Guide méthodologique
En sus du guide de l'enquêteur que
nous vous proposons déjà (et accessible encore
ici) voici un
guide méthodologique d'enquête ufologique "made in IA" agrémenté
d'exemples et autres compléments très utiles. Vous apprécierez...
Guide
méthodologique : La collecte de témoignages en ufologie
La collecte de récits d'observations d'objets volants non identifiés
(OVNI) ou de phénomènes aérospatiaux non identifiés (PAN) est la base de
l'ufologie. Un témoignage mal recueilli peut altérer définitivement les
faits.
1. La préparation et la posture de
l'enquêteur
L'attitude de l'enquêteur détermine la qualité des données recueillies.
• Neutralité absolue : Ne formulez aucune hypothèse devant le témoin.
(Vous risqueriez d'orienter les réponses et donc de fausser le
témoignage)
• Écoute active : Laissez le témoin parler sans l'interrompre.
(C'est le "savoir écouter")
• Empathie sans complaisance : Validez l'émotion sans valider
l'interprétation du phénomène.
• Matériel essentiel : Prévoyez un dictaphone, un carnet, un appareil
photo et une boussole.
2. L'entretien de premier niveau (L'écoute libre)
Cette phase consiste à recueillir le récit spontané, avant que la
mémoire ne soit altérée par des questions suggestives.
• Cadre rassurant : Choisissez un lieu calme et familier pour le témoin.
• Récit chronologique : Demandez-leur de raconter l'événement du début à
la fin.
• Enregistrement vocal : Filmez ou enregistrez l'entretien avec l'accord
écrit du témoin. (Attention : l'autorisation de l'enregistrement et
prise de vues n'entraîne pas ipso facto l'autorisation de diffusion
publique!)
• Prise de notes : Notez les mots clés et les expressions émotionnelles
fortes.
3. L'entretien de second niveau (Le questionnaire direct)
Une fois le récit libre terminé, passez aux questions précises pour
chiffrer l'observation.
Le profil du témoin
• Identité : Âge, profession, acuité visuelle.
• État d'esprit : Fatigue, consommation d'alcool, niveau de stress au
moment des faits.
Les conditions environnementales
• Date et heure : Précises à la minute près.
• Lieu exact : Coordonnées GPS de la position du témoin.
• Météo : Couverture nuageuse, présence de la Lune, direction du vent.
Les caractéristiques du phénomène
• Forme et taille : Comparaison avec des objets connus à bout de bras
(pièce de monnaie, poing).
• Cinématique : Trajectoire, vitesse estimée, variations d'altitude,
arrêts brutaux.
• Luminosité : Couleurs, intensité, clignotement.
• Sons et odeurs : Bruit de bourdonnement, sifflement, odeur d'ozone ou
de soufre.
4. La reconstitution sur les lieux
Retourner sur le site de l'observation est indispensable pour valider
les angles et les distances.
• Visée angulaire : Mesurez l'azimut (direction boussole) et l'élévation
(hauteur dans le ciel).
• Points de repère : Identifiez les arbres, bâtiments ou poteaux qui
encadrent l'observation.
• Prise de vue : Prenez des photos de jour et de nuit sous le même
angle.
5. L'analyse des données et la recherche de méprises
La majorité des observations d'OVNI trouvent une explication
conventionnelle. L'enquêteur doit éliminer les hypothèses rationnelles.
(NDLR : et éventuellement surnaturelles si possible, considérant que
certaines tentatives d'explications évoquent des djinns ou des démons
par exemple)
• Trafic aérien : Consultez les sites de suivi des vols (comme
Flightradar24).
• Astronomie : Vérifiez la position des planètes brillantes (Vénus,
Jupiter), des satellites (Starlink) et des météores.
• Météorologie : Analysez le passage de ballons-sondes, de lanternes
célestes ou de foudres en boule.
• Phénomènes optiques : Étudiez les reflets dans les vitres ou les
inversions de température.
