L'énigmatique race des cagots
Les tempestaires et le peuple des nuages :
Attirée depuis de nombreuses années par le paranormal, mon attention fut piquée, il y a quelques mois, par un reportage télévisé consacré aux cagots. Curieusement, je
n’avais que peu entendu parler de cette « race ».
Malgré mon manque de connaissances sur le sujet, je fis immédiatement le lien avec un texte ancien dont j’avais lu la traduction dans un ouvrage dédié aux mystères
lyonnais. N’ayant pas noté les références du livre, je suis, aujourd’hui, incapable de le citer fidèlement mais, grâce à internet, j’ai pu en reconstituer la teneur :
En l’an 800, ou en l’an 832, un « navire volant » s’écrasa en catastrophe place du change, à Lyon. Trois hommes et une femme s’en extirpèrent, secoués par la violence du
choc. La foule, aussi surprise que terrifiée, s’empara des nouveaux venus et les traina devant l’archevêque Agobard, réclamant la mort des supposés sorciers. Le prélat
écouta les uns et les autres et, contre toute attente, décida de relâcher les intrus. Les quatre étrangers prirent aussitôt la fuite.
Bien des années plus tard, cette aventure aurait été relatée en ces termes, par l'abbé Mautfaucon de Villars : « La cité tout entière se rassembla autour d'eux, criant
qu'ils étaient des magiciens envoyés par Grimaldus, Duc de Berreventum, l'ennemi de Charlemagne, pour détruire les moissons françaises. En vain, les quatre innocents se
défendirent en disant qu'ils étaient des leurs et avaient été emportés peu de temps auparavant par des hommes extraordinaires qui leur avaient montré des merveilles dont on
n'a jamais entendu parler, et ils avaient désiré leur faire eux-mêmes le récit de ce qu'ils avaient vu. La populace déchaînée ne tint aucun compte de leur défense et était
sur le point de les jeter dans le feu ». Ce récit doit cependant être lu avec recul. Je n’ai pas personnellement eu accès au texte original, qui, par ailleurs, aurait été
modifié par Jocob Grimm (célèbre pour ses contes). L’anecdote a été immortalisée par l’artiste contemporain Jean Fusaro, dans une toile exposée à l’église de
Saint-Jacques-des-Arrêts dans le Rhône.
À en croire les nombreuses pages du web consacrés aux OVNIs, l’évènement sus-relaté n’aurait rien eu d’original. Ainsi, dans les « Chroniques », un
manuscrit qui serait conservé à la bibliothèque nationale, l'archevêque de Lyon, Agobard (779-840), aurait écrit qu’aux alentours de l’an 800, Lyon et ses environs
auraient été survolés pas « des créatures voguant sur des navires aériens ». Les lyonnais, pensant qu’il s’agissait d’attaques ennemies, se seraient jetés sur les
« aériens » tombés du ciel, les auraient torturés, avant de les crucifier morts ou vifs et de les jeter dans les eaux du Rhône et de Saône. Le but étant que les suppliciés
soient vus pas leurs congénères restés dans les airs et que ce châtiment dissuade ces derniers d’atterrir. Faisant preuve de plus de retenue que ses oilles, l’archevêque
Agobard aurait indulgemment remarqué que « ces gens ne comprenaient absolument rien à notre langage. Lorsqu'on leur demandait, sous la torture ou les coups, s'ils étaient
sorciers, ils acquiesçaient d'un hochement de tête quel que soit le ton avec lequel on leur parlait. Par une fatalité inconcevable, ces malheureux poussaient la folie
jusqu'à convenir qu'ils étaient sorciers ». Et l’invasion ne se limitait pas à Lyon ! En ces temps lointains, la France entière aurait été survolée par de nombreux engins
spéciaux. Si bien que le Roi Charlemagne aurait émis des édits interdisant de troubler les airs et d'engendrer des tempêtes « par des moyens magiques et la pratique des
mathématiques ». En effet, ces manifestions détruisaient les récoltes et couchaient les blés (crop circles ?). En 789, il aurait même promu une loi interdisant les contacts
avec les « peuples des nuages ».
