Centre d'Études et de Recherches

sur les Phénomènes Inexpliqués

Guide méthodologique


En sus du guide de l'enquêteur que nous vous proposons déjà (et accessible encore ici) voici un guide méthodologique d'enquête ufologique "made in IA" agrémenté d'exemples et autres compléments très utiles.  Vous apprécierez...

Guide méthodologique : La collecte de témoignages en ufologie

La collecte de récits d'observations d'objets volants non identifiés (OVNI) ou de phénomènes aérospatiaux non identifiés (PAN) est la base de l'ufologie. Un témoignage mal recueilli peut altérer définitivement les faits.

1. La préparation et la posture de l'enquêteur

L'attitude de l'enquêteur détermine la qualité des données recueillies.
Neutralité absolue : Ne formulez aucune hypothèse devant le témoin. (Vous risqueriez d'orienter les réponses et donc de fausser le témoignage)
Écoute active : Laissez le témoin parler sans l'interrompre. (C'est le "savoir écouter")
Empathie sans complaisance : Validez l'émotion sans valider l'interprétation du phénomène.
Matériel essentiel : Prévoyez un dictaphone, un carnet, un appareil photo et une boussole.

2. L'entretien de premier niveau (L'écoute libre)

Cette phase consiste à recueillir le récit spontané, avant que la mémoire ne soit altérée par des questions suggestives.
Cadre rassurant : Choisissez un lieu calme et familier pour le témoin.
Récit chronologique : Demandez-leur de raconter l'événement du début à la fin.
Enregistrement vocal : Filmez ou enregistrez l'entretien avec l'accord écrit du témoin. (Attention : l'autorisation de l'enregistrement et prise de vues n'entraîne pas ipso facto l'autorisation de diffusion publique!)
Prise de notes : Notez les mots clés et les expressions émotionnelles fortes.

3. L'entretien de second niveau (Le questionnaire direct)

Une fois le récit libre terminé, passez aux questions précises pour chiffrer l'observation.
Le profil du témoin
Identité : Âge, profession, acuité visuelle.
État d'esprit : Fatigue, consommation d'alcool, niveau de stress au moment des faits.
Les conditions environnementales
Date et heure : Précises à la minute près.
Lieu exact : Coordonnées GPS de la position du témoin.
Météo : Couverture nuageuse, présence de la Lune, direction du vent.
Les caractéristiques du phénomène
Forme et taille : Comparaison avec des objets connus à bout de bras (pièce de monnaie, poing).
Cinématique : Trajectoire, vitesse estimée, variations d'altitude, arrêts brutaux.
Luminosité : Couleurs, intensité, clignotement.
Sons et odeurs : Bruit de bourdonnement, sifflement, odeur d'ozone ou de soufre.

4. La reconstitution sur les lieux

Retourner sur le site de l'observation est indispensable pour valider les angles et les distances.
Visée angulaire : Mesurez l'azimut (direction boussole) et l'élévation (hauteur dans le ciel).
Points de repère : Identifiez les arbres, bâtiments ou poteaux qui encadrent l'observation.
Prise de vue : Prenez des photos de jour et de nuit sous le même angle.

5. L'analyse des données et la recherche de méprises

La majorité des observations d'OVNI trouvent une explication conventionnelle. L'enquêteur doit éliminer les hypothèses rationnelles. (NDLR : et éventuellement surnaturelles si possible, considérant que certaines tentatives d'explications évoquent des djinns ou des démons par exemple)
Trafic aérien : Consultez les sites de suivi des vols (comme Flightradar24).
Astronomie : Vérifiez la position des planètes brillantes (Vénus, Jupiter), des satellites (Starlink) et des météores.
Météorologie : Analysez le passage de ballons-sondes, de lanternes célestes ou de foudres en boule.
Phénomènes optiques : Étudiez les reflets dans les vitres ou les inversions de température.

6. L'archivage et l'éthique

Un bon ufologue respecte la loi et la vie privée.
Anonymat : Protégez l'identité du témoin dans les rapports publics.
RGPD : Respectez la réglementation sur le stockage des données personnelles.
Partage : Transmettez les cas inexpliqués à des organismes officiels (comme le GEIPAN en France).


1. Grille de questions types pour l'entretien direct

Cette grille standardisée permet d'obtenir des données quantifiables et comparables lors de l'interrogatoire du témoin.