6. L'archivage et l'éthique
Un bon ufologue respecte la loi et la vie privée.
• Anonymat : Protégez l'identité du témoin dans les rapports publics.
• RGPD : Respectez la réglementation sur le stockage des données
personnelles.
• Partage : Transmettez les cas inexpliqués à des organismes officiels
(comme le GEIPAN en France).
1. Grille de questions types pour l'entretien direct
Cette grille standardisée permet d'obtenir des données quantifiables et
comparables lors de l'interrogatoire du témoin.
L'environnement et la temporalité
• Date et heure exactes : Quel est le moment précis du début et de la
fin de l'observation ? (Vérifier si le témoin a synchronisé sa montre
avec l'heure officielle de telle manière qu'il n'y ait pas de décalage
dans l'évaluation d'une référence comparative).
• Positionnement précis : Quelles sont les coordonnées GPS exactes de
votre emplacement ? Étiez-vous à l'intérieur (derrière une vitre ?) ou à
l'extérieur ?
• Visibilité locale : Pouviez-vous voir les étoiles ? La Lune était-elle
visible ? Y avait-il du brouillard, des nuages ou du vent ?
La description physique du phénomène
• Dimensions apparentes : En comparant l'objet à un élément tenu à bout
de bras, quelle était sa taille ? (Plus petit qu'une étoile, comme une
pièce de 2 cents, un poing fermé, un ballon de football ?).
• Aspect visuel : Quelle était la forme géométrique de la masse ou des
lumières ? Les bords étaient-ils nets ou flous ?
• Comportement lumineux : Les lumières étaient-elles fixes, clignotantes
ou pulsantes ? Changeaient-elles de couleur ? Émettaient-elles un
faisceau vers le sol ?
La cinématique et l'environnement sonore
• Mouvement : Quelle était la trajectoire globale (horizontale,
verticale, en zigzag) ? L'objet a-t-il effectué des accélérations
instantanées ou des arrêts brutaux ?
• Repères angulaires : À quelle hauteur dans le ciel se situait l'objet
au début et à la fin (proche de l'horizon, au zénith) ?
• Signatures physiques : Avez-vous perçu un bruit (bourdonnement,
sifflement), une odeur particulière ou ressenti de la chaleur ? Les
animaux aux alentours ont-ils réagi ?
2. Techniques pour repérer les faux témoignages et les méprises
L'enquêteur doit différencier la fabrication volontaire (canular) de la
déformation psychologique inconsciente.
La détection des canulars (Hoaxes)
• La cohérence interne : Un affabulateur a tendance à modifier de légers
détails d'une version à l'autre. Répétez les mêmes questions à 45
minutes d'intervalle sous un angle différent.
• Le piège de la sur-précision : Les témoins authentiques décrivent
souvent des zones de flou ("je ne sais pas trop", "c'était confus"). Un
faussaire propose souvent un récit trop parfait, trop technique, sans
aucune hésitation.
• La recherche d'intérêts sous-jacents : Évaluez si le témoin cherche
une forme de célébrité sur les réseaux sociaux, s'il tente de vendre sa
vidéo ou s'il a un profil coutumier des canulars.
• L'analyse des fichiers originaux : Exigez les fichiers photo ou vidéo
bruts (RAW ou métadonnées EXIF complètes) sans aucune modification.
L'absence de métadonnées indique souvent un fichier manipulé.
Le traitement des méprises physiologiques
• Les illusions d'optique : Le cerveau humain déteste le vide. Face à un
point lumineux isolé dans la nuit noire, l'œil peut être victime de
l'effet autocinétique (impression que le point bouge alors qu'il est
fixe).
• Les obstacles rétiniens : Des reflets sur le vitrage, des poussières
sur l'objectif ou des phénomènes de vision entoptique (corps flottants
dans l'œil du témoin) créent de fausses observations à exclure.
