opportunes (parfois redondantes), un éventail de possibilités intéressant et, ne l'oublions pas, des valeurs vibratoires tout à fait remarquables ce qui constitue un atout non négligeable (et je ne parle pas de moi). Personnellement, je suis donc très satisfait de cette équipe. Je n'espère qu'une seule chose, c'est de pouvoir la reformer pour une autre affaire, dans le futur.
Cela dit, bon! C'est vrai, il y a encore un petit rodage à assurer pour arriver à l'efficience maximale. On ne s'improvise pas enquêteur du surnaturel du jour au lendemain et les expériences sont parfois inégales. Mais je n'ai pas de reproches à formuler, chacun a fait son boulot comme il fallait et je le répète, je suis très satisfait.

BernardetReneeSur le terrain, sur un plan strictement scientifique (et tel était bien notre objet), on peut très facilement conclure en l'absence de tout phénomène particulier. Aucun appareil de mesure n'a détecté la moindre anomalie si l'on excepte (un peu!) la boussole mais l'explication semble évidente. Aucun prélèvement possible.
Sur un plan moins rationnel, on aboutit au même résultat: absence totale de ressenti de la part de quatre personnes sensitives, en tout lieu de la maison; absence d'élément particulier (orbs par exemple) sur les photos pourtant nombreuses et réalisées partout dans la maison; absence de réaction significative des pendules en dépit de plusieurs opérateurs; absence complète de toute observation de visu sur place, même dans les endroits réputés fortement concernés; on note certains dérapages de la bande magnétique sur les micro cassettes utilisées dans un dictaphone mais cela peut être mis en rapport avec l'utilisation du système d'économie des piles par déclenchement automatique au son de la voix; les enregistrements sur bandes standard sont inaudibles en raison du peu de voix de notre interlocutrice et des bruits parasites ambiants; pas de manifestation TCI ou inaudibles pour les raisons précitées. Il n'y avait aucune raison d'utiliser l'eau bénite.


Les témoignages sont très nombreux et parfois très déroutants, voire effrayants. Mais rien ne peut venir les corroborer, ce sont donc des témoignages et rien que ça, du moins à nos yeux. Nous ne pouvons pas nous appuyer sur ceux-ci dans le cadre d'une quelconque authentification, ils n'ont aucun poids, aucune incidence. Pis, on y relève parfois certaines contradictions et lorsqu'ils concordent c'est pour mieux se ramifier de manière à ouvrir toutes sortes de pistes qui ne font qu'embrouiller la situation. Dans les témoignages, on note même des inexactitudes assez graves qui semblent provenir d'un désir d'exagérer les faits, la volonté de convaincre à tout prix paraît aussi suspecte dans un cas au moins. En outre, le témoignage du maître de maison va complètement à l'encontre de ce qui est rapporté par les autres occupants.


Au niveau géobiologique: bien que le point doive encore être étudié, le cas semble intéressant dans la mesure où la maison est très mal située. Ce n'est pas tant son orientation (Nord-sud) qui est incriminée ici mais bien la proximité de plusieurs cimetières, celle de marécages, de voies d'eaux condamnées, la présence d'usines de métaux, celle de nombreux objets hétéroclites, le voisinage d'objets religieux contraires, la possibilité de collecteurs fétides en profondeur et celle de souterrains. On pourrait éventuellement suggérer à ces gens de déménager dans des lieux géobiologiquement plus "salubres" ou d'aménager leur intérieur avec plus d'harmonie. Mais je doute que ces points soient à l'origine des témoignages recueillis pour autant que ces derniers soient exacts ce qui est très sujet à caution.

Sur le plan subjectif: nous avons déjà parlé des témoignages, lesquels ne peuvent en aucun cas être confirmés. Il s'agit donc d'une base bancale dont il convient de se méfier, de relativiser. Le plan subjectif sera étudié plus loin à la lumière de nouvelles données.
Matériel: tout a fonctionné correctement. La bande vidéo n'est malheureusement pas utilisable.
Conclusion définitive et conseils: encore un peu trop tôt pour les formuler.

Somme toute, ce qui a pu décevoir dans le contexte général de cette enquête, et cela peut se comprendre, c'est que personne n'a rien vu. Pas de fantôme dans cette maison, pas de vampire dans les greniers, pas de momies dans les chambres, nul squelette ne nous a pénétré (le pauvre, il serait tombé sur un os!), pas de phénomène télékinétique, pas d'incorporation, rien de spectaculaire. Ça, c'est le côté ingrat de ce type de travail et nos enquêteurs ont tout intérêt à s'y faire car c'est le lot de la plupart des expéditions. Combien d'enquêteurs n'ont pas passé des heures et des heures dans la fournaise d'une camionnette stationnée en plein soleil, à guetter (en vain) des variations dans leurs appareils de mesure? Combien de kilomètres parcourus pour revenir finalement bredouilles? Combien de visites aussi limpides que banales ont déjà été vécues par des gens tels que nous? La réalité des choses c'est bien sûr que les événements surnaturels ont la fâcheuse tendance à se dérouler sans crier gare, alors que l'on n'a pas ce qu'il faut sous la main pour immortaliser cela sous forme de cliché ou de fichier vidéo. Ils ont la très frustrante habitude de faire la nique aux observateurs, comme s'ils étaient de grands timides, doublés de taquins qui se manifestent aussitôt qu'on a le dos tourné. C'est bien connu, mais dans l'excitation du moment, plus d'un l'oublie ou ne veut pas y penser. Le mérite des enquêteurs réside non seulement dans leur compétence et leur aptitude à trouver les solutions, les explications aux énigmes lorsqu'elles se posent, mais aussi dans leur faculté de surpasser ces moments un peu amers et de les répéter avec obstination. Fatalement, le jour du grand rendez-vous arrive, souvent au moment où l'on s'y attend le moins.
Je ne fais pas exception à cette règle. Souvent j'ai traîné ma bosse dans des endroits réputés hantés, au lourd passé légendaire, dans des maisons où des choses extraordinaires s'étaient produites. Elles se refusaient pourtant avec autant d'obstination que j'y mettais à les rencontrer. Jusqu'au jour où...