LES CREATURES INFERNALES OGRES. Géants légendaires dont on retrouve la trace notamment dans l'Odyssée d'Homère (Polyphème n'est rien d'autre qu'un ogre), les Mille et une Nuits, le folklore lithuanien (avec Bolivorax), les Contes de Perrault, et l'histoire de Minski, dans la Juliette, de Sade. L'ogre du « Petit Poucet « apparaît essentiellement comme un gros mangeur soucieux de nourrir sa nombreuse famille, mais ses filles promettent d'ajouter la cruauté à la voracité : « Elles avaient toutes le teint fort beau, parce qu'elles mangaient de la chair fraîche comme leur père... Elles n'étaient pas encore fort méchantes, mais elles promettaient beaucoup, car elles mordaient déjà les petits enfants pour en sucer le sang. « Stryges et sorcières n'agissaient point autrement... Minski, l'Ermite de l'Apennin, qui lui-même se qualifie de monstre vomi par la nature, a depuis longtemps franchi le pas. Ce centaure au visage effrayant, aussi féroce que débauché, vante en ces termes sa passion morbide pour la chair humaine:« J'ai quarante-cinq ans, mes facultés lubriques sont telles, que je ne me couche jamais sans avoir déchargé dix fois. Il est vrai que l'extrême quantité de chair humaine dont je me nourris, contribue beaucoup à l'augmentation et à l'épaisseur de la matière séminale. Quiconque essayera de ce régime, triplera bien sûrement ses facultés libidineuses, indépendamment de la force, de la santé, de la fraîcheur qu'entretiendra cette nourriture en lui...Le terme Ogre viendrait par altération du mot grec Orkos, rappelant le serment par le Styx, et aurait donné en latin Orcus : dieu infernal assimilé à la Mort. On disait "Vaillant comme Orcus» (fortis tan quam Orcus, Pétrone, Satiricon, ch. 42), devenu chez nous: Fort comme un ogre ».Les ogres n'ont jamais existé en tant que tels, mais il les faut rapprocher des