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Biais cognitifs - lecture à froid - modèle socio-psychologique
L'ad populum, que l'on aurait aussi pu qualifier de
"généralisation" est abordé dans la vidéo mais il existe quantité
d'autres biais cognitifs lesquels revêtent parfois des appellations
qu'il fait bon pouvoir replacer dans une conversation de salon si l'on
veut paraître intéressant. Il en va ainsi par exemple de l'hypothèse de
Sapir-Whorf qui prétend notamment que les caractéristiques d'une langue
influent ses locuteurs. En fait, cette hypothèse contestée vaut surtout
pour son étude plutôt que par ses applications réelles étant donné son
peu d'incidence. Néanmoins, dans une étude fouillée rien ne devrait être
laissé au hasard de telle sorte que les éventuelles interférences
linguistiques doivent donc être envisagées le cas échéant (point qui a
été relevé dans l'affaire de Petit-Rechain en ce qui concerne la
différence de signification attribuée aux verbes "savoir" et "pouvoir").
La lecture à
froid |
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Aussi appelée "cold reading" (il s'agit en fait de la traduction anglaise), la lecture à froid consiste à obtenir quantité de renseignements de la part d'un individu, soit en analysant visuellement la personne (son apparence, sa démarche, son ethnie, son niveau social, etc.), soit en lui posant certaines questions. La technique constituera ensuite à restituer, reformuler les renseignements ainsi obtenus du sujet comme s'il s'agissait d'informations provenant de la personne consultée. Cette technique est abondamment utilisée par les escrocs de la voyance chez qui tout l'art réside dans le fait de pouvoir percevoir rapidement un individu, déduire de nombreuses informations avant même qu'il ait commencé à parler, à raffiner les données en question et formuler la résultante en l'auréolant de mystère. |
Comme on le voit dans la vidéo ci-contre, les personnes qui s'adonnent à la lecture à froid font essentiellement preuve de talents d'observation, de déduction, de psychologie, ils bonimentent ensuite leurs "victimes" en leur faisant croire qu'ils détiennent leurs informations d'une forme particulière de perception surnaturelle. Parfois, leurs informations peuvent provenir d'autres démarches réalisées en parallèle, il s'agit alors de lecture chaude. Dans un cas comme dans l'autre, il n'y a aucun phénomène qui relève de l'inexpliqué.
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Nous avons vu récemment l'une ou l'autre vidéo d'origine zététique qui, manifestement, présentaient leur lot de vérités utilisables par nos correspondants, voire nos enquêteurs et nous n'avions pas hésité à reconnaître leur bien fondé. Il en va de même pour la présente vidéo, traitant cette fois du modèle socio-psychologique dont il faut certainement admettre le principe, mais pas nécessairement toutes les implications, comme nous allons le voir. Or donc, reprenons l'essentiel de ce qui est présenté dans cette vidéo et analysons ça ensemble, si vous le voulez bien. Nous allons voir qu'il s'y trouve beaucoup de vérités mais aussi des erreurs ou approximations. Tout d'abord, on nous signale que - dans notre imaginaire - les soucoupes volantes sont souvent vues comme discoïdales, ce qui n'est guère étonnant à propos de... soucoupes volantes ! Il faut toutefois signaler aussi que, depuis que l'on parle de ce phénomène, de très nombreuses formes ont été signalées, faisant de la forme discoïdale presque une anecdote (cigares, sphères, forme ovoïde, engins ou disons apparitions protéiformes ou sans forme définie, ou à forme variable, etc.). |
Mais bien entendu, si on parle de soucoupes, alors... On devrait donc dire que
le terme "soucoupes volantes" est devenu, par abus de langage, un terme
générique désignant les OVNIS ou UFO pour unidentified flying objects, un autre
terme qui - comme indiqué dans la vidéo - est lui-même inexact ou inapproprié à
la totalité des témoignages. Donc, de ce côté là au moins, nous sommes d'accord.
C'était pour le narrateur l'occasion de citer quelques unes des nombreuses
possibilités de confusions qui existent bel et bien et dont le Project Blue Book
n'a pas manqué de se servir pour essayer de faire passer ce phénomène pour un
ensemble de bobards et ce qui a permis de faire comprendre que les autorités
américaines se souciaient bien moins de connaître la vérité que de l'occulter.
Il est donc aussi entendu (et désormais confirmé) que lorsque l'on cache, c'est
qu'il y a bien quelque chose à cacher !
