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Cette maison est hantée - Guy Lyon Playfair

CettemaisonesthanteeWLAvec l'affaire du poltergeist d'Enfield, on dispose sans doute de l'un des cas les plus fameux.  A cette affirmation, certains rétorqueront peut-être - à juste titre - que le cas a été considérablement controversé, considérant les aveux des jeunes filles (et principalement de Janet) selon lesquelles elles avaient falsifié les choses.  Pourtant, il convient de préciser également que si ces demoiselles ont effectivement eu la "bonne idée" de mettre la sagacité des enquêteurs à l'épreuve, Janet est revenue sur ses propos pour dire que seuls 2% des phénomènes ont fait l'objet de mystifications, tout le reste étant strictement authentique.  A partir du moment où l'on saura que le cas d'Enfield s'est prolongé durant la bagatelle de quatorze mois (une durée assez exceptionnelle, reconnaissons-le !), on comprendra mieux son importance, surtout au vu de la densité des phénomènes, lesquels ont parfois flirté avec le thème de la possession démoniaque, de leur intensité et aussi de leur variété.  Sur ce plan, il nous faut bien reconnaître que même notre cher Arc-Wattripont, pourtant costaud à souhait, ne tient pas la mesure.  On peut aller jusqu'à dire qu'il en va de même de Rosenheim, cet autre grand classique.

Le CERPI n'a pas l'intention de rouvrir le cas d'Enfield.  Il a déjà été très bien documenté et comme il date de 1977, il est très peu probable que nous puissions encore y apporter quelque chose.  Il y a aussi l'éloignement géographique et l'obstacle de la langue.  Mais nous pouvons nous y intéresser, à temps perdu, procéder par comparaisons et essayer de voir si nous pouvons en tirer quelques conclusions ou hypothèses.

Nous avons commencé par visionner une série de trois épisodes retraçant les événements, ce qui nous a permis de prendre connaissance de ce point un peu perdu de vue, ou tout simplement méconnu, qui suggère cette fois une influence éventuelle d'un certain au-delà, de défunts, ou pis encore.  Voilà qui s'écarte de notre hypothèse majeure, celle de l'influence de l'esprit (au sens propre ou biologique) sur la matière.  Peut-être existe-t-il plusieurs moyens de provoquer les mêmes phénomènes ou plusieurs variétés de poltergeists.  Après tout, rien ne nous interdit de le penser puisque, pour l'instant en tous cas, personne ne sait encore au juste exactement ce qu'est un poltergeist.

Nous avons lu l'excellent livre de Guy Lyon Playfair qu'un triste sire - devinez lequel, toujours le même ! - s'est plu à décrier à tort et à travers en n'allant pas voir plus loin que le bout de son nez et en ne s'arrêtant qu'à ce qui l'intéressait très précisément, à savoir "casser du paranormal", sinon mieux : du surnaturel (l'idée de la victime principale étant ici suggérée ou sous-entendue par le domaine et ses implications).  Le titre de ce livre est donc : "Cette maison est hantée", un ouvrage devenu pratiquement introuvable.  Nous en avons apprécié le style, la manière de présenter les choses et, bien sûr, le contenu - c'est-à-dire l'histoire elle-même et la nature des phénomènes.

En voici la quatrième de couverture :

cettemaisonesthantee284Enfield, Angleterre, le 31 août 1977.

Une maison bourgeoise, celle de la famille Harper.

Une existence bien tranquille

brutalement interrompue par un coup

frappé dans le mur.

Un coup qui se répète encore et encore

Puis les meubles qui se déplacent

La police enquête, les journalistes

s'emparent de l'affaire,

des spécialistes se penchent sur le problème.

Il faut se rendre à l'évidence :

cette maison est hantée.

Voici le compte rendu détaillé de l'enquête

Une incroyable aventure qui se termine

par un coup de théâtre digne

des meilleurs romans policiers.

Et pourtant tout est vrai.

C'est bien ça qui interpelle : les phénomènes sont vraiment par trop incroyables pour qu'ils aient la moindre chance que l'on puisse les tenir pour vrais.  Il n'est guère étonnant que les sceptiques se déchaînent et que les moins subtils d'entre eux se rabattent sur des aveux provisoires comme la misère sur le pauvre.

