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Lourdes: calendrier des travaux

DSCF5631En 1858, la grotte de Massabielle, sale et à l’écart de la ville, n’était pas conçue pour accueillir les foules. Les problèmes d’accessibilité se firent sentir dès le début des apparitions. Et les premières réponses furent données par les lourdais eux même :

Fin février 1858 : Plusieurs ouvriers profitent du dimanche pour tailler des escaliers à même la roche et aménager un nouveau chemin d’accès. En avril, ils creusent un premier bassin d’environ un mètre de long sur cinquante centimètres de large, avec une canule permettant de recueillir les eaux de la source.

Mars 1858 : Les mêmes ouvriers aménagent la grotte de Massabielle en taillant un gradin dans la roche.
Ces travaux sont entrepris sans aucune autorisation préalable. 

15 janvier 1861 : Monseigneur Laurence entame des démarches en vue d’acquérir la grotte et le terrain contigu. C’est chose faite le 22 août 1861. L’évêque acquière la grotte pour 971 francs. Dans les années qui suivent, le clergé n’a de cesse de racheter les terrains adjacents afin d’agrandir les sanctuaires et les lieux d’accueil. Le domaine de la grotte est le point culminant du pèlerinage. Toutes les autres infrastructures s’organisent autour de lui.

10 février 1862 : Les rues Carrerote et du Baous deviennent le boulevard de la Grotte.

29 août 1862 : Devant l’influence des pèlerins, le Préfet autorise la construction d’une chapelle. Les plans sont confiés à l’architecte Hippolyte Durand, et supervisés par l’abbé Dasque. Monseigneur Laurence lance un appel aux dons afin de financer la construction de la chapelle. Les fidèles envoient une obole ou des objets de valeur, parfois accompagnés de demandes de prières. Les dons proviennent aussi de l’étranger (Belgique, Suisse, Italie, Océanie…) Les travaux débutent le 14 octobre 1862 et se terminent au printemps 1864. La crypte n’ouvre aux pèlerins qu’en décembre 1865. Elle est bénie le 19 mai 1866, en présence de Bernadette, et inaugurée le lundi de Pentecôte 21 mai 1866. François Soubirous, père de Bernadette, travailla comme manœuvre sur le chantier.

À l’automne 1863, les Demoiselles de Lacour offrent à la ville de Lourdes une statue de la Vierge afin d’orner la grotte. Le 04 avril 1864, l’œuvre est installée à la place occupée jadis par la Dame. L’artiste est présent. Monseigneur Laurence bénit la statue. S’en suit la première procession officiellement organisée par l’Église.

Le canal et la Gave se rejoignent à hauteur de Massabielle. Les terres sont inondables, ce qui complique considérablement les travaux. En décembre 1865, Monseigneur Laurence donne l’ordre de repousser le Gave une première fois.

09 mars 1866 : La compagnie du midi achemine voyageurs et pèlerins jusqu’à Lourdes. La gare est inaugurée le 28 mars 1866.

Afin d’agrandir l’espace des sanctuaires et de rendre les lieux plus sains et accueillants, le quartier des cagots, habité par des parias et des miséreux, est rasé.

En mai 1866, Monseigneur Laurence invite les missionnaires de Garaison, pères de l’Immaculée Conception, à collaborer à l’édification de l’œuvre de Notre-Dame-de-Lourdes. Ils participent désormais à l’édification des sanctuaires, aux aménagements de la ville, à l’organisation des pèlerinages, à la gestion des commerces.

21 mai 1866 : Première messe à la grotte, en présence de Bernadette Soubirous.

En 1866 débute la construction de la chapelle de l’Immaculée Conception, juste au dessus de la crypte. Hyppolite Durand supervise le projet. Il souhaite que le chœur soit juste au-dessus de la grotte. Le 15 août 1871, la chapelle est bénite et inaugurée par Monseigneur Pichenot. Longue de cinquante-et-un mètres et large de vingt-et-un, elle peut accueillir six cents personnes. La flèche du clocher mesure soixante-dix mètres. Les quinze chapelles contiennent vingt-trois vitraux représentent l’histoire de Lourdes depuis la première apparition. En 1874, la chapelle reçoit le titre de « basilique mineure » avant d’être consacrée en 1876.

En 1872, débute la construction de l’hôpital Notre-Dame des douleurs, également connu sous le nom de Notre-Dame des sept douleurs. Le projet est mené par Marie Saint-Frai (Mère Saint-Jean-Baptiste) et l’abbé Ribes. L’hôpital ouvre ses portes en 1878. Il accueille pauvres et vieillards dans des conditions rudimentaires. En 1998, l’établissement est rebaptisé «Accueil Marie Saint-Frai », en hommage à sa fondatrice. L’hôpital compte environ quatre-cent-cinquante lits.
Deux autres structures, plus récentes, accueillent également les malades : Le Salus Infirmorum, qui compte trois-cent-cinquante lits, et le centre d’accueil Notre-Dame, qui en compte neuf-cent-quatre.

En 1874, construction d’un premier lieu d’accueil, « La Rotonde », au toit fait de paille.

Février 1875, Monsieur de Saint-Gilly refoule le Gave vers la prairie de la Ribère.

En juillet 1875, à l’initiative du curé Peyramale, débute la construction de l’église paroissiale du Sacré-Cœur. Les fonds baptismaux de l’église paroissiale Saint-Pierre, ceux dans lesquels fut baptisée Bernadette, sont transférés à gauche de l’entrée de ce nouvel édifice. 

