Centre d'Études et de Recherches

sur les Phénomènes Inexpliqués

Voyages extraordinaires : Jules Verne
 Curiosités, vérités et mensonges sur Jules Verne


En ce qui concerne "Le secret de Wilhelm Storitz" (1898, revu en 1901), ce livre a été publié seulement en 1910, soit cinq ans après la mort de Verne, non sans avoir été modifié par Michel Verne.

Plusieurs voient en ce livre une réponse au roman "The Invisible Man", de Herbert-Georges Wells, paru quelques années plus tôt, et qui inspira plusieurs films.

L'histoire de ce roman se passe à Budapest, en 1757. Le Français Henri Vidal est venu rejoindre son frère, Marc Vidal, lequel doit épouser la jolie Myra Roderich. Son rival malheureux et frustré, le méchant Wilhelm Storitz, décide de tout faire pour empêcher ce mariage, même à utiliser un secret que son père, alchimiste, lui a légué : le secret de l'invisibilité. Il profite de son invisibilité pour faire peur à la crédule et superstitieuse population hongroise : il déchire l'avis de mariage, vole la couronne nuptiale et, ce qui est le pire, rend Myra invisible. Il mourra, sans avoir dévoilé le secret. Comment donc rendre Myra de nouveau visible ?

"Le Beau Danube jaune" (1901) Alors là, bravo ! On suppose l'originalité et l'ironie par rapport au "beau Danube bleu" et on se retrouve avec un Danube jaune, un peu comme lorsque les Beatles chantaient "yellow submarine" et que c'était traduit, en français, par "un sous-marin vert" ! Les couleurs changent à la traduction, incroyable ! Ce roman a d'abord été publié sous le titre "Le Pilote du Danube", après que Michel Verne y eut apporté de considérables modifications. Jules Verne avait écrit un roman léger et portant sur la description du Danube et sur la pêche, le tout pimenté d'une histoire de contrebande en toile de fond et où l'action ne se passe que dans les derniers chapitres. Selon Olivier Dumas, président de la Société Jules Verne, qui signe la préface dans l'édition parue chez Stanké, en 1997, "Michel Verne n'apprécie pas du tout la bonhomie paisible et souriante de l'oeuvre de son père. D'un roman léger et ironique, il fera une sombre aventure policière, sans humour."

Ilia Krusch est un paisible pêcheur hongrois qui décide de suivre le cours du Danube depuis sa source jusqu'à la mer Noire et de ne vivre durant son périple que du fruit de sa pêche. Au moment de débuter son périple en barque, un homme, M. Jaeger, demande à Ilia Krusch de le prendre comme passager. Krusch accepte, sans savoir que M. Jaeger est en réalité le policier Karl Dragoch, dont la mission consiste à mettre le grappin sur le contrebandier Latzko. Tout va bien jusqu'au moment où Krusch est pris pour Latzko et emprisonné. Bien sûr, Krusch sera libéré et le véritable Latzko, arrêté.

"Maître du Monde" (1902-1903) dispose quant à lui aussi de sa petite histoire rocambolesque, jugez plutôt : John Strock est un policier américain à qui est confiée une mission : trouver la cause de mystérieux événements s'étant produits au Great-Eyry, dans les Appalaches. Il fait vite le lien avec l'apparition plusieurs fois signalée d'un appareil capable de se mouvoir sur l'eau, sous l'eau, sur la route et dans les airs, à une vitesse alors prodigieuse.

Cet appareil, c'est l'Épouvante et son créateur n'est nul autre que Robur le Conquérant. Mais Robur n'est plus celui qui, dans Robur le Conquérant, disait que l'humanité n'était pas assez sage pour profiter des progrès de la science. Il a plutôt sombré dans la folie.

Ce livre, publié seulement en 1904, devait à l'origine s'intituler "Maître après Dieu", puis "Avatars d'un Policeman Américain". Robur y a un rôle somme toute secondaire, n'apparaissant en fait que dans les derniers chapitres du livre, pour donner la clé de l'énigme.

Le lecteur notera la différence de ton et de style entre les deux oeuvres dans lesquelles apparaît Robur : "Maître du Monde", qu'aucun élément d'humour ne vient pimenter, est beaucoup plus sombre que "Robur le Conquérant".

Pour plusieurs, cette différence de ton s'explique par les problèmes de santé de l'auteur vieillissant, ainsi que par certains événements dramatiques ayant ponctué sa vie entre les deux oeuvres (blessé par balle par son neveu, mort de son ami et éditeur Hetzel, mort de sa mère, etc.)

"Voyage d'études" (1903) est théoriquement le dernier de la liste (mais...) Une Commission parlementaire française est envoyée au Congo afin de décider si la colonie doit être représentée au Parlement par un sénateur et un député. Jules Verne n'a pu achever ce roman, n'étant rendu qu'au début du 5e chapitre. Son fils Michel a cependant repris l'idée et parachevé l'oeuvre de son père, sous le titre "L'étonnante aventure de la mission Barsac". Ceci termine théoriquement le domaine des livres écrits par Jules Verne (ou sous son nom et, comme vous avez pu vous en apercevoir, il y a une nuance et de taille !). Cela n'enlève en rien le caractère génial de Jules Verne puisque, finalement et de manière aussi posthume qu'inattendue, on peut considérer que les "dégradations" opérées par son fils lui ont presque servi de faire-valoir. On ne peut heureusement vraiment pas crier à la préméditation ! Mais croire que l'on aurait fait le tour de l'oeuvre et de la vie de ce grand écrivain serait commettre une lourde erreur.