L'environnement et la temporalité

Date et heure exactes : Quel est le moment précis du début et de la fin de l'observation ? (Vérifier si le témoin a synchronisé sa montre avec l'heure officielle de telle manière qu'il n'y ait pas de décalage dans l'évaluation d'une référence comparative).
Positionnement précis : Quelles sont les coordonnées GPS exactes de votre emplacement ? Étiez-vous à l'intérieur (derrière une vitre ?) ou à l'extérieur ?
Visibilité locale : Pouviez-vous voir les étoiles ? La Lune était-elle visible ? Y avait-il du brouillard, des nuages ou du vent ?

La description physique du phénomène

Dimensions apparentes : En comparant l'objet à un élément tenu à bout de bras, quelle était sa taille ? (Plus petit qu'une étoile, comme une pièce de 2 cents, un poing fermé, un ballon de football ?).
Aspect visuel : Quelle était la forme géométrique de la masse ou des lumières ? Les bords étaient-ils nets ou flous ?
Comportement lumineux : Les lumières étaient-elles fixes, clignotantes ou pulsantes ? Changeaient-elles de couleur ? Émettaient-elles un faisceau vers le sol ?

La cinématique et l'environnement sonore

Mouvement : Quelle était la trajectoire globale (horizontale, verticale, en zigzag) ? L'objet a-t-il effectué des accélérations instantanées ou des arrêts brutaux ?
Repères angulaires : À quelle hauteur dans le ciel se situait l'objet au début et à la fin (proche de l'horizon, au zénith) ?
Signatures physiques : Avez-vous perçu un bruit (bourdonnement, sifflement), une odeur particulière ou ressenti de la chaleur ? Les animaux aux alentours ont-ils réagi ?

2. Techniques pour repérer les faux témoignages et les méprises

L'enquêteur doit différencier la fabrication volontaire (canular) de la déformation psychologique inconsciente.

La détection des canulars (Hoaxes)

La cohérence interne : Un affabulateur a tendance à modifier de légers détails d'une version à l'autre. Répétez les mêmes questions à 45 minutes d'intervalle sous un angle différent.
Le piège de la sur-précision : Les témoins authentiques décrivent souvent des zones de flou ("je ne sais pas trop", "c'était confus"). Un faussaire propose souvent un récit trop parfait, trop technique, sans aucune hésitation.
La recherche d'intérêts sous-jacents : Évaluez si le témoin cherche une forme de célébrité sur les réseaux sociaux, s'il tente de vendre sa vidéo ou s'il a un profil coutumier des canulars.
L'analyse des fichiers originaux : Exigez les fichiers photo ou vidéo bruts (RAW ou métadonnées EXIF complètes) sans aucune modification. L'absence de métadonnées indique souvent un fichier manipulé.

Le traitement des méprises physiologiques

Les illusions d'optique : Le cerveau humain déteste le vide. Face à un point lumineux isolé dans la nuit noire, l'œil peut être victime de l'effet autocinétique (impression que le point bouge alors qu'il est fixe).
Les obstacles rétiniens : Des reflets sur le vitrage, des poussières sur l'objectif ou des phénomènes de vision entoptique (corps flottants dans l'œil du témoin) créent de fausses observations à exclure.

3. Outils numériques pour les vérifications aéronautiques et astronomiques (cliquez sur les liens pour obtenir les fonctionnalités)

L'exclusion des phénomènes naturels ou humains passe par l'utilisation d'outils logiciels de référence.

Identification des satellites et des corps célestes

Stellarium : Ce planétarium open-source est indispensable. En y intégrant la position exacte du témoin, la date et l'heure, il permet de vérifier la position exacte de Vénus, de Jupiter, des étoiles filantes ou des passages de la Station Spatiale Internationale (ISS).
Heavens-Above : Un site essentiel pour calculer les passages de satellites artificiels et les trains de satellites Starlink, qui génèrent une part très importante des signalements actuels sous forme de lignes de points lumineux mobiles.

Analyse du trafic aérien et des ballons

Flightradar24 ou ADSBexchange : Ces radars de suivi de vols civils et militaires permettent de rejouer l'historique du trafic aérien. Vous pourrez instantanément vérifier si un avion de ligne, un drone commercial ou un hélicoptère de secours se situait dans l'axe de vision du témoin. (NDLR : certaines zones sensibles, comme le SHAPE à Mons (Belgique) peuvent être occultées)
Windy : Utile pour récupérer l'historique des vents en altitude afin de valider si un déplacement suspect correspond simplement à la dérive d'une lanterne thaïlandaise ou d'un ballon-sonde météorologique.