Peu intéressée par le phénomène OVNI, je pensais que la « vague extraterrestre » était beaucoup plus récente. Que les services de police et de
gendarmerie avaient commencé à recueillir des témoignages à partir des années 1950. Vision édulcorée, certes… Cependant, estimant qu’un peu de scepticisme ne nuit pas,
j’ai consulté, toujours en ligne, la traduction d’un ouvrage d’Agobard, intitulé « De la grêle et du tonnerre ». L’archevêque y évoque la mésaventure arrivée aux quatre
étrangers faits prisonniers par les lyonnais. Il rappelle qu’en ce temps-là, le peuple croyait qu’il existait, dans le ciel, une cité nommée Magonie, d’où partaient des
navires, voguant sur des nuages. Les habitants de Magonie avaient conclu un pacte avec les « tempestaires », des individus pouvant contrôler les phénomènes climatiques,
grâce à la magie. En s’approchant de la Terre, les vaisseaux déclenchaient les éléments, la pluie, la grêle, la foudre.... En échange de quoi, les tempestaires
fournissaient au « peuple des nuages », les fruits tombés pendant les orages. À cette époque, où les gens vivaient essentiellement de l’agriculture, la météo était un
sujet délicat, et les tempestaires étaient craints. Pour l’homme de foi, la cité céleste de Magonie, les bateaux volants et les tempestaires n’étaient que des balivernes.
Seul Dieu avait le pouvoir de déclencher les éléments. Ainsi, lorsqu’on lui présenta quatre individus tombés du ciel, il ne les prit pas au sérieux et refusa de condamner
à mort de simples charlatans.
Toujours dans la traduction de « De la grêle et du tonnerre », l’archevêque Agobard raconte que, dans les mêmes temps, de nombreux bœufs périrent. Le peuple en conclut que
Grimoald, Duc de Bénévent et ennemi de l’empereur, avait organisé un empoissonnement massif. Plusieurs personnes furent arrêtées et accusées de
répandre une poudre blanche meurtrière à travers tout le royaume. Comme les malheureux ne parlaient pas la langue en vigueur, ils avouaient, sans comprendre et sous la
torture, tous les crimes dont ils étaient accusés. Déclarés coupables, ils étaient alors attachés à des planches et jetés à l’eau. Pour l’archevêque Agobard, il s’agissait
là encore d’une méprise. Comment une poudre blanche aurait-elle pu ne nuire qu’aux bœufs ? Personnellement, je trouve que la sentence réservée aux empoisonneurs de bestiaux
ressemble curieusement à celle imposée aux hommes tombant du ciel. Les deux évènements ayant eu lieu à la même période, une confusion me semble possible. Chacun se fera son
opinion.
Même si cette histoire de navires survolant la France a été amplifiée, voir déformée, par la magie du web, elle n’en demeure pas moins troublante. Aucun appareil ne
volait au moyen-âge. Alors pourquoi le peuple aurait-il cru et colporté ces chimères ? D’un autre côté, l’homme médiéval était perméable à l’irrationnel et au fantastique.
Il croyait que les sorcières se déplaçaient dans les airs en chevauchant des balais, que les orientaux possédaient des tapis volants…
Venons-en à présent au second thème de cet article : Les cagots.
Cagot, nom choisi parmi d’autres, car les appellations désignant ce « peuple » ne manquent pas.
Dans les Pyrénéens, françaises et espagnoles, « cagot » signifiait mauvais, grossier, malade, haïssable, et même excrément. En occitan, déféquer se dit « caguer ».
Dans le Béarn, où les cagots étaient nombreux, on les appelait « cacous », « caqueux », « gahets » ou « gahouillet », qui signifiaient lépreux, ou encore « agotes »,
« chrestians » et « crestiaas », qui signifiaient chrétiens ou croix (en référence au triste sort réservé aux aériens ?
Au Pays Basque, on les nommait « agoteaks » ou « agotz »
Dans les Landes, c’était des « gézitains » ou des « agotas »
En Gascogne, on les appelait « gahets » ou « capots ».
Du côté de Bordeaux, on parlait de « agotas », de « ladres » et de « ladron », qui signifiaient voleur, ou de « capos » et de « gaffos » qui signifiaient lépreux.
En région toulousaine, on les nommait « cascarots » ou « cangoths ».
En Bretagne, on parlait de « cagueux », « caquins » ou « caquous ».
