LES CREATURES INFERNALES ABADDON. Chef des démons de la septième hiérarchie, qualifié d'Ange exterminateur par l'Apocalypse de saint lean (IX, 11), Abaddon est le souverain du Puits sans fond (Judo, VI) et le roi des démons-sauterelles. Il prend en grec le nom d Appolyon. ABALAM. Prince de l'enfer, faisant partie de la suite du roi Paymon, au visage de femme, couronné d'un diadème étincelant de pierreries, et commandant à deux cents légions d'anges rebelles et de puissances (Wier, Pseudomonarchia daemonum) ABIGOR. Démon d'un ordre supérieur, grand duc dans la monarchie infernale auquel soixante légions obéissent sans peine, 7 car il sait se faire aimer des soldats (Wier, Pseudomonarchia daenionum). ABRAHEL. Démon-succube qui en l'année 1581 se montra à un berger dénommé Pierron, au village de Dalhem, dans le Limbourg. Tombé follement amoureux d'Abrahel, le berger - marié par ailleurs - accepta, en tant que gage d'attachement, de lui sacrifier son fils. Ce dernier ayant croqué une pomme maléficiée décéda aussitôt. Poursuivi par le remords, le berger s'en fut supplier Abrahel de lui rendre la vie; ce que le succube accepta moyennant un culte d'adoration de sa personne. L'enfant survécut un an à ces événements et Nicolas Rémy écrit, dans ses Daemonolatriae Libri Tres, que son corps, d'une puanteur insupportable, fut tiré avec un croc hors de la maison de son père et enterré dans un champ . ADRAMELECH. Démon hautement titré: grand chancelier des enfers, intendant de la garde-robe de Satan et président du haut conseil des diables, Adramelech revêt tantôt l'apparence d'un paon et tantôt celle d'un mulet (Wier, Pseudomonarchia daemonum). AGNAN. Démon qui tourmente les Américains par des apparitions et des méchancetés. Il se montre surtout au Brésil... Il paraît sous toutes sortes de formes, de façon que ceux qui veulent le voir peuvent le rencontrer partout (Collin de Plancy, Dictionnaire, 1863). AGUARÉS. Grand duc de la partie orientale des enfers. Il se montre sous les traits d'un seigneur à cheval sur un crocodile, l'épervier au poing... Il donne des dignités, enseigne toutes les langues, et fait danser les esprits de la terre. Ce chef des démons est de l'ordre des vertus : il a sous ses lois trente et une légions (Collin de Plancy, Dictionnaire, 1863). ALASTOR. Démon sévère, exécuteur suprême des sentences du monarque infernal (Collin de Plancy, Dictionnaire, 1863). ALGYONEE. Fils d'Ouranos et de Gaia, ce Géant, appartenant à la mythologie grecque, mourut d'une flèche lancée par Athéna, lors du combat qqi opposa ses congénères aux divinités de l'Olyhipe. Le théosophe Louis-Claude de Saint-Martin voyait en lui un frère aîné de Satan : «Qui ne reconnaîtra dans Alcyonée, dans ce géant fameux qui secourut les dieux contre Jupiter, qui fut jeté par Minerve hors du globe de la Lune où il s'était posté, et qui avait la vertu de se ressusciter; qui n'y reconnaîtra, dis-je, l'ancien Prévaricateur, exclu de la présence du Principe suprême, réduit à l'horreur du désordre et enchaîné dans une enceinte ténébreuse, où des forces supérieures ne cessent de le contraindre et de molester sa volonté toujours renaissante ? » (Tableau naturel des rapports qui existent entre Dieu, l'homme et l'univers). parfaitement intact. Mais le juge n'a garde de se rendre à cette preuve; il s'en tient à l'aveu de l'accusée, et déclare le corps de l'enfant une apparence produite par la ruse du démon. La femme fut brûlée. » (Jean Wier et la Sorcellerie. Paris, 1866, pp. 14-15). ALOCER. Puissant démon, grand duc aux enfers; il se montre vêtu en chevalier, monté sur un cheval énorme; sa figure rappelle les traits du lion; il a le teint enflammé, les yeux ardents; il parle avec gravité; il enseigne les secrets de l'astronomie et des arts libéraux; il domine trente-six légions (Collin de Plancy, Dictionnaire, 1863). ALOUQA. Variété de goule, et principale héroïne d'un conte : Alouqa ou la Comédie des morts, publié par Jean- Louis Bouquet dans un recueil intitulé » Le Visage de feu » (Paris, 1951) : » Dans les langues sémitiques ce terme désigne la sangsue, mais aussi des créatures infernales, du genre des lamies et des