|
|
|
L'oeuvre dite "solaire" telle que la dénomme Hermès Trimégiste dans sa table d'émeraude peut s'entendre au minimum, de deux manières d'un point de vue pratique.
1
- Considérer que le nitre (salpêtre, ou sel du Dieu Amon-rê, d'où très certainement les noms donnés à l'ammoniaque et à l'ammonitrate...) contient en lui-même la force du soleil.Cette force serait donc libérée dans le processus alchimique (volatilisation par l'alambic) pour être ensuite corporifiée en forme de rebis.
Ici "l'art royal" fait usage de feux ou chaleurs ordinaires pour mener à bien l'expérience, en laissant au salpêtre et autres acides ou bases, le soin d'agir par leur "feu secret".
(J'en profite pour dire que les seuls travaux manuels autorisés des rois, étaient ceux de la forge et du verre (rebis), d'où dérive probablement le nom "d'art royal" attaché à l'alchimie).
2
- Considérer que le feu du soleil est un agent puissant de l'oeuvre et, dans cette acception, s'aider de miroirs concaves ou de lentilles convergentes lors du processus de calcination. La logique voudrait toutefois que cette manipulation s'effectue à un stade assez avancé de l'ouvrage puisque la plupart des alchimistes recommandent au début l'usage d'un feu modéré.Il existe cependant une exception : Un alchimiste de la renaissance dont le nom m'échappe, (NDLR : Giambattista della Porta) mais qui est l'auteur d'un livre intitulé "magia naturalis" dans lequel on trouve une illustration de la calcination "magique" des plantes fraîches par convergence des rayons solaires. Les cendres sont recueillies dans un récipient placé en contrebas du premier où s'effectue la calcination. L'évidence médicale réclamerait aussi certainement l'usage de lunettes fumées, à fort indice de protection, lors de tels travaux.
Certains disent que Cléopâtre était férue d'alchimie et qu'elle avait ses "miroirs"... à vérifier. (L'histoire ne dit pas si son choix des serpents pour se donner la mort, était lié à l'amour qu'elle avait peut-être pour cette science du caducée).
Ma synthèse n'est pas close. Elle n'est qu'une invitation à lire les ouvrages que je recommande , en vue de recherches et de mises en pratique.
La plus grande prudence est exigée dans l'emploi des acides, et c'est pourquoi les débutants, les néophytes, ne doivent rien tenter sans la présence de chimistes. Plus globalement, seuls des instituts scientifiques spécialisés peuvent à mon avis se lancer dans la recherche. Il ne reste plus qu'à espérer une découverte majeure, dont l'humanité entière pourrait ensuite profiter.
Terminons par une remarque de René Shwaeble dans son "alchimie simplifiée" téléchargeable sur Internet en format.zip
" Ne pas croire toutefois que la panacée universelle guérisse les jambes cassées, les organes détruits, etc. Contenant la vie, laquelle est la même pour les trois règnes, elle ne fait que communiquer un peu de cette vie aux malades qui en ont besoin; elle introduit simplement dans l'économie une activité solaire qui redonne de l'énergie à la masse cérébrale, organe régulateur de la vie physique et chimique ; ce n'est qu'un tonique, un tonique puissant ”.
Et pour terminer , cette réflexion du même auteur , toujours dans son "alchimie simplifiée " : " Il existe sûrement à Paris un peu de Pierre philosophale dans l'un des piliers du chœur de Notre-Dame (Guillaume de Paris, évêque, auteur de plusieurs sculptures du portail y a scellé une provision de Pierre. Il suffit de suivre le regard d'un corbeau ornant l'une des trois portes: le regard fixe le point où est cachée la Pierre.) "
Nous remercions M. Michel Bernard, correspondant du CERPI (synthèse d'alchimie, les 4 pages précédentes) pour cet article remarquable. Nous aurons toutefois l'occasion de revenir sur certains sujets ici abordés, lesquels peuvent aussi être envisagés, pour certains aspects tout du moins, sous un autre angle et à la lumière d'autres connaissances.