Centre d'Études et de Recherches

sur les Phénomènes Inexpliqués

THE ANCIENT RAM INN


Approfondissement du sujet par le CERPI :

Je prends donc sur moi de tenter une nouvelle expérience de perception extra sensorielle en espérant que le résultat soit meilleur que lors de ma dernière séance d'hier, qui s'était soldée par un échec cuisant. Je le fais contre les recommandations de M.L. qui, en fait, me le déconseillait vivement. C'est vrai que les risques spirites ne sont pas dédaignables, il faut être prudent. (Voir à ce sujet notre rubrique "avertissement") Mais d'un autre côté, le domaine du surnaturel ne m'est pas étranger, j'ai déjà eu à faire face à des manifestations hostiles et suis malgré tout toujours là pour en parler. J'ai aussi la tête bien sur les épaules et ne suis pas né de la dernière pluie (en Belgique, autant parler d'un nouveau né !) Je vais cette fois me baser sur une autre photo. Pourquoi ? C'est bien simple : la représentation photographique de l'établissement montre forcément la "dernière version" et non pas la bâtisse telle qu'elle était à l'origine. Il est donc possible que je sois mal aiguillé. Je pense cependant que ce sont surtout les énergies qu'il faille capter et que elles-ci sont théoriquement indépendantes de ce genre de considération. Même si la maison n'était plus là, qu'elle aurait été détruite, cela ne changerait rien à l'affaire... Mais peut-être aussi que cela modifiera mon inspiration personnelle, je n'en sais rien.
Pour une fois aussi, je pars d'une idée bien précise : essayer de déterminer si, en rapport avec l'ordalie, le curé de l'endroit aurait pu commettre d'horribles crimes qui pourraient donc être à l'origine des problèmes de la maison. J'aimerais aussi savoir si oui ou non il existe un souterrain reliant la maison à l'église. Cependant, j'ignore complètement comment je devrais poser cette question et, en fait, à qui ?

En dernier recours, j'ai abandonné l'idée d'utiliser la photo de la chambre de l'Évêque qui me semble à la fois trop orientée et donc nuisible à l'objectivité et à la fois anachronique par rapport à ma question. J'ai porté mon dévolu sur l'une des photos plus anciennes de la maison et notamment la cour extérieure, formant un coin.
Je conserve simplement en tête mes deux questions sans les formuler verbalement puisque je ne sais pas très bien comment m'y prendre. Cela me pose aussi un problème car il est difficile de faire le vide, ou de se concentrer si vous préférez, en ayant en même temps une idée fixe !