Bien des noms pour un seul peuple. Un peuple à part, méconnu, haï, rejeté, forcé de vivre au ban de la société. Et pourquoi ? À priori, les cagots ont été exclus à cause de
leur physique ingrat. De petite taille (généralement moins d’un mètre trente). Chauves. Peau blafarde. Pieds et mains palmés. Lobes d’oreilles inexistants ou collés. Bref,
les populations locales craignaient qu’ils soient malades.
Enfin d’éviter la contamination, les cagots devaient s’installer à l’écart, séparer des villages par un cours d’eau ou un bois. En ville, ils étaient parqués dans des
quartiers spéciaux. Ils ne pouvaient pas entrer dans les moulins pour moudre leur grain, devaient laver leur linge dans des lavoirs réservés à leur usage, pénétrer dans
les églises par une porte de côté...
Contraints de vivre entre eux, par groupe de deux ou trois familles, les cagots ne pouvaient ni jouer, ni danser avec leurs concitoyens. Afin d’être facilement
identifiables, ils étaient tenus de s’habiller de rouge, ou encore, selon la région, de porter, cousue sur leur vêtement, une pièce de tissu rouge, une patte d'oie ou une
patte de canard (peut-être afin de rappeler la palmature de leurs doigts ?)
Evidemment, les cagots ne pouvaient se marier qu'entre eux. Afin éviter la consanguinité, l'homme allait chercher son épouse dans une autre communauté de cagots. Quelques
mésalliances eurent cependant lieu. Les enfants nés de l’union d'un cagot et d’un individu lambda étaient appelés « macho ».
L’iniquité se poursuivait devant les tribunaux, où les témoignages de quatre à sept cagots étaient nécessaires pour contrebalancer celui d’un autre sujet.
Les choix professionnels leur étaient limités. Le commerce leur était interdit. De cette interdiction de vendre le produit de leur exploitation, découlait l’interdiction
d’élever du bétail, si ce n’est un cochon et une bête de somme, réservés à leurs besoins personnels. Les cagots étaient cantonnés au travail du bois, de la pierre et du
fer, matériaux qui, le pensait-on, ne permettaient pas la transmission des maladies. En fonction des régions, ils furent bûcherons, sabotiers ou tonneliers. Ils leur
arrivaient aussi de fabriquer des cercueils ou des instruments de torture et, par extension, d’être fossoyeurs, métiers qui ne redoraient pas leur image. Habiles ouvriers,
certains cagots furent reconnus pour leurs compétences en tant que charpentiers, menuisiers, tailleurs de pierres... Ils ont ainsi participé à la l’édification de nombreux
monuments français, tels que des halles, des châteaux, des églises, et même la cathédrale Notre-Dame de Paris. Pour les familles de ces artisans de talent, le terme
« cagot », considéré comme injurieux, céda progressivement le pas à des appellations plus honorables, telles que « mestres » (maîtres dans le travail du bois) ou «
charpentiers ».
La faculté la plus troublante attribuée aux cagots, serait leur don de guérisseurs. Ils connaissaient les plantes et savaient les utiliser à des fins
médicinales, mais pas seulement. Ils avaient aussi la capacité de soulager. Avant que les professions de sage-femme ou de médecin ne soient encadrées, les cagotes étaient
des accoucheuses prisées. Ainsi, la population, qui officiellement craignait la contamination, n’hésitait pas à recourir aux cagots pour soulager ses douleurs.
Au XVIème siècle, on estimait que les cagots représentaient environ dix pour cent de la population locale. C’est à cette époque que, sur ordre du Roi Henri II, le Docteur
Ambroise Paré examina, pendant plusieurs semaines un groupe de cagots. Il constata que c’était des êtres petits, à la température corporelle au-dessus de la normale et au
sang de couleur bleu-vert. Il nota aussi que les cagots étaient capables de momifier un fruit, juste en le tenant dans leurs mains. Ils devaient, pour ce faire, dégager un
fort magnétisme, qui pourrait être à l’origine de leur réputation de magiciens et de guérisseurs.
Les conclusions médicales rendues par le Docteur Ambroise Paré étant pour le moins surprenantes, le Parlement de Toulouse demanda, le 13 juin 1600, à plusieurs médecins,
d’expertiser un groupe de vingt-deux cagots. Les scientifiques ne détectèrent aucune pathologie. Peu après, en 1611, afin de lever les doutes persistants à leur égard, les
cagots du Béarn demandèrent au Gouverneur de la province d’ordonner une nouvelle expertise médicale, laquelle conclut à l’absence de toute trace de maladie.
