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Un bémol sur les orbes et la TCI

On le sait, ou bien on devrait le savoir, je suis sceptique de nature.  Mais pas de la pire espèce, celle de ces gens qui ont décidé dès le départ que rien n'existait avant même de savoir de quoi l'on parle.  De très longue date j'ai préconisé - en ce qui concerne le groupement que je préside - une légère ouverture d'esprit.  Selon moi, la conjonction de ces deux pôles constitue une excellente, sinon la meilleure manière d'étudier les phénomènes.  En effet, on pourra difficilement les étudier si on ne leur laisse pas même la possibilité de s'exprimer, ou de se manifester si vous préférez.

Jusqu'ici, je suis resté très critique vis-à-vis des orbes et de la TCI (transcommunication instrumentale) et ma position, ou la position officielle du CERPI, ne changeront guère au terme de cet article.  Mais j'y ajouterai un bémol.  Celui-ci m'est dicté par mon expérience personnelle, les investigations qui ont été menées en milieux dits "hantés" (ce qui ne signifie pas qu'ils l'étaient tous !), l'étude de l'ufologie, les conversations multiples avec d'autres chercheurs et la lecture des livres de Sylvie Joubert (Le monde de Peter - éveil à la sociologie des orbes - Coprésence, le manifeste de Möbius; et "Citoyenneté galactique", pour ne citer que ceux-là).

Je reste très attaché à mon explication de base car elle me paraît très solide et celle-ci doit probablement concerner la quasi totalité des manifestations relatives aux orbes : tout d'abord l'explication statistique qui a vu l'explosion de l'orbomanie avec l'avènement de l'APN et la tendance à l'autogénération du phénomène par son examen intensif, la contamination et le tremplin surmultiplicateur du Net, sans compter l'effet d'une certaine superstition.  Viennent ensuite les défauts techniques, les accidents photographiques, les particules en suspension dans l'air (au sens large) et peut-être surtout les phénomènes relatifs à la propagation de la lumière et à la sensibilité des capteurs.  Il me semble primordial de privilégier les explications rationnelles (rasoir d'Ockham).

Les différents examens qui ont été pratiqués ne nous ont, dans un premier temps, guère laissé le loisir d'apprécier un quelconque rapport entre le phénomène de hantise et celui des orbes.  Il en allait d'ailleurs de même si l'on prenait d'autres domaines, lesquels semblaient très peu se soucier de ces petites présences blanches, souvent circulaires.  J'ai visité des dizaines de maisons hantées ou prétendument hantées qui ne présentaient aucun orbe et j'ai pu constater leur présence dans des maisons soi-disant "saines".  Les éventuelles occurrences dans lesquelles on aurait pu trouver un quelconque rapport me semblaient aléatoires.  En tous cas très peu convaincantes.  Il en va de même au niveau de la TCI qui, jusqu'ici n'a suscité chez moi qu'un regard amusé pour ce que je considérais comme "tant de naïveté" pour des bribes de phrases, souvent très courtes, peu représentatives, interprétées avec beaucoup de bonne volonté et finalement sans le moindre message intelligible.  Ou peu s'en faut.

Je dois bien reconnaître que tant pour les orbes que la TCI, Sylvie Joubert a réussi non pas à me convaincre mais bien à me faire admettre qu'un autre regard devrait peut-être être accordé à ces phénomènes.  On remarquera ici ma prudence au travers du conditionnel et de la nuance mais il s'agit malgré tout d'une seconde porte que je veux laisser ouverte au nom de cette même ouverture d'esprit que citée plus haut, avec le faible pourcentage déjà accordé.  Je gonfle donc ce dernier des présentes considérations.