Traitement d'images spécialisé

Logiciel IPACO : Il s'agit de l'outil technique d'authentification et d'analyse de photos/vidéos utilisé officiellement par le GEIPAN. Il permet d'étudier la pixellisation, de mesurer les contrastes et de détecter d'éventuels trucages numériques ou incrustations.
 
Voici l'ensemble des compléments détaillés pour professionnaliser vos enquêtes de terrain : la fiche d'investigation type, la méthode d'évaluation de la crédibilité et le protocole d'analyse physique au sol.

I. Modèle de fiche de rapport d’enquête (Markdown / PDF)

Ce canevas structure la récolte des données pour qu'elles soient directement exploitables par des bases de données ufologiques.
markdown
# RAPPORT D'ENQUÊTE UFOLOGIQUE
**Référence du Cas :** PAN-[ANNÉE]-[MOIS]-[DÉPARTEMENT]-[NUMÉRO]
**Date de l'enquête :** DD/MM/YYYY
**Nom de l'enquêteur :** [Votre Nom / Association]

## 1. ADMINISTRATION ET CONFIDENTIALITÉ
* **Identité du témoin (Anonymisé) :** Témoin T1 (Initiales : ____)
* **Accord d'enregistrement signé :** [ ] Oui [ ] Non
* **Niveau de confidentialité requis :** [ ] Public [ ] Anonyme [ ] Strictement privé

## 2. CHRONOLOGIE ET GÉOLOCALISATION
* **Date de l'événement :** DD/MM/YYYY
* **Heure de début :** HH:MM:SS (Précision : +/- ____ min)
* **Heure de fin :** HH:MM:SS
* **Durée totale estimée :** ____ minutes / secondes
* **Lieu exact (Commune/Lieu-dit) :** ________________________
* **Coordonnées GPS du témoin :** Lat : _________ / Lon : _________
* **Direction du regard initiale (Azimut) :** ______° (ex: 180° Plein Sud)

## 3. FACTEURS ENVIRONNEMENTAUX
* **Météo constatée :** [ ] Ciel dégagé [ ] Nuages épars [ ] Couvert [ ] Pluie/Brume
* **Visibilité des astres :** [ ] Lune visible [ ] Étoiles nettes [ ] Aucun
* **Éclairage public à proximité :** [ ] Oui [ ] Non (Si oui, distance : ____ mètres)

## 4. DESCRIPTION PHYSIQUE DU PHÉNOMÈNE
* **Nombre d'objets/lumières :** ____
* **Forme apparente :** [ ] Disque [ ] Sphère [ ] Triangle [ ] Point lumineux [ ] Autre : ____
* **Couleur(s) principale(s) :** ________________________
* **Luminosité :** [ ] Faible (type satellite) [ ] Moyenne (type étoile brillante) [ ] Forte (type phare)
* **Taille angulaire à bout de bras :** [ ] Tête d'épingle [ ] Pièce de monnaie [ ] Poing [ ] Plus grand
* **Bruit perçu :** [ ] Aucun [ ] Sifflement [ ] Bourdonnement [ ] Autre : ________________

## 5. TRAJECTOIRE ET COMPORTEMENT (CINÉMATIQUE)
* **Élévation initiale (Hauteur dans le ciel) :** ______° (0° = Horizon, 90° = Zénith)
* **Élévation finale :** ______°
* **Type de déplacement :** [ ] Linéaire continu [ ] Stationnaire [ ] Zigzag [ ] Accélérations brusques
* **Disparition :** [ ] Derrière un obstacle [ ] Extinction sur place [ ] Départ fulgurant à l'horizon

## 6. EFFETS SECONDAIRES CONSTATÉS
* **Sur le témoin :** [ ] Émotion/Peur [ ] Paralysie transitoire [ ] Picotements [ ] Aucun
* **Sur l'environnement :** [ ] Réaction animale [ ] Interférence électronique/radio [ ] Traces au sol
Utilisez le code avec précaution.