À partir de 1683, afin de renflouer les caisses royales, Monsieur Dubois du Baillet, Intendant de Béarn, offrit la possibilité aux cagots d'acheter leur
affranchissement et, de fait de devenir des citoyens à part entière. Progressivement, les interdits se sont faits plus rares, permettant aux cagots de se mélanger aux
populations locales. En 1723, un arrêté du Parlement de Bordeaux, interdit d’injurier les prétendus descendants de la race de Giezy, en les traitant d'agots, cagots,
gahets ou ladres, sous peine de recevoir 500 livres d'amende. Le même arrêté ordonna que les ex-cagots soient admis dans les assemblées générales et particulières, aux
charges municipales et aux honneurs de l'église où ils seraient traités et reconnus comme les autres habitants des lieux, que leurs enfants soient reçus dans les écoles et
collèges des villes, bourgs et villages, et soient admis dans toutes les institutions chrétiennes indistinctement. En 1768, un cagot fut ordonné prêtre pour la première
fois. La révolution française, se voulant à l’écoute des opprimés, acheva leur intégration en leur accordant enfin, à la fin du XVIIIème siècle, le statut juridique de
citoyens à part entière. Jouissant des mêmes droits que n’importe qui, ils purent se fondre dans l’anonymat et achever la dissolution de leurs caractéristiques. En 1809,
le sous-Préfet d’Argelès écrivit au ministre de l’Intérieur : « Elle (la population cagote) s’est tellement fondue et mélangée par les alliances avec les autres communautés
du pays que tous les caractères physiques et moraux, s’il en existe, ont entièrement disparus, et que ces familles ne sont plus distinguées que par l’ancienne tradition
locale dont le souvenir s’efface chaque jour ».
En Espagne, la ségrégation pris officiellement fin en 1819, sur décision parlementaire.
En 1847, dans « Histoire des races maudites de la France et de l'Espagne », Michel Francisque indiquait que « À Montgaillard, sur la route de Tarbes à Bagnères, il y a
encore des cagots et en assez grand nombre ».
Les derniers représentants de la race cagote se sont éteints récemment, dans les Pyrénéens. Ne reste aujourd’hui que quelques livres et des thèses, des noms de rues et de
places, un cours consacré à « l'énigme des Chrestians », à la faculté d'histoire, et un « musée des cagots de France », situé dans le château médiéval de Nestes, à Arreau,
dans les Hautes Pyrénées.
D’où vient ce peuple énigmatique, qui a vécu huit à neuf siècles de ségrégation, ici-même, en France ? C’est là que réside tout le mystère.
L’origine des cagots est incertaine. Aucune explication, juste des hypothèses.
Les cagots sont apparus en France au moyen-âge (le premier texte qui en fait mention date de 1070).
Or, le moyen-âge, vaste période qui s’étend du Vème siècle au XVème siècle, a été ponctué par des guerres et des invasions : Les barbares, les arabes, les maures, les
sarrasins, qui venaient d’orient, mais aussi les huns, qui venaient d’Asie, les wisigoths et les ostrogoths, qui venaient de Germanie. D’ailleurs, le mot « cagot »
pourrait être une déformation de « can-goths » et signifier « chiens de Goths ». Sans oublier les nombreux conflits internes, tels que les cathares, fuyant le Languedoc
(les cathares eux-mêmes se définissaient comme de « bons crestians »). Les cagots sont-ils des descendants d’une armée de pilleurs qui, après le départ des leurs, ont été
forcés de se cacher dans les forêts et les montagnes de crainte des représailles ? Dans une France pieuse, les cagots furent soupçonnés d’être juifs, et, par conséquent,
bannis de la communauté chrétienne… Selon Marc Alain Descamps, les descendants de plusieurs peuples exclus auraient pu se mélanger. Par exemple, des guerriers d’origine
étrangère, vaincus par les francs et fuyant les combats, auraient pu s’unir à des groupes de parias ou de malades, mettre en commun leurs cultures et donner naissance aux
cagots.
Le moyen-âge a aussi connu de terribles épidémies, ce qui explique la méfiance du peuple envers les cagots, au moins pendant les premières années de
cohabitation. Les maladies de peau, donc visibles, étaient assimilées à la lèpre. Les malheureux contaminés étaient chassés des bourgades, tenus de vivre en vase clos
afin d’éviter la propagation de l’épidémie. D’autant que, dès le XIIème siècle, l’Église a désigné la lèpre comme une punition divine infligée aux hommes de mauvaise vie.