3. Outils numériques pour les vérifications aéronautiques et
astronomiques (cliquez sur les liens pour obtenir les fonctionnalités)
L'exclusion des phénomènes naturels ou humains passe par l'utilisation
d'outils logiciels de référence.
Identification des satellites et des corps célestes
• Stellarium : Ce planétarium open-source est indispensable. En y
intégrant la position exacte du témoin, la date et l'heure, il permet de
vérifier la position exacte de Vénus, de Jupiter, des étoiles filantes
ou des passages de la Station Spatiale Internationale (ISS).
• Heavens-Above : Un site essentiel pour calculer les passages de
satellites artificiels et les trains de satellites Starlink, qui
génèrent une part très importante des signalements actuels sous forme de
lignes de points lumineux mobiles.
Analyse du trafic aérien et des ballons
• Flightradar24 ou
ADSBexchange : Ces radars de suivi de vols civils et
militaires permettent de rejouer l'historique du trafic aérien. Vous
pourrez instantanément vérifier si un avion de ligne, un drone
commercial ou un hélicoptère de secours se situait dans l'axe de vision
du témoin. (NDLR : certaines zones sensibles, comme le SHAPE à Mons
(Belgique) peuvent être occultées)
• Windy : Utile pour récupérer l'historique des vents en altitude afin
de valider si un déplacement suspect correspond simplement à la dérive
d'une lanterne thaïlandaise ou d'un ballon-sonde météorologique.
Traitement d'images spécialisé
• Logiciel IPACO : Il s'agit de l'outil technique d'authentification et
d'analyse de photos/vidéos utilisé officiellement par le GEIPAN. Il
permet d'étudier la pixellisation, de mesurer les contrastes et de
détecter d'éventuels trucages numériques ou incrustations.
Voici l'ensemble des compléments détaillés pour professionnaliser vos
enquêtes de terrain : la fiche d'investigation type, la méthode
d'évaluation de la crédibilité et le protocole d'analyse physique au
sol.
I. Modèle de fiche de rapport d’enquête (Markdown / PDF)
Ce canevas structure la récolte des données pour qu'elles soient
directement exploitables par des bases de données ufologiques.
markdown
# RAPPORT D'ENQUÊTE UFOLOGIQUE
**Référence du Cas :** PAN-[ANNÉE]-[MOIS]-[DÉPARTEMENT]-[NUMÉRO]
**Date de l'enquête :** DD/MM/YYYY
**Nom de l'enquêteur :** [Votre Nom / Association]
## 1. ADMINISTRATION ET CONFIDENTIALITÉ
* **Identité du témoin (Anonymisé) :** Témoin T1 (Initiales : ____)
* **Accord d'enregistrement signé :** [ ] Oui [ ] Non
* **Niveau de confidentialité requis :** [ ] Public [ ] Anonyme [ ]
Strictement privé
## 2. CHRONOLOGIE ET GÉOLOCALISATION
* **Date de l'événement :** DD/MM/YYYY
* **Heure de début :** HH:MM:SS (Précision : +/- ____ min)
* **Heure de fin :** HH:MM:SS
* **Durée totale estimée :** ____ minutes / secondes
* **Lieu exact (Commune/Lieu-dit) :** ________________________
* **Coordonnées GPS du témoin :** Lat : _________ / Lon : _________
* **Direction du regard initiale (Azimut) :** ______° (ex: 180° Plein
Sud)
## 3. FACTEURS ENVIRONNEMENTAUX
* **Météo constatée :** [ ] Ciel dégagé [ ] Nuages épars [ ] Couvert [ ]
Pluie/Brume
* **Visibilité des astres :** [ ] Lune visible [ ] Étoiles nettes [ ]
Aucun
* **Éclairage public à proximité :** [ ] Oui [ ] Non (Si oui, distance :
____ mètres)
## 4. DESCRIPTION PHYSIQUE DU PHÉNOMÈNE
* **Nombre d'objets/lumières :** ____
* **Forme apparente :** [ ] Disque [ ] Sphère [ ] Triangle [ ] Point