Il me semble en effet qu'il conviendrait de tenir compte des éventuelles (énormes) différences paradigmatiques que pourraient présenter les manifestations exogènes, si celles-ci existent bien, ou - puisqu'il semble de plus en plus établi que ces dernières se doivent d'exister - si l'on peut admettre l'éventualité d'une visite ou d'une "cohabitation", que Sylvie Joubert aurait appelée "Coprésence".  En matière d'extraterrestres, pour utiliser les grands mots, chacun conviendrait en effet facilement que langages et modes d'expression seraient forcément très différents.  En plusieurs centaines de millions d'années, à des millions d'années lumière ou dans d'autres dimensions ou densités, il ne faut pas s'attendre à ce que ces "individus" s'expriment en français, en anglais ou en espagnol, par exemple.  Non seulement pourraient-ils communiquer par télépathie et avec des modes d'expressions très différents mais probablement utiliseraient-ils des procédés d'échanges que nous n'imaginons même pas.  Je ne pense pas que ce soit exagérément périlleux de voir les choses de cette façon.  La réalité pourrait dépasser la science-fiction.

On admet cependant plus difficilement que leurs apparences soient radicalement différentes des nôtres car la vie semble apprécier particulièrement le mode carboné et parce que notre (in)tolérance anthropocentrique ne tolère guère plus que l'humanoïde.  Force est de reconnaître que nous ne savons rien de leur apparence réelle d'une part et que, d'autre part, nous avons trop tendance à oublier que nous savons finalement très peu de choses par rapport à ce qui reste à apprendre.  Je ne désire cependant pas m'envoler vers des sphères exagérément permissives qui auraient tôt fait de discréditer mes propos, aussi oublions les extraterrestres et les grandes différences paradigmatiques pour revenir à des possibilités bien plus terre à terre et pourtant communes à de très nombreuses manifestations ufologiques et parfois même à d'autres phénomènes, moins acceptables encore.

Nous avons pu observer, par exemple, l'usage fréquent de procédés de camouflage, d'homochromie, de mimétisme, de diversion et d'astuces diverses visant à auto-occulter lesdites manifestations, les dissimuler tout en discréditant les témoins, sans compter la fabuleuse propension à agir sur les consciences avec une possible imbrication hallucinante sur la sphère psychologique, onirique, quand il ne s'agit pas de psychosomatique et j'en passe.

En ce qui concerne les orbes, tout ceci devrait nous inciter à rester particulièrement attentifs, sans bien sûr que cela tourne à l'obsession ou - pis encore - à la parano.  Peut-être devrions-nous en effet exercer notre esprit à penser autrement, à envisager d'autres possibles, à aiguiser notre jugement et à compléter nos connaissances.  La légère ouverture d'esprit que j'ai préconisée pourrait s'avérer en certaines occurences trop étroite que pour pouvoir capter la subtilité d'un phénomène qui s'exprimerait dans un champ plus large.  Mais, évidemment, comme pour l'appareil photographique, le risque réside dans la possibilité de l'aveuglement par la surexposition.  Ce serait donc à nous à procéder par tâtonnements et réglages successifs pour rester dans la métaphore.

Le risque guette aussi de voir certains s'envoler vers de ènièmes hypothèses délirantes mais, outre les garde-fous habituels, nous devrions avoir la sagesse de trouver dans nos investigations les recoupements ad hoc, les éléments de cohésion indispensables.  Même si l'aventure présente des risques, elle peut aussi être belle et - sait-on jamais - aboutir contre toute attente.  Toute la difficulté sera dans le dosage de l'audace et la faculté que nous pourrions atteindre de capter des procédés très surprenants, voire aberrants, qui navigueraient aux confins du subliminal psychanalytique et/ou aux frontières du quantique, à condition déjà de maîtriser à suffisance ces polarités.

Je reste également très circonspect à l'égard de la TCI mais, avec la même prudence scientifique de bon aloi, il me sembe pouvoir - ou devoir - faire les mêmes recommandations.  En tout état de cause, dans un cas comme dans l'autre l'étude devrait se faire dans les mêmes conditions favorables, c'est-à-dire loin de toute animosité stupide ne tendant qu'à disperser les forces.  Pour le reste, le présent bémol ne doit pas se traduire comme un affaiblissement de la rigueur de recherche.  En effet, en nous montrant ainsi potentiellement plus permissifs par l'ouverture du champ des possibles nous nous devons ipso facto de nous montrer plus stricts encore au sein même de ces nouvelles investigations.

M. Vanbockestal