La crainte qu’imposait les cagots, tout comme leurs supposés pouvoirs de magie et de sorcellerie, s’expliqueraient s’ils étaient les seuls rescapés de campements d’où
personne n’était censé revenir. Mais cette possibilité a été mise à mal par le Docteur Yves Guy du CNRS, auteur du rapport sur « Les origines possibles de la ségrégation
des cagots » qui, ayant eu à soigner des lépreux, nota que la notion de « lèpre blanche », qu’on pensait jadis potentiellement héréditaire, est invalidée par l'étude
contemporaine de cette maladie. Les cagots ne pouvaient donc pas être des descendants de lépreux.
Selon le sculpteur Xabier Santxotena, lui-même descendant d'agotes, les cagots seraient issus d’un groupe de constructeurs de cathédrales. Ils furent
exclus à cause de leurs convictions religieuses, différentes de l'orthodoxie catholique en vigueur. Par exemple, ils incinéraient leurs morts, ne reconnaissaient pas la
hiérarchie de l'Église… De ce fait, ils furent considérés comme porteurs d'une sorte de « lèpre spirituelle ». Xabier Santxotena a fondé un musée, à Bozate, en Espagne.
Dans le parc, il expose ses œuvres. Une annexe couverte, ouverte en 2003, montre la vie quotidienne de ses ancêtres cagots.
Cette connotation hérétique du mot « cagot » se retrouve en littérature. Ainsi, en 1535, Rabelais utilise ce terme dans un passage de Gargantua, au sujet de l'abbaye de
Thélème : « une inscription sur la porte en interdit l'entrée aux hypocrites, bigots, cagots ». L’Académie Française, dans son édition 1932-1935, donne comme définition de
cagot, « celui, celle qui a une dévotion fausse ou mal entendue ». L’Académie Française, toujours, dans son édition de 1986, accorde deux sens au mot cagot : 1)
Anciennement, lépreux ; descendant de lépreux. 2) Personne qui a une dévotion hypocrite ou mal comprise.
Alain Guerreau, Directeur de recherche au CNRS, s’est penché sur les conditions favorisant l’exclusion d’un groupe d’individus. Selon lui, l’organisation de la société
française, aux XIIe et XIIIe siècles, a mis de côté certaines personnes (exemple : des fils cadets, sans terre) et, par assimilation d’idées, ces bannis ont pu être
considérés comme des lépreux, car également rejetés de la société.br>
Fabrice Wehrung a développé une hypothèse selon laquelle les cagots seraient des descendants directs des hommes préhistoriques. Selon lui, des néandertaliens auraient pu
survivre dans les forêts profondes, au moins jusqu’au
Moyen-Âge, avant de se fondre, progressivement, dans la population issue de sapiens, par mixage des gènes issus de croissement. Ce brassage ethnique aurait marqué certaines
familles plus que d’autres, d’où l’émergence des cagots, au moyen-âge.
Venons-en à l’hypothèse la plus rocambolesque, celle d’une origine extraterrestre.
Les témoins jurant avoir vu des extra-terrestres sont nombreux. Certains ont vu des géants, d’autres les des êtres velus, d’autres encore des personnes
revêtues de scaphandres…
L’imaginaire populaire actuel retient cependant une description, plus courante que les autres : Un être de petite taille, environ un mètre dix, au teint gris-vert, chauve,
à la tête grosse et au visage dépourvu de nez et d’oreille. Une description largement inspirée de l’Alien qui aurait été découvert lors du crash d’un objet spatial à
proximité de Roswell, et dont l’autopsie, controversée, diffusée en 1995, a rapidement fait l’objet d’un démenti. Une description qui n’est pas sans rappeler, non plus,
celle faite des premières générations de cagots, apparues en France durant le
Moyen-Âge, sensiblement à la même époque que les événements relatés par Agobard, alors Archevêque de Lyon.
