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La Vierge de Jalhay

Vous l'aurez remarqué, le CERPI s'est désintéressé de l'affaire de la Vierge de Jalhay.  Pratiquement pas un mot si ce n'est pour abonder dans le sens de la pondération et de l'explication rationnelle.    Pas d'enquête, ni même de visite sur place.  Peut-être certains membres du CERPI ont-ils, en leur nom personnel, cédé à la curiosité populaire, mais personne n'a été délégué sur place, aucun dossier n'a été ouvert, aucune recherche n'a été entamée, aucun enquêteur n'a été désigné.

Il y a des raisons à cette réserve qui peut étonner alors que les médias relataient l'abondance des faits soi-disant mystérieux et surtout celle de curieux venus assister aux prétendus phénomènes.

C'est que, bien que les apriorismes soient à rejeter comme la peste, dès le départ tout cela semblait un fameux traquenard de plus, ou - plus exactement - du pain béni pour ceux dont l'information n'est pas la première priorité en dépit de leurs fonctions, mais bien l'occasion d'enfoncer le clou quant au caractère ridicule des phénomènes dits surnaturels.  Dans la même foulée, c'était une occasion de plus pour porter un coup à l'Eglise et au christianisme, juste avant les congés de Pâques, pardon: les vacances de printemps...

Au début, pourtant, la question n'a pas été mal posée: il y avait donc effectivement une statuette ordinaire qui se distinguait par sa faculté de briller dans le noir depuis une date bien déterminée (et donc pas avant), laquelle correspondait précisément aux événements de Banneux dont les miracles avaient été reconnus par l'Eglise. La statuette ne brillait qu'en présence des personnes et refusait qu'on la prenne en photo lorsqu'elle brillait, interrompant le fonctionnement des appareils (APN ou caméras, semble-t-il) et ne se contentait apparemment pas de cela mais procédait également à des guérisons !

D'un autre côté, les propriétaires étaient présentés comme des gens sans histoires, retraités, rapidement dépassés par les événements et assez courageux pour accueillir des centaines et des centaines de curieux, de croyants, de personnes affligées qui espéraient, etc. mais qui ne leur demandaient pas un centime.  Il est ici important de rappeler, donc, que ces gens étaient totalement désintéressés, en tous cas sur le plan d'une éventuelle récupération financière.

Pour le reste, on se demande comment il se fait que personne (y compris les journalistes parfois si forts pour résoudre les énigmes à la place des véritables spécialistes) n'a évoqué spontanément la phosphorescence (que des milliers de personnes, dans notre seule petite Belgique, ne devaient pas manquer de connaître  pour avoir, pour la plupart, ce genre de statuette chez eux sans que cela soit prétexte au mystère surnaturel) ou proposé l'expérience très simple (pas besoin de déranger une université pour cela!) consistant à plonger la statuette dans l'obscurité totale pendant assez longtemps que pour pouvoir juger si elle emmagasinait la lumière et la restituait selon un principe bien connu.  Voilà qui aurait rapidement mis les pendules à l'heure en donnant la réponse à une grosse partie de "l'énigme", pour autant qu'on puisse l'appeler ainsi.

Il est presque suspect, justement, que l'on ait laissé l'affaire prendre de l'ampleur dans les médias.  En effet, si l'on avait procédé comme nous venons de le suggérer ci-dessus, dès les premiers instants, l'affaire aurait perdu beaucoup de son impact auprès de la population. Il valait donc mieux attendre, dans une habile stratégie et en feignant l'ignorance. 

Il est évident qu'en laissant ainsi les choses prendre leur envol et qu'en ayant ensuite recours à toute une équipe d'une Université on rendait le coup bien plus puissant.  Tant qu'à se moquer des gens et de leurs croyances idiotes, autant ne pas faire les choses à moitié.  L'affaire a duré de nombreux jours, elle pouvait pourtant se résoudre en 24 heures et même moins.

Donc, tant qu'à faire, autant laisser aussi le temps à l'Eglise de s'empêtrer dans cette affaire en la laissant confrontée au risque de prononcer quelque phrase compromettante.  Face à sa langue de bois et à sa prudence, consistant souvent à jouer sur les mots et en cultivant l'équivoque, il suffirait de dire qu'elle n'a rien fait pour détromper les gens ce qui n'est à la fois pas totalement faux sans être totalement vrai.

Soit!  Mais était-il besoin, en plus, de présenter les propriétaires comme des manipulateurs en interprétant leurs paroles d'une manière pour le moins singulière?  Expliquons-nous!

Une équipe de télévision, que nous reconnaissons bien là, s'est employée à interroger le vieux monsieur.  Elle lui a demandé ce qu'il aurait fait si le phénomène avait perduré et que les curieux avaient continué à affluer par centaines.  Le brave homme a évidemment répondu: "Alors je l'arrêterais !" Parole malheureuse que celle-là, directement interprétée comme si ce monsieur était maître du phénomène, entendez donc qu'il en aurait soi-disant été l'instigateur et donc le faussaire, l'imposteur, l'acteur de cette supercherie, alors qu'il voulait évidemment simplement dire qu'il ferait cesser le défilé quotidien des personnes qui, à la longue et malgré tout leur courage, aurait bien fini par avoir raison de leur résistance et mis à mal leur vie de famille, voire leur santé.  Ce sont des insinuations assez scandaleuses et en tous cas pour le moins critiquables car proches de la diffamation.  Ce n'est pas innocent car cela s'est dit devant des milliers, peut-être des millions de téléspectateurs, et que - pour être certain que nul n'en ignore - c'est accessible de manière permanente sur le Net.