27 août 1875, Monseigneur Langenieux obtient du Président Mac-Mahon le classement du boulevard de la grotte comme chemin d’utilité publique.

De 1875 à 1945 : Aménagement de l’esplanade et surélévation de l’ancienne prairie.

De 1877 à 1881 : Construction du pont Saint-Michel et travaux sur le boulevard.

1877 : Installation de la statue de la Vierge couronnée.

1877 : Construction du premier abri du pèlerin. En 1911, un second abri du pèlerin est créé.

Les premières piscines, construites dès la fin des années 1850 par des maçons locaux, ne sont que lentement remplacées. Ainsi, en 1879, il n’y a que deux piscines alimentées pas une pompe manuelle. En 1891, une série de piscines, en céramique bleue, est installée. Il s’agit d’un don d’une Portugaise. Un bâtiment de bois est construit afin d’abriter les piscines. L’intérieur est divisé en deux compartiments : Une antichambre pour se déshabiller et se rhabiller et une baignoire. L’eau du bain est changée deux fois par jour.

Le 16 juillet 1883, débute la construction de l’église du Rosaire. Monseigneur Pichenot confie les plans à Pierre-Rémi Sempé, supérieur des chapelains, et à Jean-Marie Duboé. Le projet nécessite huit années d’études. Les concepteurs sont rejoints par l’architecte Léopold Hardy. C’est lui qui dessine les rampes d’accès en pente douce de forme elliptique. L’église mesure cinquante-deux mètres de long et quarante-huit de large. Elle peut accueillir environ mille cinq cents personnes. Les quinze chapelles sont décorées de mosaïques signées Gian Domenico Facchinna. Elle est inaugurée en août 1889 par Monseigneur Gouzot, et est consacrée en 1901. Le 24 septembre 1926, Notre-Dame du Rosaire devient « Basilique mineure ». Elle est restaurée en 2005-2006.
La crypte, la basilique de l’Immaculée Conception et la basilique Notre-Dame du Rosaire sont construites les unes sur les autres. 

Entre 1884 et 1885, débute l’édification du chemin de croix des Espélugues. Ce chemin de croix s’étend sur mille cinq cents mètres et comprend quinze stations. Les cent-quinze personnages, œuvres du sculpteur Raffl, sont en fonte et mesures deux mètres de hauteur. La croix principale, celle de la treizième station, est rapportée de terre-sainte. Les sept premières stations du chemin de croix sont inaugurées par l’Archevêque de Reims le 14 septembre 1912.

En 1885, le service permanent d’hospitaliers devient l’« l’hospitalité de Notre-Dame de Lourdes » L’objectif est de créer une homogénéité entre les différents services d‘accueil des malades. Cette nouvelle structure s’occupe du recrutement et de la formation de brancardiers bénévoles. En 1928, l’hospitalité de Notre-Dame de Lourdes devient une archiconfrérie. Elle dispose de deux foyers : « Bernadette » et « Saint Benoit Labre ».

En 1900, les diocèses de Rennes, Quimper, Vannes et Saint-Brieuc offrent à Lourdes le « clavaire breton ». L’œuvre, réalisée par le sculpteur Mermoz de Lannion, mesure douze mètres de haut et se compose d’un crucifix entouré de quatre statues (Notre-Dame des sept douleurs, Saint-Jean, Longin et Marie-Madeleine). Il est situé au fond de l’esplanade.

En 1905 : Démolition de l’ancienne église paroissiale Saint-Pierre.

En février 1949, Mailhet, réalise l’aménagement de source, à l’intérieur de la grotte. La source est recouverte d’une plaque de verre et éclairée. L’eau est canalisée dans un réservoir, sous les basiliques. Le réservoir alimente vingt fontaines, à gauche de la grotte, et seize piscines, à droite de la grotte.

1955 : Construction des actuelles piscines.

Mai 1957, la décision de construire la basilique souterraine Saint Pie X est votée. Le projet est ambitieux. La basilique doit accueillir vingt-cinq mille personnes ! Les architectes Pierre Vago, André le Donnet et Pierre Pinsard sont retenus. Mais Monseigneur Théas, qui accepte le devis, n’est pas en mesure de financer les travaux. Les dons sur lesquels il comptait ne sont pas suffisants. Le Saint-Siège demande au Cénacle, dirigé par Monseigneur Roche, d’aider Monseigneur Théas à poursuivre le projet. L’affaire prend alors une tournure très financière, et peut-être malhonnête. Le Cénacle est soupçonné de détournements. En 1959, il doit quitter Lourdes, mettant prématurément terme aux dix ans de contrat qui l’unissait aux sanctuaires.
La basilique est en béton précontraint. D’une superficie de 12000 m², elle est pourvue de six grandes entrées et de quatre rampes d’accès le long desquels sont disposés des œuvres en gemmail. Le 25 mars 1958, pour le centenaire des apparitions, le Cardinal Roncalli, futur Pape Jean XXIII, consacre la basilique.
L’architecte Pierre Vago est rappelé, quelques années plus tard, afin de dresser les plans d’un nouveau lieu de culte souterrain : La chapelle Saint-Joseph, inaugurée en 1968 par Monseigneur Théas.

25 mars 1988 : Monseigneur Donze inaugure l’église Sainte Bernadette. La structure peut accueillir cinq mille personnes. Des cloisons amovibles permettent de redéfinir l’espace intérieur. Cette construction moderne et lumineuse, est l’œuvre des architectes Jean-Paul Félix, Cyril Despres et Dominique Yvon.

Un article de Sylviane Putinier