goules suceuses de sang. » ALRINACH. Démon de l'Occident, que les démonographes font présider aux tempêtes, aux tremblements de terre, aux pluies, à la grêle, etc. C'est souvent lui qui submerge les navires. Lorsqu'il se rend visible, il paraît sous les traits et les habits d'une femme (Collin de Plancy, Dictionnaire, 1863). ALRUNES. Démons succubes susceptibles de revêtir les formes les plus diverses, et d'où serait issue la nation des Huns. Par extension: figurines magiques comparables aux mandragores, que les anciens Germains, Danois et Suédois auraient taillées dans des bois très durs, et qu'ils auraient nourries et dévotement vénérées en vue d'une protection familiale et d'une révélation de l'avenir. AMDUSCIAS. Grand duc aux enfers. Il a la forme d'une licorne; mais lorsqu'il est évoqué, il se montre sous une figure humaine. Il donne des concerts (sic), si on les lui commande; on entend alors, sans rien voir, le son des trompettes et des autres instruments de musique. Les arbres s'inclinent à sa voix. Il commande vingt-neuf légions (Collin de Plancy, Dictionnaire, 1863). AMON. Dieu suprême de l'ancienne Egypte, adoré à Karnak, Edfou> Dendéra et Abydos, protecteur de la fécondité et patron de l'empire thébain, Amon - devenu démon - est ainsi décrit par Collin de Plancy dans son Dictionnaire infernal (édition de 1863): « Grand et puissant marquis de l'empire infernal. Il a la figure d'un loup avec une queue de serpent; il vomit de la flamme; lorsqu'il prend la forme humaine, il n'a de l'homme que le corps; sa tête ressemble à celle d'un hibou et son bec laisse voir des dents canines très effilées. C'est le plus solide des princes des démons. Il sait le passé et l'avenir, et réconcilie, quand il le veut> les amis brouillés. Il commande à quarante légions «. AMY. Grand président aux enfers> et l'un des princes de la monarchie infernale. Il paraît là-bas environné de flammes> mais il affecte sur la terre des traits humains. Il enseigne les secrets de l'astrologie et des arts libéraux; il donne de bons domestiques; il découvre à ses amis les trésors gardés par les démons, il est préfet de trente-six légions (Wier, Pseudomonarchia daemonum). ANDRAS. Grand marquis aux enfers. On le voit avec le corps d'un ange, la tête d'un chat-huant, à cheval sur un loup noir et portant à la main un sabre pointu. Il apprend à ceux qu'il favorise à tuer leurs ennemis, maîtres et serviteurs; c'est lui qui élève les discordes et les querelles; il commande trente légions (Collin de Plancy, Dictionnaire> 1863). ANGERBODE. Femme gigantesque, appartenant au panthéon scandinave, qui, mariée avec le Diable, enfanta le loup Fenris, le serpent Jormungandur et la démone Héla, qui garde le monde souterrain (Dictionnaire de l'abbé Migne). ANGES DE LA MORT. L'existence d'anges de la mort chargés de garder l'entrée des enfers hébraïques est attestée par le Talmud et la Cabale qui, selon Gôrres, admettaient un double royaume des esprits : le paradis, partagé en sept degrés, dont chacun est sous la garde d'un ange, et un enfer de forme pyramidale, comme celui de Dante, traversé par sept fleuves de feu et gardé par autant d'anges de la mort. Tous ces Satanim ou contradicteurs, ces Schedim ou destructeurs, ces Seirim ou terribles avaient pour chef Smaèl ou Satan, dont la moitié féminine s'appelait Lilith ou le serpent; et tous ensemble cherchaient à répandre partout la destruction et la mort, et à ramener l'état du chaos » (la Mystique... t. V, p. 41). ANGRA MAINYU. Esprit du mal dans la religion mazdéenne. ANKOU. Le spectre de la mort, chargé de maléfices, des légendes bretonnes. ANTÉCHRIST. Annoncé par les Epîtres de Paul et, surtout, par l'Apocalypse de Jean, l'Antéchrist, ou Homme d'iniquité - qu'il serait d'ailleurs plus exact d'appeler l'Anti-Christ - apparaîtra à la fin des temps, puis sera exterminé, après un règne de durée indéterminée, par le Seigneur en personne. Dans sa Vita Christi, Eximenès assure que l'Antéchrist «sera juif de la tribu de Dan et il sera bâtard, fils de père et de fille, et naîtra en Babylonie et sera fort bien doué de tous les biens de la nature, c'est-à-dire en beauté de corps et en