LES CREATURES INFERNALES MADAN. Esprit élémentaire d'origine hindoue, qui cherche à faciliter les opérations maléfiques des sorciers, en soulevant des poids considérables, en vampirisant certains individus, en pratiquant la lévitation. Les Madans, déjà connus des Chaldéo-Assyriens, sont très musclés, très poilus et très gloutons. Nous avons vu, écrit Bosc, « de nos yeux vu, ce qu'on appelle vu, dans des séances psychiques, des bras énormes de Madan-Poruthou, nous avons touché leurs mains, qui ne mesuraient pas moins de 48 à 50 centimètres et qui étaient recouvertes de poils rudes et longs de 2 à 3 centimètres » (Glossaire, p. 150). En somme ces esprits hyper-douès se rapprocheraient des Yétis, ou hommes des neiges, mystérieux autant que redoutables. MAGE.- Chez les Mèdes et les Perses de jadis : membre de la caste sacerdotale, répandant la doctrine de Zarathoustra (Zoroastre);- A Rome : astrologue originaire d'Asie Mineure, héritier des prêtres babyloniens- Aujourd'hui: magicien, au sens large donné à ce terme. MAGISTELLUS. Démon incube ou succube associé â un sorcier ou à une sorcière. Appelé aussi Familier. "Le petit Maître , surnom parfois donné au Diable. MAHONIN. Démon de la troisième hiérarchie, du second ordre des archanges, qui, à l'instigation d'un moine qui désirait jouir de ses faveurs, s'en alla posséder une dame de la noblesse le 19 novembre 1618 « Interrogé de l'autorité de qui il était entré dans ce corps et qui lui avait commandé, a dit que c'était un certain Religieux que je tais pour l'honneur de son Ordre... « Interrogé à quelle intention et à quelle fin il l'avait mis en ce corps, a répondu que c'était afin de pouvoir jouir de ladite Dame... « (Bibliothèque nationale. Collection des Canards, n0 437). MALICORNE. Mauvaise fée. MALPHAS. Grand président des enfers, qui apparaît ous la forme d'un corbeau. Quand il se montre avec la Lgure humaine, le son de sa voix est rauque; il bâtit des citadelles et des tours inexpugnables, renverse les remarts ennemis, fait trouver de bons ouvriers, donne des sprits familiers, reçoit des sacrifices et trompe les acrificateurs; quarante légions lui obéissent (Collin de lancy, Dictionnaire, 1863). MAMA ONEMA. Sorcière africaine personnellement ana- bée au service du "général Nicolas Olenga, qu'elle evait abandonner en février 1965, Mama Onema prétenait rendre invisibles les rebelles du Congo ex-belge, en ~s baptisant avec l'eau Mulele, qui écartait d'eux les alles ennemies. Munie de ses instruments magiques, ~n intervention au-devant des troupes suffisait pour btenir la reddition des villages, voire des villes. MAMMON. Démon de l'avarice, des richesses et de iniquité. On lui adjoint parfois le Veau d'or et on le ipproche aussi de Moloc. Milton dit qu'il fut le premier apprendre aux hommes le moyen de fouiller le sol pour découvrir les métaux précieux et les trésors cachés. Les ourses de valeurs mobilières sont aujourd'hui encore s sanctuaires préférés de Mammon. MARA. Démon du panthéon hindou, parfois assimilé à la Mort, en tant que destructeur, venu tenter le futur ouddha en compagnie des ravissantes et luxurieuses apsaras. MARAT. "Monstre qui éclata chez nous en 1793 et qui etait sans doute un démon incarné, probablement le imon du massacre; au moins il en était possédé, et il ait Prussien. A sa mort on lui rendit un culte à Paris. Un buste était sur une sorte d'autel à la place du carrousel, et les passants devaient lui faire hommage en mettant à genoux devant sa figure. De plus, on lui leva une chapelle dans son club, et on se recommandait à ce lieu au "coeur de Marat "... Il est vrai que peu de temps après, on jeta son buste et ce qui restait de lui dans égout de la rue Montmartre» (Collin de Plancy, Dictionaire infernal, Paris, 1863). MARCHOCIAS. Grand marquis des enfers. Il se montre us la figure d'une louve féroce; avec des ailes de