II. Groupements ufologiques francophones de référence
Pour échanger vos rapports ou solliciter une contre-enquête, adressez-vous exclusivement à des organismes appliquant une méthode scientifique stricte.
• Le GEIPAN (Groupe d'Études et d'Informations sur les Phénomènes Aérospatiaux Non identifiés) : Service officiel du CNES (Agence spatiale française). Il s'agit de la seule structure étatique en Europe chargée de collecter, analyser et archiver les témoignages. Leurs rapports d'analyse sont publics et classés par catégories (de A, parfaitement identifié, à D, Phénomène non identifié).
• Le SCEU (Scientific Coalition for UAP Studies) : Organisation internationale regroupant des scientifiques, d'anciens militaires et des ingénieurs de la NASA ou du secteur aérospatial. Ils publiaient des analyses techniques rigoureuses fondées sur des données radar et des capteurs physiques.
• Les structures associatives historiques : Des réseaux comme le Lumières Dans La Nuit (LDLN) ou le SCEAU (Sauvegarde de la Mémoire Ufologique) se concentrent sur la préservation des archives physiques, des coupures de presse et des anciens rapports de gendarmerie pour éviter la perte de données historiques.

III. Protocole d'analyse des indices physiques au sol

Lorsqu'un témoin affirme qu'un phénomène s'est posé ou a volé à très basse altitude, l'enquêteur doit immédiatement geler la zone pour caractériser les modifications physiques ou chimiques de l'environnement.
1. Prélèvements et étude de la végétation
Mesure du taux de chlorophylle : Un fort rayonnement micro-ondes (souvent suspecté dans les dossiers ufologiques majeurs) altère les pigments des plantes. Prélevez des échantillons de feuilles sur la zone d'impact perçue ainsi que des échantillons témoins à 20 mètres à l'extérieur de la zone.
Analyse du traumatisme mécanique : Observez si les tiges ou les branches sont cassées (impact mécanique) ou pliées de manière plastique par la chaleur ou l’exposition à un rayonnement (les nœuds des plantes peuvent présenter des élongations caractéristiques).
2. Analyse mécanique et thermique du sol
Calcul de la résistance mécanique (Pénétrométrie) : Si des empreintes sont visibles, utilisez un pénétromètre pour mesurer la force nécessaire pour enfoncer le sol à la même profondeur à côté de l'empreinte. Cela permet d'estimer la masse minimale de l'objet ayant causé le tassement.
Recherche de traces de calcination : Prélevez des carottes de terre en surface (0-5 cm) et en profondeur (5-15 cm) pour détecter des hydrocarbures, des métaux lourds inhabituels ou des modifications de la structure cristalline du quartz présent dans le sable, signes d'une exposition à une température extrême.
3. Mesures magnétiques et radiologiques
Magnétisme rémanent : Utilisez une boussole ou un magnétomètre à proximité des structures métalliques de la zone (clôtures, poteaux). Un champ magnétique intense laisse une signature mesurable en modifiant l'orientation magnétique naturelle des métaux ferreux ou de certains sols riches en oxyde de fer.
Recherche de radioactivité artificielle : Même si les cas de radioactivité avérée sont rarissimes, effectuez un relevé systématique au compteur Geiger (mesure des rayonnements Alpha, Bêta et Gamma) pour écarter toute contamination industrielle ou environnementale fortuite qui fausserait l'enquête.

En France, le recueil de données sur les Phénomènes Aérospatiaux Non identifiés (PAN) dispose d'un cadre légal et administratif unique au monde. Ce système repose sur un accord officiel entre la Gendarmerie Nationale et le GEIPAN (CNES).
Voici le fonctionnement détaillé du protocole de signalement officiel.

1. Le cadre légal : Le Procès-Verbal de gendarmerie

Lorsqu'un citoyen se présente en brigade pour signaler un PAN, la gendarmerie ne prend pas une simple « main courante », mais rédige un Procès-Verbal (PV) de renseignement administratif ou d'audition de témoin.
Fondement juridique : Les gendarmes agissent en vertu du Code de Procédure Pénale (généralement sous les articles 16 à 19) dans le cadre de leurs missions de sécurité publique et de collecte de renseignements.
Valeur légale : Le PV est un acte authentique rédigé par un agent ou officier de police judiciaire (APJ/OPJ). Le témoin signe sa déclaration et s'engage juridiquement sur la véracité de ses dires.
Transmission directe : En vertu d'une convention signée dans les années 1970 et régulièrement renouvelée, la gendarmerie transmet numériquement et systématiquement une copie de ce PV directement au GEIPAN pour enquête technique.

