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Phénomène médiumnique souvent décrié à cause du nombre important de fraudes qui ont pu être observées, on en parle assez peu et pourtant il s’avère que quelques rares médiums possédaient la faculté ou possèdent encore
- mais là ne nous y aventurons pas trop - la possibilité, en état de transe, d’extérioriser une substance.
Étant donné que ce type d’expérimentation avait lieu la plupart du temps dans
des pièces presque obscures où l’on plaçait le médium dans un coin sombre avec pour seul repère parfois des bandes réfléchissantes sur le corps, de toute manière il était très facile d’utiliser, de truquer pour simuler un ectoplasme, tissu, papier
etc. et ce fut très souvent le cas malheureusement.
Nous pouvons nous référer au médium Marthe Beraud, dite Eva Carrière, qui visiblement a fourni des phénomènes ectoplasmiques plus ou moins truqués, il n’y a qu’à voir les photos. En les observant, certaines d’entre elles font franchement penser à des collages ou de vulgaires journaux découpés mais on ne peut nier non plus que certaines matérialisations qu’elle produisait aient été véridiques.
Cependant, nous ne devons pas ignorer que des scientifiques se sont attardés sur le phénomène et que certains d’entre eux de par les précautions prises pour éviter la fraude ont conclu que ce type de médiumnité existe bien. Dans certaines expérimentations où l’on a relevé les empreintes ectoplasmiques, il était quasiment impossible avec l’étude de moulages recueillis qu’il puisse y avoir tricherie. Nous allons étudier cela plus loin.
L’ectoplasme est une substance créée par le médium en état de transe en général, substance qui prend parfois la forme d’organes, bras, mains, visage et même animaux. L’ectoplasme peut revêtir différents aspects. Vaporeux, gazeux, solide ou liquide, parfois identique à un brouillard et parfois brillant En général, cette substance émane autour du médium ou peut sortir par la bouche, extrémités des membres, corps.
Il n’était pas rare que ces manifestations ne se produisent pas sans une réaction physique du médium. Parfois, la séance pouvait se révéler silencieuse, parfois ponctuée de râlements du médium, attitude parfois similaire à celle d’un accouchement. Il était fréquent de constater une accélération cardiaque (note personnelle : comme dans certains cas de perception extra sensorielle), augmentation de la ventilation pulmonaire et transpiration.)
L’Institut Métapsychique International qui existe depuis 1919 et situé à Paris n’hésita pas à travailler avec des médiums dont Franek Kluski d’origine polonaise. Ce fut avec cet homme que le Dr Geley
obtint des preuves discutables pour les sceptiques et non discutables pour
d’autres comme dans tout phénomène paranormal constaté. Cependant nous allons
voir au fil de l’article que pour diverses raisons nous pourrions peut être
pencher malgré tout pour la seconde solution car il y a des indices qui laissent
à penser que la fraude aurait été difficile à produire dans certaines conditions
dont nous allons parler plus loin. Bien entendu, comme dans toute base
expérimentale, nous devons et je rappelle que c’est la déontologie du CERPI rester extrêmement prudent dans ce type de médiumnité. Prudence, prudence…
Franek Kluski médium d’origine polonaise offrit à titre bénévole l’étude de ses capacités à l’Institut et laissa en souvenir de ses facultés des moules ectoplasmiques recueillis durant certaines séances.
En général, les séances se déroulaient non pas dans la plus grande clarté mais sous une petite lumière rouge. Pourquoi ? Parce que surtout l’observation du phénomène était plus facile à observer, mais on peut déplorer aussi surtout la présence dans certains cas d’une cabine où se trouvait le médium, et là il était très facile aussi de tromper les participants. Ce n’était pas le cas pour le médium Franek Kluski. En général, on procédait avant toute séance à une fouille minutieuse de la pièce, cabine et aussi une fouille corporelle du médium. C’est ainsi qu’un jour on découvrit dans le rectum d’un pseudo médium un morceau de tissu qui allait servir à simuler un ectoplasme, il est important de signaler ce fait. Ceci démontre qu’il pouvait être très facile de produire de faux ectoplasmes sans aucun problème. Pour les expérimentations, le médium était souvent vêtu d’un collant noir et d’un haut noir ainsi que de bandes réfléchissantes pour déceler le moindre mouvement. Le médium pouvait rester dans une cabine avec les rideaux fermés, ce qui était une aberration, en rideaux ouvert mais dans la cabine, ou tout simplement devant une cabine et parfois sans cabine. On peut dire qu’il y en avait pour tous les goûts !
