LES CREATURES INFERNALES PAYMON. L'un des rois de l'enfer. S'il se montre aux exorcistes, c'est sous la forme d'un homme à cheval sur un dromadaire, couronné d'un diadème étincelant de pierreries, avec un visage de femme. Deux cents légions partie de l'ordre des Anges, partie de l'ordre des Puissances lui obéissent.,. (Wier, Pseudomonarchia daemonum). PAZUZU (Le). Démon babylonien assimilé au vent du sud-ouest, semant la malaria sur son passage » Moi, je suis Pazuzu, fils de Hanpa roi des mauvais esprits de l'air, qui sort des montagnes, violemment, en faisant rage» (F. Thureau-Dangin, Rituel et Amulettes contre Labartu p. 190). Une statuette talisman en bronze, datée du vue siècle av. J-C. et conservée au Musée du Louvre, représente cet ancêtre des démons romano-gothiques sous la forme d'un être décharné, aux côtes saillantes, muni de deux paires d'ailes, de serres et d'un visage déformé par un rictus effrayant. PÉHOR. Incube particulièrement lascif qui dans les Histoires magiques de Rémy de Gourmont (Paris 1912), séduit la jeune Douceline, fervente adepte du culte du Sacré-Coeur et des plaisirs solitaires. Péhor revint se loger dans l'habitacle secret des impuretés consenties, et Douceline se sentait ravagée par des caresses douloureuses des effleurements lents d'orties, des promenades vives de fourmis dans la turgescence presque putride de son sexe mûri jusqu'à craqueler comme une figue...» Et fortement imbu des théories dénonçant le danger mortel de la masturbation Rémy de Gourmont conclut : Péhor montait. En passant il enfonça ses griffes dans le coeur de Douceline, il déchira en s'y accrochant les trous d'éponge du poumon puis le cou se gonfla comme un serpent qui revomirait sa proie engluée et de larges bavures de sang jaillirent de l'ignominie d'un hoquet d'ivrogne. Elle respira évanouie presque les yeux clos les mains ramant parmi les vagues molles du naufrage, qui emportait la damnée aux abîmes... Un baiser d'excrémentielle purulence s'appliqua sur ses lèvres exactement et l'âme de Douceline quitta ce monde bue par les entrailles du démon Péhor.» PHÉNIX. Grand marquis des enfers. Il paraît sous la forme d'un phénix avec la voix d'un enfant; avant de se montrer à l'exorciste, il rend des sons mélodieux. Il faut au contraire se boucher les oreilles quand on lui commande de prendre la forme humaine. Il répond sur toutes les sciences. C'est un bon poète, qui satisfait en vers à toutes les demandes. Après mille ans, il espère retourner au septième ordre des Trônes. Vingt légions lui obéissent (Wier> Pseudomonarchia daemonum). PHILOTANUS. Démon du second ordre partisan comme son nom l'indique expressément du coït anal; qui assiste Bélial chaque fois qu'il faut inciter les humains à commettre le grave péché de sodomie. PICOLLUS. Démon révéré par les anciens habitants de la Prusse qui lui consacraient la tête d'un homme mort et brûlaient du suif en son honneur. Ce démon se faisait voir aux derniers jours des personnages importants. Si on ne l'apaisait pas> il se présentait une seconde fois ; et lorsqu'on lui donnait la peine de paraître une troisième, on ne pouvait plus l'adoucir que par l'effusion du sang humain. Lorsque Picollus était content, on l'entendait rire dans son temple ; car il avait un temple (Collin de Plancy, Dictionnaire> 1863). PLUTON. Souverain des Enfers antiques qui devint pour les démonologues le Prince du Feu, gouverneur général des pays enflammés, surintendant des travaux forcés des damnés. POLTERGEIST. «Esprit qui produit des bruits «. Luther utilise ce mot en allemand; Catherine Crowe l'emploie pour la première fois en anglais en 1848 et le médium Eléonore Zugun le popularisera en adoptant le surnom de « fille de Poltergeist ». Cet esprit bruyant traduit la réalité des maisons hantées par des esprits mauvais. Ses principales manifestations sont : l'émission de bruits divers (par exemple : le Tambourinaire de Tedworth, en 1662); les jets de pierres ou Lithobolie (Tite-Live cite déjà le cas). Saint Augustin dut envoyer un prêtre pour faire cesser des manifestations semblables dans une maison hantée du district d'Hippone. Saint Cyrien et saint Césaire purifièrent des maisons hantées par des lémures; la télékinésie d'objets, parfois suivie de leurs bris (Cruikshank a illustré la lévitation du « valet persécuté « de Lord Orrery, dont parle Walter Scott); les accidents divers et les incendies. Presque toujours des enfants ou des jeunes filles plus ou moins hystériques sont à l'origine de ces manifestations. Les affaires, compliquées de sorcellerie, les plus connues sont :l'apparition du diable de Glenluce (1654), avec le jeune Thomas Campbell; le tambourinaire de Tedworth (1662) qui se montrait à deux jeunes filles; le démon lanceur de pierres de Great Island (Newcastle), en 1682; les attaques de Satan contre Mary Hortado, à Salmon Falls (Etats-Unis), en 1682; les apparitions d'esprits en Ecosse en 1697, en Islande en 1711, à Cideville (Normandie) de 1849 à 1851. On pourra consulter utilement au sujet de ces phénomènes : Haunted People, de H. Carrington et N. Fodor (New York, 1951) et les nombreux cas collationnés dans les volumes 4, 7,12,18 et 25 des Proceedings of the Society for Psychological Research (Londres). PRUFLAS. Grand prince et grand duc de l'empire infernal... Il excite les discordes, allume les guerres, les querelles et réduit les gens à la mendicité; il répond avec profusion à tout ce qu'on lui demande; il a vingt-six légions sous ses ordres (Wier> Pseudomonarchia daemonum). PURSAN. Grand roi de l'enfer. Il apparaît sous la forme humaine, en costume du temps, avec une tête qui rappelle le lion... En prenant la forme d'un homme il est aérien; il est le père des bons esprits familiers. Vingt-deux légions reçoivent ses ordres (Wier, Pseudomonarchia daemonum).