D’autres similitudes existent entre l’affaire Roswell et la l’ancienne légende des navires volants. Le 8 juillet 1947 pour la première et unique fois de son l’histoire,
l’armée américaine affirma, avant de se rétracter, avoir découvert les débris d’un « disque volant ». L’évènement semblait alors corroborer par d’autres manifestations. En
effet, au cours des trois jours précédents le drame, quatre-vingt-huit apparitions d’OVNIs ont été recensées dans vingt-quatre états. Or, en France, dans les années 700-800,
les croyances populaires en la cité aérienne de Magonie, et dans le « peuple des nuages », devaient bien reposer sur des observations, même si elles étaient mal interprétées.
Juste après le crash de Roswell, deux témoins affirmèrent avoir vu des cadavres d’extraterrestres. Le premier, l’ingénieur Grady Barnett prétendit avoir découvert un disque
de huit à dix mètres de diamètre, ainsi que quatre corps : « Ils avaient de grosses têtes. Les vêtements qu’ils portaient ressemblaient à de la soie. L’un d'eux était encore
en vie ». Mais les militaires, présents sur place, empêchèrent Grady Barnett de poursuivre ses investigations. Or, à Lyon, quatre étrangers, prétendus sortis d’un navire
volant, furent présentés devant l’archevêque Agobard.
Le second témoin, Glenn Dennis, était employé des pompes funèbres et ambulancier. Sa
petite amie, une sous-lieutenant qui travaillait à l’hôpital militaire le jour du crash, lui aurait confié avoir vu les médecins examiner trois corps étrangers, dont deux
étaient très mutilés.
Roswell n’est pas le seul évènement récent à faire frémir les amateurs d’ufologie. En 2011, une énorme sculpture en métal, qui serait vieille de 140000
ans, a été découverte en en mer Baltique. L’équipe suédoise « Ocean X », en charge des recherches, a photographié un objet mesurant environ soixante mètres de diamètre pour
huit mètres de haut, dont les lignes droites, les bords réguliers, les escaliers, sont dignes d’un film fantastique.
L’équipe « Ocean X » a révélé à la presse un fait troublant : Tous les appareils électroniques présents sur leur bateau ont cessé de fonctionner lorsque l’embarcation se
trouvait directement au-dessus de l’objet, et se sont remis à émettre dès qu’elle s’en est éloignée.
Un dysfonctionnement électromagnétique, voilà qui pourrait également expliquer les nombreux accidents survenus autour de zones tristement célèbres telles le triangle des
Bermudes, le triangle du Dragon ou, à moindre échelle, leur homologue français, le triangle de Burle.
Le triangle de Burle doit son appellation au violent vent du même nom. Ce triangle maudit, qui relie approximativement les agglomérations de
Saint-Étienne, Le Puy-en-Velay et Valence (trois villes proches de Lyon) s’est bâti une solide réputation dans la région Auvergne Rhône-Alpes. Il détient le triste record
des catastrophes aériennes en France. Depuis la seconde guerre mondiale, une quarantaine d’accidents aériens ont été recensés dans cette zone. Crashs d’avions de tourisme,
crashs d’avions de chasse… Mais aussi, crashs de rien, c’est à dire accidents aériens, attestés par des témoins, et pourtant sans preuve matérielle. Comme en 1980, lorsque
plusieurs brigades ont été mobilisées suite au signalement, dans le secteur, d’un avion enflammé, en perdition. Les recherches entreprises n’ont pas permis de localiser
l’épave et aucune disparition n’a été signée.
Les explications de ces crashs sont multiples mais incertaines : Région brumeuse et venteuse, conflit de masses d’air, zone magnétique, zone tellurique, présence de
volcans éteints…
Fort heureusement, de nombreux avions ont survolé le triangle de Burle sans encombre. Quelques pilotes racontent néanmoins avoir été déstabilisés par des événements
inattendus, une force magnétique puissante, qui
déréglait les instruments de navigation, et la présence d’objets ou de boules de feu, volants dans les airs aux côtés de leur appareil.
Boules de feu, traînées lumineuses, sphères argentées… Plus que des avions fantômes, des témoins estiment avoir vu des OVNIs. Ainsi, en 1943, le rapport transmis par le
pilote du bombardier Halifax, quelques minutes avant de s’écraser, fait état de remous, d’instruments de bord qui ne fonctionnent plus et d’une chaleur soudaine dans
l’habitacle, aussitôt suivie par un froid glacial. Impuissant, le personnel au sol, observa le bombardier en chute libre, et nota que l’appareil était entouré de « petites
lumières multicolores », ce qui est surprenant car il naviguait tous feux éteints. Quelques années plus tard, en 1965, six soucoupes entourant deux avions en perdition
auraient été signalées.