Le "documentaire" passe ensuite rapidement en revue quelques images de films de
science-fiction (et notamment de 1956, comme si les choses n'avaient pas
progressé depuis... tout en passant peut-être quelques images de la fameuse
bataille de Los Angeles, toujours grandiose et inexpliquée à l'heure actuelle)
parce que cela va illustrer ses propos. C'est donc... de bonne guerre, si l'on
ose dire.
L'expression "soucoupe volante" est bien apparue dans notre
culture en 1947 avec l'avènement de Kenneth Arnold, notre présentateur ne s'est
pas trompé avec sa recherche dans Ngram. Quand on dit qu'elle est apparue dans
notre culture, on veut dire qu'elle est devenue populaire et c'est bien le cas,
OK. Il ne faudrait toutefois pas perdre de vue que les témoignages d'apparitions
de soucoupes sont bien antérieurs à Kenneth Arnold. On en retrouve notamment
dans la Bible (disques de feu, par exemple), si bien que l'affirmation devient
juste à deux mille ans près, du moins d'une certaine manière. En tous cas, il ne
conviendrait pas de comprendre que les soucoupes volantes datent de 1947. Il
faudrait plutôt dire que 1947 est l'année à partir de laquelle, déformation
journalistique aidant, l'expression est devenue très utilisée.
Le narrateur cite ensuite son premier exemple relevant du modèle
socio-psychologique en expliquant que la plupart des témoignages d'OVNIS
survenant à la suite de l'affaire Kenneth Arnold relataient la forme classique
discoïde et non celle du boomerang.
Autrement dit, les observateurs
voyaient soi-disant ce que la presse leur avait suggéré et qui ne correspondait
pas à la réalité. Fort heureusement, quand quelqu'un voit un accident entre une
BMW et une Citroën, il peut en conclure que tous les accidents automobiles de ce
type ont lieu entre des voitures, mais il ne prétend pas que tous les accidents
automobiles ne concernent que les BMW et les Citroën. En effet, de véritables
soucoupes et donc de forme discoïdale pouvaient aussi avoir été aperçues et
notre zététicien ne manque pas de le dire. Bien joué et honnête de sa part.
Ce qu'il oublie toutefois de signaler c'est que de longue date et de manière
bien antérieure à Kenneth Arnold, les Amérindiens et bien des tribus africaines
font état d'apparitions de soucoupes, lesquelles sont représentées dès les
traditions ancestrales.
Pourtant, ces gens étaient loin de disposer de la
télévision ou de la radio, le journal leur aurait été peu utile puisqu'ils
étaient illettrés et donc le modèle socio-psychologique ne fonctionne pas - au
moins dans ce cas là. Mais alors pas du tout ! (Cf. John E. Mack - Passeport
pour le Cosmos - que le zététicien n'a vraisemblablement pas lu...)
Cependant, que l'on ne nous fasse pas dire ce que nous n'avons pas dit : le
modèle socio psychologique est une possibilité d'explication qui peut
fonctionner et avoir été à l'œuvre dans certains cas, c'est entendu, ne le nions
pas ! Il s'agit donc d'un "principe" que nos étudiants peuvent retenir, mais il
faut nuancer car ce principe peut ne pas être applicable dans certaines
situations. C'est ce que nous allons voir plus loin, bien que nous en ayons déjà
vu quelques exemples... Il est donc aussi à retenir que, dès le départ de
l'explication par le modèle socio psychologique, des objections se présentent et
non des moindres. A propos du cas de Beert, évoqué plus loin dans la vidéo, il
faut signaler aussi que l'exemple, ou son alter ego rigoureusement semblable,
est cité dans le livre "Un regard normal sur le paranormal" de Jacques Léon
Theodor, zététicien notoire et même chef de file du mouvement (en tous cas il y
a quelques années). D'une certaine manière, il existerait donc aussi une forme
de "contagion" ou "contamination" intra-zététique - comme quoi personne n'est
parfait - mais ce n'est ici que de l'humour.
A propos du crash de Roswell, nous ne sommes pas d'accord. Il est dit dans la
vidéo que les débris du crash "ressemblaient à ça". Ce n'est pas exact. "Ca",
c'est ce à quoi on a essayé de nous faire croire qu'ils ressemblaient. Cela ne
résiste pas à l'analyse. Ici, nous reprocherons au zététicien de ne pas avoir
consulté toutes les sources qui s'imposaient (il est vrai très abondantes sur le
sujet - mais aussi pourquoi n'avoir consulté que les sources purement sceptiques
?) L'histoire des ballons Mogul est une autre fausse vérité qui faisait suite à
un vrai mensonge. Si on veut se baser là-dessus pour étayer une explication
zététique, il faudra alors avouer que c'est complètement bancal.