Mis à part les romans et le théâtre, Jules Verne, en tant que très versé en géographie, se devait pratiquement de mettre la main à la pâte en la matière. C'est ce qu'il fit notamment sous la forme d'études historiques et de nouvelles. C'est peut-être parmi celles-ci que l'on trouve le plus de bizarreries. (quoi que...)

Les premiers navires de la marine mexicaine

Reprise sous le nom "Un drame au Mexique", cette nouvelle raconte l'insurrection des équipages de deux navires espagnols, et la vente de ces deux navires à la jeune Confédération mexicaine. Bien sûr, les meneurs de l'insurrection seront châtiés. Cet essai a été écrit au début de la carrière de l'auteur.

"Un voyage en ballon"

Repris sous le nom "Un drame dans les airs": un vol en ballon tourne mal, alors qu'un passager s'introduit dans la nacelle et prend le contrôle de l'aérostat. Ce fou furieux finit par se jeter dans le vide. Dans ce récit, écrit en 1852, Verne fait la nomenclature des principales catastrophes aéronautiques de l'époque, et conclut en souhaitant que "ce terrible récit, en instruisant ceux qui me lisent, ne décourage donc pas les explorateurs des routes de l'air". Heureusement qu'il nous prévient, car son récit n'a vraiment rien d'encourageant !

Moeurs péruviennes

Repris sous le nom "Martin Paz". Lima, au Pérou : trois classes sociales, Indiens, Métis et Espagnols, rivalisent de haine et de mépris l'une pour les autres. L'Indien Martin Paz rivalise avec le Métis André Certa pour l'amour de Sarah, la fille du vil juif Samuel. Les autres Indiens ne pardonnent pas à Paz cette "trahison". Martin Paz et Sarah mourront finalement ensemble, alors que le canot dans lequel ils prennent place s'engloutit dans le tourbillon d'une cataracte, dans une finale qui ressemble à celle de Famille Sans Nom... Cette nouvelle a été écrite en 1852, alors que Verne n'avait pas encore développé le style qu'on lui connaît.

"Pierre-Jean"  Nouvelle datant de la jeunesse de Jules Verne et modifiée par Michel Verne, à la demande de l'éditeur Hetzel. Publiée sous le titre "La destinée de Jean Morenas", la version de Michel raconte l'histoire d'un homme évadé de prison, après y avoir été enfermé pour un crime qu'il n'a pas commis; son évasion est facilitée par le réel auteur du crime. La version originale de Jules Verne raconte l'évasion de Pierre-Jean, aidé par le fils d'une vieille femme qu'il a aidée quelques années auparavant; Jules Verne en profite pour souligner les problèmes du système carcéral d'alors.

"Maître Zacharius" ou "l'horloger qui avait perdu son âme" Publié sous le nom "Maître Zacharius". Un horloger voit ses montres cesser de fonctionner l'une après l'autre, pour d'inexplicables raisons. Comme il vit au rythme de ses montres, il se sent dépérir. Survient une personne bizarre qui offre à Zacharius de lui dire comment dompter ses montres, à condition qu'il lui donne sa fille en mariage. Un récit bizarre dont la première version a été rédigée en 1854.

"Un hivernage dans les glaces" Un homme part à la recherche de son fils disparu près du Groenland. L'expédition sera dangereuse et une partie de l'équipage se révoltera, mais Verne a très tôt commencé à nous habituer à des "happy end". Cette nouvelle, écrite en 1855, est un brouillon de "Les aventures du Capitaine Hatteras" et de "Les chasseurs de fourrure": les héros passeront au travers des mêmes épreuves, comme une attaque d'ours polaires, un ensevelissement sous la neige, le froid intense, une révolte de l'équipage, le scorbut, etc.

"Le siège de Rome" Écrite vers 1860, cette nouvelle raconte comme l'armée française a réussi à prendre la ville de Rome lors du siège de 1849, afin de remettre le pape Pie IX sur son trône. Verne y ajoute une histoire fictive parallèle, celle du capitaine Français Henri Formont qui veut sauver son épouse Marie, enlevée par le traître Andreanni Corsetti. La fatalité sera au rendez-vous.

"Le mariage de M. Anselme des Tilleuls". Souvenir d'un élève de huitième Le marquis Anselme des Tilleuls, 27 ans, est plutôt laid et faible d'esprit. Son noble titre - et la rente qui va avec - lui vient de son ancêtre Rigobert, qui avait, près de 1000 ans auparavant, soigné l'indigestion du roi Louis le Bègue avec une simple feuille de tilleul. Malgré son rang, il lui sera difficile de trouver une épouse, malgré les efforts en ce sens du professeur Naso Paraclet, latiniste distingué et mentor du marquis. Cette nouvelle ironique et parfois grivoise aurait été écrite vers 1855, alors que Verne n'était pas encore marié.

"San Carlos" Le capitaine San Carlos est un contrebandier espagnol voulant faire entrer de la marchandise prohibée en France. Pourchassé par le brigadier François Dubois et son équipe de douaniers, il réussira tout de même à berner ses poursuivants. Cette nouvelle a été écrite vers 1865 mais est longtemps restée inédite.

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