Centre d'Études et de Recherches

sur les Phénomènes Inexpliqués

Maison hantée à Mouscron

Intervention du 09/11/10


Pour la deuxième fois à presque exactement un an d'intervalle, le CERPI, représenté en cela par M. Vanbockestal et son assistante Nancy, se rendait chez Sarah, ressortissante belge de la région de Mouscron. Comme d'habitude, nous protégeons la confidentialité concernant nos requérants en modifiant le nom et en nous montrant évasifs quant à la localité exacte. Nous ne publions aucune photo (il n'y avait pas d'orbes, nous n'incluons que des images, ironiques dans le cas présent)).

Les antécédents de l'affaire

Sarah se plaignait essentiellement d'une série d'événements déplaisants qui la harcelaient depuis fort longtemps déjà et qu'elle mettait notamment sur le compte de diverses personnes de son voisinage, certaines ayant la réputation de pratiquer la sorcellerie.

Lors de notre première intervention, nous avions non seulement pu déceler la trace très nette d'entités (C'était à un point tel qu'un débutant dépourvu de toute faculté médiumnique aurait pu s'en rendre compte !) mais aussi, via le test de Rhine, que la possibilité que Sarah puisse disposer de facultés médiumniques ne soit pas exclue. (9/25)
Nous avions en l'occurrence tempéré les choses, tant il apparaissait manifestement que tant Sarah que sa maman avec qui elle vit, ont la très forte propension à tout attribuer au surnaturel ou au paranormal. Nous avions aussi prodigué de nombreux conseils qui, à eux seuls nous semblait-il, devaient suffir à régler la question.
Nous avons ensuite suivi l'affaire, de loin. De cette manière, nous avons appris que si les choses s'étaient un peu calmées dans un premier temps, cela avait eu tendance à revenir en force peu après, ce qui aurait justifié une intervention plus énergique de notre part. Malheureusement, cela coïncidait avec une période pendant laquelle M. Vanbockestal se trouvait très limité dans ses déplacements et connaissait de sérieux problèmes de santé. Néanmoins, ce dernier finit par trouver une date de rendez-vous en urgence. Cela ne s'avéra cependant pas utile puisque le calme le plus complet, la tranquillité totale, étaient revenus, et cela a duré pendant six mois environ... Après quoi, cela a recommencé et Sarah a, à nouveau, réclamé nos services, lesquels ont trouvé leur aboutissement ce mardi.

Notre investigation du 09/11/2010

En fait, deux polarités se dégagent de cette affaire : là où la présence d'entités était manifeste, on ne remarquait quasiment plus rien. Comme par hasard, la "sorcière principale" concernée était décédée peu de temps auparavant. D'autre part, à notre grand désarroi, il était manifeste aussi que nos conseils n'avaient nullement été respectés, ou si peu... Essayant d'en arriver directement à l'essentiel, M. Vanbockestal demanda à Sarah de résumer les points essentiels et objectifs de la situation présente. Sarah, pour toute réponse, ne pouvait qu'évoquer de légers courants d'air ressentis sporadiquement sur la figure, la perception occasionnelle d'odeurs de tabac, la prolifération désordonnée de navets et, il faut bien le dire, une poisse persistante qui, elle, ne peut en aucune manière se nier. Il y avait aussi une salamandre, apparue tout d'un coup, et un gros crapaud qui se manifestait par deux fois à l'entrée du jardin, si l'on excepte toutefois l'une ou l'autre très grosse araignée d'un noir "diabolique" (sic !).

Une réaction prévisible de notre part...

Chacun comprendra que "face à de tels événements, aussi épouvantables qu'incompréhensibles, réellement terrifiants et défiant complètement l'imagination la plus débridée", le duo du CERPI délégué sur place ne pouvait que s'enfuir à grandes enjambées, terrorisé par tant de surnaturel ! (Nous avons aussi envisagé d'appeler les pompiers, la protection civile, les gardes suisses et la force aérienne... Nous avons cependant hésité à entrer en contact avec Barack Obama).

Mais les gens du CERPI sont de véritables durs à cuire et ils ont résisté à ce remake du presbytère de Borley, du Ram Inn et d'Amityville réunis, en pensant qu'il était peut-être aussi, sait-on jamais ? possible de voir les choses sous un autre angle, un peu plus terre à terre et raisonnable. Par exemple, nous avons souligné que la période de calme complet n'avait été ni précédée ni suivie d'un événement particulier que l'on aurait pu mettre en rapport et que par conséquent, la cause ne pouvait guère s'envisager de l'extérieur mais bien de l'intérieur, c'est-à-dire des personnes requérantes elles-mêmes, puisque la trace des entités s'était pratiquement dissolue, qu'il y avait absence totale d'agressivité de leur part, etc.). Nous nous sommes permis d'écarter derechef le témoignage de la maman, arrivée en renfort, laquelle rappelait une manifestation d'OVNI survenue en 1967 qui nous semblait, "tout compte fait" (mdr), peu en rapport avec l'instant présent.