Nous avons connu ce genre de choses.  Merci beaucoup !

Nous compatissons au désarroi de ces gens, bien mal remerciés de leur dévouement et désormais immortalisés sur la grande toile comme des faussaires.  Avec ça, le vieux monsieur risque d'en vouloir tout le reste de sa vie durant à la vieille dame.  Ce que vous comprendrez comme vous voudrez.

Mais voyons plus loin que le bout de notre nez et prenons la peine d'analyser plus loin.

Apparemment, personne n'a pris la peine d'interroger les propriétaires afin de savoir s'ils auraient pu enduire involontairement la statuette d'un produit quelconque, par exemple en faisant les poussières, en manipulant certains objets tels que ceux que nous avons suggérés.  Quels sont les loisirs de ces personnes âgées ?  Monsieur tripote-t-il par exemple les vieux postes de télévision puisque le sulfure de zinc est utilisé pour la production de tubes cathodiques ?  Monsieur ou Madame ont-ils récemment subi des radiographies ?  Ont-ils remplacé des ampoules chez eux ? N'avait-on pas dit que Monsieur avait été chimiste ?  Aurait-il, lui ou un petit-fils, procédé à quelques expériences dans un mini-labo au grenier ?  Tout cela sans aucun esprit de tricherie mais seulement dans un concours de circonstances totalement accidentel puisqu'il les aurait étonnés eux-mêmes !  Il ne faut pas voir le mal partout, mais il faut s'armer d'éléments valables avant de passer au rang des accusateurs.

Mais tout de même, le cas échéant, cela ferait un concours de circonstances vraiment très fort puisque, en plus, cela concordait avec la date de Banneux.  Nous serons toutefois d'avis que le vrai n'est quelquefois pas vraisemblable...  En attendant, personne n'a expliqué comment ce sulfure de zinc était arrivé là.  

Il faut donc supposer que la statuette a brillé des années durant sans que ces gens s'en aperçoivent, ou qu'elle se soit décidé à briller subitement, comme ça, pour rien... Et pourquoi pas à une date précise ?  Celle du passage du marchand de sulfure de zinc par exemple, comme il existe un "marchand de sable"... Ben voyons !

Il a également été dit que la statuette de Jalhay ne brillait qu'en présence des personnes qui venaient la voir.  Autrement, elle "s'éteignait".  Cela n'a pas été confirmé par les scientifiques mais apparemment bien par le curé de la paroisse. 

Comprenons-nous bien ici: pour autant que le fait ait été constaté, il ne semble pas y avoir réellement de contradiction si l'on s'en tient à l'esprit de la communication.  En effet, il aurait été dit (nous restons prudents !) qu'elle (la statuette) ne brillait qu'en présence des personnes qui venaient la voir.  Là, on sous-entend une visite dans un but spirituel, un peu idolâtre comme pour la plupart des objets matériels qui font l'objet d'une dévotion mais PAS une "saisie" aux fins d'expériences scientifiques, très pragmatiques.  Quoi qu'il en soit, ce point semble avoir pâli...

Mais sapelipopette, cette statuette coupe-t-elle bien les appareils photos ou les caméras lorsqu'on essaie de l'immortaliser en flagrant délit de brillance ? Dans de premiers reportages, on confirmait bien avoir vu l'objet émettre une luminescence pâle et timide mais nous ne nous souvenons pas que quelqu'un ait diffusé la phénomène "en action".  Cette absence de preuves serait-elle donc une preuve ?  Non!  L'absence de preuve n'est jamais une preuve ! Donc, si nous suivons bien la logique, l'affaire de cette luminescence ne serait que le fait de témoignages verbaux (mais qui est confirmée par l'affirmation tacite de centaines de témoins qui n'ont pas dit que la statuette ne brillait pas et qu'ils étaient venus pour rien !) alors que l'on connaît le caractère faillible du témoignage humain (fût-il celui de journalistes !)  Ne pourrait-on donc pas dire que la balle est dans le camp de ces mêmes journalistes qui seraient allés trop vite en besoigne ? N'est-ce pas là au moins une manière intéressante de présenter les choses ?

Tant que l'on y était, pourquoi ne pas avoir prétendu que les propriétaires étaient de connivence avec ce monsieur qui a vu ses crevasses disparaître très rapidement de ses mains et celles-ci guérir de son affection, de manière spectaculaire ?  Eh bien, parce que là, même si on avait réussi à trouver ce lien, on n'aurait pas pu expliquer le prodige pour autant.  Comme il est esseulé, on se contentera de dire que c'est arrivé "par hasard", que ce serait arrivé "de toute façon", ou qu'il s'est agi de simple autosuggestion.  C'est d'ailleurs peut-être le cas: une forme de phénomène psychosomatique "à l'envers".  Qui pourrait le dire ?  Le cas est isolé ?  Peut-être et nous ne prétendrons pas le contraire.  Il nous semble cependant avoir entendu parler d'un cas de psoriasis et cela nous avait interpellé car un parent en est atteint.  S'agissait-il donc d'une confusion ou bien d'un autre cas qui aurait alors "doublé" la dose de miracles ? (1 X 2 = 2 ! On en apprend des choses !)

Allez !  L'épisode de cette vierge de Jalhay est terminé: une tempête dans un verre d'eau !  Mais il faut tout de même retenir que les propriétaires, qui paraissent vraiment bien sincères et irréprochables, n'ont pas fait grand chose pour la provoquer.  On ne peut pas en dire autant du côté des médias.

Où se trouvaient les principaux manipulateurs ?