Centre d'Études et de Recherches

sur les Phénomènes Inexpliqués

L'origine chrétienne des vampires


Ce dont nous parlerons ici, à propos de l'origine des vampires ne concerne pas la théorie chrétienne mais bien "une" théorie chrétienne. Elle nous vient en droite ligne du film "Dracula 2000" qui eut son brin de succès sans pour autant en faire un chef d'oeuvre impérissable.

Le film commence sur un mode mineur avec la visite de cambrioleurs qui s'imaginent pouvoir dérober des tableaux de grande valeur mais ne trouvent en fait qu'un coffre-fort. Ils croient néanmoins y trouver quelque précieux objet et ne font finalement que libérer Dracula que le célèbre Abraham Van Helsing, après une âpre lutte, avait réussi à vaincre et à placer là pour l'empêcher de nuire. Le monstre est lâché dans la Nouvelle Orléans !

Évidemment, comme ses prédécesseurs homologues, il ne résistera ni aux charmes des créatures féminines vampirisables ni à la chasse impitoyable dont il fera l'objet, mais les détours du film ne nous intéressent pas en l'occurrence. L'idée la plus intéressante du film repose justement dans les origines du monstre sanguinaire. Qui était-il avant de devenir un vampire et comment l'est-il devenu ?

Dans le cas présent, on nous propose une solution pour le moins inattendue : Dracula était jadis Judas Iscariote, le tristement célèbre disciple félon du Christ, ce qui avait valu la croix à Jésus. Fidèlement aux écritures, on nous raconte que, pris de remords incoercibles, le traître n'avait pas tardé à se pendre ce qui, en plus, le condamnait déjà pour l'éternité si l'on en croit les principes chrétiens d'il y a peu encore, comme si l'on devait s'attendre à une sympathie particulière à son égard venant des grandes instances divines ! (En réalité, ce sujet fait débat car, bien sûr, Judas est à l'origine d'abominables souffrances endurées par le Christ et disciple infidèle de son maître de surcroît. Mais ce dernier connaissant l'avenir et ne se privant d'ailleurs pas de le suggérer lors du célèbre repas participait au "plan" établi en haut lieu et destiné à libérer l'humanité de ses péchés. Aussi répugnants soient-ils, Judas ne faisait somme toute que suivre le rôle et les implications que celui-ci exigeaient de lui, selon la volonté divine ! Faudrait donc savoir ce qu'on veut !)

Condamné, Judas allait l'être sans conteste et bien au-delà de tout ce que l'on pouvait imaginer puisque la sentence le poursuivrait tout au long des millénaires, dans une immortalité qui serait surtout un fardeau, obligé de vivre dans la clandestinité, poursuivi sans trêve, en proie à l'obligation de se nourrir de sang ou d'autres expédients beaucoup moins agréables encore, dans l'interdiction de voir encore la lumière du soleil sans subir une torture sans nom. Bien sûr, Judas allait "vivre" dans la haine de tous les objets religieux, ceci expliquant cela... (Oui, mais la même remarque que précédemment subsiste à nos yeux. Et finalement, la sentence est d'une cruauté terrible car vivre dans ces conditions est déjà un enfer ! Mais pourquoi donc les malheureuses personnes vampirisées à leur tour devraient-elles subir le même châtiment ? Et, une fois définitvement "retirées de la circulation", Judas et ses victimes sont-ils (elles) condamnées à l'enfer éternel ? Ne semblerait-il y avoir là une certaine injustice sous la forme de doubles peines ?)

Une théorie comme une autre, purement cinématographique et sans grand intérêt ? Disons que cette hypothèse a au moins le mérite de l'originalité et de présenter un point de départ potentiel, quoique très discutable. Une théorie farfelue ? C'est à voir car personne ne sait en fait ce qu'il est réellement advenu de Judas Iscariote après les événements et surtout après sa mort. On peut bien sûr s'imaginer le pire à son égard.

Mais qu'en pensent les chrétiens ? Dans le contexte actuel, il est assez difficile de se prononcer étant donné que la découverte des manuscrits de Nag Hammadi a remis pas mal de choses en question et que l'on en est venu à émettre l'hypothèse que Judas était grandement apprécié par Jésus. Ce dernier considérait son rôle comme très important malgré l'issue fatale que cela amènerait parce que cela procédait des écritures, des prophéties, que les choses devaient se passer ainsi. Dans cette optique (cf. Le testament de Judas) le célèbre traître était un moyen d'une utilité incommensurable et ne pouvait donc pas être châtié. Il reste le problème de la pendaison (les chrétiens sont (étaient, car ce point semble avoir été abrogé) supposés ne pas pouvoir se donner la mort), mais personne n'oserait avancer sérieusement que tous les suicidaires deviennent des vampires !

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