Des faits très graves... mais d'origine bien humaine

Plus sérieux, nous avons aussi écarté une action très malveillante à n'en pas douter, de personnes qui avaient colmaté l'arrivée d'air de la cheminée, ce qui aurait pu être mortel. Le procédé, pour coupable et répugnant qu'il soit, surtout en considérant la manière dont il a été mis en oeuvre, ne peut provenir que d'une grave négligence ou d'une action volontaire criminelle. Mais il n'en reste pas moins vrai qu'il s'agisse d'une intervention humaine, sans rapport avec nos recherches. C'est du domaine de la police, de la justice, pas du nôtre ! Nous n'exorcisons pas davantage les garnements du quartier qui sonnent aux portes et guettent les réactions, cachés derrière une voiture en stationnement.

Nous avons au contraire très bien mis en évidence plusieurs conflits familiaux existants, une situation générale bancale, ladite propension à tout mettre en rapport avec l'inexpliqué et à tenter de circonscrire ces problèmes à l'aide de toutes sortes de procédés qui relèvent beaucoup plus de la parfaite panoplie du charlatan que du nôtre, l'accumulation de livres traitant de ces sujets mais sans les lire bien évidemment, un éloignement manifeste par rapport aux croyances confessionnelles de base, une absence de cohérence et de fil conducteur dans le mode de vie et une faculté prodigieuse à s'attirer des problèmes en se plaçant soi-même dans des situations instables, contradictoires, tout à fait favorables à la contraction de cette rarissime maladie importée d'Afrique via une variété (en extinction) du dernier moustique rose à ailes dorées.

Un peu de logique et de raison

Non ! On n'appelle pas le CERPI si on roule à 160 km/h sous prétexte que cela a coïncidé très étrangement avec le fait de devoir payer un PV ! Par contre, notre boule de cristal nous indique que si Sarah continue à envoyer des SMS en conduisant, elle pourrait bien en payer un autre et peut-être même avoir un accident ! Pas plus qu'il ne convient de faire appel aux services d'une équipe de parapsychologues si une voiture tombe en panne, au niveau électronique, en période de canicule. Il existe pour cela quantité de mages aux caractéristiques très mystérieuses : souvent vêtus de bleu, leurs mains sont noires à force de triturer une substance diabolique nommée cambouis (de la kabbale Kam-buy) NB : la présence de quelques étoiles sur leurs voitures jaunes, toutes semblables ou presque, prouve bien leur appartenance aux milieux astrologiques.
Bien sûr, Sarah ne nous a pas appelés pour ça. Mais il faut comprendre que ce genre de choses arrive à tout le monde et que tous les exorcismes du monde n'empêcheront jamais le facteur d'apporter des factures, ni les huissiers de justice de se présenter si on ne paie pas. Il ne faut pas faire l'amalgame entre les problèmes que tout un chacun rencontre dans la vie courante (et dont on se passerait volontiers) et y voir une influence paranormale. Nous savons pertinemment bien que certains procédés sont susceptibles de générer cette problématique et que cela nécessite alors une intervention appropriée. Mais dans ce cas, cela peut aussi se corroborer par les ressentis médiumniques, d'autres éléments et d'autres vérifications. Ce n'était pas le cas ici.

Enfoncer le clou. Oui, mais ! Si on ne veut pas ?

Avec une patience infinie, M. Vanbockestal (courageusement secouru par son assistante dévouée) a multiplié les pistes et les conseils et a failli s'étrangler à plusieurs reprises. Notamment lorsqu'il a obtenu la confirmation de ce qu'il subodorait depuis le départ : les images délivrées l'année précédente, ces fameuses images puissamment énergétiques, avaient rapidement été enlevées sous les conseils d'une voyante (M. Vanbockestal ne put cependant pas s'empêcher de suggérer à Sarah de s'adresser dorénavant à cette même voyante). Tant qu'à faire, puisque (en dehors de toute connotation surnaturelle, précisons-le) la nécessité d'un déménagement semble couler de source, il a proposé deux endroits où les habitations à louer ne doivent pas être trop difficiles à trouver et où Sarah trouverait toute la stabilité et le dynamisme qu'elle recherche : l'Irak ou l'Afghanistan.
Entre le Feng-shui, l'étude de la philosophie du Yin et du Yang, quelques autres conseils judicieux (la présence d'un animal domestique, la pratique quotidienne du sport, le fait se sortir de chez soi, d'agrémenter l'ambiance avec de la musique, une petite fontaine Zen, etc.) et un petit rituel très simple afin d'inviter les éventuels défunts égarés sur place à trouver la quiétude ailleurs, M. Vanbockestal s'étrangla encore : puisque la pratique de certains sports semblait s'indiquer, il rappela la marche Dracula (le 20 de ce mois) ou simplement la petite promenade pour balader aussi le petit toutou. Mais la maman ne veut pas ni de matou ni de tout toutou. Pas même un poisson rouge ou une fontaine Zen. Le vélo ? Bon sang mais c'est bien sûr ! Ah Sarah dispose bien d'un vélo d'appartement, mais elle répugne à l'utiliser puisqu'on a bien été obligé de le déplacer dans la véranda où il fait trop froid... Or donc, Sarah semble ignorer que le sport réchauffe, il pourrait même bien faire transpirer ! Et puis, un vélo d'appartement se déplace facilement. Le judo par contre, ne convient pas, à cause de problèmes de dos. Le Tai-chi semble intéresser davantage notre interlocutrice et les renseignements prodigués par M. Vanbockestal l'intéressent visiblement, sans doute plus que ceux relatifs au karaté ou aux autres arts martiaux. Mais Sarah ponctue le sujet en signalant son allergie au sport ! C'était donc bien la peine de tant en parler !

