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L'argument d'autorité

L'argument d'autorité n'est pas à nos yeux à proprement parler un "principe explicatif".  En effet, aucun argument d'autorité ne donnera jamais une explication quelconque à un phénomène paranormal, surnaturel, ufologique, etc. sauf dans le cas spécifique que nous citerons plus loin, sans que cela change quoi que ce soit au problème d'ailleurs.  Par contre, l'argument d'autorité est assez souvent utilisé par les uns ou les autres afin de tenter de démontrer une hypothèse ou au contraire de la réfuter.

Voyons toutefois d'abord de quoi il s'agit afin d'y voir plus clair.

L'argument d'autorité consiste à avoir recours en guise de référence dans un texte, un discours, etc. à un nom prestigieux, une personne connue pour sa compétence, un individu illustre s'étant particulièrement distingué dans telle ou telle discipline.  On considère alors que "parce que c'est cette personne qui l'a dit" - et vu sa notoriété - le postulat doit forcément être valide.

Utilisé à bon escient, l'argument d'autorité peut apporter un crédit particulier aux propos énoncés puisque, précisément, la référence citée atteste de ce qui est avancé.  En raison de l'évolution des choses depuis les temps anciens et notamment la renaissance, il ne s'agit dans ce cas plus réellement d'un argument d'autorité mais bien d'une simple référence.  Il est facile de comprendre que si la référence est appropriée, le but escompté sera atteint ou que le procédé y contribuera.  Le recours à de nombreuses références de valeur sera donc éventuellement précieux.  Mais attention !  Il pourrait suffire de faire référence à un seul individu douteux, controversé, reconnu comme peu fiable ou s'étant rendu responsable de mensonges, de falsifications, etc. pour réduire à néant le but visé.

Jadis, on utilisait volontiers les noms illustres des prédécesseurs pour appuyer un postulat.  Cependant, au cours de l'évolution, non seulement les principes fondamentaux ont changé mais encore certains paradigmes auxquels les prédécesseurs en question appartenaient étant devenus obsolètes, si bien que les références en question ont soit perdu de leur valeur (l'argument d'autorité a perdu de son autorité) soit ne sont-elles plus utilisées que pour l'esthétique de la formulation, par exemple dans le recours à une location grecque ou latine.  Citons un exemple simple : "cogito ergo sum" qui signifie "je pense donc je suis" est une locution latine émanant de Descartes.  

Ici, cependant, il est une distinction qu'il nous semble utile de formuler.  La locution en question exprime la première certitude résistant au doute méthodique.  Dans la plupart des cas, elle conserve toute sa valeur et pourrait donc être citée en guise d'argument d'autorité, Descartes jouissant sans nul doute de toute la notoriété voulue.  Pourtant, l'inverse de cette affirmation n'est pas forcément valable : "je suis donc je pense" serait facile à invalider dans un sens automatique car un individu qui ne penserait momentanément pas (en état de sommeil par exemple) n'en existerait pas moins pour autant.  De plus, on pourrait rétorquer qu'il ne suffit pas de penser pour exister parce que, bien sûr, de nombreux systèmes organiques sont indispensables à la vie et l'absence de toute cette "machinerie" ferait en sorte que notre penseur ne penserait pas longtemps (du moins, le pensons-nous !)

On pourrait également faire remarquer, en faisant écho à une hypothèse ufologique récente, que s'il devait être vrai qu'une intelligence extérieure (facteur exogène) interférerait avec la conscience humaine de manière à lui communiquer des informations ou à en obtenir (et ce à l'insu des intéressés ou en pleine connaissance de cause) par différents moyens y compris au travers de réalités-écrans destinées à masquer les intentions réelles des opérateurs, alors la pensée pourrait ne plus être le propre de l'individu en question mais au contraire le témoin de celle d'un autre individu.  Dans ce cas très particulier de substitution subtile, la locution deviendrait alors très paradoxalement : "je pense, donc il est" !  Cette situation assez exceptionnelle -  il faut bien le dire - prendrait l'argument d'autorité complètement en porte-à-faux sans préjudice de la notoriété de Descartes ni de la valeur fondamentale de la locution de base.

Nous évoquions plus haut un argument d'autorité faisant exception.  C'est le : "Dieu l'a dit !" devant lequel ne s'inclineront plus que les croyants intégristes acharnés.  On a vite compris que monsieur Tout-le-monde ne se range plus derrière un tel argument.

Dans le domaine qui nous concerne, on peut dire que l'argument d'autorité doit surtout être considéré comme une figure de rhétorique qui peut avoir son utilité dans certains cas (en littérature notamment) mais qu'il faut considérer avec prudence s'il est utilisé en vue de tenter d'expliquer un phénomène extraordinaire (soit d'en attester, soit de le réfuter).  On lui préférera une démonstration pleinement convainquante, des arguments logiques, des preuves solides, des formules scientifiques, etc.

Il conviendrait de se dire : "Untel l'a dit ?" fort bien.  Peut-être n'est-ce pas négligeable, (en fonction de l'individu) cela mérite d'être pris en considération.  Cependant, même Untel peut se tromper.  Nous ne pouvons pas forger notre opinion et apporter notre adhésion à l'hypothèse proposée sur la seule base de l'argument d'autorité : "Untel l'a dit"...

A méditer : "J'ose croire que la Lune continue d'exister même si je cesse de la regarder" (Einstein face à une proposition de physique quantique).