Centre d'Études et de Recherches

sur les Phénomènes Inexpliqués

Belzébuth extraterrestre


Tout bon chercheur sait qu’une bonne partie de son temps de travail sera consacré à passer en revue des choses inutiles, considérées comme potentiellement utiles. Il faut parcourir des dizaines de livres – des centaines peut-être – fouiner un peu partout, chercher, chercher encore, chercher toujours et aussi avec un bien curieux « compagnon de voyage » qui se présente comme cette peur d’être passé à côté d’une information importante sans avoir pu la saisir. C’est en effet souvent une question de détails qui mène au « Bon sang ! Mais c’est bien sûr ! »…
Les archéologues doivent également bien le savoir, eux qui creusent, inspectent, mesurent, tentent de dater, comparent avec l’environnement, jugent de la profondeur, font fonctionner leur mémoire, consultent les statistiques, etc. pour échafauder les plans qui permettront de construire le…passé ! Il suffit de creuser juste à côté, pour passer outre d’une information qui pourrait être capitale.

Comme des milliers, voire des millions de gens, je suis passé un nombre important de fois au-dessus de ce qui est actuellement devenu un musée à Bruxelles. Sous mes pas se trouvait tout un village – ou plus exactement un couvent – et je n’en savais rien ! Au-dessus de combien de « villages » de ce type suis-je donc passé au cours de ma vie ?

Pour ce qui est des écrits, les choses sont à peu près pareilles. Une phrase-clé peut ne pas susciter de réaction au cours d’une lecture, soit que la fatigue se fasse sentir, qu’un moment de distraction survienne, ou que l’on n’ait pas la présence d’esprit ou la subtilité de comprendre un sens profond. On peut également être le jouet de ses imprégnations, lesquelles font office d'oeillères. Prenons donc le best seller d’Israël Finkestein, qui dirige l’Institut d’archéologie de l’université de Tel-Aviv et est coresponsable des fouilles de Megiddo : « La Bible dévoilée » (Folio) et voyons ce qui se dit à la page 266, je cite :

« Ochozias, le fils d’Achab, monte sur le trône. Lui aussi déplaît à YHWH. Blessé en tombant « du balcon de sa maison à Samarie », il envoie des messagers pour consulter Baal Zébud, le dieu de la cité philistine d’Eqrôn, sur ses chances de guérison. Elie lui reproche d’avoir fait appel à une idole étrangère plutôt qu’à YHWH et lui annonce sa mort imminente. »

Que comprenez-vous ?

Il fallait en effet être attentif pour faire le rapport entre ce Baal Zébud et un personnage bien connu en démonologie sous le nom très courant de Belzébuth. Visuellement, l’analogie ne frappe pas forcément. Phonétiquement, les choses sont déjà plus claires. On parle bien de la même « personne ». C’est une façon de parler, bien sûr, puisqu’il s’agit en fait de… mais de qui s’agit-il, justement ? Si l’on consulte Wikipédia, on lit : Belzébuth (Arabe : بعل الذباب, Ba‘al adh-Dhubāb ; Hébreu : בעל זבוב, Baʿal Zəbûb ; Grec : Βεελζεβούλ, Beelzeboúl ; Latin : Beelzebūb : Seigneur de tout ce qui vole) est un dieu du monde sémite vraisemblablement vénéré à Éqrôn (ou Accaron).

Dans des sources principalement bibliques et postérieures aux textes vétéro-testamentaires, Belzébuth est un démon, un des princes couronnés de l'Enfer. Les Philistins anciens l'adoreraient sous le nom de "Baalzebub". Il est aussi connu sous le nom de "Enlil", "Bel", ou bien encore comme le Démon Goétique "Bael". Or donc, voilà un dieu qui devient un démon au cours des modifications survenues dans la Bible ! Qu’est-ce que ce charabia ?

Voyons, la réponse est toute trouvée : Belzébuth qui, au fil du temps, est devenu mieux que le nom d’un simple démon et a représenté l’une des appellations du diable en personne, doit probablement être l’un de ces anges dissidents qui ont fait les frais de la fameuse chute des anges et, manichéisme et monothéisme aidant, le tour est joué.