lumineux [ ] Autre : ____
* **Couleur(s) principale(s) :** ________________________
* **Luminosité :** [ ] Faible (type satellite) [ ] Moyenne (type étoile
brillante) [ ] Forte (type phare)
* **Taille angulaire à bout de bras :** [ ] Tête d'épingle [ ] Pièce de
monnaie [ ] Poing [ ] Plus grand
* **Bruit perçu :** [ ] Aucun [ ] Sifflement [ ] Bourdonnement [ ] Autre
: ________________
## 5. TRAJECTOIRE ET COMPORTEMENT (CINÉMATIQUE)
* **Élévation initiale (Hauteur dans le ciel) :** ______° (0° = Horizon,
90° = Zénith)
* **Élévation finale :** ______°
* **Type de déplacement :** [ ] Linéaire continu [ ] Stationnaire [ ]
Zigzag [ ] Accélérations brusques
* **Disparition :** [ ] Derrière un obstacle [ ] Extinction sur place [
] Départ fulgurant à l'horizon
## 6. EFFETS SECONDAIRES CONSTATÉS
* **Sur le témoin :** [ ] Émotion/Peur [ ] Paralysie transitoire [ ]
Picotements [ ] Aucun
* **Sur l'environnement :** [ ] Réaction animale [ ] Interférence
électronique/radio [ ] Traces au sol
Utilisez le code avec précaution.
II. Groupements ufologiques francophones de référence
Pour échanger vos rapports ou solliciter une contre-enquête,
adressez-vous exclusivement à des organismes appliquant une méthode
scientifique stricte.
• Le GEIPAN (Groupe d'Études et d'Informations sur les Phénomènes
Aérospatiaux Non identifiés) : Service officiel du CNES (Agence spatiale
française). Il s'agit de la seule structure étatique en Europe chargée
de collecter, analyser et archiver les témoignages. Leurs rapports
d'analyse sont publics et classés par catégories (de A, parfaitement
identifié, à D, Phénomène non identifié).
• Le SCEU (Scientific Coalition for UAP Studies) : Organisation
internationale regroupant des scientifiques, d'anciens militaires et des
ingénieurs de la NASA ou du secteur aérospatial. Ils publiaient des
analyses techniques rigoureuses fondées sur des données radar et des
capteurs physiques.
• Les structures associatives historiques : Des réseaux comme le
Lumières Dans La Nuit (LDLN) ou le SCEAU (Sauvegarde de la Mémoire
Ufologique) se concentrent sur la préservation des archives physiques,
des coupures de presse et des anciens rapports de gendarmerie pour
éviter la perte de données historiques.
III. Protocole d'analyse des indices physiques au sol
Lorsqu'un témoin affirme qu'un phénomène s'est posé ou a volé à très
basse altitude, l'enquêteur doit immédiatement geler la zone pour
caractériser les modifications physiques ou chimiques de
l'environnement.
1. Prélèvements et étude de la végétation
• Mesure du taux de chlorophylle : Un fort rayonnement micro-ondes
(souvent suspecté dans les dossiers ufologiques majeurs) altère les
pigments des plantes. Prélevez des échantillons de feuilles sur la zone
d'impact perçue ainsi que des échantillons témoins à 20 mètres à
l'extérieur de la zone.
• Analyse du traumatisme mécanique : Observez si les tiges ou les
branches sont cassées (impact mécanique) ou pliées de manière plastique
par la chaleur ou l’exposition à un rayonnement (les nœuds des plantes
peuvent présenter des élongations caractéristiques).
2. Analyse mécanique et thermique du sol
• Calcul de la résistance mécanique (Pénétrométrie) : Si des empreintes
sont visibles, utilisez un pénétromètre pour mesurer la force nécessaire
pour enfoncer le sol à la même profondeur à côté de l'empreinte. Cela
permet d'estimer la masse minimale de l'objet ayant causé le tassement.