Depuis le début de notre entretien, Sarah était d'accord avec les idées de M. Vanbockestal. A 100%, confirmera-t-elle elle même. Le seul problème réside dans le fait qu'elle n'en applique aucun. Ou, en tous cas, jamais de manière durable. Elle conserve la même ligne de conduite, ne modifie rien à son comportement, garde toujours les mêmes idées en les sachant pourtant parfaitement erronées. Or, l'un des points essentiels pour se prémunir contre les phénomènes paranormaux ou surnaturels consiste à disposer, à la base, d'un bon équilibre, d'une ambiance saine, une situation équilibrée. Il faut éviter les excès et, bien sûr, les erreurs, les "portes ouvertes". Tout cela, Sarah semble le savoir tout aussi bien que nous. C'est la réalisation qui ne suit pas et contre cela nous ne pouvons rien.

Une conclusion attendue

Quant au domaine sentimental, sur lequel la pudeur nous empêche d'épiloguer de manière détaillée, Sarah ne se complique pas la vie en acceptant les infidélités prouvées de son compagnon, envisage une relation avec un maghrébin (*toute connotation raciste mise de côté et sans critiquer l'Islam, nous considérons qu'il s'agit là d'une "excellente idée" de sa part pour s'assurer une "complète compatibilité conjugale" future, grâce à la "similitude culturelle évidente", une "continuité parfaite" et une "remarquable cohérence religieuse" dans laquelle elle pourra "pleinement s'épanouir" en vertu des "immenses latitudes" laissées aux femmes par l'Islam). Forts de ces avancées particulièrement constructives et d'une très nette détermination à retrouver l'équilibre devenu aussi indispensable à la disparition définitive des problèmes de nature indiscutablement paranormale, nous avons pris congé, très confiants en l'avenir de Sarah.
Après tout, il est clair qu'il lui suffit d'attendre que le prince charmant vienne spontanément sonner à sa porte (si la sonnette n'est pas détraquée) et qu'il n'est absolument pas nécessaire de provoquer le destin. D'ailleurs, elle dispose même d'un gros crapaud qu'il lui suffit d'embrasser sur le bout du museau pour le voir apparaître ! Quoi ? En douteriez-vous ?

Il n'empêche que nous ne sommes pas venus pour rien. Nous sommes (pour autant que cela soit encore indiqué) persuadés que les marchands de poudre de perlimpinpin, les Madame Irma et les marabougourous (coucou paloma) jouissent encore d'un créneau très porteur et ne risquent pas de manquer de clients. Nous avons eu droit à un cas d'école en matière de parapsychologie. D'école maternelle s'entend.
Cela a seulement un très léger côté frustrant... au sortir de l'université.

* Que nos amis musulmans ne se formalisent pas de ces propos qui ne visent aucunement l'Islam en lui-même. Il ne nous appartient pas de critiquer, en aucune façon, les religions. Nous soulignons seulement ici le fait, uniquement dans le cadre précis de Sarah ainsi que dans son contexte propre. Nous reconnaissons parfaitement (comme nous l'avons d'ailleurs indiqué à Sarah) que la problématique ne serait pas automatique et que, peut-être, tout se passerait bien. Notre logique se base seulement sur le fait que, théoriquement, les choses se passent mieux entre personnes ayant la même confession et cela, non plus, n'est pas systématique. Nous ne déconseillons pas un ménage mixte en incriminant la religion en elle-même mais seulement parce que, dans le cas présent et en connaissant le caractère de Sarah, cela pourrait apporter des problèmes supplémentaires dus à la différence de culture, d'habitudes, de traditions et de religion. Dans certains cas, il est possible que cette même différence apporterait au contraire un changement salutaire. Pas dans celui-ci.

SOMMAIRE -HAUT - ACCUEIL

--