Centre d'Études et de Recherches

sur les Phénomènes Inexpliqués

A propos de l'AARO


L’AARO (All-domain Anomaly Resolution Office, ou Bureau de résolution des anomalies tous domaines en français) est l'organisme officiel du département de la Défense des États-Unis (Pentagone) chargé d'enquêter sur les objets volants non identifiés (OVNI). Renommés scientifiquement Phénomènes Anormaux Non Identifiés (PANI) ou Unidentified Anomalous Phenomena (UAP), ces événements regroupent désormais les anomalies détectées dans l'air, dans l'espace, sous l'eau ou transitant entre ces milieux.

Origine et création

L'AARO a été officiellement fondé le 20 juillet 2022 en vertu de la loi sur l'autorisation de la défense nationale (NDAA). Sa création fait suite à une prise de conscience des autorités américaines quant aux risques de sécurité nationale liés à des incursions inexpliquées dans les espaces aériens militaires.
L'agence succède à plusieurs structures temporaires ou secrètes :
• Le programme AATIP (Advanced Aerospace Threat Identification Program).
• La UAPTF (Unidentified Aerial Phenomena Task Force), active entre 2020 et 2021.
• Le groupe AOIMSG, qui a brièvement précédé la structure finale de l'AARO.

Les objectifs et missions

L'objectif principal de l'AARO n'est pas de prouver l'existence d'une vie extraterrestre, mais de centraliser, standardiser et analyser les rapports de phénomènes inexpliqués afin d'écarter toute menace technologique étrangère (notamment les drones espions avancés de puissances rivales).
Le bureau concentre ses efforts sur quatre axes majeurs :
1. La collecte unifiée : Harmoniser les rapports provenant de l'armée, du FBI, de la CIA et de la NASA.
2. L'approche scientifique : Utiliser des données multi-capteurs (radars, optique, infrarouge) pour analyser rigoureusement chaque cas.
3. Le traitement trans-domaines : Suivre les objets capables de se déplacer de manière fluide entre l'espace, l'atmosphère et les océans.
4. La transparence publique : Mettre à disposition des rapports déclassifiés via leur site officiel.

Organisation et gouvernance

L'AARO est une entité hautement stratégique intégrée au bureau du secrétaire adjoint à la Défense des États-Unis et collabore étroitement avec la Direction du renseignement national (ODNI).
• Structure interne : Elle est organisée en pôles fonctionnels comprenant les Opérations, l'Analyse analytique, la Science et technologie, et la Communication stratégique.
• Protection des lanceurs d'alerte : La loi américaine (50 U.S.C. § 3373b) protège explicitement le personnel militaire ou les contractants de la défense contre d'éventuelles représailles lorsqu'ils partagent des données sensibles sur les PANI avec l'AARO.

Résultats des Enquêtes et déclassifications

Malgré l'engouement populaire lié au phénomène OVNI, les conclusions de l'AARO restent fermement terre-à-terre. Sur les centaines de cas collectés et analysés, le bureau indique qu'une immense majorité trouve une explication conventionnelle.
Les phénomènes se révèlent le plus souvent être :
• Des débris aériens et ballons : Ballons météorologiques, objets récréatifs ou ballons d'anniversaire réfléchissants. (Depuis 1947 et l'affaire Roswell on connaît la propension des USA à tout expliquer par des ballons)
• Des systèmes de drones : Drones commerciaux ou militaires non identifiés volant de manière erratique.
• Des illusions optiques : Des signatures thermiques ou des vols d'avions de ligne commerciaux déformés par les capteurs infrarouges.
• Des lancements spatiaux : Phénomènes lumineux de haute altitude provoqués par des gaz d'échappement de fusées.
Le gouvernement américain a ordonné plusieurs vagues importantes de déclassification de documents et de vidéos historiques (remontant parfois jusqu'aux années 1940). Les fichiers déclassifiés et les formulaires de signalement officiels sont accessibles directement sur le portail AARO Home.
L'AARO maintient qu'à ce jour, aucune preuve explicite ne lie ces phénomènes à une activité extraterrestre, bien qu'un faible pourcentage de cas (entre 2 et 5 %) demeure qualifié de "véritablement anormal" en attente de données supplémentaires.