belles paroles, généreux et libéral et fort affable et aimable, et il sera doué des biens de la fortune et de science aussi; et en tous les arts et dans les grandes sciences, et il en saura plus que Salomon ni aucun autre philosophe qui ait jamais été, et tel sera-t-il dès son enfance; car il sera né en Babylonie où il y aura abondance de maîtres en arts magiques, dans lesquels il sera puissamment enseigné, car un grand démon lui apprendra tout ce qu'il pourra et principalement l'an d'alchimie, et il fera de l'or et de l'argent autant qu'il en voudra. Les démons lui enseigneront à trouver et à faire de l'or et tous les autres métaux des mines naturelles, qui sont au monde, et ils lui apporteront de l'or du fond de la mer» (P. Gener, la Mon et le Diable. Paris, 1880, pp. 584-585). D'autres auteurs prétendent que l'Antéchrist sera un démon incarné et évoquent Bélial, à son sujet. Enfin certains voient en lui le fils d'un incube et d'une mortelle. Les fidèles de l'Eglise Baptiste du Centre certifient qu'il est déjà né le 22 février 1962, et qu'il fait partie d'un complot synarchique visant à instaurer le règne du Mal les maladies, la drogue, le rock n'roll, le tabac, l'alcoolisme, l'avortement, le communisme et l'informatique en apportent la preuve... APOPIS. » Démon serpent de taille gigantesque, qui menace, chaque matin et chaque soir, l'ordre cosmique en s'attaquant à la barque du Soleil. Toujours vaincu, mais toujours renaissant, il est indestructible et constitue un élément fixe de l'harmonie universelle... », selon les conceptions des prêtres de l'Egypte antique. » L'interprétation progressive des divers systèmes théologiques mena finalement à identifier Apopis au dieu Seth, qui fut auparavant son pire ennemi, mais qui est devenu lui aussi symbole des forces hostiles et des révoltes contre les dieux du ciel » (Serge Sausseron, in Dictionnaire de la Civilisation égyptienne, Paris, 1970, p. 17). de Saint-Jean, pour cueillir son herbe à jeun et sans parler. J'enseigne aux sorciers à devenir loups-garous. Je les force à manger les enfants sur le chemin, et puis les abandonne quand quelque cavalier leur coupant une patte (qui se trouve la main d'un homme) ils sont reconnus et mis au pouvoir de la justice. J'envoie aux personnes affligées un grand Homme noir, qui leur promet de les faire riches, s'ils se veulent donner à lui... Je ne fais paraître aux personnes ennuitées, qui rencontrent les sorciers allant au Sabbat, qu'une troupe de chats, dont le prince est Marcou. J'envoie tous les confédérés à l'offrande et leur présente à baiser le cul du Bouc, assis dessus une escabelle. Je les traite splendidement, mais avec des viandes sans sel. Je fais tout évanouir si quelque étranger, ignorant des coutumes, fait la bénédiction; et je le laisse dans un désert, au milieu des épines, à trois-cents lieues de son pays. ARIMANE (ou AHRIMAN. Prince des Ténèbres et chef des démons dans l'ancienne religion persane, Arimane qui constamment s'oppose à Oromaze, l'Eternel, finira par disparaître à jamais, à une époque d'ailleurs mal déterminée. Les Perses, écrit Plutarque, dans Isis et Osiris, racontent beaucoup de mythes au sujet de leurs dieux: « Oromaze, disent-ils, issu de la pure lumière, et Arimane, né de l'obscurité, sont en guerre l'un contre l'autre. Oromaze créa six dieux: le premier est le dieu de la bienveillance; le second celui de la vérité; le troisième celui de l'équité. Des trois autres, l'un préside à la sagesse, l'autre à la richesse, et le troisième enfin a le privilège de créer les agréables douceurs qui accompagnent les belles activités. Mais Arimane créa de son côté un nombre égal de dieux destinés à être comme les antagonistes de ceux qu'avait engendrés Oromaze. » Ces six mauvais génies sont: la pensée mauvaise, le feu destructeur, la flèche de la mort, l'arrogance de l'orgueil, la soif et la faim. » Toutefois, un temps marqué par le destin approche et le jour vient où Arimane, après avoir amené la peste et la famine, sera de toute nécessité absolument anéanti par ces fléaux, et disparaîtra » (Traduction de Mario Meunier, Paris, 1924). ASMODÉE. D'origine persane> ainsi que le