• Recherche de traces de calcination : Prélevez des carottes de terre en
surface (0-5 cm) et en profondeur (5-15 cm) pour détecter des
hydrocarbures, des métaux lourds inhabituels ou des modifications de la
structure cristalline du quartz présent dans le sable, signes d'une
exposition à une température extrême.
3. Mesures magnétiques et radiologiques
• Magnétisme rémanent : Utilisez une boussole ou un magnétomètre à
proximité des structures métalliques de la zone (clôtures, poteaux). Un
champ magnétique intense laisse une signature mesurable en modifiant
l'orientation magnétique naturelle des métaux ferreux ou de certains
sols riches en oxyde de fer.
• Recherche de radioactivité artificielle : Même si les cas de
radioactivité avérée sont rarissimes, effectuez un relevé systématique
au compteur Geiger (mesure des rayonnements Alpha, Bêta et Gamma) pour
écarter toute contamination industrielle ou environnementale fortuite
qui fausserait l'enquête.
En France, le recueil de données sur les Phénomènes Aérospatiaux Non
identifiés (PAN) dispose d'un cadre légal et administratif unique au
monde. Ce système repose sur un accord officiel entre la Gendarmerie
Nationale et le GEIPAN (CNES).
Voici le fonctionnement détaillé du protocole de signalement officiel.
1. Le cadre légal : Le Procès-Verbal de gendarmerie
Lorsqu'un citoyen se présente en brigade pour signaler un PAN, la
gendarmerie ne prend pas une simple « main courante », mais rédige un
Procès-Verbal (PV) de renseignement administratif ou d'audition de
témoin.
• Fondement juridique : Les gendarmes agissent en vertu du Code de
Procédure Pénale (généralement sous les articles 16 à 19) dans le cadre
de leurs missions de sécurité publique et de collecte de renseignements.
• Valeur légale : Le PV est un acte authentique rédigé par un agent ou
officier de police judiciaire (APJ/OPJ). Le témoin signe sa déclaration
et s'engage juridiquement sur la véracité de ses dires.
• Transmission directe : En vertu d'une convention signée dans les
années 1970 et régulièrement renouvelée, la gendarmerie transmet
numériquement et systématiquement une copie de ce PV directement au
GEIPAN pour enquête technique.
2. Le déroulement de l'audition en brigade
L'audition par un gendarme suit une structure stricte afin d'éviter les
biais de mémorisation.
[Arrivée du témoin] ➔ [Vérification d'identité & État de lucidité] ➔
[Récit libre & Chronologie] ➔ [Questions techniques & Azimut] ➔
[Relecture & Signature du PV]
1. Vérification d'identité et de lucidité : Le gendarme décline
l'identité complète du témoin (nom, profession, coordonnées). Il évalue
discrètement si la personne est sous l'emprise de l'alcool, de
stupéfiants ou en détresse psychologique évidente.
2. Le récit des faits (La déposition) : Le gendarme consacre une section
entière à la narration brute : « Le [Date], alors que je me trouvais à
[Lieu], mon attention a été attirée par... ».
3. Le questionnaire technique complémentaire : Le gendarme utilise un
guide partagé avec le CNES pour consigner :
o Les repères géographiques locaux (passages de l'objet devant/derrière
un arbre, un bâtiment).
o L'orientation boussole (direction d'apparition et de disparition).
o L'existence d'autres témoins simultanés.
3. Les actions immédiates de la Gendarmerie sur le terrain
Si l'observation est fraîche (moins de 24-48h) ou si elle implique des
éléments physiques, la brigade déclenche des vérifications de proximité.
• Levée de doute aéronautique locale : La gendarmerie contacte
immédiatement les structures locales pour vérifier les activités
humaines en cours :
o Les aéroports ou aérodromes civils les plus proches.
o Les bases aériennes militaires (relevés des radars de la Défense).
o Les centres météorologiques locaux (lancements de ballons-sondes).