Sauf qu’on a tout faux. Ce raisonnement serait profondément anachronique puisque l’on parle, pour compter large, du millénaire précédent J-C, avec un axe-pivot important situé au VIIè siècle. Belzébuth ou Baal Zébud ne peut pas être l’un et l’autre puisque, précisément, il est honoré comme une divinité de référence, sans connotation péjorative (pas plus que YHWH – en principe – qui, pourtant, en ces temps-là, n’était pas un enfant de chœur, si l’on me permet toutefois l’expression.) Il est en effet bien question d’une « idole étrangère ». Or, si l’on exclut Brigitte Bardot et Johnny Hallyday, une idole c’est une représentation matérielle d’une divinité à laquelle on voue un culte. Dans le cas présent et à cette époque, il devient donc clair que Baal Zébud n’était pas du tout un démon mais bien un autre dieu (que YHWH). C’était d’ailleurs bien cela l’un des problèmes rencontrés par les scripteurs de la Bible (e.a) et du monothéisme naissant (et contre la nature initiale israélite d’après Finkelstein). Il fallait donc que cet encombrant « personnage » disparaisse de la circulation, ce qui s’est fait sur le papier des écrits saints et en réalité par la destruction systématique des temples jugés antagonistes (on devrait dire « concurrents ».)

Afin d’appuyer nos propos, il convient de prendre en considération le fait qu’il s’agissait bien de temples, avec des autels, et d’un culte répandu, dont le souvenir est remonté jusqu’à nous via l’histoire et l’archéologie. Cela ne peut nullement se méprendre avec une adoration marginale réalisée sous cape de la part d’illuminés amateurs de sensations fortes telle que l’on en rencontre de nos jours, courants qui recourent aux forces opposées à celles du Bien. En fait, initialement, il se serait plutôt agi de forces opposées tout court, cette opposition se manifestant notamment au niveau politique, social, militaire… Pour poursuivre la comparaison, si un parti politique peut d’aventure diaboliser un parti de l’opposition (au sens large) il ne s’agit que de figures de style et de métaphores, de manœuvres visant à stigmatiser l’adversaire afin d’en retirer un avantage relatif, en principe personne ne considère vraiment que les membres du parti en question sont « diaboliques » dans l’optique religieuse. Par extension et généralisation, tout ce qui n’était pas bon étant mauvais, notre beau Baal a essuyé un coup de Baal-laid et a été exclu du bal !

Soit, direz-vous ! Mais quelle importance ? Il se fait que si l’on poursuit le raisonnement qui part du descriptif récurrent des caractéristiques de YHWH, lesquelles le décrivent comme une entité comparable à un extraterrestre – ce qui semble de plus en plus vraisemblable (voir notamment les livres de Mauro Biglino : « Le Dieu de la Bible vient des étoiles » et « La Bible comme vous ne l’avez jamais lue – Les Dieux sont-ils venus des étoiles ? »), on comprend que durant les époques reculées nos ancêtres ont reçu la visite d’extraterrestres se divisant en factions rivales. De nos jours, en ufologie il est courant d’admettre que nos visiteurs pourraient se présenter sous la forme de plus d’une centaine d’ethnies différentes (les petits gris, les insectoïdes, les reptiliens, les Nordiques, etc.…) Ici, il n’est pas forcément question d’ethnies extraterrestres différentes, il pourrait s’agir simplement de deux ennemis, des adversaires qui d’ailleurs s’affrontent parfois ou exercent leur influence sur la race humaine en s’arrangeant pour profiter des aléas du calendrier. Ainsi, quand JHWH n’est pas là (ce qui est curieux pour un dieu réputé pour son don d’ubiquité et même sa faculté de pouvoir être partout à la fois !) Baal reprend le pouvoir sur les siens, ses disciples. Quant YHWH revient, fini de rire, on remet les pendules à l’heure et le pouvoir change de mains*.

Pour les hommes de l’époque point n’est besoin d’extraterrestres, pour eux il s’agit de « dieux », quoi d’autre ? Et n’est-il pas normal que ces dieux viennent du ciel (expression courante ô combien opportune !), voire des étoiles ? D’où ils viennent et où ils vont à l’aide de machines que les anciens ne peuvent décrire qu’avec leurs mots et leur expérience du connu, bien éloignées d’un quelconque pouvoir divin (sauf dans l’esprit des résidents), tout à fait matérielles, a l’instar des dieux eux-mêmes, YHWH et Baal qui peuvent même mourir ! (Le caractère mortel de ces dieux est masqué par leur importante espérance de vie. Ils peuvent probablement vivre plusieurs centaines d’années ce qui leur confère une fallacieuse impression d’immortalité. Mais leur caractère mortel est pourtant bel et bien signalé dans la Bible : il suffit de savoir lire !)