prouve le Livre de l'A vesta où il se dénomme Aêshmadaêva, Asmodée (Asmodai pour les Hébreux), est le démon de la luxure, souvent confondu d'ailleurs avec Samaèl. Cruel et débauché, il sème la dissipation et l'erreur, et très jaloux des jolies filles auxquelles il s'intéresse plus que de raison, il s'efforce par tous les moyens d'empêcher leur mariage. Ainsi sacrifia-t-il les sept époux successifs de Sara, avant que Tobie ne l'ait définitivement expulsé en l'obligeant à respirer la fumée du fiel d'un poisson. Certains textes rabbiniques prétendent de leur côté qu'il parvint à détrôner le roi Salomon, mais que ce grand magicien, l'ayant vaincu à son tour, l'obligea à construire le temple de Jérusalem sans utiliser un seul instrument métallique. Car Asmodée est aussi un excellent géomètre, un astronome et un très fort mécanicien. Certains textes prétendent que l'archange Raphaél, lassé de surveiller Asmodée, alla l'emprisonner au fin fond de l'Egypte. Jean Wier dit aussi, dans sa Pseudomonarchia daemonum : « C'est un roi fort et puissant, qui a trois têtes : la première ressemble à celle du taureau, la seconde à celle d'un homme, la troisième à celle d'un bélier. Il a une queue de serpent, des pieds d'oie, une haleine enflammée. Il se montre à cheval sur un dragon, portant en main un étendard et une lance.» On sait qu'au XVIIe siècle, Asmodée vint posséder certaines religieuses, dont, notamment Madeleine Bavent et soeur Jeanne des Anges. Par la suite Lesage en fit un facétieux et inoffensif personnage du Diable boiteux. ASOURAS. Divinités infernales qui, dans la mythologie de l'Inde, s'opposent aux bienfaisantes Devas. ASPIC. Serpent venimeux souvent associé au basilic dans les conjurations contre les démons. ASTAROTH. Grand duc très puissant aux enfers. Il a la figure d'un ange fort laid, et se montre chevauchant un dragon infernal; il tient à la main gauche une vipère. Quelques magiciens disent qu'il préside à l'Occident, qu'il procure l'amitié des grands seigneurs, et qu'il faut l'évoquer le mercredi... (Wier, Pseudomonarchia daemonum.) ATTUKU. Démon qui, suivant une antique tradition babylonienne, a le pouvoir de déchaîner les vents, les tempêtes et les ouragans, à l'expresse demande des magiciens. AUTRUCHE. Monture favorite des démons, qui parfois empruntent sa forme, dans la plupart des pays arabes, l'autruche passait déjà dans la Bible pour un animal maléfique appelé à vivre dans les mines d'Edom, en compagnie des pélicans, des hérissons, des boucs, des chacals et des chiens sauvages (cf. Esaïe, XIII, 21 et XXXIV, 14). AVERSIER. Démon rendu responsable, à partir du XI~ siècle, des épizooties et des catastrophes agricoles se produisant dans le Périgord. AZAZEL. Démon auquel on faisait hommage d'un bouc émissaire, lâché dans le désert en expiation des péchés des Israélites "Le bouc emportera sur lui toutes les iniquités dans une terre désolée; il sera chassé dans le désert (Lévitique< XVI, 22). Dans l'Apocalypse d'Abraham, Azazel est tour à tour identifié au Serpent qui vint tenter Eve dans le jardin d'Eden, et au grand Dragon chargé de dévorer les réprouvés en enfer. Certains textes (Isaïe XIII, 21 et XXXIV, 14) en font le prince des animaux maléfiques vivant dans le désert et, notanunent, le souverain des boucs, D'autres prétendent qu'Azazel vole sans cesse autour de nous dans les airs, tandis que John Milton en fait dans son Paradis Perdu le premier porte-enseigne des armées infernales. Apocryphe de l'Ancien Testament, composé par plusieurs auteurs du Je au 11e siècle avant Jésus-Christ, le Livre d'Enoch évoque en ces termes la condamnation d'Azazel par l'Eternel qui, celle fois, l'exile totalement de notre univers «Et le Seigneur dit à Raphaèl : Lie les mains et les pieds d'Azazel et jette-le dans les ténèbres Creuse un trou dans le désert de Dudael et jette-le dedans Déverse des pierres pointues sur lui et recouvre-le de ténèbres Laisse-le habiter là à jamais et couvre son visage pour qu'il ne voie pas la lumière Au jour du grand jugement il sera jeté dans la géhenne de feu. La terre entière a été défigurée par les oeuvres savantes d'Azazel, Impute-lui tous les péchés .