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Poltergeist en Normandie

Il existe un cas de poltergeist (re)devenu assez méconnu après avoir fait sensation en son temps.  C'est celui de Normandie que, pour des raisons évidentes et pour éviter les confusions nous avons renommé: "le pommes-tergeist de Normandie".

Les choses se passent à quelques kilomètres de Lisieux.  Mais nous n'aurons aucune précision supplémentaire.  On disposera aussi du nom des propriétaires, les Dupret, mais ce sera à peu près tout.  Manifestement, comme en de nombreuses occurrences, les concernés ne désirent guère être encore dérangés, ce qui peut se comprendre...

De son côté, l'émission "Mystères" a vécu, autant dire: "RIP".  Mais voyons la suite...

Des bruits se font donc entendre dans la maison des Dupret, notamment des bruits de pas, apparemment incompréhensibles car, en fait, il n'y a personne.  Les oeuvres d'un mauvais plaisant ?  Le tintamarre (un mot que l'on a déjà entendu ailleurs et qui a fait grand bruit, si j'ose dire) devient hallucinant, d'autant plus que les Dupret viennent de déplorer un deuil, ce qui ne conforte ni leur moral ni leur équilibre émotionnel.

Les portes d'une armoire s'ouvrent et se referment devant témoins.  Ceux-ci démontent alors complètement le meuble incriminé en suposant que plus rien ne pourra alors se produire.  Mais à leur grande stupéfaction, c'est alors le plancher qui se met à bouger et à donner des coups à l'endroit où se trouvait l'armoire, ce qui implique une idée de localisation d'un phénomène particulier.

On voit ensuite dans l'émission que les personnes présentes entendent des bruits percutants semblables à des explosions (voici encore un terme qui nous fait sursauter, pour d'autres raisons.)  La famille veut protéger les enfants qui se trouvent alors là mais ceux-ci semblent complètement indifférents aux phénomènes.  Ca ne les touche pas. C'en est presque à croire que "ça les amuse" ou bien qu'ils n'entendent pas les bruits.  Pour notre part, nous remarquons surtout cette présence: celle d'enfants, qui entre une fois encore en conformité avec les cas de poltergeist.

Les habitants font ensuite appel à un guérisseur de la région, Michel Royer, qu'ils sollicitent préférentiellement aux forces de l'ordre car ils craignent qu'on les couvre de ridicule.  Ben voyons!  Le "on" ne concerne pas spécialement les policiers ou gendarmes auxquels il est ici fait allusion car dès que l'affaire sortirait du mutisme initial, il est évident que les sceptiques démontreraient que leur comportement ne peut que s'accompagner de moqueries.  Or, des moqueries, les victimes de tels phénomènes n'en ont que faire, ils préféreraient des explications, ce que ces mêmes sceptiques s'avèrent incapables de produire dans le cas présent.  En fait, les victimes préféreraient surtout que cela s'arrête car on cherche en vain l'intérêt de l'opération s'il devait s'agir d'une supercherie.

Cela se remarque d'ailleurs à un autre point : les habitants essaient tout simplement d'ignorer les phénomènes. 

Mais c'est alors qu'un carillon décide de reprendre du service alors qu'il est HS depuis belle lurette ! Les témoins s'en vont voir à l'endroit d'où provient le son du carillon, ce qui les amène au grenier.  Et c'est là que va commencer la partie la plus extraordinaire de l'affaire, avec la sarabande invraisemblable des pommes !

C'est que les ghosbsuters improvisés ne trouvent rien au grenier.  Rien qui puisse expliquer le son de carillon qu'ils entendent.  Ils redescendent donc et laissent là les pommes qui se trouvent dans des cajots.  Il faut croire que les poltergeist (si c'est de cela dont il s'agit) n'apprécient pas les pommes car celles-ci vont alors se mettre à déménager !  Oui, elles vont quitter les caisses, de leur propre chef, (accrochez-vous!) elles vont traverser les portes (ce faisant on peut observer la formation d'une espèce de petit trou noir qui apparaît et disparaît sur la porte aussitôt après le passage de l'un des fruits), elles vont descendre les escaliers et rejoindre le rez-de-chaussée.  Certaines toutefois vont aller jusqu'à narguer les habitants, les frôler, atterrir sur la table, passer devant leurs yeux (oui: ébahis comme on peut le comprendre).  Les habitants, qui ne veulent pas qu'on les prenne pour des... pommes, ne soufflent pas un mot.  En fait, c'est eux qui sont soufflés ! (soufflés aux pommes, naturellement).  D'autant que les pommes étaient chaudes !  Et vlan: encore un élément assez classique, comme si l'on en manquait !

Nous ne sommes pourtant pas au bout de nos surprises...

Les habitants quittent les lieux, n'y tenant plus.  Les phénomènes cessent alors. (On peut donc supposer que, pendant leur absence, des tiers venaient contrôler)  Et lorsqu'ils reviennent dans leur habitation, pensant avoir retrouvé la tranquillité, c'est le rebelote ! 