Note culturelle : La popularité et le mystère entourant ce bureau ont inspiré une série télévisée japonaise éponyme en 2024, AARO: All-domain Anomaly Resolution Office, diffusée sur Fuji TV et Netflix, qui dramatise des enquêtes paranormales menées par une unité similaire.

Voici l'analyse détaillée des trois vidéos militaires déclassifiées les plus célèbres étudiées par le Pentagone et l'AARO. Filmées par des pilotes de la Navy, ces images ont grandement contribué à la création de l'agence.

FLIR

1. La vidéo "FLIR" (L'incident du USS Nimitz - 2004)

• Date de l'événement : 14 novembre 2004
• Lieu : Au large des côtes de San Diego, Californie
• Capteur : Pod infrarouge AN/ASQ-228 ATFLIR d'un chasseur F/A-18 Super Hornet
Les faits
Le groupe aéronaval du porte-avions USS Nimitz détecte sur ses radars des anomalies depuis plusieurs jours. Deux chasseurs sont envoyés sur place. Le commandant David Fravor aperçoit visuellement un objet blanc, lisse et sans ailes, ressemblant à un gros bonbon "Tic-Tac" d'environ 12 mètres de long. L'objet évolue juste au-dessus de l'océan, puis accélère instantanément à une vitesse supersonique dès que le pilote tente de s'en approcher. Une seconde patrouille décolle plus tard et réussit à verrouiller l'objet sur son capteur infrarouge (FLIR).
L'analyse de l'AARO et des experts
La vidéo montre l'objet stationnaire au centre du viseur. Soudain, il s'échappe vers la gauche de l'écran à une vitesse fulgurante.
• L'hypothèse conventionnelle : Bien que l'accélération visuelle soit spectaculaire, certains analystes suggèrent que l'objet a pu effectuer une manœuvre standard au moment précis où le système de ciblage du jet a perdu son verrouillage (break-lock), créant une illusion d'optique d'accélération à l'écran.
• Le statut : L'incident du Tic-Tac reste l'un des cas les plus robustes en raison des témoignages visuels multiples des pilotes confirmés par les radars de surface.

TR2015

2. La vidéo "GIMBAL" (L'incident du USS Theodore Roosevelt - 2015)

• Date de l'événement : 21 janvier 2015
• Lieu : Au large de la côte Est des États-Unis (Floride/Géorgie)
• Capteur : Caméra thermique d'un F/A-18 Super Hornet
Les faits
Dans cette vidéo, on entend l'exclamation audio des pilotes en direct : "Regarde cette chose, elle tourne !". L'écran affiche un objet sombre en forme de toupie ou de disque inversé, volant au-dessus des nuages à haute altitude, apparemment seul alors que les pilotes mentionnent sur leur radar "toute une flotte" volant à proximité.
L'analyse de l'AARO et des experts
Le point crucial de la vidéo est la rotation de l'objet sur lui-même.
• L'hypothèse conventionnelle : Des physiciens et experts en imagerie (dont des analyses partagées par l'AARO) ont démontré que la rotation apparente de l'objet coïncide exactement avec les mouvements de cardan (gimbal en anglais) de la caméra du jet. Lorsque le système optique de l'avion pivote pour garder la cible au centre, la lentille thermique crée un artefact de rotation. La source de chaleur initiale pourrait être la signature thermique d'un moteur d'avion de ligne lointain ou d'un drone classifié.
• Le statut : Fortement suspecté d'être une illusion optique liée au capteur infrarouge.

GOFAST

3. La vidéo "GOFAST" (L'incident du USS Theodore Roosevelt - 2015)
• Date de l'événement : Également le 21 janvier 2015 (même zone géologique que GIMBAL)
• Lieu : Côte Est des États-Unis
• Capteur : Caméra thermique d'un F/A-18 Super Hornet
Les faits
La vidéo montre un petit point blanc survolant l'océan à une vitesse qui semble vertigineuse. Les pilotes manifestent une grande excitation à l'audio lorsqu'ils réussissent enfin à verrouiller la cible avec leur radar.
L'analyse de l'AARO et des experts
Grâce aux données de télémétrie affichées directement sur les bords de l'écran (angle de la caméra, altitude de l'avion à 25 000 pieds, distance de la cible à 4,4 milles nautiques), des calculs trigonométriques simples ont permis de reconstituer la trajectoire réelle de l'objet.
• L'hypothèse conventionnelle : L'objet ne va pas vite du tout. Il se déplace en réalité à environ 40 nœuds (75 km/h), ce qui correspond à la vitesse du vent à cette altitude. L'effet de vitesse ultra-rapide est une pure illusion de parallaxe : l'avion de chasse vole très vite en arc de cercle, donnant l'impression que l'objet immobile en dessous défile à toute allure sur le fond marin. L'objet mesurait moins de 2 mètres et se situait à environ 13 000 pieds d'altitude.
• Le statut : Pratiquement résolu par l'AARO comme étant un ballon météorologique ou un oiseau de grande envergure dérivant au gré des vents.