Pourtant, quand on lit dans le bouquin en question les avertissements de l'auteur, lesquels portent sur le caractère répétitif de certains points, l'aspect lassant de certaines situations durant lesquelles rien ne se passe ou seulement des faits mineurs, sujets au doute, nous savons par expérience que ce genre de choses est en rapport étroit avec la réalité de terrain rencontrée par les enquêteurs.  Voilà au moins un point qui sonne "vrai".  Cela sent le vécu...

Même si toute enquête sur un tel cas comporte un caractère un peu utopique, lorsque l'on pense aux implications possibles de l'hypothèse PK, aux autres possibilités, on ne peut - selon nous - que se refuser à enterrer une telle affaire avant de l'avoir étudiée comme il se doit et, en dépit de tous les louables efforts jusqu'ici consentis, on ne nous ôtera pas de l'idée que le sujet a encore beaucoup de choses à nous révéler et nous à en apprendre !

thishouseishaunted284Nous n'en ferons certes pas le tour dans cette première page.  Peut-être y verrons-nous plus clair dans le dossier qui suivra.  En attendant, nous avons essayé de localiser la maison concernée et de la visualiser avec Google Earth.  Cependant, nous disposions de deux adresses possibles : la première est probablement exacte, le 284 Green Street, Enfield, Londres; la seconde est donc probablement erronée : 84 Wood Lane.  On remarquera bien sûr : 284 - 84.  Ce n'est sans doute pas un hasard.  Mais si l'on va voir du côté de Wood Lane, au numéro 84, on trouve une maison BCBG, de style anglais, répondant merveilleusement à certains critères de la maison hantée.  C'est-à-dire le genre de maison dont l'aspect extérieur se prêterait assez parfaitement à l'idée que l'on se fait généralement de la maison hantée habitée, chez nos amis d'Outre-Manche.  Les apparences seraient donc trompeuses et voilà qui ne nous étonnerait nullement.
Si l'on se promène du côté de Green Street, au numéro 284, certains détails relatifs à l'environnement nous permettent de conclure que cette adresse serait effectivement la bonne.  Il n'y a pourtant là qu'une habitation assez ordinaire, sans grande personnalité, une sorte de copier-coller de ses voisines, à laquelle on n'attacherait pas si volontiers l'un ou l'autre "fantôme".  Soit !  Encore une fois, il ne faut pas se fier aux aprioris.
Il y a juste un petit hic dans cette remarque.  C'est que la maison du 84 Wood Lane ressemble furieusement à celle que l'on trouve sur la couverture du livre de Maureen Bayless, qui porte le même titre que celui de Guy Lyon Playfair.  Sauf que, dans ce dernier cas,  la maison représentée serait, sinon la bonne, du moins certainement beaucoup plus proche de l'aspect réel de l'habitation en question.  Quel est donc ce lézard, si lézard il y a ?  Est-ce que la réalité simple et banale ne sonnerait pas aussi plus vrai que l'extravagant suggéré ailleurs ?  Voilà bien sûr qui sera bien insuffisant pour garantir l'authenticité des faits, mais il s'agira d'autant d'arguments en faveur de la sincérité de Guy Lyon Playfair.  Encore en faudra-t-il d'autres, aux yeux de certains debunkers archarnés, pour leur suggérer les bonnes intentions des chercheurs.  Pour notre part, le fait d'avoir démystifié la maison de Hem, qui était pourtant réputée comme la maison la plus hantée de France (excusez du peu !), n'a pas suffit à asseoir notre notoriété, ou la fiabilité de nos enquêtes.

Certes, on ne s'extasiera pas devant cette volonté de brouiller les pistes au profit de personnes veillant à leur tranquillité, qu'ils s'agisse des anciens propriétaires ou des nouveaux, des bons ou des mauvais.  Mais qu'est-ce qui aurait pu provoquer le volte-face, puisque bien longtemps après coup, Janet et ses proches sont apparus à l'écran à visage découvert ?  Peut-être l'apprendrons-nous aussi dans les prochaines pages...

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