Or donc, de toute évidence, le phénomène semble lié aux personnes.

De "personnes" il va à présent bien en être question, mais de très étrange façon...

 En effet, une cousine va alors apercevoir un être étrange et inquiétant, fantômatique, qu'elle ne pourra pas identifier.  Elle ne le reconnaîtra pas et en sera quitte pour la peur mais elle remarquera malgré tout une boucle de ceinture très luisante.  Là encore nous trouvons un point commun avec d'autres cas.

A la demande insistante des habitants, le radiesthésiste-magnétiseur Michel Royer accepte enfin de venir aider les Dupret car il comprend que ceux-ci sont confrontés à un cas important. Quelques phénomènes plus tard, notamment alors qu'un lit se met à bouger de manière également incompréhensible (et allons-y, une coïncidence de plus !) il parvient à maitriser la force inexplicable qui sévit là et qu'il attribue à des fantômes, des revenants.  Toujours est-il qu'il parviendra néanmoins, au terme d'une sorte d'exorcisme, à faire cesser les phénomènes.  Mais le "guérisseur" refusera obstinément de dévoiler le secret de cet épilogue...

Alors ? Simple affabulation de villageois désireux de passer à la télévision ?  Hallucination collective ?  Phénomène de poltergeist ou de psychokinèse récurrente spontanée ?  Trouble psychologique intense suite à un deuil, provoquant des manifestations quasi oniriques mais contagieuses par pouvoir hypnotique ?

Les REFLEXIONS du CERPI

Dans cette affaire (pour laquelle le CERPI n'a pas été requis ni mandaté par les habitants), on déplore un manque criant d'éléments d'information.  Rien à voir avec l'affaire d'Arc-Wattripont par exemple, laquelle a été fouillée très en profondeur.  Mais le point commun général réside dans le type de phénomènes dont se plaignent les habitants.  A peu de choses près, on retrouve les mêmes manifestations, avec quelques variantes qui font aussi la singularité du sujet.

Des critiques parfois acerbes ont été formulées sur ce cas (comme c'est presque systématiquement de coutume): "Des pommes qui volent et traversent les murs !  Des pommes, je vous demande un peu !".  Comme si les choses auraient été moins étranges s'il s'était agit de fraises des bois ou d'un percolateur... Mais à notre connaissance aucune investigation sérieuse n'a été menée non plus.  Sur quoi se base-t-on donc pour décrier le cas si ce n'est sur l'apriorisme de l'invraisemblable ?  N'est-ce pas le propre des phénomènes paranormaux (et, a fortiori, celui des phénomènes surnaturels) de sortir des sentiers battus ?

Nous n'allons pas pouvoir ici tirer de conclusions définitives, lesquelles seraient aussi hâtives que celles des sceptiques (le CERPI est lui aussi un organisme sceptique, mais n'oublions pas son ouverture d'esprit qui, plutôt que de tout rejeter en bloc permet au moins d'étudier les cas qui nous sont rapportés ou soumis.)  Mais nous allons quand même dégager certains éléments qui pourraient permettre d'éléborer certaines pistes.

Une des premières constations que l'on semble en droit de faire réside dans le fait que les manifestations semblent revêtir un caractère "humain".  En effet, cela commence par des coups frappés à la porte comme si un simple visiteur demandait à entrer.

Des bruits bizarres se font entre dans l'habitation (vaisselle cassée, mais retrouvée intacte, bruits de pas, comme s'il s'agissait d'une personne réellement présente sur les lieux).

Plus tard, il y aura apparition d'une forme humaine, comme si quelqu'un se trouvait là.  On ne pourra pas l'identifier clairement mais, d'après la vidéo, l'apparence est clairement humanoïde.

C'est aussi un point précis de la maison qui est sujet à des manifestations étranges: l'armoire qui se déglingue, les portes de celle-ci qui s'ouvrent et se ferment, le contenu du meuble étant renversé.  Mais, c'est en ce même endroit que le plancher se soulèvera lorsqu'on aura démonté ladite armoire, comme s'il y avait "une suite dans les idées" (ou la focalisation sur l'endroit, lequel devrait correspondre à quelque chose).

Enfin, on assistera au manège incroyable des pommes.  Ce dernier est bien évidemment incompréhensible et hautement invraisemblable, mais si on le tient pour authentique on peut remarquer l'utilisation qui est faite de ces fruits: leur mouvement a de quoi surprendre, le déplacement est spectaculaire et pour le moins étonnant, aberrant même; il concerne immédiatement les personnes présentes dans la maison puisqu'elles les prennent à parti et se mettent à les terrifier en les frôlant, en "se mêlant à leur présence".  Ne pourrait-on pas en déduire que le phénomène tente sinon d'effrayer (pour provoquer le départ des habitants au moyen du harcèlement ?  La présence des habitants serait-elle indésirable à quelqu'un ?) du moins d'attirer l'attention ?  Mais l'attention sur quoi ?