Le site officiel de l'AARO et l'accès public aux données

Conçu comme un guichet unique pour la transparence, le portail officiel de l'AARO Home s’est enrichi de plusieurs outils accessibles au public :
• Le centre de signalement : Un formulaire sécurisé est disponible. Il permettait initialement aux fonctionnaires, militaires et contractants du gouvernement de signaler des programmes d'accès spécial (SAP) cachés ou des observations de PANI. Le portail s'est ensuite élargi pour accueillir des rapports du grand public et de l'aviation civile.
• Les galeries multimédias : L'AARO y publie toutes les vidéos et photos officiellement déclassifiées (y compris FLIR, GIMBAL et GOFAST), accompagnées de fiches d'analyse contextuelle et d'explications scientifiques.
• La salle de lecture électronique FOIA : L'agence y téléverse les documents rendus publics suite aux demandes basées sur la loi de liberté d'information (Freedom of Information Act). On y trouve par exemple des analyses de débris physiques comme les tests métallurgiques menés en collaboration avec l'Oak Ridge National Laboratory sur des alliages de magnésium.
• Les rapports historiques : Le public peut y télécharger les volumineux rapports de l'AARO soumis au Congrès (comme le rapport historique détaillant l'absence de preuves de technologies extraterrestres depuis 1945). (Ben voyons !)

Les critiques des ufologues et de la communauté scientifique alternative

Les conclusions de l’AARO, jugées trop systématiquement réductionnistes, s’attirent de vives critiques de la part des ufologues, de certains lanceurs d’alerte et de politiciens américains.

CRITIQUES MAJEURES DE L'AARO

 
"Mentalité de débunkage" Accusé de chercher à disqualifier les cas plutôt qu'à enquêter.
Rejet des témoins visuels L'AARO balaie les témoignages des pilotes s'il n'y a pas de données
Conflit d'intérêts Le Pentagone s'enquête lui-même sur ses propres secrets technologiques.
Le cas David Grusch L'AARO a nié l'existence de programmes de rétro-ingénierie d'ovnis.

• Une posture de "débunkage" systématique : Les critiques reprochent à l'AARO d'adopter d'emblée une posture sceptique agressive. Pour eux, l'agence cherche avant tout à rassurer l'opinion publique en classant chaque dossier sous une étiquette banale (ballon, drone, oiseau), plutôt qu'à étudier sérieusement la possibilité de percées technologiques révolutionnaires ou exogènes. (=syndrome blue book)
• La dévalorisation des pilotes d'élite : Des figures de l'ufologie soulignent que pour expliquer des vidéos comme GIMBAL ou FLIR par des illusions d'optique ou des artefacts de caméra, l'AARO sous-estime l'expertise de pilotes de chasse chevronnés. Ces derniers maintiennent avoir observé ces objets à l'œil nu, accomplissant des manœuvres impossibles, indépendamment des caméras de bord.
• L'impasse sur les révélations de David Grusch : En 2023, le lanceur d'alerte David Grusch affirmait sous serment devant le Congrès que les États-Unis possédaient des vaisseaux extraterrestres intacts. Le rapport historique de l'AARO a formellement rejeté ces déclarations, affirmant qu'il s'agissait d'une "mauvaise interprétation de programmes militaires américains hautement classifiés". Les ufologues considèrent cette réponse comme une tentative délibérée de dissimulation (cover-up) orchestrée par le Pentagone.
• Un manque d'accès aux données brutes : Des scientifiques indépendants et des ufologues regrettent que l'AARO ne publie que des vidéos fortement compressées et élague les données radars ou satellitaires classifiées. Sans ces mesures physiques brutes, il est impossible pour la communauté scientifique civile de vérifier de manière indépendante les modélisations de l'AARO.

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