Lorsque j'arrive sur les lieux, je ne m'y reconnais guère. C'est assez normal quand on sait que la maison a fait l'objet de nombreuses modifications et de reconstructions. L'atmosphère est très différente de ce que j'ai ressenti précédemment. La température est agréable, il fait calme, il n'y a pas cette substance inqualifiable que j'avais détectée. Pourtant il y a bien une présence et, contrairement à ce que je pensais, s'il s'agit bien d'un homme d'église il correspond en tous cas tout à fait au modèle classique. C'est-à-dire que l'on sent ses convictions religieuses et sa foi (il y a quelques différences notables avec le catholicisme actuel mais ça aussi est tout à fait prévisible vu l'évolution du christianisme au travers des époques et la différence de pays, de culture et de mode d'expression). Il s'agit d'un homme doux et bon, qui ne ferait pas de mal à une mouche. On est à mille lieues de ce que je pensais, cet homme est incapable de commettre des méfaits tels qu'il mériterait l'enfer. C'est un bon vivant, plutôt jovial, peut-être un peut trop "bon vivant" ce qui lui joue des tours car sa santé est fragile. Il reçoit des visiteurs, des membres du clergé (ce qui me paraît logique !). C'est là que quelque chose ne va pas. J'ai comme une représentation de "la dernière cène", un sentiment de trahison... Il y a un "Judas" parmi les convives. L'une des personnes présentes a de sombres desseins vis-à-vis du prêtre de la paroisse.
On me montre à présent une cérémonie funèbre (décidément, on m'en veut à ce sujet !) mais c'est le prêtre dont on célèbre la disparition et il n'est pas mort de mort naturelle. Le mot "poison" me vrille les tympans, comme un leitmotiv. (Hé Ho ! Ne criez pas si fort, je ne suis pas sourd ! J'ai compris !) Il n'y a pas encore d'autopsies à cette époque, Léonard de Vinci et ses collègues ne viendront que bien plus tard, si bien que le crime restera impuni et sera mis sur le compte d'excès de table ou quelque chose du genre mais c'est le successeur du prêtre qui en est l'unique responsable. Pourquoi ? Simple question de rancune personnelle, cela étonne malgré tout dans ce milieu. On ne me donne pas le nom de ce prêtre meurtrier, pas encore du moins mais c'est sans importance.
Retour sur les lieux du Ram Inn. Cela me semble de nouveau anachronique, il y a quelque chose que je ne comprends pas. Je suis dans la cour extérieure en forme de coin et rien ne se passe, cela ne me donne aucune information (est-ce que l'expérience va avorter ?) non ! Tout à coup j'assiste à une espèce de numéro de magie qui ferait bonne figure dans un film à sensation ou un spectacle de David Copperfield : les murs s'allongent de part et d'autre. Pas vers la "rue" (qui en fait n'a de "rue" que le nom, c'est plutôt un passage, un chemin, voire un sentier) mais latéralement. Cela ne me semble avoir aucun intérêt mais on me montre en fait que la maison devait être jadis beaucoup plus grande qu'elle ne l'est actuellement. Quatre ? Quoi quatre ? Ah ! Bon ! Quatre fois plus grande que maintenant environ ! Soit, mais que m'importe t'il de le savoir ? Ce n'est qu'à ce moment que je comprends être passé à côté d'une information peut-être importante : tout à l'heure, le mot "poison" m'a fait mal aux oreilles, mais il était prononcé en français ! Le mot "quatre" aussi. Par contre, le mot que j'entends à présent et qui ressemble au souffle que j'avais perçu précédemment est en anglais : "tunnel" ou "tube", cela commence en tous cas par "tu...", c'est moins clair qu'avant. Mais que ce soit "tunnel" (prononcé à l'anglaise) ou "tube" (idem) l'idée est claire : le "tube londonien" désigne le métro et le métro est bien souterrain. Ce serait donc là, dans les anciennes dépendances du Ram Inn première version que se trouvait jadis un tunnel reliant, je suppose, la maison à l'église (on peut effectivement le supposer dans ce contexte). Rien, dans mes perceptions, ne vient toutefois confirmer cette supposition. Par contre, cela expliquerait pourquoi le tunnel n'aurait jamais été découvert. C'est tout simplement parce qu'on ne cherchait pas au bon endroit, on ne le pouvait pas parce que l'entrée ou plutôt l'une des deux entrées se trouvait dans une partie de l'établissement qui n'existe plus.
J'essaie d'en savoir plus mais je sors de l'expérience sans l'avoir voulu, sans qu'on m'y ait forcé non plus semble t'il.
Jusqu'ici, j'avoue ne pas avoir regardé l'heure avant et après une expérience et donc ne pas pouvoir dire le temps qu'elles m'ont pris, si les périodes sont équivalentes, mais c'est l'impression que cela me donne à peu de choses près. Si je devais me baser uniquement sur la séance elle-même, je serais bien incapable de déterminer la durée. Mais encore une fois, j'ai l'impression que la valeur en est quasiment constante. C'est un peu comme si j'avais mis une pièce dans la machine et que je disposais donc d'un "certain temps" bien déterminé (plus ou moins). Cela dépend peut-être de mes propres facultés de concentration, de ma qualité de débutant en la matière qui m'interdit encore, faute de pratique, de poursuivre plus longtemps. A moins que d'autres facteurs n'interviennent. Je n'en sais rien.

Cette expérience que j'avais un peu redoutée me semble intéressante et enrichissante pour notre enquête, bien qu'encore insuffisante. Cela a répondu à une partie de mes questions, mais on ne peut rien prouver !
Ce sera sans doute difficile à déterminer avec exactitude, mais l'hypothèse du souterrain dans d'anciennes dépendances semble bien réelle à en juger par les archives du Ram Inn fournies par des enquêteurs et sur base notamment des témoignages de John Humphries et probablement d'autres personnes : jadis le Ram Inn était effectivement plus grand que de nos jours. J'ai finalement trouvé un passage (sans jeu de mots) où l'on dit qu'il était trois fois "larger" (plus grand). J'ai reçu "quatre" comme information, je ne sais quelle est la bonne version mais l'idée générale est respectée. Par ailleurs, lorsque l'on songe aux travaux qui ont eu lieu sur cet établissement et que ceux-ci datent approximativement d'un millénaire, il est prévisible qu'on ne puisse plus jamais trouver le souterrain, celui-ci ayant probablement été comblé par les décombres, du moins à l'entrée. Il n'empêche qu'on pourrait poser la question autrement et se demander s'il n'existe pas un passage que l'on pourrait découvrir dans l'église Sainte Marie...
En ce qui me concerne, je me pose des questions sur l'emploi des langues dans les expériences extra sensorielles. Je dirais même que... j'en perds mon latin !

Cette enquête est restée longtemps en cours avant d'être abandonnée. Elle se faisait de toute façon "à temps perdu", ne constituait pas à proprement parler une enquête. Par ailleurs, mille autres considérations dont certaines d'ordre familial et professionnel ont voulu que la priorité soit donnée à d'autres investigations. Il faut bien le dire aussi : je n'ai pas continué à exercer ma prétendue médiumnité et à l'heure actuelle, à force d'être restée en friche, peut-être n'existe t'elle plus. Certaines expériences ultérieurs m'ont démontré le contraire mais elles ont aussi mis en évidence leur dangerosité, la fatigue occasionnée, les dernières itérations semblaient démontrer que leur répétition (du moins dans certains contextes) se répercutaient défavorablement sur mon état de santé. Sur ce point, s'il existe effectivement un lien de cause à effet, on peut dire que mes "pouvoirs" m'ont donné de grandes satisfactions mais qu'elles m'ont aussi coûté cher !

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