griffon et une queue de serpent; sous ce gracieux aspect marquis vomit des flammes. Lorsqu'il prend la figure imaine, on croit voir un grand soldat. Il obéit aux exorcismes, est de l'ordre des Dominations et commande maintes légions (Wier, Pseudomonarchia daemonum). MASTEMA. Démon d'origine hébraïque, souvent confondu avec Bélial et Satan, qui, suivant le Livre des bilés, serait le maître d'un dixième des mauvais esprits, les autres se trouvant toujours enchaînés dans le Lieu de la condamnation ". MINOS. Souverain mythique de la Crête, célèbre pour son impartialité. Juge aux Enfers, il y rend ses verdicts en compagnie d'Eaque et de Rhadamanthe. MOLOC (ou MOLOCH). Cruelle idole des Phéniciens et des Carthaginois, identifiée à Baal puis à Saturne, à qui l'on sacrifiait vivants d'innombrables enfants, afin d'obtenir d'abondantes récoltes ou des succès guerriers. Représenté sous la forme d'un homme à tête de taureau, Moloch, d'après Diodore de Sicile, abaissait ses deux bras vers les victimes et les projetait à l'intérieur de la fournaise lui tenant lieu de ventre. Les prêtres étouffaient les cris des enfants en jouant d'instruments bruyants autour de sa statue d'airain, fort bien décrite par Gustave Flaubert, dans Salammbô. Par la suite, John Milton devait identifier Moloch à un démon, dans ce passage extrait du Paradis Perdu : Le farouche Moloch a quitté son idole Qu'a brûlée un feu dévorant; Sur elle un malheureux enfant Ne redoute plus qu'on l'immole. En vain les sectateurs de ce dieu tout de sang Sur la fournaise encor l'appellent en dansant, De sa fuite à jamais le monde se console. Enfin, les dieux du Nil, Osinis, Anubis, Ont cessé de régner sur ses bords affranchis Où d'un Dieu plus clément doit tonner la parole (trad. Albert de Montémont). MOUCHE. Insecte diptère brachycère, de la famille des muscidés, qui, aux yeux des théologiens et des démonologues, symbolise Belzébuth: "le seigneur des mouches ". La présence attestée dans diverses affaires, d'une mouche volant autour des condamnés pour sorcellerie, signifiait que ce démon s'était emparé de leur âme. Voyant que l'on ne pouvait rien tirer d'un certain Pautier, l'exécuteur de Justice enfin l'étrangla et c'est alors que » l'on vit de dessus son épaule droite, proche de l'oreille, son Démon en forme d'un moucheron de la grosseur d'une noix, qui passant sur la potence en sifflant, traînant une petite queue après lui en forme de fumée, où l'exécuteur le voyant eut comme frayeur, et cria Jésus Marie, la potence venant à trembler, ce qui fut vu par plus de deux mille personnes » (Discours de trois sorciers exécutés à mon en la ville de Limoges, le 24 avril 1630). Un phénomène identique se reproduisit, parait-il, lors de la mort d'Urbain Grandier: "Un moine, qui avait lu, dans le concile de Quières, que les diables se trouvent toujours à la mort des hommes pour les tenter, et qui avait ouï dire que Béelzébuth signifiait en hébreu "le dieu des mouches », cria tout aussitôt que c'était le diable Béelzébuth qui volait autour de Grandier pour » emporter son âme en enfer » (Vie du Père Joseph). (Voir: Belzébuth, Faune diabolique, Urbain Grandier.) MULLIN. Démon d'un ordre inférieur, premier valet de chambre de Belzébuth (Collin de Plancy, Dictionnaire, 1863).Pour sa part, Pierre De Lancre considérait Maître Jean Mullin, président des petits sabbats (ou esbats), comme un » Diable notable » dont l'existence romancée nous a été transmise par Pierre Mac Orlan dans le Nègre Léonard et Maître Jean Muiin (Paris, 1920). MURMUR. Grand duc et comte de l'empire infernal, démon de la musique. Il paraît sous la forme d'un soldat monté sur un vautour et accompagné d'une multitude d e trompettes ; sa tête est ceinte d'une couronne ducale ; il marche précédé du bruit des clairons. Il est de l'ordre des Anges et de celui des Trônes (Wier, Pseudomonarchia daemonum).