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Amnéville - suite

Pour reprendre une expression consacrée : "La nouvelle vient de tomber sur nos téléscripteurs" : le cas d'Amnéville est un faux. C'est du moins l'information que nous a transmis notre correspondant Georges qui, cette fois, a été plus rapide que la blonde (nous n'avons pas dit stupide!) kinésithérapeute du fondateur du CERPI.

Incroyable mais (apparemment) vrai, il semblerait que - dans le cas présent - la maîtresse de maison ait été atteinte d'une crise d'hystérie et qu'elle aurait tout saccagé chez elle, mettant ensuite les événements sur le compte d'un prétendu poltergeist.  C'est en tous cas ce qu'elle aurait avoué et ce pourquoi elle devrait passer au tribunal.

Ses explications sont désarmantes.  Un peu trop peut-être même : dans sa crise de "folie" passagère, elle aurait eu son neveu de 12 ans pour complice et aurait berné "consciencieusement" son entourage.  Les fleurs volantes (nous n'avons pas dit "maudites" !), c'est elle qui les aurait lancées à la figure d'une voisine en prenant bien soin de ne pas se faire remarquer.  Il en irait donc de même en ce qui concerne le fer à repasser aérien et les autres bibelots voyageurs, lesquels n'auraient donc été animés d'aucune force inconnue.

Oui mais... qu'en est-il donc alors de ce téléviseur que les policiers avaient eux-mêmes vus, de leurs yeux vus, se jeter en bas de la table (pour la troisème fois si nos calculs sont bons) ?  Dans ce cas, il fallait admirer les talents du petit neveu, qui aurait bien joué le coup en mettant sa petitesse à profit et en bénéficiant sans doute d'une distraction policière.

Voilà.  Les choses sont dites : point de fantômes ni de mystère, si l'on en croit Europe 1 et Le Républicain lorrain. Que la vérité se situe d'un côté ou de l'autre, il nous appartient de la dire et c'est bien ce que nous avons fait.

Que l'on nous permette cependant de nous poser quelques questions puisque ce n'est pas encore interdit pour le moment.  

Quel est donc tout ce tapage autour de maisons soi-disant hantées et ces versions si opposées, délivrées à peu de temps d'intervalle ?  Nous n'allons pas suggérer qu'il s'agirait de manoeuvres médiatiques qui profiteraient honteusement du fait que "le surnaturel ça fait vendre".  Non !  

Quoi que...

D'ailleurs, ne vous avions-nous pas dit, dans le précédent article concernant les faits, de ne pas crier trop vite au poltergeist ?  C'est que, bien entendu, soit on dispose d'arguments bien étoffés soit on attend d'en disposer, et dans l'attente : on reste prudent.  Or, ici, force est de constater qu'aucune analyse contextuelle ne nous a été possible (ni délivrée, et pour cause !) ni au moment "mystérieux", ni lors des aveux.   C'est-à-dire que l'on a bien dû se contenter de ce qui se disait dans la presse, sans jamais disposer de détails précis.  On ne connaît pas même le prénom du neveu, encore moins son caractère, ni les motivations de cette dame (Chantal Hachette), ni quoi que ce soit à propos du couple ou  des rapports de voisinage, etc.  Et on nous dira facilement que cela ne nous regarde pas, c'est entendu.

Il n'empêche que, dans les deux cas, on nous a donc présenté des cas "tout crus".  Voilà :  c'est livré, débrouillez-vous avec!

hote-inconnu-crime-sans-cause-Tizane-ptDonc, une fois de plus, la conséquence est la suivante : le petit peuple a enregistré l'information d'un soi-disant poltergeist de plus, qui n'était qu'une supercherie (oui : de plus !)  Et qui est le dindon de la farce ? : les parapsychologues qui auraient crié leurs grands dieux, car il est bien connu qu'ils raconteraient n'importe quoi... Ah !  Vous avez remarqué : nous faisons donc partie des autres !  Chouette !

Que l'on nous comprenne cependant bien : notre intention n'est pas de nous faire les avocats du diable.  Mais sans doute serait-il parfois bon de prendre le taureau (à défaut d'entité démoniaque) par les cornes et de signaler aussi que le commandant Emile Tizané a recensé de très nombreux cas dans lesquels la supercherie, pourtant avérée et incontestable, ne permettait pas d'exclure les interventions dites occultes.

Autrement dit, il ne convient pas plus de considérer les présents aveux comme discréditant automatiquement le paranormal.  Ce genre de précision équilibrerait peut-être alors objectivement l'information reçue par le public qui - et comment en irait-il autrement ? - ne peut que traduire par : "tout ça n'existe évidemment pas !".  Une conclusion qui serait, nous le savons, hâtive.

Pour ce qui est des faits bruts, nous commencerons par nous étonner de ce que quelqu'un puisse ainsi massacrer toute sa décoration, en période de crise (Oh, le jeu de mots !) en impliquant un mineur d'âge dans un jeu malsain dont on ne comprend toujours pas les motivations.  Mais soit !  L'hystérie est là, en prétexte tout trouvé, une pathologie bien réelle que quelqu'un a jadis qualifiée de typiquement féminine, ce qui nous amène à la remarque suivante : une fois de plus, donc, des officiels en service se seraient montrés extrêmement naïfs et probablement enclins à trop rapidement mettre les choses sur le compte du surnaturel.  De plus, ils auraient omis de suivre la traditionnelle recommandation: "cherchez la femme"!  Or il s'agit pourtant d'un grrrrand classique...  