Au sujet d'Adamski, rien à dire : le modèle socio psychologique s'impose. Il n'y
a guère de discussion, mais il reste peu d'ufologues à l'heure actuelle pour
encore accorder crédit à cette histoire de vénusien. Disons tout de même que
cette affaire date de 1952, soit une époque où Internet n'existait pas encore.
Nous allons donc considérer les propos de notre narrateur (au sujet des
brocantes) comme une sorte de "raccourci" utilisé pour les besoins de sa cause.
Mais les choses ne se sont donc certainement pas passées ainsi, en tous cas pas
à l'époque citée, ce qui ne change rien à la trame indiscutable, ni au fait que
les ufologues - pas plus bêtes - ont aussi fait le tri.
C'est sans doute à propos de la vague belge qu'il y aura le plus à (re)dire
quant au modèle socio-psychologique, car ici notre narrateur se plante
complètement et il n'y avait rien de tel qu'un groupement belge pour en parler.
Déjà, prétendre que les OVNIS s'étaient déployés dans toute la Belgique
constitue une approximation. En effet, pratiquement seule la partie francophone
du pays (en réalité et plus exactement francophone et germanophone) a été
concernée. Il a bien existé quelques petites exceptions en Flandres mais c'est
vraiment anecdotique. Voilà qui fait partie des caractéristiques majeures, selon
nous, de la vague belge et qui a déjà complètement échappé à notre zététicien.
C'est dommage de se tromper dès la première phrase, cela fait désordre !
Il est également faux d'attribuer à la seule Belgique la forme triangulaire
puisque, dès le début de la vague, les OVNIS viennent d'Allemagne et se
propagent en France et en Hollande. Mais soit, n'ergotons pas !
Nous ne sommes pas d'accord non plus sur le fait que les jeux de lumière de la
boîte de nuit soient unanimement reconnus par les ufologues comme explication à
ces observations. Il est bien possible par contre que cela ait généré une (ou
quelques) confusions dues à l'ignorance de l'époque. Mais pas pour tous les cas
et cela en fait tout de même un paquet. D'autre part, nous ne connaissons pas de
gendarmes assez stupides pour s'imaginer poursuivre des extraterrestres à bord
d'une soucoupe (pardon : d'un triangle) volant, de constater que celui-ci
(celle-ci) éclaire les champs avec l'intensité d'un terrain de football, qu'il y
a volte-face et que les poursuivants deviennent poursuivis, passent à proximité
d'une caserne qui n'y voit que du feu, etc. C'est tout simplement à côté de la
plaque, comme de supposer qu'un haut gradé de l'armée de l'air se serait laissé
berner par un simple effet lumineux d'un dancing qui, de toute façon, ne se
situait pas au même endroit. Il nous semble également stupide d'utiliser cette
hypothèse pour généraliser aux autres observations en les supposant toutes
issues du même principe. Imaginons les grands titres : "toute la vague belge
expliquée par les dancings !" Tiens ! On n'y avait pas pensé !
Fort heureusement, le zététicien signale bien que certains témoignages n'ont
toujours pas reçu d'explication. Il oublie de dire que la quasi totalité de ceux
qui étaient issus de confusions ont bien été dénoncés comme tels par les
ufologues. Pour sa part, Bertrand Méheust, ardent défenseur initial du modèle
socio-psychologique en ce qui concerne la vague belge est revenu sur ses propos
en reconnaissant bel et bien que ce modèle ne lui était pas applicable : il y a
notamment un problème d'ordre chronologique et ce n'est pas le seul, mais ce
serait trop long à expliquer ici.
Nous sommes d'accord sur le fait qu'un témoignage n'est jamais une preuve et
nous sommes encore d'accord sur le fait que le statut des témoins ne leur donne
pas forcément un caractère prépondérant. Encore d'accord sur le fait que des
gendarmes ne s'y connaissent pas forcément en aérospatiale, en astronomie ou
encore en météorologie. Signalons tout de même, justement, que lors de la vague
belge certains témoignages sont issus de météorologues, de scientifiques, de
haut gradé de l'armée de l'air et... de gendarmes.
