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Les biais cognitifs

Il arrive fréquemment que les sceptiques évoquent les biais cognitifs dans leurs arguments afin de mettre à mal les prétentions aux phénomènes de l'inexpliqué.  Ils n'ont pas tort et il importe de les connaître, bien que chacun de nous soit conscient de la plupart de ceux-ci alors qu'ils s'expriment généralement de manière inconsciente.  On le conçoit, il convient ici d'y voir plus clair...

Or donc, "biais cognitif" est plutôt un terme générique qui se conjugue sous plusieurs variantes (nombreuses) et désigne une déviation de l'interprétation, de la perception, mais aussi de la logique, de la causalité, des statistiques sans parler des relations sociales.  Il s'agit de raisonnements qui sont faux et s'exercent par exemple dans la publicité (notamment à propos de la fréquence de base) mais aussi en sciences ou dans les milieux juridiques.

Vous trouverez ci-contre la vidéo d'une séance de Chiasma qui propose une introduction aux biais cognitifs.  On voit très bien que le sujet concerné est le raisonnement, les schémas de pensée qui amènent ces raisonnements et les erreurs logiques qui biaisent le résultat retourné.  On voit aussi avec quelle facilité nous pouvons tous être influencés par certaines notions.

L'ad populum, que l'on aurait aussi pu qualifier de "généralisation" est abordé dans la vidéo mais il existe quantité d'autres biais cognitifs lesquels revêtent parfois des appellations qu'il fait bon pouvoir replacer dans une conversation de salon si l'on veut paraître intéressant.  Il en va ainsi par exemple de l'hypothèse de Sapir-Whorf qui prétend notamment que les caractéristiques d'une langue influent ses locuteurs. En fait, cette hypothèse contestée vaut surtout pour son étude plutôt que par ses applications réelles étant donné son peu d'incidence.  Néanmoins, dans une étude fouillée rien ne devrait être laissé au hasard de telle sorte que les éventuelles interférences linguistiques doivent donc être envisagées le cas échéant (point qui a été relevé dans l'affaire de Petit-Rechain en ce qui concerne la différence de signification attribuée aux verbes "savoir" et "pouvoir").

Parmi ces autres biais, on peut en citer quelques uns :

Biais d'attention — avoir ses perceptions influencées par ses propres centres d’intérêt
Effet de récence — mieux se souvenir des dernières informations auxquelles on a été confronté
Oubli de la fréquence de base — oublier de considérer la fréquence de base de l'occurrence d'un événement alors qu'on cherche à en évaluer une probabilité
Effet d'ambiguïté — tendance à éviter les options pour lesquelles on manque d'information
Ancrage mental — influence laissée par la première impression
Préjugé — jugement pré-établi envers une personne ou tout un groupe en raison de son appartenance à une population particulière
Biais d'attribution (Attribution causale) — façon d'attribuer la responsabilité d'une situation à soi ou aux autres
Biais d'autocomplaisance — se croire à l'origine de ses réussites mais pas de ses échecs
Biais de statu quo — la nouveauté est vue comme apportant plus de risques que d'avantages possibles et amène une résistance au changement
Biais d'immunité à l'erreur — ne pas voir ses propres erreurs
Biais égocentrique — se juger sous un meilleur jour qu'en réalité
Biais rétrospectif ou l'effet « je le savais depuis le début » — tendance à juger a posteriori qu'un événement était prévisible
Effet de halo — une perception sélective d'informations allant dans le sens d'une première impression que l'on cherche à confirmer
Effet de simple exposition — avoir préalablement été exposé à quelqu'un ou à une situation le/la rend plus positive
Effet râteau — exagérer la régularité du hasard
Effet Dunning-Kruger — les moins compétents dans un domaine surestiment leur compétence, alors que les plus compétents ont tendance à sous-estimer leur compétence
Illusion de savoir — se fier à de mauvaises croyances pour appréhender une réalité et ne pas chercher à recueillir d'autres informations
Effet retour de flamme — croyance initiale renforcée en face de preuves pourtant contradictoires
Biais de la tache aveugle — tendance à ne pas percevoir les biais cognitifs à l'oeuvre dans ses propres jugements ou décisions, et ce, aux dépens d'informations plus objectives
Biais de confirmation d'hypothèse — préférer les éléments qui confirment plutôt que ceux qui infirment une hypothèse
Biais de disponibilité — ne pas chercher d'autres informations que celles immédiatement disponibles
Biais d'appariement — se focaliser sur les éléments contenus dans l'énoncé d'un problème
Cadrage — la façon de présenter une situation influe sur la façon dont elle est interprétée
Dissonance cognitive — réinterpréter une situation pour éliminer les contradictions
Illusion des séries — percevoir à tort des coïncidences dans des données au hasard
Perception sélective — interpréter de manière sélective des informations en fonction de sa propre expérience
Effet boomerang (effet inverse au conformisme) — tentative de persuasion à l'effet inverse de celui attendu
Effet Barnum — accepter une vague description de la personnalité comme s'appliquant spécifiquement à soi-même ( ex : horoscope). Nous reviendrons dans nos pages sur ce dernier point.


Olivier Sibony – Comment éviter les biais... par orneryrelax

Il ne nous est pas possible d'évoquer et de développer ici la totalité des biais cognitifs car il s'agit d'un sujet extrêmement vaste faisant partie des sciences cognitives.