Centre d'Études et de Recherches

sur les Phénomènes Inexpliqués

COMPLÉMENT SUR LE DÉPECEUR DE MONS (1)


Étant donné que le CERPI est caserné non loin de Mons, importante ville belge proche de la France où a sévi le fameux dépeceur de Mons, considérable à plus d'un titre comme un "croquemitaine" et considérant que l'un de nos membres passe quasi quotidiennement par le chemin de l'Inquiétude, l'un des lieux aux noms évocateurs où le monstre a laissé les restes macabres de ses pauvres victimes, nous avons été pris du désir bien légitime et opportun de réaliser un complément à ce dossier sous la forme d'une petite enquête personnelle.

Mais force est de constater, malheureusement, que les renseignements que l'on peut obtenir sur le Net ne sont pas très nombreux quant à ce sujet. La police ne livre évidemment pas ses informations non plus, quant au coupable, il ne faut bien sûr pas s'attendre à ce qu'il nous envoie son curriculum vitae et une photocopie de sa carte d'identité !

A titre purement documentaire, nous avons réalisé une série de photos du chemin de l'Inquiétude, lequel ne présente vraiment rien de particulier. Il s'agit d'un endroit très ordinaire, une route assez sinueuse dans sa partie qui traverse le cours d'eau, assez tristement rectiligne pour le reste. Durant la journée, cette route est très fréquentée. Les bureaux de la police fédérale le jouxtent (ne s'agissait-il pas déjà d'une forme de provocation de la part du monstre ? Une ironie volontaire vis-à-vis des autorités ?), le chemin relie l'avenue de Jemappes (à grande circulation) à la route de Ghlin, non moins fréquentée. Pour couronner le tout, le dépôt de bus de Mons Bassins est tout proche et, fatalement, de nombreux mastodontes motorisés y passent et repassent (pendant que d'autres trépassent !). Disons encore que le chemin de l'Inquiétude est également partiellement utilisé par les nombreux fournisseurs qui alimentent le complexe commercial des Grands Prés. Bref : il y a tout ce qu'il faut pour rencontrer du monde et il n'est guère possible que plus de trente secondes ne passent sans qu'un véhicule arrive.

Une fois la nuit tombée, les Montois le savent bien et l'expérience l'a démontré, les choses sont très différentes. Le complexe commercial a fermé ses portes, les derniers bus rentrent au dépôt, les flics sont rentrés chez eux, la circulation se fait rare et laisse sa place à une obscurité profonde. Il n'y a en effet pratiquement aucun éclairage ce qui en fait un coupe-gorge de première. La végétation avoisinante, les arbres, les buissons, de petits sentiers secondaires rendent les lieux très propices à toutes sortes d'embuscades. L'endroit devient vraiment lugubre. Il l'est évidemment encore plus depuis que l'on sait ce qu'il s'y est passé !(Avec l'évolution et la construction de la nouvelle gare de Mons, les choses ont évidemment bien changé).

S'il devait vous arriver quelque chose au chemin de l'Inquiétude, à moins de venir tout juste de vous y engager, vous ne pourrez compter sur personne pour venir à votre aide. Si vous en avez le temps, vos cris resteront vains car il n'y a aucune habitation sur une très longue distance.

C'est bien sûr l'endroit rêvé pour commettre un méfait. Du moins l'était-ce au moment où nous écrivions ces lignes.

Le dépeceur de Mons, qui reste toujours absolument introuvable et a peut-être rangé ses ustensiles de découpe chirurgicale et son chloroforme est assurément quelqu'un de caractère. Il est rare en effet (et fort heureusement d'ailleurs) qu'un tueur en série pousse le bouchon jusqu'à faire de la recherche en ce qui concerne les lieux où il déposera ses morceaux de victimes. Une des premières choses qui frappent (à part le dépeceur naturellement) dans cette histoire c'est l'ironie, le cynisme des noms de ces lieux qui n'émanent certainement pas du hasard. Nous l'avons dit en introduction sur le sujet, le chemin de l'Inquiétude donc, mais aussi le Pont de la Haine, la rivière la Trouille, la rue de Jambes, la rue du dépôt, la rue de la Solitude, éventuellement la rue de la Poudrière (moins évident et peut-être attribuable à un autre tueur) ne sont pas sans rappeler la nature des faits. Il faut aussi examiner le côté français de l'affaire où Hachette et Vieux Condé ont été utilisés.

Mais s'agit-il seulement du choix délibéré d'un détraqué meurtrier, sans plus, ou bien peut-on trouver dans cette toponymie un certain message crypté qui, selon la sagacité des enquêteurs, pourrait indirectement permettre de remonter jusqu'à lui (les meurtriers, d'un côté veillent à effacer leurs traces et, de l'autre, paradoxalement, aiment parfois aussi se faire peur et prendre des risques)? Nous y reviendrons.

Pour continuer de cerner le sujet, son contexte, disons également que les lieux précédemment décrits sont relativement proches de la place Léopold, qui est aussi la place de la gare et donc le terminus de nombreux bus. Comme dans toute grande ville qui se respecte, les abords de la gare sont toujours plus ou moins louches, douteux, on y trouve bien sûr son lot de "paumés", drogués, loubards, prostituées et toute la clique des représentants de la gent humaine avec toutes ses qualités et ses défauts. Apparemment surtout ses défauts. Il était donc prévisible que la police envisage ces milieux en rapport avec l'affaire du dépeceur. Bien sûr, on a pu, à cette occasion, interroger, inquiéter et soupçonner certaines personnes. Cela n'a toutefois rien donné. (La photo ci-contre montre l'ancienne gare de Mons, telle qu'elle se présentait alors.)