2. Le déroulement de l'audition en brigade

L'audition par un gendarme suit une structure stricte afin d'éviter les biais de mémorisation.
[Arrivée du témoin] ➔ [Vérification d'identité & État de lucidité] ➔ [Récit libre & Chronologie] ➔ [Questions techniques & Azimut] ➔ [Relecture & Signature du PV]
1. Vérification d'identité et de lucidité : Le gendarme décline l'identité complète du témoin (nom, profession, coordonnées). Il évalue discrètement si la personne est sous l'emprise de l'alcool, de stupéfiants ou en détresse psychologique évidente.
2. Le récit des faits (La déposition) : Le gendarme consacre une section entière à la narration brute : « Le [Date], alors que je me trouvais à [Lieu], mon attention a été attirée par... ».
3. Le questionnaire technique complémentaire : Le gendarme utilise un guide partagé avec le CNES pour consigner :
o Les repères géographiques locaux (passages de l'objet devant/derrière un arbre, un bâtiment).
o L'orientation boussole (direction d'apparition et de disparition).
o L'existence d'autres témoins simultanés.
3. Les actions immédiates de la Gendarmerie sur le terrain
Si l'observation est fraîche (moins de 24-48h) ou si elle implique des éléments physiques, la brigade déclenche des vérifications de proximité.
• Levée de doute aéronautique locale : La gendarmerie contacte immédiatement les structures locales pour vérifier les activités humaines en cours :
o Les aéroports ou aérodromes civils les plus proches.
o Les bases aériennes militaires (relevés des radars de la Défense).
o Les centres météorologiques locaux (lancements de ballons-sondes).
• Gel des lieux (Si traces au sol) : Si le témoin affirme qu'un objet a atterri, les gendarmes se transportent sur les lieux. Ils établissent un périmètre de sécurité pour empêcher la contamination des sols par des curieux, prennent des photographies macroscopiques des empreintes et attendent les instructions du GEIPAN si des prélèvements scientifiques s'avèrent nécessaires.
4. Ce que le témoin doit fournir lors du signalement
Pour que le procès-verbal soit exploitable et ne finisse pas classé faute d'informations (PAN de catégorie C), le déclarant doit apporter des éléments tangibles.
• Les fichiers originaux : Si des clichés ou vidéos ont été pris avec un smartphone, il faut fournir les fichiers sources originaux (par clé USB ou transfert sécurisé). Les captures d'écran ou partages via des applications compressées (WhatsApp, Messenger) détruisent les métadonnées et sont inutilisables.
• La reconstitution géométrique instantanée : Le témoin doit être capable d'indiquer au gendarme l'endroit exact où il se tenait, afin que la gendarmerie puisse cartographier précisément l'azimut sur les logiciels cartographiques de l'État

Voici l'illustration concrète des procédures de collecte à travers un exemple de structure de Procès-Verbal officiel et l'analyse détaillée du cas de Trans-en-Provence.

I. Exemple de Procès-Verbal anonymisé (Transcription type GEIPAN)
Lorsqu'un rapport de gendarmerie arrive sur le bureau du GEIPAN, il est numérisé, expurgé des données nominatives (RGPD), puis classé sous une forme normalisée semblable à celle-ci :

GENDARMERIE NATIONALE
Groupement du Var (83)
Compagnie de Brignoles
Brigade de [ANONYMISÉ]

PROCÈS-VERBAL DE RENSEIGNEMENT ADMINISTRATIF
Numéro de pièce : PV n°202X/00142

L’an deux mille vingt-six, le quatre juillet à seize heures.
Devant nous, Adjudant-chef [ANONYMISÉ], Officier de Police Judiciaire.

S’est présentée spontanément à la brigade la personne ci-après désignée :
TÉMOIN (T1) : Dupont Jean, né le 12/04/1978, Profession : Électricien, demeurant à [ANONYMISÉ].

DÉCLARATIONS DU TÉMOIN (T1) :
« Le 03 juillet 2026 vers 23h15, je me trouvais dans mon jardin à l'adresse susmentionnée pour fumer une cigarette. Le ciel était totalement dégagé et sans vent. En regardant en direction du Sud (Azimut env. 180°), j'ai aperçu un point lumineux très vif, d'une intensité bien supérieure à celle des étoiles environnantes.

Cet objet s'est déplacé de manière linéaire d'Est en Ouest à une élévation d'environ 30 degrés au-dessus de l'horizon. Sa trajectoire s'est brusquement interrompue. L'objet est resté en position stationnaire parfaite pendant environ 45 secondes. Il n'émettait aucun bruit perceptible.