Avec une certaine dose d'ironie dans la voix, le narrateur tente ensuite
d'enfoncer le clou avec la fameuse photo de Petit-Rechain. Là, il aurait mieux
fait de se taire ! En effet, cette photo est restée longtemps emblématique de la
vague belge et résistante à l'analyse. Mais elle n'a jamais constitué une preuve
de quoi que ce soit ! En effet, les différentes analyses qui ont été réalisées
ont surtout conclu qu'il n'était pas possible de déterminer s'il s'agissait d'un
authentique OVNI ou si la photo avait été truquée. D'une manière ou d'une autre,
même si l'annonce de l'imposture de Petit-Rechain a jeté un pavé dans la mare,
en revanche il faut bien se faire à l'idée que cela n'implique en aucune manière
la totalité de la vague belge. La maquette de frigolite de Patrick Maréchal,
dont le CERPI a révélé le véritable nom complet au monde entier, est totalement
impuissante (insuffisante et largement !) pour expliquer la vague belge. C'est
évident. Ensuite, il faut encore signaler que, aujourd'hui encore, nous ne
sommes pas certains du tout que les choses se soient passées de la manière dont
elles ont été exposées. Mieux : nous savons pertinemment qu'il existait de
manière sous-jacente d'autres observations situées rigoureusement au même
endroit, lesquelles remettent complètement l'affaire en question. Comprenons
nous bien : ces observations sont presque aussi mystérieuses que tout le reste !
Et ce n'est pas peu dire !
Le narrateur zététicien oublie encore un détail, mais de taille et c'est le cas
de le dire ! On voit d'ailleurs bien sur la photo de Patrick Maréchal avec sa
maquette de frigolite, que les coins de celle-ci sont biseautés. Hé hé ! Voilà
le genre de détail qui va tout flanquer par terre pour notre amateur de modèle
psychosociologique. Car voilà, la SOBEPS (la société ufologique qui s'est
occupée de la vague belge, car hé oui, ce n'est pas le CERPI qui l'a fait et
non, nous n'avons jamais prétendu le contraire, ce qui ne nous a pas empêchés de
l'étudier en tant que cold case) avait établi le profil-type du triangle.
Celui-ci présentait des coins arrondis ou biseautés si vous préférez. Ce détail
était resté secret de telle manière que la SOBEPS pouvait s'en servir afin de
juger de l'authenticité ou du sérieux des témoignages ! Voilà une arme à
laquelle les défenseurs du modèle socio psychologique n'avaient pas pensé.
Nous avons a-do-ré l'argument zététique du "boomerang qui brille" de Bob et
Bobette (1976) ! Faudrait-il donc en conclure que les observateurs de la vague
belge, en 1989 se sont tous subitement souvenus de cette bande dessinée,
ensemble ? Soyons sérieux ! Et les mêmes ont, de plus, confondu avec des effets
lumineux de dancings ? C'est le moment de dire, comme certains : mouahahahaha !
Nous ne sommes pas d'accord non plus quant à l'affirmation selon laquelle vers
1992 la presse s'est désintéressée du phénomène et que, dès lors, les
témoignages ont cessé aussi. C'est l'inverse qui s'est passé. Non seulement la
presse n'a pas relaté tous les témoignages et en a très mystérieusement "oublié"
de très importants, là où d'ailleurs se trouvait pourtant un journaliste placé
au premier plan, mais aussi les manifestations se sont-elles raréfiées et donc
la presse a suivi le mouvement ! Ne confondons pas ! Nous prétendons quant à
nous (à notre charge de le démontrer ce qui ne sera fait que dans le futur pour
des raisons que nous ne pouvons exposer ici pour le moment, mais rassurez vous,
ce sera fait, très certainement !) que certaines observations "finales" étaient
au moins tout aussi importantes et inexplicables que les premières sinon plus !
Et paf !
Bien sûr, on nous dira : oui, c'est ça, "dans le futur" et gnagnagna. Hé bien
non : ce sera bien fait et même lourdement ! Inutile d'aller chercher les
extraterrestres pour expliquer... rien d'inexplicable ? Peut-être ne faut-il pas
d'extraterrestres, mais il reste que de manière absolument indubitable le
phénomène existe bel et bien et qu'en dépit de la facilité zététique et de la
recherche ufologique, il reste totalement inexpliqué. D'autre part, même si elle
devait s'avérer fausse ou inexacte, l'hypothèse extraterrestre reste aussi la
plus séduisante et probablement la plus appropriée, sinon la plus vraisemblable.
En conclusion : ne pas rejeter le modèle psychosociologique mais en tenir compte
pour les enquêtes. Vérifier toutefois son appropriation dans le cas envisagé en
ne perdant pas de vue qu'il n'est pas applicable partout, loin s'en faut.