En constatant ce fait, hé bien on peut en déduire que cela n’était pas vraiment très sérieux mais il y a une chose, c’est que certaines séances ayant eu lieu en compagnie de Carl Gustave Jung psychanalyste et disciple de Freud, Charles Richet, physiologiste, un des fondateurs de l’IMI, Harry Price, prestidigitateur, réduisirent le doute quant à l’utilisation d’une fraude quelconque. Bien entendu, il serait trop fastidieux ici de faire la liste des scientifiques qui ont bien voulu se pencher sur ce type de médiumnité.
Conduites par le Docteur Gustave Geley, de nombreuses expériences eurent lieu dans les années 1920, 1921. Lorsque le médium Franek Kluski se livrait à ce type d’expérimentation, ses mains étaient tenues par les membres présents dans la pièce. La caractéristique évoquée durant les séances de Kluski était l’apparition d’une forte odeur d’ozone qui disparaissait comme elle était apparue. Pourquoi cette odeur ? Personne ne le sait. Ensuite se formait au dessus de sa tête des vapeurs phosphorescentes, souvent des lumières, ces manifestations formaient à la longue des agglomérats qui donnaient naissance à des fragments de visages, de doigts, mains et même animaux.
Chez d’autres médiums, la formation ectoplasmique pouvait ressortir par la bouche malgré les contrôles effectués et traverser une résille recouvrant la tête comme on peut le voir chez Stanislawa Popielska. Rien n’empêchait alors l’ectoplasme de s’y faufiler.
Le Docteur Geley eut une idée géniale. Non content d’assister uniquement à ce phénomène surprenant, il décida alors de garder une preuve de la réalité ectoplasmique. Il était très facile de faire un moule. N’importe qui en condition très faible d’éclairage ou avec un compère pouvait fabriquer des moules sur place.
Et pourtant, le Docteur Geley essaya de ruser le plus possible pour ne pas se laisser prendre au piège. N’importe qui pouvait tremper ses doigts, ses mains dans un baquet où surnageait de la paraffine, facile sauf si certains détails, constatations alors nous obligent à nous poser pas mal de questions.
Dans un grand baquet placé près du médium et rempli d’eau très chaude avec une couche de paraffine venaient barboter mains, pieds, parfois visages, issus d’une production ectoplasmique. Déjà là si on obtenait des moules de visages, hé bien on peut se dire qu’il fallait en avoir envie pour plonger la tête dans le baquet. Mais bon, rien ne rebute les pseudo médiums ! Le moule se formant sur l’ectoplasme durcissait rapidement, puis l’ectoplasme se dématérialisant abandonnait alors le moule tant convoité. Ensuite, du plâtre était coulé dans ce gant, la paraffine était évacuée en mettant l’ensemble (gant rempli de plâtre) dans l’eau bouillante.
Non seulement le Docteur Geley réussit à obtenir ces fameux moulages mais rusa en utilisant durant les séances sans que le médium en soit informé de la paraffine bleutée pour éviter toute substitution. Les moules recueillis alors ressortirent bleus ce qui prouva qu’ils avaient été effectués durant la séance. Et comme cela ne suffisait pas, il rajouta avec la paraffine bleutée de la cholestérine qui en réaction avec de l’acide sulfurique donnait une couleur rouge, le Docteur Geley conclut encore une fois qu’ils avaient bien été réalisés sur place. Donc pas de possibilité de substitution ou de moulages rapportés.
Les moules obtenus sont très minces, pas plus d’1 millimètre d’épaisseur. Dans cette condition là étant donné que l’obtention des moules s’effectuait en moins de deux minutes, on peut suggérer pour l’extraction d’un membre vivant de cette paraffine qu’il était impossible d’extraire par exemple une main sans casser le moule. Une section à la base aurait été indispensable.
Impossibilité d'utiliser un moule préfabriqué. Étant donné la minceur extrême des moules, il se trouve qu’il est impossible d’extraire un corps dur en forme d’une main d’un gant de paraffine mince de 1 mm.
Ces moulages laissent des détails anatomiques qui représentent des traces de crispation musculaire, froissements de peau, ce qui indique qu’il s’agit là d’un membre vivant et non d’une main de cadavre. La vie est ressentie en dessous de ces moulages, on peut y voir entre autre les sillons d’une main.
Aucune trace de grattage soudure, raccord n’a été constaté.
Impossibilité à obtenir des détails précis comme ils pouvaient l’être en utilisant l’usage d’un gant de caoutchouc et l’obtention d’un moulage d’une main par exemple est relativement déformé.
Ce qui est le plus étonnant c’est que de nombreux moules possèdent la taille d’une main d’enfant mais avec des caractéristiques d’une main d’adulte rides, sillons etc. Dans les productions ectoplasmiques obtenues, aucune main n’est identique ainsi que la position des doigts.