À noter, les observations d’OVNIs semblent plus nombreuses à proximité de sites mégalithiques. Or, le « Tchier de Borée », une reconstitution moderne composée de
soixante-dix pierres, dressées tels des menhirs, a été inauguré 1er mai 2008 en Ardèche, dans une zone couverte par le triangle de la Burle. Sans lien apparent avec les
accidents, dont la multiplicité a commencé longtemps avant la présence de ce musée à ciel ouvert.
Disfonctionnements électriques et variations de températures sont communs aux phénomènes de hantise et aux observations d’OVNIs. De même, la présence
d’OVNIs a souvent été relevée dans des lieux spirituellement chargés. Ce thème a récemment fait l’objet d’une étude, menée par Daniel Robin, et publiée en 2015 sous le
titre « Fatima, le quatrième secret ; La plus grande entreprise de communication entre l’Humanité et les extraterrestres ».
Or, la communauté cagote était très implantée dans les Hautes-Pyrénées, à proximité de l’un des lieux d’apparitions mariales les plus célèbres au monde : La ville de Lourdes.
La possibilité qu’une race extraterrestre se soit installée sur Terre, vivant parmi les humains, se mélangeant à eux, relève à ce jour de la
science-fiction, même si cette hypothèse a été récemment évoquée dans un article référencé par le CERPI, sur recommandation de Gilbert : « Les dropas, une race
extraterrestre sur Terre ? » :
http://www.elishean.fr/la-tribu-des-dropas-une-race-extraterrestre-sur-terre/
(au 14/01/26 cette page n'était plus disponible, elle semble avoir été remplacée, dans le même site, par celle-ci :
https://elishean777.com/cagots-nagas-dropas-peuple-serpentesque-ou-reptiliens-venus-dailleurs/
Les dropas, tribu troglodyte vivant en République Populaire de Chine, seraient arrivés sur Terre il y a 12000 ans. Afin de se cacher de la population locale, à laquelle ils
faisaient peur, les dropas auraient trouvé refuge dans une zone montagneuse, peu accessible, proche de la frontière avec le Tibet.
Ainsi, selon cette hypothèse, les ancêtres des dropas se seraient écrasés sur Terre alors que les humains commençaient à peine à se sédentariser. Bien que techniquement
avancés, ils n’auraient pas réussi à réparer leur machine et auraient été contraints de s’adapter à leur nouvel environnement. De leur planète d’origine, ils auraient
conservé des disques de pierre mais aucun débris de leur engin spatial. Leurs congénères ne leur ont pas porté secours… C’est triste. À moins qu’il n’y ait d’autres
explications ?
Si les nombreux OVNIs observés au fil des siècles sont bien d’origine extraterrestres, alors la Terre fait depuis longtemps l’objet d’une étude
interplanétaire. Aussi, il serait envisageable que quelques-uns de nos observateurs se soient fondus dans la population humaine à des fins expérimentales, allant de la
recherche anthropologique à la colonisation passive. En effet, leur approche ne semble pas belliqueuse. Voilà qui expliquerait l’absence des engins spatiaux, repartis dans
l’espace.
Une théorie actuellement plébiscitée prêterait aux extraterrestres de bonnes intentions. Ils auraient pour volonté de nous transmettre des connaissances et même, de nous
guider sur le chemin de la spiritualité. Or, comment mieux nous aider qu’en se mêlant à nous ?
Bien évidemment, le fait que les cagots soient apparus en Europe à une époque où la population croyait en la cité volante de Magonie ne suffit pas à
faire d’eux des descendants d’extraterrestres. D’autant que leur contribution aux progrès de l’humanité semble mince. Certes, ils ont participé à la construction de
monuments majestueux, alliant esthétisme et confort, et leurs travaux ont contribué à l’essor de la société moderne. Sans oublier que, d’un point de vue spirituel, les
bâtisseurs sont considérés comme des modèles bibliques (Saint-Joseph, patron des artisans, était charpentier). Mais n’en est-il de même pour toutes les ethnies ? Chacune
participant à sa manière à l’élévation de l’ensemble de l’humanité.
Nous remercions vivement Sylviane Putinier, correspondante du CERPI, de cet excellent article !
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