Il est toujours facile, surtout après coup, de se lancer dans toutes sortes d'hypothèses plus ou moins plausibles ou plus ou moins farfelues. Ainsi, en matière d'enquêtes policières, une tirade célèbre veut qu'il faut souvent "chercher la femme" pour trouver la solution d'un problème. (En l'occurrence, le dépeceur, lui, les avait parfaitement trouvées !) On entend évidemment par là que bien des mobiles sont dictés par des motifs d'ordre sexuel. L'histoire de la criminalité nous a édifié sur le point que plus d'un serial killer était motivé par sa haine contre les prostituées (Il peut aussi y avoir une connotation religieuse à ce propos : la prostituée de Babylone, la destruction de Sodome et Gomorrhe - le plus vieux métier du monde et aussi le plus décrié, le plus critiqué et traîné dans la boue) ou la sexualité débridée de certaines représentantes de la gent féminine, voire simplement de la sexualité tout court, ce point étant alors considéré comme particulièrement vil et impur : les gens sont donc tués car ils sont considérés comme des suppôts du diable, des êtres abjects dont il convient de débarrasser l'humanité. Mais passons sur ces considérations.

Tentons de respecter une certaine logique dans l'inconcevable et de nous mettre dans la peau et la mentalité du personnage, ne pourrait-on pas dire quelque chose du genre : Ces dames aux moeurs versatiles et "dispersées" ne méritent-elles pas un sort proportionnel à leur comportement ?" (Les défunts qui vont en enfer ne sont-ils pas supposés être punis par où ils ont péché ?). En fait de moeurs dispersées ou de fréquentations multiples, en admettant que cela ait été le cas pour les victimes, ne méritaient-elles pas précisément d'être ainsi "dispersées", c'est-à-dire réduites à l'état de puzzles humains ?

D'après les renseignements en notre possession, les rue de Jambes et du dépôt se trouvent à Havré et non dans le centre de Mons. Les deux endroits ne sont pas très éloignés mais il y a quand même une confusion possible avec le "dépôt". En effet, à moins que le dépeceur de Mons ne se soit lui-même dispersé dans ses suites logiques, le pont de la Haine se trouve de l'autre côté de la Trouille et plus ou moins sur un même axe. Le chemin de l'inquiétude se trouve à l'opposé par rapport à ces deux derniers lieux et, dans ce cas, le dépôt (de bus) se trouve au beau milieu.

Nous n'allons certainement pas nous permettre de critiquer les chauffeurs de bus mais il faut bien avouer qu'ils sont affublés d'une réputation qui leur colle à la peau, une réputation certainement surfaite pour une majorité d'entre eux et, comme dans tout, il y a des exceptions, l'occasion faisant aussi le larron. La place de la gare est aussi, forcément, le terminus de la plupart des bus de la ville... Nous ne pouvons pas non plus vérifier ce qui suit, il s'agit toujours d'une même hypothèse, mais on peut imaginer que ces dames aient eu une aventure avec un ou plusieurs chauffeurs. On peut aussi facilement échafauder une histoire d'amour déçu, une rivalité et donc une pulsion vindicative suite à ces "parties de jambes en l'air". Dans ce cas, ne peut-on pas aussi faire le rapprochement entre cette rue, erronément appelée "de Jambes" (en fait, rue Émile Jambe - ou : "Et 1000 jambes"), le dépôt et la Haine, qui auraient alors une deuxième signification et qui émanerait de cette éphémère union... qui devait peut-être se terminer dans un sac Renmans !

Les personnes qui connaissent un peu la ville rétorqueront que ce genre de choses pourrait se produire avec n'importe quelle personne de passage, client, visiteur, etc. du zoning commercial des Grands Prés. Cependant, la construction et l'ouverture de cet édifice sont ultérieurs aux faits. Il reste les établissements de Belgacom (devenu Proximus), le cinéma (Imagix), un bowling, une librairie... aucun rapport avec "un dépôt".

Mais tout ceci n'est qu'hypothèses et ne fait pas avancer le schmilblick !

Nous avons alors pensé à une autre méthode d'investigations, une méthode qui est parfois utilisé par les milieux très sérieux de la police et qui ressemble à s'y méprendre à la solution de la dernière chance. Le procédé a tout simplement recours aux voyants, radiesthésistes et autres extra sensoriels. On ne sait pas ce que cela va donner, on part généralement avec un a priori négatif, on est prêts à tourner cette personne en ridicule à la première occasion... Mais après tout, qu'est-ce qu'on risque ? Surtout que, le cas échéant, ce ne sera pas la police qui sera ridicule ! Nous considérons pour notre part qu'il y a déjà au moins le mérite d'essayer, de laisser venir et de "payer pour voir". Et c'est là que le CERPI a pensé à avoir recours aux services non pas de son praticien (toujours perdu aux quatre coins du monde et aussi difficile à toucher) mais bien de l'une de ses correspondantes nantie de certains pouvoirs (ou devrions-nous dire "dons"?). Nous avons donc envoyé les photos du chemin de l'Inquiétude à M.L et lui avons demandé si la vue de ces photos lui inspirait des sensations particulières. Nous avions déjà pu remarquer au préalable certains points communs dans les perceptions des choses, notamment au niveau de l'affaire Urbain Grandier et des possédés de Loudun, mais en l'occurrence nous allions être assez stupéfaits des résultats de l'opération.

C'est celle que nous allons vous narrer à présent.

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