LES CREATURES INFERNALES KÉRES. En Grèce ancienne, petites créatures ailées et malfaisantes, qu'on identifie aux maladies, à la vieillesse et à la mort. Sorties de l'urne de Pandore (Hésiode, Travaux, 83-95), on les rapprocha des Moires, les Parques latines. KÉRICOFF. Démon des lacs, très redouté en Russie. Il bat les flots de ses pieds de cheval à travers les tempêtes, élève des trombes et, de ses grandes mains noires, fait sombrer les barques. Il poursuit ensuite le marin qui cherche à se sauver sur une planche ou sur un tonneau et, si l'infortuné se retourne, il voit la grosse tête humaine du mauvais esprit (Collin de Plancy, Dictionaafte, 1863). KILCROPS. Enfants nés d'une femme et d'un démon incube. Sprenger les dénomme enfants changés et Bodin rocots. La tradition veut qu'ils soient maigrichons, qu'ils hurlent quand on les touche, qu'ils rient si un malheur survient. Ils ne vivent pas plus de sept ans, selon Boguet, mais tarissent plusieurs nourrices. KLEUDDE. Lutin fréquentant tes pays de Flandre et de Brabant, Kleudde, d'après une notice établie par Jules de Saint-Genois, parue dans le Journal des Flandres vers 1840, apparait comme un être malfaisant, < qui a les regards du basilic et la bouche du vampire, l'agilité du follet et la hideur du griffon. Il aime les nuits froides et brumeuses, les prairies désertes et arides, les champs incultes et blanchis par les os de morts, les arbres frappés de la foudre, l'if et le cyprès ; il se plaît au milieu des ruines couvertes de mousse; il fuit les lieux saints où reposent des chrétiens; l'aspect d'une croix l'éblouit et le torture : il ne boit qu'une eau verte croupissant au fond d'un étang desséché; le pain n'approche jamais de ses lèvres... Son rire est semblable à celui des damnés; son cri rauque et indéfinissable fait tressaillir jusqu'au fond des entrailles; Kleudde a du sang de démon dans les veines... Au dire des campagnards, ce lutin est un véritable protée, prenant les formes les plus diverses, les plus bizarres... Selon les circonstances, Kleudde se change en chat, en crapaud, en chauve-souris, en tout autre animal. Les paysans prétendent pouvoir reconnaitre son approche à deux petites flammes bleues qui vacillent et s'avancent en sautillant, mais toujours en ligne droite; ces petites flammes sont les prunelles de ses deux yeux... KOBAL Démon perfide qui mord en riant, directeur général des farces de l'enfer, peu joyeuses sans doute (sic); patron des comédiens (Collin de Plancy, Dictionnaire, 1863). KOBOLDS. Plus proche des lutins que des cobales, dont il n'a pas toute la gentillesse, le kobold se présente, en général, sous la forme d'un nain rabougri, portant un bonnet rouge et un vêtement bariolé. » Honoré par les valets, les servantes et les cuisinières de l'Allemagne, écrit l'abbé Migne, en transcrivant un texte anonyme, il leur rend de bons offices ; il étrille leurs chevaux, il lave la maison, tient la cuisine en bon ordre et veille à tout. Qu'on ne s'avise pas de le négliger. Si c'est une cuisinière, rien ne lui réussit; elle se brûle dans l'eau bouillante; elle brise la vaisselle; elle renverse ou gâte les sauces ; et quand le maître du logis la gronde, elle entend le kobold rire aux éclats derrière elle. S'il a reçu quelque insulte, la scène devient plus tragique, il verse dans les plats du poison ou du sang de vipère; quelquefois même il tord le cou à l'imprudent valet qui l'a harcelé.» KORRIGANS. Du breton korrig (petit être, nain). Dans les légendes du folklore breton, les korrigans sont de petits êtres, tantôt bienfaisants, tantôt malfaisants, qui parcourent les landes et dansent autour des menhirs, (Voir: farfadets, gnome, kobold, lutins.)