LES CREATURES INFERNALES NABÉRUS. Appelé aussi Nebiros, marquis du sombre empire, maréchal de camp et inspecteur général des années. Il se montre sous la figure d'un corbeau; sa voix est rauque; il donne l'éloquence, l'amabilité et enseigne les arts libéraux. Il fait trouver la main de gloire ; il indique les qualités des métaux, des végétaux, et de tous les animaux purs et impurs ; l'un des chefs des nécromanciens, il prédît l'avenir. Il commande à dix-neuf légions (Wier, Pseudomonarchia daemonum). NECTANEBO. Pharaon de la XXX» dynastie, connu pour avoir commencé les travaux de construction du temple de Philae, Nectanebo Il (359-350 av. J-C.) passait aux yeux de ses contemporains pour un puissant magicien capable et de pratiquer l'envoûtement par les figures de cire, et d'animer des êtres vivants artificiels. » L'emploi des figurines » Ushabti », doubles du mort, etc., est (mais comme magie bénéficiente) apparenté à ces pratiques; la technique de la création d'» homunculi » par insufflation de » pneuma » et insertion d'un mot magique écrit dans la poupée de glaise a passé telle quelle dans la Kabbale hébraïque par le Séphèr Iétzirah ou livre de la Création, et a été la source des légendes de création d'homunculi au Moyen Age, spécialement de tout le cycle du » Golem » à Prague » (Matyla Ghyka, le Nombre d'Or, tome 1, pp. 154-155). NÈGRE (Le grand). Appellation familière et manichéenne du Diable, dont la couleur sombre, comme ses desseins, s'oppose à la blancheur des anges célestes, (Voir : Surnoms du Diable.) NEMBROTH. Un des esprits que les magiciens consultent. Le mardi lui est consacré et on l'évoque ce jour-là il faut, pour le renvoyer, lui jeter une pierre; ce qui est facile (Collin de Plancy, Dictionnaire, 1863). NERGAL. Démon de second ordre, chef de la police du ténébreux empire, premier espion de Belzébuth sous la surveillance du grand justicier Lucifer... (Collin de Plancy, Dictionnaire, 1863). NETON (ou NUITON). Terme d'origine inconnue, dont la forme la plus ancienne est luiton ou nuiton, assimilable à lutin et mieux encore à incube : démon qui vient la nuit tourmenter les hommes, ou leur procurer des sensations libidineuses. » La forme nuiton, écrit Littré, a suggéré l'étymologie de nuit; de sorte que les lutins seraient les démons de la nuit; la transformation d'un en autre n'est pas impossible... » NYBLAS. Démon d'un ordre inférieur, grand parasite de la cour infernale. Il a aussi l'intendance des visions et des songes. On le traite avec assez peu d'égards, le regardant comme bateleur et charlatan (Collin de Plancy, Dictionnaire, 1863). NYMPHES. Au sens étymologique : jeunes filles, puis divinités des sources, des bois et des montagnes, dans le panthéon gréco-latin, capables d'après un calcul d'Hésiode, repris par Fontenelle (Oracles, 1, 6), de vivre 9 720 années, et d'avoir des rapports sexuels avec les humains. Dieu permet que les nymphes non seulement soient vues de certains hommes, mais encore entretiennent des relations avec eux et en aient des enfants. Ces enfants sont de race humaine parce que le père, étant homme et descendant d'Adam, leur donne une âme qui les rend semblables à lui. Et je crois que la femelle qui reçoit cette âme est, comme la femme, rachetée par le Christ. Nous ne parvenons au royaume divin qu'autant que nous communiquons avec Dieu. De même, cette femelle n'acquiert une âme qu'autant qu'elle connaît un homme. Le supérieur, en effet, communique sa vertu à l'inférieur. Ces êtres recherchent notre amour pour s'élever, comme les païens recherchent le baptême pour acquêt une âme et renaître avec le Christ', écrit Paracelse. Montfaucon de Villars ajoute que les nymphes sont très jalouses de leurs prérogatives et de l'amour qu'on est censé leur porter: «Un Philosophe, avec qui une Nymphe était entré en commerce d'immortalité, fut assez mal-honnête homme pour aimer une femme; comme il dînait avec sa nouvelle maîtresse et quelques uns de ses amis, on vit en l'air la plus belle cuisse du monde; l'amante invisible voulut bien la faire voir aux amis de son infidèle, afin qu'ils jugeassent du tort qu'il avait de lui préférer une femme. Après quoi la Nymphe indignée le fit mourir sur l'heure... « (Le Comte de Gabalis ou Entretiens sur les sciences secrètes). Pour l'abbé Migne, comme pour tous les théologiens, les nymphes ne sont, en fait, que des démons femelles : «Ce qui prouve que ce sont bien des démons, c'est que les Grecs disaient qu'une personne était remplie de nymphes pour dire qu'elle était possédée des démons «(Dictionnaire des Sciences Occultes, tome Il, 1848). NYSROCK. Démon du second ordre, chef de cuisine de Belzébuth, seigneur de la délicate tentation et des plaisirs de la table (Collin de Plancy, Dictionnaire, 863).