LES CREATURES INFERNALES GADREL. Nom de l'archange rebelle qui, d'après le Livre och (ch. 68, 7), vint sur terre pour séduire Eve. GALIPOTE (ou GANIPOTE). Animal nocturne aussi effrayant que mal défini qui, depuis la Vendée jusqu'à la Gironde, guette, sur un arbre perché, les voyageurs attardés qu'il assaille et étrangle. Avatar local de la «maie bête» (J-P. Clébert), la galipote a souvent été assimilée au loup-garou. L'expression : «courir la galipote signifie, d'ailleurs, courir la campagne à l'instar d'un loup-garou. On retrouve enfin les deux premières lettres de galipote dans GALOUP, synonyme de loupgarou. GARWALLS. Créatures fabuleuses, tenant de l'ogre et du loup-garou, qui faisaient régner jadis la terreur dans les forêts GELLO (ou GILO). Sorcière qui, au VI siècle ap. J-C., avait pris l'habitude d'enlever et de dévorer les jeunes enfants. On prétend qu'elle avait même enlevé le petit empereur Maurice, mais qu'elle ne put lui faire aucun mal, ses parents ayant eu le soin de le munir d'amulettes. « Son fantôme, écrit l'abbé Migne, errait dans l'île de Lesbos, où, comme elle était jalouse de toutes les mères, elle faisait mourir dans leur sein les enfants qu'elles portaient, un peu avant qu'ils fussent à terme « (Dictionnaire des Sciences Occultes, d'après Martin Del Rio qui, pour sa part, qualifie Gello de spectre). GÉNIES FAMILIERS. Beaucoup de personnages illustres ont été accusés d'avoir suivi les conseils de démons (ou de génies) familiers. Parmi eux, il convient de citer Socrate, Numa Pompihius, Cicéron, Apulée, Scaliger, César Borgia, Corneille Agrippa, Jérôme Cardan, Cecco d'Ascoli, Benedetto Berna, l'astrologue Thomasin, Antoine de Torquemada, Lescot, devin de Parme, le maréchal Fabert, le roi de France Henri III, les papes Benoît IX et Alexandre VI, l'empereur Napoléon et George Washington. GERYON. Géant auquel les poètes de l'Antiquité - dont Virgile (Enéide, VIII) - donnèrent trois corps; qui nourrissait ses troupeaux de boeufs bruns de chair humaine, et dont Hercule mit fin aux cruautés. Dante devait en faire l'un des gardiens de son Inferno (Chant XVII), lui gardant ses trois corps, mais munissant la bête d'une queue aiguisée : "Sa face était celle d'un homme juste, tant elle avait extérieurement un aspect bénin, et tout le reste du corps était celui d'un serpent; elle avait deux pattes velues jusqu'aux aisselles, le dos, la poitrine et les deux flancs peints de noeuds et de taches rondes. Ni Turcs, ni Tartares, ne firent jamais étoffes plus chargées de couleurs avec plus d'arabesques et de reliefs, et jamais Arachné ne tissa de pareilles toiles « (trad. A. Masseron). Comme beaucoup d'autres géants, Geryon est l'image vivante de la fraude. GNOME. Du grec gnômé (intelligence). Nom désignant les petits génies hideux et difformes qui, selon les cabahistes, habitent les profondeurs de la Terre. GOBELINS (ou GOUBLINS). Lutins qui, à l'instar des démons familiers, se cachent dans les recoins des maisons, mais se font connaître afin qu'on les nourrisse de mets délicats et variés. « On dit que la manufacture des Gobelins doit son nom à quelques follets qui, dans l'origine, venaient travailler avec les ouvriers et leur apprendre à faire de beaux tapis « (Colhin de Plancy, Dictionnaire Infernal, édit., 1825). GOGUELINS. Esprits familiers qui, suivant des superstitions maritimes, fréquentent la cale et l'entrepont des navires. Goguelin serait une déformation de Gobelin, du bas latin Gobelinus. GOLEM. Selon plusieurs textes, le Rabbi Judah Loew ben Bezabel aurait réalisé au XVI~ siècle, dans le ghetto de Prague, l'animation d'une statue d'argile rouge, sorte d'homunculus dont avaient rêvé Faust et Paracelse. Il l'anima, tel le créateur, car il connaissait le nom secret de Dieu, Emeth, qu'il inscrivit sur le front de la statue. Déjà, dans les écrits d'Eléazar de Worms, au XI~ siècle, on trouve des recettes pour créer ce Golem qui, à l'origine, ne s'animait que pendant les phases d'extase des rabbins les plus saints. Le Rabbi Loew aurait donc réussi un miracle, l'égalant à Dieu. Au XVI~ siècle également, Ehisée de Chelm aurait réalisé un autre Golem qui grandit jusqu'à devenir gigantesque. Mongobide, atteint de strabisme, imberbe, mais violent, le monstre écartait ou massacrait les assaillants qui osaient s'en prendre à la communauté juive. Mais soit que Chelm ait oublié de lui retirer le nom divin, soit qu'il ait été dépassé par son invention, il vit un jour le Golem s'échapper et terroriser des villes entières. Il dut se résigner à le détruire, mais une légende prétend qu'il reparaît toujours menaçant tous les trente-trois ans. (Gustave Meyrink a écrit un roman intitulé le Golem, et ce dernier a connu aussi les honneurs du cinéma). GORGONES. Trois soeurs, monstres femelles: Méduse, Euryale et Sthéno, qui, dans l'Antiquité grecque, habitaient « au-delà de l'Océan à la frontière de la Nuit (Hésiode, Théogonie, v. 274). Images d'épouvante dont la plus redoutable, Méduse, transformait en pierres les hommes qui la regardaient (d'où le verbe méduser). Le héros Persée en triompha. Il offrit sa tête, aux cheveux de serpents, à la déesse Athéna qui, la plaçant sur son bouclier, en fit l'Egide. Les Grecs modernes voient dans les gorgones des diablesses redoutables. GOULES. Dans les superstitions orientales (la tradition rabbinique parle de Choies ou spectres se nourrissant de sang humain), sorcière ou « vampire « suçant le sang des vivants ou déterrant de nuit des cadavres pour dévorer leur coeur. On rencontre de fréquentes allusions aux goules dans les poèmes d'Horace et dans les Mille et une Nuits. GRESIL. L'un des trois démons qui, au XVII siècle, s'en vint posséder Louise Capeau, à Saint-Maximin. (Voir: Aix-en-Provence, Gaufridy.)