Soudain, le point lumineux a effectué un virage à angle droit vers le zénith à une vitesse phénoménale, avant de disparaître de ma vue en moins de deux secondes. J'ai tenté de filmer la scène avec mon smartphone, mais l'appareil a refusé de s'allumer pendant l'observation (batterie pourtant chargée à 80%). Le téléphone a fonctionné à nouveau normalement quelques minutes après la disparition du phénomène. Je certifie sur l'honneur l'exactitude de mes déclarations. »

CONSTATATIONS ET LEVÉE DE DOUTE PAR LES ENQUÊTEURS :
- Coordonnées de la position du témoin : Lat 43.XXXX / Lon 6.XXXX.
- Un examen visuel de l'appareil mobile du témoin a été réalisé : aucune anomalie matérielle constatée, les fonctions d'enregistrement sont opérationnelles au moment de la déposition.
- Contact pris avec la Base Aérienne locale : aucun vol militaire ni exercice de drone n'était programmé dans cette zone et à cette plage horaire.
- Le présent procès-verbal est transmis au GEIPAN (CNES Toulouse) pour expertise complémentaire.

Fait et clos à [ANONYMISÉ], le 04/07/2026.
Le Témoin (Signé) / L'Officier de Police Judiciaire (Signé)

II. Cas historique d'atterrissage : L'affaire de Trans-en-Provence (1981)
L'affaire de Trans-en-Provence reste à ce jour l'un des cas d'atterrissage de PAN les plus rigoureusement documentés au monde. Elle illustre parfaitement la synergie entre la gendarmerie (récolte immédiate) et la communauté scientifique (analyses en laboratoire).
1. Les faits et l'intervention de la Gendarmerie
Le 8 janvier 1981, à Trans-en-Provence (Var), un agriculteur-maçon de 55 ans, Renato Nicolaï, travaille dans son jardin lorsqu'il entend un sifflement feutré. Il aperçoit un engin en forme de double soucoupe inversée (environ 2,5 mètres de diamètre) qui se pose brièvement à une cinquantaine de mètres de lui, avant de redécoller à grande vitesse.
Dès le lendemain, prévenue par le voisinage, la brigade de gendarmerie locale se rend sur place :
• Constatations visuelles : Les gendarmes découvrent une trace physique nette en forme de ripage semi-circulaire.
• Mesures et photographies : Ils mesurent un cercle de tassement de 2,20 à 2,40 mètres de diamètre, prennent des clichés macroscopiques et gèlent la zone.
• Prélèvements conservatoires : N'ayant pas de formation scientifique poussée, les gendarmes appliquent le protocole de bon sens : ils prélèvent des échantillons de terre sur la trace, de la terre témoin hors de la trace, ainsi que des plants de luzerne sauvage qui poussaient à l'endroit de l'impact et à différentes distances de celui-ci.
2. L'implication des scientifiques (Le GEPAN et l'INRA)
Le GEPAN (ancêtre du GEIPAN) prend le relais et dépêche ses enquêteurs sur place en février pour une seconde série de prélèvements. Les échantillons prélevés par les gendarmes sont envoyés dans plusieurs laboratoires d'État, notamment à l'INRA (Institut National de la Recherche Agronomique), sous la direction du professeur Michel Bounias.
Les conclusions scientifiques furent stupéfiantes :
• Le traumatisme mécanique : Les analyses de sol ont confirmé que le terrain avait subi une forte pression mécanique (estimée entre 4 et 5 tonnes) combinée à une élévation thermique modérée (inférieure à 60°C), excluant un incendie ou un jet de carburant.
• Le traumatisme biochimique (La luzerne) : L'analyse des feuilles de luzerne a révélé une modification profonde du système enzymatique des plantes. Le taux de chlorophylle et de caroténoïdes avait chuté de 30% à 50% sur les végétaux prélevés au centre de la trace, et l'effet s'estompait progressivement à mesure que l'on s'éloignait du point d'impact.
• Le diagnostic de l'INRA : Le professeur Bounias a conclu que les plantes avaient subi un phénomène de "vieillissement prématuré et brutal", rigoureusement identique aux effets provoqués par un rayonnement de micro-ondes ionisantes ou électromagnétiques de forte puissance.
Pourquoi ce cas est exemplaire ?
Si la gendarmerie n'avait pas réalisé les prélèvements de végétaux dans les premières 24 heures, les molécules de la luzerne se seraient dégradées naturellement avec le temps, et la preuve scientifique d'un rayonnement électromagnétique exogène aurait été définitivement perdue.

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