Soit, ils ont pris leur travail par-dessus la jambe, ils ont été pris dans le feu de l'action et, dieu merci : ils n'étaient pas une grosse dizaine et deux corps de police n'étaient pas non plus mélangés !  Sur ce point, au moins, la comparaison avec Arc-Wattripont s'arrête là, stoppée net en plein élan.

Mais au fait, comment a donc procédé le jeune homme ?  Car cela ne semble expliqué nulle part et, désolés, nous n'avons pas eu vent d'une reconstitution.  Certes nous savons que les jeunes gens sont particulièrement habiles à ce petit jeu là et que "ceux qui prétendraient le contraire n'auraient certainement pas d'enfants".  

Car ce qui fait tiquer un peu, c'est l'explication du témoin qui indique une télévision qui tombe vers le mur, c'est-à-dire finalement, d'après la narration en question, du côté opposé où se trouvent les policiers.  Dans ce cas, quel que soit le fautif, il devait s'agir d'un mouvement de traction plutôt qu'une poussée.  En toute logique, cela aurait dû inciter les policiers à s'enquérir de ce qui pouvait se passer de l'autre côté de la table et ces derniers ne devaient pas ignorer que la prise de courant se trouve généralement à l'arrière de l'appareil...  

Apparemment, ce n'est pas ce qui s'est passé, sinon il aurait fallu imaginer que le petit garçon serait tout simplement passé en-dessous de la table et se serait ensuite éclipsé le plus simplement du monde, sans être aperçu par qui que ce soit, au nez et à la barbe des personnes présentes, dont des policiers...  

Autre possibilité : une fois son forfait commis, le petit diablotin (allez!  Nous nous le permettons, tiens !), se serait vite blotti dans l'encoignure du petit meuble-TV, ou déguisé en carpette en dessous du meuble voisin, à moins bien sûr qu'il n'ait réussi à passer derrière le papier peint.  Et les policiers ont marché !

Tenez !  Dans pareil cas, on ne s'étonnera plus de ce que tant de bandits continuent de courir les chemins et que tout ce que les policiers parviennent à attraper, c'est la grippe !

Remarquez que l'on pourrait aussi prétendre que le témoin se serait mal exprimé et aurait indiqué, lors du reportage, le sens contraire à celui de la chute.  Cependant, dans ce cas, cela aurait voulu dire que la télévision serait tombée vers les policiers.  C'était alors encore plus invraisemblable.

Chantal aurait aussi lancé les fleurs - en plastique - à la figure de la voisine, venue prendre des photos.  Là aussi, on est heureux pour elle que la maîtresse de maison n'ait pas choisi le fer à repasser !  Cependant, voilà encore une brave dame qui, peut-être pas habituée à ce qu'on lui lance des fleurs, n'y a vu que du feu.  Or donc, sous le coup de l'hystérie, les gens deviennent de remarquables faussaires très habiles à se dissimuler.  C'est-à-dire donc qu'ils perdent complètement le contrôle de leurs actes mais en gardent parfaitement une partie afin de servir leurs desseins.  Tiens !  Comme l'être humain est un animal bizarre, n'est-ce pas ?  Comme cette normalité s'apparente elle-même à l'étrange, ne dirait-on pas ?

A moins bien sûr que, en analysant les choses plus finement, on puisse faire passer l'exploit de Chantal comme hybride de la raison et de la déraison ou comme la manifestation d'un reliquat émotionnel s'exprimant sous la forme d'un phénomène catalytique d'extériorisation dans un contexte dans lequel le plus gros de la tension conflictuelle aurait été extériorisé de manière traditionnelle.  De cela, nous ne disposons d'aucune preuve.  Il ne s'agit même pas d'une hypothèse.  Ce n'est qu'une idée en l'air.  Mais comme ça, au moins y a-t-il un "déplacement" aérien...

Nous nous étonnerons également que le témoin n'ait strictement rien remarqué, ni dans le comportement de son épouse, ni dans celui de son neveu, qu'il n'ait jamais fait le rapprochement entre les événements et les positions respectives des personnes, qu'il n'ait pris aucun protagoniste en flagrant délit, ni apparemment émis le moindre soupçon à l'égard de Chantal ou du neveu alors que, lorsqu'on y pense, les "phénomènes" se sont produits au cours de plusieurs heures avec une apogée en soirée.  
Nous remarquons encore que les aveux de la maîtresse de maison s'accomodent mal avec ce témoignage qui prétendait à un déplacement complexe du fer à repasser et avec la force à déployer pour exploser le téléphone (ou parlophone).

Nous ne remettons rien en question, mais nous aimerions que l'on nous explique et que l'on précise. 

Et dans tout cela, qu'advient-il de l'élu communal qui avait vu choir une lourde statue ?  Participait-il également à l'imposture ?  Celle-ci se trouvant à l'extérieur, aurait-il été à ce point surpris qu'il n'aurait pas vu l'enfant, ou Chantal, qui était derrière ?

Il est vrai que l'on est souvent surpris de ce qui se trouve derrière les apparences...

Revoir l'article précédent.