• Gel des lieux (Si traces au sol) : Si le témoin affirme qu'un objet a
atterri, les gendarmes se transportent sur les lieux. Ils établissent un
périmètre de sécurité pour empêcher la contamination des sols par des
curieux, prennent des photographies macroscopiques des empreintes et
attendent les instructions du GEIPAN si des prélèvements scientifiques
s'avèrent nécessaires.
4. Ce que le témoin doit fournir lors du signalement
Pour que le procès-verbal soit exploitable et ne finisse pas classé
faute d'informations (PAN de catégorie C), le déclarant doit apporter
des éléments tangibles.
• Les fichiers originaux : Si des clichés ou vidéos ont été pris avec un
smartphone, il faut fournir les fichiers sources originaux (par clé USB
ou transfert sécurisé). Les captures d'écran ou partages via des
applications compressées (WhatsApp, Messenger) détruisent les
métadonnées et sont inutilisables.
• La reconstitution géométrique instantanée : Le témoin doit être
capable d'indiquer au gendarme l'endroit exact où il se tenait, afin que
la gendarmerie puisse cartographier précisément l'azimut sur les
logiciels cartographiques de l'État
Voici l'illustration concrète des procédures de collecte à travers un
exemple de structure de Procès-Verbal officiel et l'analyse détaillée du
cas de Trans-en-Provence.
I. Exemple de Procès-Verbal anonymisé (Transcription type GEIPAN)
Lorsqu'un rapport de gendarmerie arrive sur le bureau du GEIPAN, il est
numérisé, expurgé des données nominatives (RGPD), puis classé sous une
forme normalisée semblable à celle-ci :
GENDARMERIE NATIONALE
Groupement du Var (83)
Compagnie de Brignoles
Brigade de [ANONYMISÉ]
PROCÈS-VERBAL DE RENSEIGNEMENT ADMINISTRATIF
Numéro de pièce : PV n°202X/00142
L’an deux mille vingt-six, le quatre juillet à seize heures.
Devant nous, Adjudant-chef [ANONYMISÉ], Officier de Police Judiciaire.
S’est présentée spontanément à la brigade la personne ci-après désignée
:
TÉMOIN (T1) : Dupont Jean, né le 12/04/1978, Profession : Électricien,
demeurant à [ANONYMISÉ].
DÉCLARATIONS DU TÉMOIN (T1) :
« Le 03 juillet 2026 vers 23h15, je me trouvais dans mon jardin à
l'adresse susmentionnée pour fumer une cigarette. Le ciel était
totalement dégagé et sans vent. En regardant en direction du Sud (Azimut
env. 180°), j'ai aperçu un point lumineux très vif, d'une intensité bien
supérieure à celle des étoiles environnantes.
Cet objet s'est déplacé de manière linéaire d'Est en Ouest à une
élévation d'environ 30 degrés au-dessus de l'horizon. Sa trajectoire
s'est brusquement interrompue. L'objet est resté en position
stationnaire parfaite pendant environ 45 secondes. Il n'émettait aucun
bruit perceptible.
Soudain, le point lumineux a effectué un virage à angle droit vers le
zénith à une vitesse phénoménale, avant de disparaître de ma vue en
moins de deux secondes. J'ai tenté de filmer la scène avec mon
smartphone, mais l'appareil a refusé de s'allumer pendant l'observation
(batterie pourtant chargée à 80%). Le téléphone a fonctionné à nouveau
normalement quelques minutes après la disparition du phénomène. Je
certifie sur l'honneur l'exactitude de mes déclarations. »
CONSTATATIONS ET LEVÉE DE DOUTE PAR LES ENQUÊTEURS :
- Coordonnées de la position du témoin : Lat 43.XXXX / Lon 6.XXXX.