Il aurait été difficile d’appliquer toute la procédure d’un moulage car la rapidité avec laquelle s’effectuaient ceux-ci était étonnante. En moins de deux minutes, ils étaient fabriqués et étaient différents les uns des autres.
Des scientifiques ont tenté de reproduire ces moulages, jamais ils n’ont pu être reproduits à l’identique.
Quel est le scientifique qui n’aurait pas songé à analyser de plus près ces formations ectoplasmiques ? On peut songer en regardant le film
The Hell House (la maison des damnés) que l’auteur a pu s’en inspirer puisqu’on demande à l’ectoplasme dans ce film de laisser un fragment dans un bol ?
Et bien en 1916, fut recueilli justement avec le médium Stanislawa Popielska d’origine polonaise, elle aussi, un fragment de ses matérialisations. Une partie de ce fragment sans odeur fut examiné à l’Institut biologique du Docteur Raoul Francé à Munich et l’autre moitié dans un laboratoire bactériologique du Muséum d’agriculture et d’Industrie à Varsovie. Il fut déterminé que ce fragment était composé de cellules identiques à celles du corps humain, ainsi qu’une grosse quantité de globules blancs. Ce résultat est très intéressant mais nous restons sur notre faim. On ne sait toujours pas de quoi il s’agit exactement mais une chose est certaine à l’étude, c’est que l’ectoplasmie constitue un des plus grands mystères de la parapsychologie.
On ne peut pas tout balayer d’un coup en pensant que ce médium a fraudé. Les détails de ces moulages et leur conception nous emmènent peut-être sur une voie qui indique qu’il serait intéressant de s’y pencher de plus près. Ces moulages sont peut-être les seuls à prouver l’existence d’une substance qui émane du médium. Mais à qui appartiennent ces membres ? S’agit-il d’entités qui se matérialisent ? Dans ce cas là le médium fournirait peut être un fluide pour les aider à provoquer leur apparition ou est ce la pensée par exemple qui se matérialise en matière ? Notons que dans ces expériences, souvent étaient demandés de la part des participants d’exécuter telle ou telle action comme plonger là une main, un pied, ressortir et que visiblement ils exécutaient les ordres tel un être humain peut le faire. Il y a bien dans ce cas précis la réaction d’une intelligence non déterminée.
Les médiums pouvant déplacer des objets à distance seraient t’ils des médiums à matérialisation qui s’ignore ?
Comme nous l’avons constaté, la production ectoplasmique peut revêtir différents aspects, évanescences, vapeur, mais on pourrait aussi penser qu’en dehors du désir d’aboutir à un résultat sur un objet, le faire bouger par exemple seul par la pensée, qu’une énergie invisible utilisée par certains médiums intervient dans la psychokinèse, énergie qui pourrait pousser n’importe quel objet, à soulever une table et pourquoi pas comme nous avons pu le voir à notre époque engendrer une action sur des métaux avec une modification de structure interne. Le tout est de savoir dans n’importe quelle expérience d’ectoplasmie ou de psychokinèse si le médium tire une partie de ces matérialisations de lui-même ou de l’environnement ambiant pourquoi pas, ou s’il tire tout cela de lui-même ? La question reste posée. Espérons qu’un jour, cette médiumnité puisse être étudiée à nouveau, nous ne devons pas éliminer le fait aussi qu’elle puisse constituer la preuve de la survivance de l’âme.
Il est indéniable que plus la science avance, plus les conditions expérimentales sont sévères. Aujourd’hui, il est fort possible que la personne prétendant être un médium à matérialisation ferait l’objet d’un contrôle corporel très rigoureux car tout le monde sait bien qu’on peut très bien cacher divers artifices dans les endroits les plus intimes par exemple. La cabine noire n’existerait plus, ce qui réduit le risque de fraude, l’expérimentation aurait lieu en pleine lumière et des appareils sophistiqués pourraient détecter automatiquement le moindre mouvement, la moindre attitude frauduleuse. Avec tout cela, il est très facile de dissuader les pseudo médium à matérialisation de se lancer dans un protocole expérimental à moins d’être casse-cou. La gêne d’être examiné tout simplement peut réduire à néant l’envie de se soumettre à ce type d’expérience ce qui se comprend même si l’on sait que l’on possède cette faculté. L’avantage de ces expériences si elles étaient à nouveau réalisées de nos jours, c’est que des prélèvements ectoplasmiques pourraient peut être à nouveau avoir lieu de manière plus approfondie, et certainement nous ferait connaître un autre aspect des possibilités humaines.
Il est possible à l’heure actuelle qu’il y ait des gens doués de cette faculté et qui s’ignorent. Par conséquent il est très difficile maintenant de conclure qu’il n’existe plus de médiums à matérialisation. Dommage pour la parapsychologie, mais qui sait ? On peut toujours espérer !