Or donc, Baal n’est absolument pas celui que l’on croit (YHWH non plus d’ailleurs). Voilà qui semble fâcheux à la fois pour la démonologie et pour le christianisme auquel on vient de « voler » son diable ! C’est une nuance dont la portée est énorme et qui risque de nous obliger à revoir sérieusement nos bases en matière de démonologie, avec des conséquences sur l’ufologie, sans parler des religions ! Toutefois, par prudence mais aussi avec logique et méthode, avant de conclure quoi que ce soit de manière définitive, il nous appartiendra d’envisager l’introduction de ce concept dans le cadre de nos différentes études afin de juger de son adéquation. Mais dans ce genre d’idées, nous pouvons déjà citer des noms tels que ceux de Jean Sider, Paul Misraki, Christel Seval, Daniel Robin, sans compter Jacques Vallée, dont les travaux mettent en évidence des idées indirectement très semblables.

En tout état de cause, une question corollaire s’impose, déroutante, grave même parce que potentiellement lourde d’implications : devrons-nous bientôt conclure que les démons n’existent pas (et qu’il s’agirait en fait d’extraterrestres, au même titre que pour Baal Zébud ?) Ne pourrait-on pas imaginer une divergence d’idées : par exemple une faction favorable à l’exploitation militaire de l’arme atomique (la destruction de Sodome et Gomorrhe ?) et une autre qui y serait opposée (et tenterait de nos jours de nous dissuader d’en faire usage).

*Une remarque s’impose encore. Si l’on met Baal et YHWH en compétition, les textes bibliques semblent pouvoir nous indiquer que YHWH aurait été prépondérant. Entendez par là qu’il aurait été plus puissant, plus efficace. C’était évidemment prévisible : on n’allait pas faire toute une religion d’un incapable, d’un dieu sujet à caution, susceptible de faiblesse. En tant que tel, il est possible qu’il faille prendre en considération le recours à l’arme atomique ou apparentée (ce dieu aurait donc disposé de technologies supérieures à celles de Baal ou bien sa déontologie ne lui en aurait pas interdit l’usage, ce qui n’était peut-être pas le cas de son vis-à-vis. Cela se tient dans l’hypothèse que nous avons soulevée plus haut).

Pourtant, les textes en question et Mauro Biglino mettent aussi en évidence des points curieux. Par exemple d’une part les sujets de YHWH devaient parfois avoir recours à des stratagèmes pour profiter adroitement des aléas du calendrier des présences de leur « dieu » et user d’artifices proches de l’illusionnisme afin de conserver l’avantage, d’autre part on voit que même YHWH pouvait être vaincu ! Une fois encore, on ne pourrait pas comprendre cela si YHWH avait été une entité purement spirituelle et si elle représentait la force ultime, totalement invincible que l’on dit. Autant de défaillances qui, tant pour l’un que pour l’autre, font de ces noms des références réelles, concrètes et non de véritables « dieux » (la divinité qu’on leur a conférée n’est que relative et provient simplement des capacités hors normes dont ils ont pu faire preuve face à nos ancêtres ignorants, un peu comme nous face aux OVNIS, sauf qu’entre temps nous avons évolué et que nous n’avons plus guère cette tendance à déifier systématiquement ce que nous ne comprenons pas). Tout ceci ne serait que supputations si cela ne provenait pas de recherches archéologiques sérieuses réalisées par des spécialistes de la discipline et des textes bibliques eux-mêmes qui ne disent pas autre chose à condition de pouvoir les lire en disposant de la bonne grille de lecture. Ce qui prête à confusion, c’est que les textes de l’ancien testament ont considérablement été modifiés par rapport à la (aux) version (s) initiale(s), que l’on a construit une religion en adaptant certains faits aux besoins (pas toujours très « catholiques »), interprété dans un sens préconçu et parfois même complètement revu la copie pour que le texte colle encore aux prédictions. (p. 452 de « La Bible dévoilée » (Israël Finkelstein et Neil Asher Silberman : « Ainsi, le dernier roi de la lignée de David, appartenant à la dynastie qui assurait la connexion entre la terre d’Israël, sa capitale et son Temple, vivait encore. Si le peuple d’Israël adhérait à YHWH, la promesse faite à David pouvait encore s’accomplir » Il s’agissait donc bien d’une habile reformulation afin de pallier à une contradiction majeure historique ! Un pieux mensonge ou une adaptation réalisée à fin d’unicité et de cohésion sociale.)

SOMMAIRE DE LA SECTION - SOMMAIRE UFOLOGIQUE - ACCUEIL