- Un examen visuel de l'appareil mobile du témoin a été réalisé : aucune
anomalie matérielle constatée, les fonctions d'enregistrement sont
opérationnelles au moment de la déposition.
- Contact pris avec la Base Aérienne locale : aucun vol militaire ni
exercice de drone n'était programmé dans cette zone et à cette plage
horaire.
- Le présent procès-verbal est transmis au GEIPAN (CNES Toulouse) pour
expertise complémentaire.
Fait et clos à [ANONYMISÉ], le 04/07/2026.
Le Témoin (Signé) / L'Officier de Police Judiciaire (Signé)
II. Cas historique d'atterrissage : L'affaire de Trans-en-Provence
(1981)
L'affaire de Trans-en-Provence reste à ce jour l'un des cas
d'atterrissage de PAN les plus rigoureusement documentés au monde. Elle
illustre parfaitement la synergie entre la gendarmerie (récolte
immédiate) et la communauté scientifique (analyses en laboratoire).
1. Les faits et l'intervention de la Gendarmerie
Le 8 janvier 1981, à Trans-en-Provence (Var), un agriculteur-maçon de 55
ans, Renato Nicolaï, travaille dans son jardin lorsqu'il entend un
sifflement feutré. Il aperçoit un engin en forme de double soucoupe
inversée (environ 2,5 mètres de diamètre) qui se pose brièvement à une
cinquantaine de mètres de lui, avant de redécoller à grande vitesse.
Dès le lendemain, prévenue par le voisinage, la brigade de gendarmerie
locale se rend sur place :
• Constatations visuelles : Les gendarmes découvrent une trace physique
nette en forme de ripage semi-circulaire.
• Mesures et photographies : Ils mesurent un cercle de tassement de 2,20
à 2,40 mètres de diamètre, prennent des clichés macroscopiques et gèlent
la zone.
• Prélèvements conservatoires : N'ayant pas de formation scientifique
poussée, les gendarmes appliquent le protocole de bon sens : ils
prélèvent des échantillons de terre sur la trace, de la terre témoin
hors de la trace, ainsi que des plants de luzerne sauvage qui poussaient
à l'endroit de l'impact et à différentes distances de celui-ci.
2. L'implication des scientifiques (Le GEPAN et l'INRA)
Le GEPAN (ancêtre du GEIPAN) prend le relais et dépêche ses enquêteurs
sur place en février pour une seconde série de prélèvements. Les
échantillons prélevés par les gendarmes sont envoyés dans plusieurs
laboratoires d'État, notamment à l'INRA (Institut National de la
Recherche Agronomique), sous la direction du professeur Michel Bounias.
Les conclusions scientifiques furent stupéfiantes :
• Le traumatisme mécanique : Les analyses de sol ont confirmé que le
terrain avait subi une forte pression mécanique (estimée entre 4 et 5
tonnes) combinée à une élévation thermique modérée (inférieure à 60°C),
excluant un incendie ou un jet de carburant.
• Le traumatisme biochimique (La luzerne) : L'analyse des feuilles de
luzerne a révélé une modification profonde du système enzymatique des
plantes. Le taux de chlorophylle et de caroténoïdes avait chuté de 30% à
50% sur les végétaux prélevés au centre de la trace, et l'effet
s'estompait progressivement à mesure que l'on s'éloignait du point
d'impact.
• Le diagnostic de l'INRA : Le professeur Bounias a conclu que les
plantes avaient subi un phénomène de "vieillissement prématuré et
brutal", rigoureusement identique aux effets provoqués par un
rayonnement de micro-ondes ionisantes ou électromagnétiques de forte
puissance.
Pourquoi ce cas est exemplaire ?
Si la gendarmerie n'avait pas réalisé les prélèvements de végétaux dans
les premières 24 heures, les molécules de la luzerne se seraient
dégradées naturellement avec le temps, et la preuve scientifique d'un
rayonnement électromagnétique exogène aurait été définitivement perdue.
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