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Le fameux "vampire" de Düsseldorf

Au début du siècle, plus précisément une décennie avant la seconde guerre mondiale, un soi-disant vampire hantait la ville allemande de Düsseldorf. Des crimes d'une cruauté inouïe étaient commis, des crimes sanguinaires dans lesquels le vampirisme entrait en scène, mais aussi accompagnés de viols et autres tortures barbares. Qui donc perpétrait de telles abominations? Pourquoi? Et puis, cette atroce et lancinante question: pourquoi la police n'arrivait-elle donc pas à trouver le meurtrier?

Vous l'aurez compris, il n'en fallait pas plus pour que, psychose et imagination aidant, l'esprit populaire fasse de ce "monstre" (au sens figuré, c'est-à-dire une personne faisant des choses monstrueuses et donc cette personne elle-même) un vampire. L'impossibilité dans laquelle se trouvaient les autorités n'était-elle pas justement un signe de la toute puissance de ce représentant du royaume des ténèbres? Il était évident dès lors qu'il avait des pouvoirs surnaturels, des accointances avec le diable lui-même.

Ce qui était sûr en revanche, c'est que la cruauté des faits appartenait à un malade mental, un dangereux psychopathe. De nos jours, on aurait considéré la chose comme appartenant au trop connu domaine des serial killers.

Assez peu de personnes savent que Peter Kürten (dit "le vampire de Düsseldorf") a servi de modèle au cinéaste Fritz Lang pour son film "M. le maudit".

Citoyen à l'allure respectable, toujours impeccablement vêtu, Kürten est issu d'un père alcoolique, brutal et incestueux. Très jeune, il déserte son travail à l'usine et se lance dans la délinquance. C'est en 1913, à vingt ans, qu'il commence sa série de meurtres sadiques. Après son premier crime, il se marie, retrouve du travail et vit bourgeoisement, comme un citoyen respectable. En 1929, il avait déjà réussi à semer la panique dans la ville, par ses crimes qui se suivaient à une cadence rapide. Ses victimes sont des femmes et de très jeunes filles, parfois des hommes. Le nombre de ses crimes n'a jamais pu être précisé.

Ce qui caractérise le tueur, c'est la cruauté bestiale de ses agissements. Il égorge, viole, accomplit des mutilations immondes. Inspiré, il envoie à la police un poème de qualité discutable, où il indique le véritable lieu servant de sépulture à sa dernière victime. Les experts constateront qu'il y a eu acte de vampirisme.

Les crimes continuent, avec le même rituel. Son apparente respectabilité le tient à l'écart de tous soupçons. C'est grâce à une fille qui se souvenait de l'adresse où il l'a invitée à "prendre le thé" et qui n'a pas subi le sort de toutes les autres qu'il fut finalement arrêté. On se demande encore pourquoi Kürten a laissé en vie Maria Budlich après l'avoir violée, se contentant de lui faire jurer de garder le silence. En réalité, elle ne l'avait jamais dénoncé, elle n'a fait que raconter par écrit sa mésaventure à une amie. La lettre tomba dans les mains d'une parente de la destinataire, qui alerta la police. En 1930, il fut arrêté. Ses avocats plaidèrent l'irresponsabilité. Lui-même invoqua la contrainte exercée par une force démoniaque. Il fut quand même condamné pour neuf meurtres, trois viols et sept tentatives de meurtres. C'est tout ce que l'accusation a réussi à prouver, malgré le nombre de victimes apprécié à beaucoup plus. Kürten fut guillotiné en 1931.

Il n'est pas de notre ressort d'épiloguer sur les maladies mentales ni d'émettre des jugements sur les débats que les jurés ont du mener avant d'arriver à leurs verdicts. Un individu peut bien sûr facilement évoquer une influence démoniaque pour justifier des actes très répréhensibles et tenter par la même occasion d'obtenir un régime de faveur en passant pour un déséquilibré mental. Mais inversement, si l'un de nous devait effectivement subir l'influence d'un démon, en admettant leur existence, et s'adonner à de telles horreurs (en plus) n'y aurait-il pas aussi de quoi devenir fou?

Chacun tirera lui-même les conclusions qu'il voudra de cette affaire dont la finalité reste toujours ouverte. Difficile en effet de savoir ce qui se passait dans la tête de quelqu'un qui l'a perdue (au propre comme au figuré d'ailleurs!) Mais le vampire avait en tous cas perdu de sa superbe, il était redescendu, en flammes, d'une condition surnaturelle à celle d'un simple mortel désaxé, "tueur en série comme tant d'autres"...

Vous en saurez plus sur le vampire de Düsseldorf en cliquant ICI.