Le rôle des enfants est passé en revue très superficiellement, mais on remarque que leur présence est directement précédée des explosions très nettes, entendues même du dehors de l'habitation et par des tiers (il faut même se boucher les oreilles tant le bruit est fort).  Des "déflagrations" ont été signalées auparavant mais elles sont moins importantes et sont décrites comme le fait de petits cailloux que l'on lancerait dans les vitres, un comportement typiquement enfantin.  L'événement prendrait donc toute sa "dimension" en présence des enfants, lesquels sont d'ailleurs bizarrement indifférents à la problématique.  Cela interpelle.

L'intervention du guérisseur-magnétiseur-radiesthésiste ne nous apprend pas grand chose: selon lui, il s'agirait de revenants, d'esprits (il ne parle pas de démons) mais il ne précise pas de qui et ne désire d'ailleurs pas non plus révéler son secret, sous peine de perdre le pouvoir qui lui permettrait de mettre un terme à ce genre de phénomènes.  Mais faut-il comprendre ici qu'il soit lié par une sorte de pacte avec des forces ténébreuses ou que l'explication qu'il donnerait passerait ipso facto par des révélations que la famille n'aimerait pas entendre ou qu'il vaudrait mieux lui cacher ?

Nous donnerons notre préférence (plus par feeling que par réelle raison) à la seconde hypothèse en raison précisément des éléments "humains" que nous avons rencontrés précédement, ce qui nous paraît plus ou moins cohérent.

Pour le reste, que pouvons-nous tirer des maigres informations dont nous disposons ?

Nous savons que les propriétaires viennent de subir un deuil.  Malheureusement, nous n'en savons pas plus non plus.  Nous n'avons aucune idée du lien de parenté avec la personne disparue, de ses liaisons et affects éventuels avec d'autres membres, nous n'avons en fait aucun élément concernant l'aspect psychosocial de l'affaire, or il s'agit bien entendu d'un point très important (démontré agelement dans l'affaire d'Arc-Wattripont). Le seul point que nous pouvons subodorer est que la région (Normandie, Lisieux) soit également propice aux phénomènes de toutes sortes, légendes, etc.  Comme à Arc-Wattripont.  Nous savons par contre à quel point cela peut imprégner, même inconsciemment, les habitants et le rôle au moins indirect que cela peut jouer.

Malheureusement, sans cet aspect de la question, il n'est guère possible d'avancer plus que des hypothèses très floues et nous nous aventurons alors dans un terrain marécageux.  Malgré tout, la lecture de Jung nous est ici précieuse car le psychanalyste suisse aurait presque certainement fait la liaison avec les archétypes mythologiques propres à expliquer le cheminement qui aurait pu amener l'inconscient des personnes à collaborer avec une dynamique de la phénoménologie.  Mais qu'est-ce à dire ?

Le comportement des pommes est à ce point singulier, même en matière de parapsychologie, que nous n'avons pu qu'envisager les 12 travaux d'Hercule (personnage mythique par excellence que l'on croit autorisé à figurer parmi les archétypes standards s'il ne s'agit pas d'un pléonasme. comme représentatif du cas présent et plus particulièrement: "les pommes d'or du jardin des Hespérides".

Même si cela nous oblige apparemment à une longue digression, une parenthèse apparemment sans rapport, on voit d'une part le rapport avec les pommes, d'autre part - à condition de connaître le mythe - le rapport avec l'astuce double qui fut engagée entre Hercule et Atlas et l'idée d'un bien immobilier qui aurait été obtenu par un moyen détourné.  Or, on sait que les habitants ont fait construire la maison, ils ont été les premiers à y habiter, la maison est presque neuve dans les années 80, c'est clairement dit dans la vidéo...  A ce niveau, les enfants dont il est question dans la vidéo ne peuvent être les enfants légitimes des habitants en raison de la différence d'âge par trop importante: il doit donc s'agir de petits enfants.  Leurs parents sont donc probablement les héritiers en droite ligne et eux-mêmes ne le seront peut-être que dans un futur plus éloigné encore.

Bien que tout ceci ne nous renseigne nullement quant aux principes qui régiraient de tels phénomènes, il nous semblerait intéressant de pouvoir creuser cette dernière piste en regard du contexte psychosocial général afin de déterminer le pourquoi d'une dissenssion inconsciente éventuelle, laquelle serait alors en fait la raison du mal-être vécu par une ou plusieurs personnes qui seraient alors probablement les épicentres, même sporadiques des phénomènes, voire par procuration.  Cela présenterait alors au moins l'avantage de nous ramener à une situation connue, qui entrerait en concordance avec le type d'événements subis.

il est permis d'imaginer que cette piste soit la bonne, mais il va de soi qu'il conviendrait de disposer de plus amples informations afin d'en avoir confirmation.  Pour notre part, il ne nous sera guère possible d'aller plus loin sur l'affaire de cette maison dans laquelle nous n'avons jamais mis les pieds...  Mais il est encore temps pour les habitants de nous contacter s'ils le désirent, par exemple sous le couvert de l'anonymat et en ne perdant pas de vue que le CERPI travaille toujours bénévolement.

Texte momentanément inachevé, sera complété tout prochainement.